Guiseniers

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Guiseniers
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Haute-Normandie
Département Eure
Arrondissement Arrondissement d'Andelys
Canton Canton des Andelys
Intercommunalité Communauté de communes des Andelys et de ses Environs
Maire
Mandat
Patrick Lemullier
2014-2020
Code postal 27700
Code commune 27307
Démographie
Population
municipale
428 hab. (2011)
Densité 40 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 12′ 57″ N 1° 28′ 29″ E / 49.2158, 1.4747 ()49° 12′ 57″ Nord 1° 28′ 29″ Est / 49.2158, 1.4747 ()  
Altitude Min. 84 m – Max. 158 m
Superficie 10,71 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Guiseniers

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Guiseniers

Guiseniers est une commune française située dans le département de l'Eure en région Haute-Normandie.

Ses habitants sont appelés les Guisenois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Située sur le plateau du Vexin normand, non loin (7 km environ) des Andelys et de la vallée de la Seine. Commune composée de Guiseniers proprement dite et de deux hameaux : la Bucaille et Pavée.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Attesté anciennement sous les formes Gisamacas (v. 830, cacographie pour *Gisiniacas), Gisiniacus 1025[1].

le suffixe -iers de Guiseniers est le produit d'une réinterprètation du suffixe originel -ies. En effet, on trouve encore Guisegnies en 1235 et Gysegnies en 1237[2].

Ce suffixe est issu du bas-latin d'origine celtique -iacas, pluriel de i-acum, "lieu de" puis "propriété de"[3]. La forme à l'accusatif pluriel -iacas est typique du Nord, de la Picardie et de la Belgique, mais rare en Normandie, d'où son évolution parfois aberrante (cf. Dardez, Aupenais), alors que dans les régions citées, elle conserve généralement sa forme -ies.

Le premier élément est souvent un nom de personne germanique, vu la localisation de ces formations et leur aspect tardif. Ici, c'est sans doute le nom de personne germanique Giso / Gisinius, hypocoristique de gīsel, otage (cf; allemand Geisel, otage. Voir Gisèle) que l'on trouve au cas régime dans Gisancourt qui, par contre, est une forme française avec [ʒ] initial.

Homonymie avec Ghissignies (Nord), également de type normanno-picard avec [g] initial.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fréquentée depuis les temps préhistoriques, puis à l'époque gauloise, puis gallo-romaine, Guiseniers dépendait au VIIe siècle de l'abbaye de Fontenelle (fondée en 650) qui devint ensuite l'abbaye de Saint-Wandrille.

Le patronage de l'église en fut cédé en 980 à l'abbaye de Jumièges dont elle dépendit jusqu'à la Révolution Française. Jumièges fut, à Guiseniers, la bénéficiaire de nombreuses libéralités en terres et rentes de la part des barons du duc de Normandie au XIe siècle ; elle s'enrichit au temps de Roger Thorel (dans le tout début des années 1200), qui passa des accords avec les religieux de Jumièges et le chapitre de la cathédrale de Rouen.

C'est en 1224 que le hameau de la Bucaille fut rattaché, avec la chapelle Saint-Nicolas, à la paroisse de Guiseniers (jusqu'en 1150, la Bucaille avait conservé son château de défense érigé sur une motte qui subsiste encore). Suite notamment aux héritages de Roger Thorel plusieurs fiefs furent attribués à ses gendres : de Fontenil, Daubeuf, du Cardonnay.

À la Révolution, Guiseniers comptait sept fiefs. Entre temps, et selon les époques, de nombreuses institutions religieuses, outre l'abbaye de Jumièges, y détinrent terres, fiefs ou rentes : l'abbaye du Trésor, l'abbaye de Poissy, l'abbaye Notre-Dame de Fontaine-Guérard, l'abbaye du Bec, l'abbaye de l'Isle-Dieu, le prieuré de Sausseuse, le chapitre de la cathédrale de Rouen, le chapitre de Notre-Dame d'Andely, l'abbaye Saint Jean d'Andely, les Ursulines des Andelys. C'est par Guiseniers que passèrent, en 1655, les reliques de sainte Clotilde transférées aux Andelys.

En avril 1789, comme dans toutes les paroisses, les habitants rédigèrent leur Cahiers de Doléances en vue des États généraux de mai. Les habitants de Guiseniers participèrent ensuite à la Révolution française et en connurent les divers épisodes : création de la commune, du département, la proclamation de la République, la contribution aux efforts de guerre, la Terreur puis les effets de Thermidor.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001   Philippe Fleury    
mars 2008   Patrick Lemullier    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 428 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
626 637 604 548 550 485 466 450 424
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
420 395 397 395 407 399 380 360 358
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
374 348 350 291 313 361 349 361 366
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
325 289 237 291 388 382 418 428 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[5].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

- Le manoir seigneurial (fondé en 1304 sous l'autorité de l'abbaye de Jumièges, dont il reste le portail à double arche gothique, avec pigeonnier et très belle grange dîmière) - L'église dont des vestiges datent du XIIe siècle, fortement remaniée au XVIe siècle, clocher refait au XVIIIe siècle - La ferme de la Bucaille avec pigeonnier et les restes de la chapelle Saint-Nicolas, du XIIe siècle

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Après les célèbres seigneurs Crespin (Xe-XIe siècle) qui y détenaient des terres, il y eut en particulier Roger Thorel (vers 1200 ; c'est lui qui négocia en 1224, avec les religieux de Jumièges, le rattachement de la Bucaille à Guiseniers) ; puis ses trois filles mariées respectivement à ceux qui deviendront ainsi les seigneurs de trois fiefs de Guiseniers (Daubeuf, du Cardonnay, de Fontenil, au début du XIVe siècle). Plus tard il y eut notamment Toussaint Canival (1734 - 1814) actif au cours de la Révolution française pendant laquelle il fut notamment procureur de la commune après avoir déjà joué un rôle local sous l'Ancien Régime (comme trésorier et releveur d'impôts); néanmoins, à l'époque de la Terreur, poursuivi par ses ennemis devant le Tribunal Révolutionnaire de Paris pour "propos inciviques" (son avocat y fut Tronçon du Coudray, celui-là même qui défendit Marie-Antoinette), il fut finalement acquitté. Il en alla de même lors d'un épisode suivant lorsqu'il fut déféré devant le Comité de Sûreté Générale qui finalement ne le poursuivit pas devant le Tribunal. Plus tard encore il y eut Léon Coutil (fin XIXe siècle - début du XXe), célèbre archéologue qui étudia la Normandie de façon approfondie, comme en témoignent ses œuvres, ainsi que l'abbé Lecoq qui y fit également des recherches archéologiques.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. François de Beaurepaire, Les noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, éditions Picard 1981. Préface de Marcel Baudot. p. 121.
  2. François de Beaurepaire, Op. cité.
  3. François de Beaurepaire, Op. cité.
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011


Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :