Ménilles

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Ménilles
Église de la commune
Église de la commune
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Haute-Normandie
Département Eure
Arrondissement Arrondissement d'Évreux
Canton Canton de Pacy-sur-Eure
Intercommunalité Communauté d'agglomération des Portes de l'Eure
Maire
Mandat
Yves Rochette
2014-2020
Code postal 27120
Code commune 27397
Démographie
Population
municipale
1 544 hab. (2011)
Densité 266 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 02′ 03″ N 1° 21′ 58″ E / 49.0342, 1.3661 ()49° 02′ 03″ Nord 1° 21′ 58″ Est / 49.0342, 1.3661 ()  
Altitude Min. 35 m – Max. 138 m
Superficie 5,81 km2
Localisation

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Ménilles

Ménilles est une commune française située dans le département de l'Eure en région Haute-Normandie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le bourg de Ménilles est bâti au bas du coteau où coule la rivière d'Eure. Il était connu au XIIe siècle pour sa production de vin : les religieux de l'abbaye de la Noë avaient en 1223 le droit de pressurage sur toutes les vignes de ce territoire. En 1194, le roi Philippe-Auguste installe des bornes à la sortie de Menilles, à l'extrémité du Hameau de la Grande Cour, Menilles étant sur le domaine français et non sur le domaine anglais de Richard Cœur de Lion, Duc de Normandie et Roi d'Angleterre.

La culture du safran y était répandue au XVIIe siècle : on déposait les produits de cette plante dans les caves souterraines au pied du coteau.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'origine du nom de Ménilles est imprécise. Au XIIIe siècle, Ménilles constituait un quart de fief relevant de la châtellenie de Pacy.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Ménilles

Ces armes peuvent se blasonner ainsi aujourd’hui :

de gueules aux six billettes d'or ordonnées 3, 2, 1

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001   Yves Rochette    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 544 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 244 1 217 1 230 996 1 008 1 028 1 011 931 925
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
831 763 749 717 738 721 696 680 719
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
760 814 833 688 720 633 668 698 850
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
956 909 1 183 1 248 1 449 1 382 1 486 1 516 1 544
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[1] puis Insee à partir de 2004[2].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Il existe deux châteaux à Menilles : le Grand Château situé sur la colline dominant la vallée et le Petit Château de La Grande Cour situé en contrebas en direction du petit village de Cocherel.

Le Grand château : à l'origine le fief de Ménilles (avec son manoir à tourelle, son colombier, son pressoir, ses souterrains…) appartenait à la famille du même nom. La dernière héritière des de Menilles se maria avec Messire Le Sesne. Commencé sous le règne de François Ier, le Grand Château, dit "Château de Menilles", ne put être terminé par le seigneur du lieu (Messire Le Sesne) mort prématurément. Menilles devint "une terre vague" sans seigneur pour rendre aveu, les enfants du dit seigneur étant trop jeunes, et sa veuve fut expropriée par le roi Henri II.

Il ne restait que des fondations imposantes sur lesquelles, quelque temps plus tard, l'architecte Philbert de L'Orme construisit en 1551 (achèvement des travaux) et 1552 (décoration intérieure) le château actuel en pierre de taille et brique orangée sur l'ordre de Henri II qui l'offrit à sa favorite Diane de Poitiers selon les archives de l'ancienne propriétaire la comtesse Monique de Montalembert d'Essé, archives données en 1993 à Monsieur Yvan Brunet du Buc, écrivain et éditeur, qui lui-même les a léguées aux Archives Départementale de l'Eure en 2008. Diane habitait le château d'Anet et venait chasser jusqu'à Menilles en passant par la forêt de Pacy-sur-Eure. Ses chevaux étaient tellement sacrés qu'elle avait ordonné l'installation de mangeoires en marbre dans les écuries de Menilles !

Le château de Menilles retourne, après Diane de Poitiers, à la famille Le Sesne dont le dernier héritier mâle a été titré marquis de Ménilles par Louis XV. La fille du vieux marquis épousa le comte Joseph de Puisaye, général royaliste qui voulut libérer Louis XVII du Temple. Ils auront une fille unique prénommée Joséphine Louise, qui décède à l'âge de l'adolescence.

C'est l'abbé d'Auxais, parent de la jeune fille, qui hérite du domaine dit "Les Ménilles". Le château devient la résidence d'été des évêques d'Évreux. Après la mort de l'abbé d'Auxais, son neveu se débarrasse du château très vite en le vendant au baron Antoine-Marie Roederer. Son épouse la baronne Roederer conserve le château jusqu'à sa mort en 1874, date à laquelle la marquise Artus de Montalembert d'Essé née Marie Marthe de Choiseul-Praslin (fille de la duchesse assassinée par son mari qui se suicida quelques jours plus tard à l'arsenic en prison au Palais du Luxembourg à Paris) s'en rend acquéreur. Elle donne, en guise de cadeau de mariage, le château à son fils le comte Raoul de Montalembert d'Essé. Celui-ci meurt en 1944 d'une crise cardiaque. Les militaires allemands s'emparent du château et reçoivent par la suite les SS à tête de mort. Les enfants et héritiers du comte de Montalembert d'Essé subissent alors la terreur et l'humiliation… Ils résistèrent comme ils purent pour garder leur château.

