Scottsboro Boys

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L'expression « Scottsboro Boys » désigne neuf garçons afro-américains, âgés de 12 à 20 ans, accusés en 1931 d’avoir violé deux femmes blanches dans un train de marchandises traversant l’État de l’Alabama. Huit des neuf accusés furent condamnés à mort par le tribunal de Scottsboro quinze jours après les faits, à l’issue de plusieurs procès n’excédant pas une journée[1].

L’âge des condamnés, la gravité des peines prononcées et les circonstances des procès qui semblaient avoir violé quelques-unes des règles fondamentales de la défense déclenchèrent une campagne de soutien menée par le Parti communiste américain et la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP) qui dénonçaient le caractère raciste de l'affaire. L’International Labor Defense, organisation émanant du Parti communiste, prit en charge la défense des condamnés[1]. Les procédures d’appel menèrent jusqu’à la Cour suprême qui cassa une première fois en 1932 les jugements prononcés en première instance, estimant que les condamnés n’avaient pas bénéficié d’un procès équitable (Powell v. Alabama 287 U.S. 45)[2].

Une seconde série de procès eut lieu dans la ville de Decatur (Alabama) en 1933. Les jugements furent à nouveau cassés par la Cour suprême en 1935 (Norris v. Alabama 294 U.S. 587). Lors de la troisième vague de procès, Clarence Norris fut à nouveau condamné à mort ; trois des neuf autres accusés reçurent des peines s’échelonnant de 75 à 99 ans de prison. La peine de Norris fut finalement commuée en peine de prison à vie par le gouverneur de l’Alabama David Bibb Graves en 1938. Une partie des détenus fut progressivement libérée sur parole dans les années 1940 et au début des années 1950. Le dernier détenu, Clarence Norris, fut finalement gracié par le gouverneur de l’Alabama George Wallace, pourtant favorable à la ségrégation raciale, en 1976.

En novembre 2013, Haywood Patterson, Charlie Weems et Andy Wright, les trois membres du groupe dont les condamnations n'avaient pas été annulées, sont graciés de façon posthume par la commission des libérations conditionnelles de l'Alabama (Alabama's parole board). La grace intervient 82 ans après leur condamnation et 24 ans après la mort du dernier accusé[3].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Nichole Bacharan, Histoire des Noirs Américains aux États-Unis, Éditions Complexe, 1994, p. 72.
  2. v. Alabama, 287 U.S. 45 (1932)
  3. (en) Ed Pilkington, « Last three of Scottsboro Nine receive posthumous pardons for 1931 'crime' », The Guardian,‎ 21 novembre 2013

Lien externe[modifier | modifier le code]