Mary White Ovington

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W.E.B. Du Bois et Mary White Ovington. Plaque commémorant la création de la NAACP dans la ville de Washington.

Mary White Ovington (11 avril 186515 juillet 1951) est une militante socialiste des droits civiques et une féministe américaine, cofondatrice de la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP).

Biographie[modifier | modifier le code]

Mary White Ovington est né le 11 avril 1865 à Brooklyn, New York. Ses parents, tous deux membres de l'Église unitarienne, défendaient le droit de vote pour les femmes et étaient impliqués dans le mouvement antiesclavagiste. À l'issue de ses études, commencées au Packer Collegiate Institute et poursuivies à Radcliffe College, elle fut engagée par le Pratt Institute de Brooklyn. Elle participa en 1895 à la création du Greenpoint Settlement, centre d'œuvres sociales dépendant de l'institut, dont elle se vit confier la direction l'année suivante. Cette première expérience lui permit d'intégrer le réseau des travailleurs sociaux de la ville de New York.

Elle démissionna en 1903, lorsqu'elle reçut une bourse d'un autre centre social, la Greenwich House, qui lui offrait le financement de ses projets de recherche. Durant les cinq années suivantes, elle étudia les problèmes d'emploi et de logement dans le quartier noir de Manhattan. Alors qu'elle avait déjà pu faire la connaissance de Booker T. Washington en 1903, ses recherches l'amenèrent à rencontrer à Atlanta le sociologue W.E.B. Du Bois, l'autre grand leader afro-américain de son temps[1]. Son travail l'amena à s'investir dans plusieurs organisations afro-américaines comme la National League for the Protection of Colored Women et le Committee for Improving the Industrial Condition of Negroes. En 1905, elle rejoignit les rangs du Parti socialiste, dont les idées exerçaient depuis plusieurs années une influence sur son engagement.

Elle commença l'année suivante à écrire pour des journaux radicaux, le New York Evening Post d'abord[1] puis The Masses, et New York Call. Son premier article pour le New York Evening Post la conduisit à couvrir la réunion fondatrice du Niagara Movement, une organisation plus radicale dans son approche de la lutte contre les discriminations racistes subies par les Afro-Américains que celles qu'elle soutenait jusqu'alors. Elle correspondit également à cette période avec Ray Stannard Baker dont elle influença les articles pour lAmerican Magazine regroupés dans l'ouvrage Following the Color Line (1908).

Le 3 septembre 1908, elle lit dans The Independent la description par le socialiste William English Walling de l'émeute raciale subie par les habitants noirs de Springfield dans l'Illinois. Sept personnes avaient été tuées, 40 maisons et 24 commerces détruits. À la fin de son article, intitulé « Race War in the North », Walling appelait à la mobilisation des citoyens américains pour venir en aide à leurs compatriotes afro-américains.

Ovington contacta Walling et convint d'un rendez-vous dans son appartement new-yorkais, auquel se joignit le travailleur social Henry Moskowitz. Le petit groupe prit la décision de lancer une campagne qui prendrait comme point de départ une conférence nationale sur les droits civils des Afro-Américains pour le centenaire de la naissance d'Abraham Lincoln, le 12 février 1909. Cet conférence donna naissance au National Negro Committee qui tint sa première rencontre à New York les 31 mai et 1er juin 1909. En mai 1910, lors de sa deuxième conférence publique, le National Negro Committee organisa la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP) dont Ovington fut nommée la secrétaire exécutive.

En 1911, elle assista à l'Universal Races Congress à Londres. Pendant la guerre, elle manifesta une opposition pacifiste à l'engagement américain dans la Première Guerre mondiale. Son engagement dans la NAACP ne faiblit pas et la porta jusqu'à la présidence de l'association, fonction qu'elle occupa de 1919 à 1932. La NAACP avait choisi de combattre sur le terrain légal la ségrégation raciale et les discriminations dans les domaines du logement, de l'éducation, de l'emploi, du vote et des transports. L'association porta plusieurs procès devant la Cour suprême dans l'espoir de faire reconnaître l'inconstitutionnalité des lois Jim Crow adoptées par le sud du pays. Trois jugements de la Cour portant sur le droit de vote et le logement lui furent favorables entre 1915 et 1923.

Ovington se retira du conseil directeur de la NAACP en 1947, après 38 années au service de l'organisation. Elle mourut le 15 juillet 1951. Elle laissait derrière elle plusieurs ouvrages traitant de la question noire, Half a Man (1911) et Status of the Negro in the United States (1913) ; un recueil de biographies de personnalités afro-américaines marquantes, Portraits in Color (1927) ; un ouvrage sur le féminisme dans son rapport au socialisme, Socialism and the Feminist Movement, 1914 ; une autobiographie, intitulée Reminiscences (1932) et une histoire de la NAACP, The Walls Came Tumbling Down (1947).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Aberjhani, Sandra L. West, Encyclopedia of the Harlem Renaissance, Infobase Publishing, 2003, p. 248.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Half a Man. The Status of the Negro in New York (préface de Franz Boas), 1911
  • Status of the Negro in the United States, 1913
  • Socialism and the Feminist Movement, 1914
  • The Upwarth Path, 1919
  • The Shadow, 1920
  • The Awakening (pièce de théâtre), 1923
  • Portraits in Color, 1927
  • Reminiscences, or Going Back 40 Years, publié initialement dans le Baltimore Afro-American, du 17 septembre 1932 au 25 février 1933
  • The Walls Came Tumbling Down, 1947
  • Black and White Sat Down Together, 1995