Mademoiselle Alix de Montalembert d'Essé, fille aînée, fut une très grande résistante[3] française qui fut enfermée en prison. Elle était une des secrétaires du réseau secret de la résistance française du général de Gaulle. Racheté par Mademoiselle Alix en 1945, le château est acquis en 1950 par une société immobilière appartenant au maire de Ménilles (M. Morel) qui va revendre le domaine en morceaux pendant 10 ans. En 1960, le domaine de Ménilles est racheté par la ville de Gennevilliers, grâce à son maire Waldeck Lhuillier, qui le transforme en centre de vacances, de loisirs pour les jeunes et de repos pour les anciens de Gennevilliers. Le château, très abîmé, fut donc sauvé.

Le Petit Château: il s'agit du château de La Grande Cour, dit "Château de La Rochefoucauld". Ancien domaine religieux appartenant au prieuré de Sausseuse, le fief de la Grande Cour (comprenant ferme, logis seigneurial, chapelle, communs…) est vendu par morceaux à la Révolution. Le logis seigneurial des religieux est racheté par les chevaliers Cauvin de Lemperière qui le transforment en véritable château Directoire. Le comte Antoine de La Rochefoucauld, collectionneur-musicien-mécène-rosicrucien rachète la propriété en 1894 et en fait son pavillon de chasse. De nombreuses personnalités du monde politique et littéraire viennent donc à Ménilles. On raconte que des séances de spiritisme et d'ésotérisme y avaient lieu et auraient provoqué la mort de la comtesse Eugénie de La Rochefoucault, surnommée la comtesse antisémite Mélusine… Depuis 2000, le château est dans les mains de la famille Lehman.

  • L'église, placée sous le vocable de saint Pierre et saint Paul, est inscrite à l'Inventaire des Monuments Historiques de France. C'est une des plus anciennes de la Vallée d'Eure. Elle date du XVIe siècle et fut consacrée le 14 octobre 1514 par Toussaint Varin, évêque de Thessalonique, comme indiqué sur une plaque située à gauche de l'entrée du chœur.

L'église fut construite vraisemblablement à la place d'une plus ancienne, datée du XIe siècle, puisque Raoul, Comte d'Ivry et de Bayeux, donna l'église de Ménilles à l'abbaye de Fécamp en 1026. Le clocher est daté su XVe siècle et quelques aménagements datent du XVIIe siècle.

Le portail de l'église

Le monument est construit en pierres de taille du XVIe siècle et est composé d'une nef flanquée de deux bas-côtés latéraux dont l'un est terminé par la chapelle de la Vierge, et d'un chœur en retrait. La loge seigneuriale qui ouvre dans le chœur est du XIXe siècle.

Le portail en plein cintre, classé Monument Historique, est un bel exemple de l'art de la Renaissance. Il est daté de 1562. Les socles des niches ornent son trumeau et les contreforts qui flanquent le portail sont décorés de feuillages découpés encadrant des écus. Les dais gothiques de l'archivolte (moulure ornementée des voussures d'une arcade) offrent à la vue des anges tenant les instruments de la Passion. Le remplage de la fenêtre des tympans est flamboyant. Les vantaux des deux portes présentent des personnages sculptés dont saint Sébastien (patron des archers et des prisonniers) et saint Martin (patron des militaires et des soldats) de style Renaissance. Le marquis de Menilles et sa première épouse sont enterrés dans le chœur de l'église sous les marches de l'autel.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Joseph de Puisaye, qui s'installa au château de Ménilles après en avoir épousé l'héritière en 1788. Député aux États-Généraux, à la Constituante, fédéraliste, chouan, il passa en Angleterre.
  • Antoine-Marie Roederer, baron d'Empire, propriétaire du château de Ménilles.
  • Albert Miserey (1862-1938), sculpteur, ayant réalisé entre autres la statue de Boieldieu sur la façade du théâtre d'Évreux et le monument d'Adolphe Barette à Vernon.
  • Gérard Delpon de Vissec (1912-1940), chef de char, mortellement blessé le 11 juin 1940. Fils de l'écrivain Lucien Delpon de Vissec (plaque commémorative apposée dans l'église et une autre sur le monument aux morts).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Nouvelles de l'Eure - numéro 1 - 1959 - Texte de M.Baudot

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  2. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  3. Chevalier de la Légion d'honneur à titre militaire, croix de la Résistance, Médaille militaire, croix de guerre 39-45, née en 1888, morte en 1973

Liens externes[modifier | modifier le code]

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