Breuilpont

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Breuilpont
La chapelle de Lorey.
La chapelle de Lorey.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Haute-Normandie
Département Eure
Arrondissement Arrondissement d'Évreux
Canton Canton de Pacy-sur-Eure
Intercommunalité Communauté d'agglomération des Portes de l'Eure
Maire
Mandat
Michel Albaro
2014-2020
Code postal 27640
Code commune 27114
Démographie
Population
municipale
1 202 hab. (2011)
Densité 98 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 57′ 50″ N 1° 25′ 38″ E / 48.9639, 1.427248° 57′ 50″ Nord 1° 25′ 38″ Est / 48.9639, 1.4272  
Altitude Min. 46 m – Max. 137 m
Superficie 12,21 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Breuilpont

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Breuilpont

Breuilpont est une commune française située dans le département de l'Eure en région Haute-Normandie.

Les habitants sont des Breuilpontois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Attesté sous les formes Brolium Pontis (sans date), puis, en 1336 : Breuil du Pont ; Brudepont en 1434, puis encore  : Breul du Pont en 1479 et Brutepont en 1557[1].

Breuilpont est vraisemblablement une formation toponymique médiévale, dont le second élément -pont, fait allusion à un ouvrage permettant la traversée de la rivière d’Eure. Difficile de dire si le premier élément est l'ancien français breuil « bois, taillis », étant donné la contradiction des formes anciennes.

Quant aux noms des deux hameaux :

  • saint Chéron (apôtre des Gaules au Ve siècle Caraunus, Ceraunus, sous une forme latine). En 1793 on découvre Saint-Chéron-des-Fontaines, et, en 1828, le village est nommé Saint-Chéron-des-Bois.
  • Lorey : Lorei, Lorrei, puis Lorré, Lorray et Lauray ou Laurey et enfin Loré. En 1828 : Lorei-sur-Eure. Il s'explique vraisemblablement comme Loray (Doubs) par le gallo-roman *LAURACU, c'est-à-dire le nom de personne Laurus, suivi du suffixe -acum.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Breuilpont

Ces armes peuvent se blasonner ainsi aujourd’hui :

d'hermine aux trois quintefeuilles d'or

Quelques dates qui ont fait l’histoire du village[modifier | modifier le code]

Au début, il y eut sans doute des Gaulois, peut-être des Romains et, certainement, des Mérovingiens qui occupèrent le site de Breuilpont. Mais plus près de la rivière, vers Lorey, comme en atteste, dans le sous-sol, la présence d’armes, de bijoux, d’ossements humains, ou d’animaux, provenant de quelques festins, de bijoux et d’objets usuels, métalliques ou en céramique, découverts lors de l’exploitation, dans la première moitié du XXe siècle, de plusieurs ballastières en fond de vallée. Les vestiges d’un cimetière mérovingien, d’un moulin et d’un oratoire y furent également découverts. Mais les traces d’habitations (en bois) avaient disparu.

  • 1375 : en pleine guerre de Cent Ans, les barons d’Ivry font fortifier le château de Breuilpont qui se situait un peu plus au sud de l’actuel, au lieu-dit Les quatre Buttes.
C’est au Moyen Âge que Breuilpont, qui faisait partie du marquisat de Bréval, rattachée à l’Île-de-France, passa à la baronnie d’Ivry, puis à la famille de Marcilly. Catherine de Marcilly (fille de Guillemette d’Ivry et de Foulques de Marcilly) épouse Ambroise de Loré (Lorey), seigneur de Breuilpont, compagnon de Jeanne d’Arc et de Gilles de Rais, aide de camp de Charles VII. Ambroise de Loré fut nommé prévôt de Paris le 23 février 1437.
Après sa mort, en 1449, sa fille, Charlotte, épouse Robert d’Estouteville et la châtellenie de Breuilpont entre dans une des plus grandes familles de Normandie.
1511 : construction de l’église actuelle de Breuilpont placée sous le vocable de saint Martin.
  • 6 août 1547 : Louis de Luxembourg, arrière-arrière-petit-fils d’Ambroise de Loré, cède la châtellenie de Breuilpont à Diane de Poitiers, duchesse de Valentinois, dame d’Ivry et autres lieux et… dame de cœur du roi Henri II. Contrainte à son exil doré d’Anet par Catherine de Médicis, elle restera châtelaine de Breuilpont jusqu’à sa mort, consécutive à une mauvaise chute de cheval, en 1566.
1739 : Louis-Antoine Doublet, châtelain de Breuilpont, fait construire l’actuel château qui domine l’église et le village ; l’orangerie du château, en bordure de la route de Villiers-en-Désœuvre, est aujourd’hui devenue la mairie.
1752 : création de la Confrérie de Charité de Breuilpont qui permettait aux « de cujus » les plus pauvres d’être enterrés dignement. Faute de charitons, elle disparaît en 1889.
1788 : Madame de La Pouplinière cède la châtellenie de Breuilpont au marquis de Leveville ; ce fut le dernier seigneur de Breuilpont sous l’Ancien Régime.
  • Le 22 décembre 1789, par décret, l’Assemblée nationale supprime les Généralités (et les seigneuries) qui délimitaient des « provinces », et divise la France en départements.
12 juillet 1790 : les contours des départements français sont définitivement fixés ; Breuilpont devient commune du département de l’Eure et fait partie du district d’Évreux.
1792 : Claude Vallengelier est le premier à signer en tant que maire de Breuilpont, son homologue, à Lorey est Pierre Hochon ; à Saint-Chéron, il pourrait s’agir de Jean Normand.
24 novembre 1799 : une bataille sanglante se déroule à Breuilpont où elle oppose les partisans de la seconde chouannerie normande, emmenés par Hilarion de Saint-Maur, à un détachement de gardes nationaux et de gendarmes commandés par l’ancien maire de Pacy-sur-Eure, Antoine Depresle, qui est tué au cours des combats.
  • 1813 : l’église Saint Lubin de Lorey est vendue au propriétaire du « château » et devient chapelle privée.
1824 : le château de Breuilpont est vendu à Caroline Jeanne Julienne Dargy, comtesse de Talleyrand-Périgord. À la mort du diable boiteux, son époux, le château passe, par voie de succession, à la duchesse de Beaufort, puis au prince Jean de Lobkowicz.
8 mai 1845 : ce jour-là, au palais de Neuilly, le roi Louis-Philippe Ier et Charles Duchâtel, son ministre de l’intérieur, signent l’ordonnance de rattachement des communes de Saint-Chéron et de Lorey à la commune de Breuilpont. Par cette « fusion » (avant l’heure), « les communes réunies continueront, s’il y a lieu, à jouir séparément, comme section de commune, des droits d’usage et autres qui pourraient leur appartenir, sans pouvoir se dispenser de contribuer aux charges municipales. » Et le 23 mai 1845, Firmin Vallengelier, dernier maire, signe l’ultime acte administratif émanant de la commune de Lorey.
2 mai 1865 : une souscription-pétition des habitants de Breuilpont-Lorey-Saint-Chéron, à laquelle apportent leur obole de nombreux habitants du canton, autorise la construction d’une passerelle de bois permettant de relier Lorey à Mérey (Les Moulins), rendant ainsi la route plus courte pour rallier Breuilpont, et évitant d’utiliser le bac, décidément trop dangereux.
24 mai 1871 : un détachement de 16 sapeurs-pompiers, sous le commandement du capitaine Foynard, quitte Breuilpont pour prêter main forte aux pompiers parisiens qui luttent contre les violents incendies déclenchés dans la capitale par les Communards.
1876 : édification de l’actuelle chapelle de Saint-Chéron à l’emplacement de l’ancienne église démolie vers 1813.

1954 : Sacha Guitry choisit la passerelle de Lorey pour y tourner la fameuse scène du franchissement du pont d'Arcole par les troupes de l’empereur Napoléon Ier.

Les fêtes du village[modifier | modifier le code]

Au début du siècle, les villages de Breuilpont, Lorey et Saint-Chéron, célébraient chacun une fête différente :

  • le 10 août à Lorey (à la Saint-Laurent),
  • la Pentecôte à Saint-Chéron
  • et au début de l’été à Breuilpont (à la Saint-Martin).

Seule cette dernière a été conservée le premier week-end de juillet.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2014   Michel Albaro    
mars 2001 mars 2014 Joseph Placier    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 202 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
427 419 405 384 458 412 432 728 695
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
700 686 667 705 671 622 597 540 575
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
563 580 541 516 557 526 529 604 568
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
564 512 515 592 985 1 111 1 142 1 139 1 193
2011 - - - - - - - -
1 202 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2004[3].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Menhir dit la pierre frite dans le parc du Château Lorey, classé au titre des monuments historiques en 1950[4].
  • La chapelle de Lorey, ancienne église de Saint-Lubin-de-Lorey, dépendante du château du même nom depuis 1813, puis cédée à la commune en 2013.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Marquis de Conflans, châtelain et décoré de l'ordre du Saint-Esprit

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. François de Beaurepaire (préf. Marcel Baudot), Les Noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, Paris, A. et J. Picard, 1981, 221 p. (ISBN 2-7084-0067-3) (OCLC 9675154). p. 78.
  2. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  4. « Menhir dit la Pierre-Frite », base Mérimée, ministère français de la Culture

Liens externes[modifier | modifier le code]