Angelina Emily Grimké

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Angelina Emily Grimké

Angelina Emily Grimké Weld () est une militante abolitionniste et féministe américaine. En 1838, elle fut la première femme du pays à s'adresser à une législature élue.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Angelina naît en 1805 à Charleston (Caroline du Sud). Son père, John Faucheraud Grimké, est un juge d’obédience épiscopalienne issu d’une riche famille de planteurs, lui-même possesseur d’esclaves. Elle grandit aux côtés de sa sœur aînée Sarah Grimké. Malgré leur milieu familial esclavagiste, les deux sœurs éprouvent très tôt une répugnance pour cette pratique[1].

Activités militantes[modifier | modifier le code]

Elles intègrent les rangs des quakers, l’un des très rares groupes à défendre l’abolition de l’esclavage dans le Sud des États-Unis, avant de gagner le Nord du pays où l’esclavage a été progressivement aboli. En 1829, Angelina rejoint ainsi sa sœur qui s’était installée à Philadelphie sept ans plus tôt[2].

La position des deux sœurs se radicalise progressivement : refusant de se contenter d’une abolition progressive de l’esclavage selon le mot d’ordre quaker, elles en viennent à réclamer l’abolition immédiate. En 1835, Angelina écrit une missive abolitionniste qu’elle adresse à William Lloyd Garrison, l’une des figures emblématiques de la lutte contre l’esclavage. Il publie ce courrier dans The Liberator, l’organe de l’American anti-slavery society, en 1836. Cet « Appel aux chrétiennes du Sud » (Appeal to the Christian Women of the South) fait scandale dans le Sud du pays. Il est brûlé publiquement en Caroline du Sud[2] et les deux sœurs sont menacées d’être incarcérées en cas de retour dans leur État d’origine.

À partir de cette date, Sarah et Angelina Grimké commencent à parler de l’esclavage en public, rompant une fois de plus avec les bonnes mœurs qui cantonnaient les femmes dans la sphère privée. Elles sont parmi les premières femmes américaines à enfreindre cette règle tacite. Si les femmes étaient nombreuses au sein du mouvement abolitionniste, elles se voyaient en effet systématiquement refuser les arènes dans lesquelles se tenaient les débats qui restaient réservés aux hommes[3].

Leur renommée atteint son apogée quand Angelina est invitée en 1837 à s’exprimer devant la législature de l’État du Massachusetts pour y présenter une pétition abolitionniste signée par 20 000 femmes : elle devient la première femme du pays à prendre la parole devant une assemblée d'élus[4]. Angelina lance cette même année une nouvelle missive intitulée « Appeal to the Women of the Nominally Free States », s'adressant cette fois aux femmes du Nord. En 1838, fortes de cette notoriété, les deux sœurs donnent une série de conférences très remarquées à Boston.

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Le 14 mai 1838, Angelina Grimké se marie avec Theodore Dwight Weld, qui partage son militantisme abolitionniste et suffragiste. Sa santé se dégrade en 1839, la contraignant à abandonner son activité publique. Elle n’en continue pas moins de soutenir les deux causes qui ont marqué sa vie et ouvre un pensionnat en compagnie de sa sœur. Il accueille les enfants de plusieurs militants abolitionnistes ; ceux d’Elizabeth Cady Stanton y suivront notamment leur scolarité.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Écrits et discours[modifier | modifier le code]

Sur les sœurs Grimké[modifier | modifier le code]

  • Gerda Lerner, The Grimke Sisters From South Carolina : Pioneers for Women's Rights and Abolition, New York : Schocken Books, 1971, (ISBN 0805203214)
  • Mark Perry, Lift up Thy Voice : The Grimke Family's Journey from Slaveholders to Civil Rights Leaders, New York : Viking, 2001, (ISBN 0142001031)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Claude Fillard, Colette Colomb-Boureau, Les mouvements féministes américains, Ellipses, Paris, 2003, p. 25.
  2. a et b Fillard et Colomb-Boureau, p. 25.
  3. Fillard et Colomb-Boureau, p. 28.
  4. Fillard et Colomb-Boureau, p. 26.