Guêpe parasitoïde

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Chenille de Hypercompe scribonia enrobée de cocons de larves de guêpe braconide.

Les guêpes parasitoïdes sont des hyménoptères qui parasitent d'autres arthropodes. De ce fait, nombreuses sont celles utiles pour le contrôle d'insectes nuisibles à l'agriculture. Elles sont très nombreuses et pondent un ou plusieurs œufs, généralement dans une larve (bien que de nombreuses espèces s'attaquent aux imagos) hôte qui sera tuée par les larves parasitoïdes. L'interaction entre les guêpes parasitoïdes et l'hôte est très complexe et variée. Par exemple, il apparaît que certaines plantes possèdent des composés volatils, comme le salicylate de méthyle, qui attirent certaines guêpes parasitoïdes qui tueront l'insecte herbivore[1].

L'un des principaux, sinon le principal obstacle au bon développement de la larve de la guêpe parasitoïde étant le système immunitaire de l'hôte[2], diverses stratégies ont été développées pour le contourner ou carrément le supprimer[3]. Par exemple, certaines espèces de guêpes parasitoïdes injectent en même temps que leurs œufs un venin qui affectera le bon fonctionnement du système immunitaire de l'hôte[2]. Chez d'autres espèces, ce sont des particules virales qui sont injectées dans l'hôte et qui ont cet effet[2],[4]. Ce dernier cas est particulièrement intéressant puisqu'il s'agit d'une forme de symbiose entre un organisme eucaryote et un virus[4]. En effet, plusieurs groupes de guêpes ont incorporé à leurs propres gènes le génome proviral d'un polydnavirus[5]. Certains gènes de ce dernier codent pour des particules qui interfèrent avec le système immunitaire et le développement de l'hôte[3],[6]. Cette stratégie de symbiose semble avoir favorisé la radiation de ces guêpes parasitoïdes puisqu'on estime qu'il existe dix mille espèces de guêpes parasitoïdes possédant un virus symbiotique[3].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Snoeren TA, Mumm R, Poelman EH, Yang Y, Pichersky E, Dicke M. 2010. The herbivore-induced plant volatile methyl salicylate negatively affects attraction of the parasitoid Diadegma semiclausum. Journal of Chemical Ecololy 36(5): 479-89.
  2. a, b et c Lackie AM. 1988. Immune mechanisms in insects. Parasitology Today 4(4): 98-105.
  3. a, b et c Federici BA & Bigot Y. 2010. Evolution of Immunosuppressive Organelles from DNA Viruses in Insects. Evolutionary Biology: Concepts, Molecular and Morphological Evolution 229-248.
  4. a et b Whitfield JB. 2002. Estimating the age of the polydnavirus/braconid wasp symbiosis Proc Natl Acad Sci U S A. 99(11): 7508-13.
  5. Stoltz DB, Krell P, Summers MD, Vinson SB. 1984. Polydnaviridae - A proposed family of insect viruses with segmented, double-stranded, circular DNA genomes. Intervirology 21(1): 1-4.
  6. Stoltz DB & Whitfield JB. 2009. Making nice with viruses. Science 323(5916):884-885.