Labridae

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Labres, Labridés

Les Labridae, ou communément nommés les Labres, représentent une vaste famille de poissons avec plus de 500 espèces distinctes. Ils constituent la deuxième plus grande famille des poissons marins et la troisième plus importante famille de l'ordre des Perciformes.

Description[modifier | modifier le code]

Le nombre important d'espèces de labres offre une incroyable diversité de colorations, de formes et de tailles avec des variations géographiques possibles entre certains individus de la même espèce.

Les diverses livrées sont souvent extrêmement variées en couleurs et en motifs. En outre, à l'image des poissons-perroquets beaucoup de labres évoluent au cours de leur existence en fonction de leur maturité et de leur rang au sein du groupe.

Ces évolutions peuvent être considérées en différentes phases (juvénile, intermédiaire ou initiale et terminale) à chacune d'entre elle, des modifications morphologiques (taille, forme et couleur) ont lieu. L’ensemble de ces variations de livrée durant l'existence d'un labre rend particulièrement difficile l’identification entre les espèces, le risque de confusion est grand et ce même pour les spécialistes. Durant la phase juvénile, les colorations dominantes peuvent varier du jaune vif à l'orange en passant par des couleurs ternes comme le gris et le brun avec des motifs liés au camouflage. En phase intermédiaire ou initiale, le Labre, est à la fois mâle et femelle, est adulte mais subordonné aux individus dominants et il est donc plus petit avec des couleurs ternes et des motifs cryptiques[1]. Par contre, en phase terminale, selon l'espèce, le poisson peut changer de sexe, modifier sa taille et sa livrée. Cette dernière devient un élément visuel distinctif au sein du groupe et est très colorée avec des teintes rouges, jaunes, vertes, bleues, et noires[1].

Il n'existe pas de réel profil type pour décrire les labres tant les espèces et les genres sont diversifiés au sein de cette famille. Ainsi, les Labres-rasoirs ont un corps fortement comprimé, alors que les membres des genres Cheilinus, Choerodon et beaucoup de Bodianus sont grands et trapus. Toutefois, nombre de labres sont de forme allongée et effilés aux extrémités rappelant un peu un cigare[2]. Une des particularités de la plupart est d’avoir des lèvres charnues nettement apparentes sur le museau, d’où vient leur nom vernaculaire et celui du premier genre décrit (Labrus), le mot « labrum » signifiant lèvre en latin[3].

La majorité des labres sont de petite taille, souvent inférieure à 20 cm. Le plus petit représentant de la famille, Labre minuscule (Minilabrus striatus), ne dépasse pas 6 cm de long. Le plus grand des labres est le Napoléon (Cheilinus undulatus) qui peut mesurer jusqu'à 2,30 m de long pour 190 kg[4].

La plupart des Labridae possèdent des dents pharyngiennes[4].

Écologie et comportement[modifier | modifier le code]

Comportement[modifier | modifier le code]

Tous les Labridae ont une activité diurne.

Un nombre certain de labres vivent sur la base d'un système social complexe : le harem. La vision joue un rôle important dans la vie des labres car ils s'en servent pour trouver leur nourriture et de distinguer le rang de leurs congénères dans le harem.

Certaines espèces s'enfouissent, lorsque la température de l'eau descend la nuit ou l'hiver, dans le sable, pour échapper au froid mais aussi aux éventuels prédateurs.[réf. souhaitée]

Les labridae évoluent sous l'eau principalement à l'aide de leurs nageoires pectorales ce qui donne parfois l'impression qu'ils progressent par « bonds ». En cas de danger pour prendre rapidement la fuite, ils utilisent leur nageoire caudale. En phase de recherche de nourriture, les Labridae sont solitaires ou en groupes, mais ils peuvent aussi suivre un plus gros poisson qui lorsqu'il déplacera le substrat pourra mettre à jour certains crustacés[2].

Alimentation[modifier | modifier le code]

La majorité des espèces, carnivores, cherchent de petits animaux en fouillant le fond et les parois rocheuses mais d’autres sont planctonivores[5]. Selon l'espèce, les labres peuvent ainsi être carnivores, omnivores ou herbivores leurs menus pouvant être constitué de poissons, de mollusques, de vers,de crustacés, de coraux, d'échinodermes, de plancton ou de différents types de végétation sous-marine[2].

Reproduction[modifier | modifier le code]

Le particularisme sexuel est de règle chez les labres tout comme chez leurs proches parents les poissons-perroquetss et les poissons-clowns.

Il existe plusieurs cas de figures dont voici les plus fréquents :

  • Le second cas est plus conventionnel, les adultes matures (stade initial) sont sexuellement déterminés, ils sont mâles ou femelles avec une livrée semblable. Seul le mâle dominant au sein du groupe est en stade terminal avec une livrée chatoyante.

Le groupe constitue donc un harem avec toujours un mâle dominant en stade terminal qui a le privilège de pouvoir se reproduire avec les femelles du groupe, ce mâle défend un territoire. À sa mort, il sera remplacé par un individu en stade initial appartenant à la communauté, ce sera donc selon l’espèce un mâle ou une femelle[2].

Labres nettoyeurs[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Station de nettoyage.

Certaines espèces de labres, notamment le genre Labroides, ont la particularité de « nettoyer » les poissons plus gros en leur débarrassant des petits invertébrés qui les parasitent, dont ils se nourrissent. L'espèce la plus connue de cette famille est le labre nettoyeur commun Labroides dimidiatus[7]. Ces labres attirent les poissons « clients » au moyen d'une série de mouvements appelés « danse du nettoyage », qui peut varier selon les espèces.

Un poisson « client » reconnaît mieux le poisson s'il a déjà été nettoyé. La plupart des poissons de récifs vont se faire « nettoyer » par les labres nettoyeurs (Il arrive que des poissons pélagiques viennent y faire halte pour un nettoyage, parfois même des tortues marines, voir des plongeurs). Il n'est pas rare de voir, devant une « station de nettoyage » de labres nettoyeurs, des « files d'attentes » de poissons attendant leur tour. Les labres nettoyeurs nettoient même de gros prédateurs comme des murènes ou des mérous et ne craignent pas d'entrer dans leur bouche pour nettoyer les parasites.

En fait, ce comportement est assez courant chez les labres, mais est plus dissipée et concerne surtout les individus juvéniles. Seul des genres comme Labroides en on fait une véritable spécialisation.

Habitat et répartition[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Les Labridae occupent toutes les mers tropicales et subtropicales du globe de l'Océan Atlantique à l'Océan Pacifique en passant par l'Océan Indien et sont également présents dans les mers tempérées[réf. souhaitée].

Habitat[modifier | modifier le code]

Il existe autant de types d'habitat que de régimes alimentaires chez les différentes espèces de labres. Il est donc possible de rencontrer des labres dans une grande majorité de types d'habitat variés comme spécifiques allant de la mare découverte à marée basse, aux herbiers, aux zones rocheuses, coralliennes ou sablonneuses[1].

En général, les labres fréquentent les eaux peu profondes proches de la côte ou d'un récif non loin du fonds[2].

Galerie[modifier | modifier le code]

Liste des genres[modifier | modifier le code]

Selon World Register of Marine Species (16 avril 2014)[8] :


Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Animal Diversity Web, consulté le 21 mai 2013
  2. a, b, c, d et e EOL, consulté le 21 mai 2013
  3. « Labre », sur le Trésor de la Langue Française.
  4. a et b Ewald Lieske et Robert F. Myers (trad. Yollande Bouchon-Navaro), Guide des poissons des récifs coralliens, Delachaux & Niestlé,‎ 2009 (ISBN 9782603016749)
  5. FishBase, consulté le 16 avril 2014
  6. (en) Yvonne Sadovy De Mitcheson et Min Liu, « Functional hermaphroditism in teleosts », Fish and fisheries, vol. 9, no 1,‎ 2008, p. 1-43 (DOI 10.1111/j.1467-2979.2007.00266.x, lire en ligne).
  7. « Labroides dimidiatus (Valenciennes, 1839) », sur DORIS,‎ 2 février 2014.
  8. World Register of Marine Species, consulté le 16 avril 2014