Élection générale québécoise de 1994
35e élection générale québécoise
| Chef | Jacques Parizeau |
|---|---|
| Pourcentage | 44,75 % |
| Élus |
|
| Chef | Daniel Johnson |
|---|---|
| Pourcentage | 44,4 % |
| Élus |
|
| Chef | Mario Dumont |
|---|---|
| Pourcentage | 6,46 % |
| Élus |
|
| Premier ministre sortant | Daniel Johnson |
|---|---|
| Premier ministre entrant | Jacques Parizeau |
L'élection générale québécoise de 1994 se déroule le 12 septembre 1994 afin d'élire les députés de la 35e législature à l'Assemblée nationale du Québec (Canada). Il s'agit de la 35e élection générale dans cette province depuis la confédération canadienne de 1867. Le Parti québécois, dirigé par Jacques Parizeau, est élu avec un gouvernement majoritaire, défaisant le gouvernement du Parti libéral du Québec (PLQ), dirigé par Daniel Johnson (fils) chef du PLQ depuis janvier 1994. Le PLQ était au pouvoir depuis l'élection de 1985.
Sommaire |
Contexte[modifier]
Depuis l'échec de l'Accord du lac Meech en 1990 et du référendum sur l'accord de Charlottetown en 1992, le mouvement souverainiste a le vent dans les voiles. Devant le refus du Canada anglais de reconnaître constitutionnellement le statut de société distincte qu'ils réclamaient, le Parti québécois augmente ses effectifs et son chef, Jacques Parizeau, économiste respecté, affirme sans détour que son parti déclenchera un référendum sur la souveraineté s'il est porté au pouvoir. Lors de l'élection fédérale canadienne de 1993, qui s'était déroulé quelques mois auparavant, près de la moitié des Québécois avaient voté pour Lucien Bouchard et son nouveau parti souverainiste, le Bloc québécois, qui avait fait élire 54 députés à la Chambre des communes du Canada et qui avait réussi à former l'Opposition officielle, ce qui est sans précédent au Canada.
Ces statistiques sont encourageantes pour les souverainistes et ils croient en la victoire du Parti québécois. Le Parti libéral du Québec est au pouvoir depuis deux mandats, soit depuis 1985, ayant remporté deux élections générales consécutives sous la direction du premier ministre Robert Bourassa. Bourassa annonce sa démission le 14 septembre 1993 ; le 14 décembre suivant, Daniel Johnson (fils) devient chef du Parti libéral, puis est assermenté Premier ministre le 11 janvier 1994. Johnson n'est pas très charismatique, mais tous respectent sa compétence en économie. Son père, Daniel Johnson, père, et son frère, Pierre Marc Johnson, avaient tous deux occupé les fonctions de premier ministre du Québec avant lui sous les bannières de partis différents.
Un autre parti est également dans la course lors de cette élection : l'Action démocratique du Québec. Le parti avait été officiellement fondée le 18 janvier 1994 par Jean Allaire et d'autres militants dissidents du Parti libéral qui avaient claqué la porte du parti après le rejet du Rapport Allaire qui réclamait le rapatriement de plusieurs champs de compétence constitutionnel. Allaire dirige le nouveau parti mais démissionne après quelques mois pour des raisons de santé. C'est Mario Dumont, ancien chef de l'aile jeunesse du Parti libéral, qui le remplace et qui mène le parti lors de la campagne électorale de 1994.
Mario Dumont incarne l'ambivalence de certains Québécois qui hésitent entre la souveraineté et le fédéralisme. Celui-ci n'a que 25 ans, mais il possède déjà une bonne expérience politique. Il adopte une plateforme populiste de conservatisme économique, prônant l'équilibre budgétaire et des réductions dans les dépenses de l'État.
Résultats[modifier]
Le Parti québécois de Parizeau et le Parti libéral de Johnson sont presque à égalité en termes de pourcentage du vote populaire. Le Parti québécois, avec 44,75 %, devance le Parti libéral (44,40 %) par moins d'un demi-point de pourcentage. Par contre, les nombre de sièges est décisif : les péquistes remportent 77 sièges contre les 47 des libéraux, formant un gouvernement majoritaire et disposant de toute la latitude nécessaire pour déclencher un référendum sur la souveraineté du Québec.
L'Action démocratique du Québec ne fait élire qu'un seul député : son chef, Mario Dumont, élu dans Rivière-du-Loup.
| Parti québécois | Libéral | Action démocratique |
| 77 sièges | 47 sièges | 1 siège |
| ^ | ||
| majorité | ||
Résultats par parti politique[modifier]
| Partis | Chef | Candidats | Sièges | Voix | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1989 | diss. | Élus | +/- | Nb | % | +/- | ||||
| Parti québécois | Jacques Parizeau | 125 | 29 |
|
77 | +48 | 1 751 442 | 44,75 % | +4,59 % | |
| Libéral | Daniel Johnson | 125 | 92 |
|
47 | -45 | 1 737 698 | 44,4 % | -5,55 % | |
| Action démocratique | Mario Dumont | 80 |
|
|
1 | +1 | 252 721 | 6,46 % |
|
|
| NPD Québec | Jocelyne Dupuis | 41 |
|
|
|
|
33 269 | 0,85 % | -0,37 % | |
| Loi naturelle | 102 |
|
|
|
|
33 206 | 0,85 % |
|
||
| Égalité | Keith Henderson | 17 | 4 |
|
|
-4 | 11 526 | 0,29 % | -3,67 % | |
| Souveraineté du Québec | 19 |
|
|
|
|
5 566 | 0,14 % |
|
||
| Vert | Éric Ferland | 11 |
|
|
|
|
5 499 | 0,14 % | -1,85 % | |
| Parti citron | 10 |
|
|
|
|
4 087 | 0,1 % | -0,12 % | ||
| Canada! | 10 |
|
|
|
|
2 567 | 0,07 % |
|
||
| République du Canada | 18 |
|
|
|
|
2 258 | 0,06 % | -0,01 % | ||
| Développement Québec | 11 |
|
|
|
|
1 876 | 0,05 % |
|
||
| Parti innovateur | 11 |
|
|
|
|
1 861 | 0,05 % |
|
||
| Parti économique | 9 |
|
|
|
|
1 759 | 0,04 % |
|
||
| Marxiste-léniniste | 13 |
|
|
|
|
1 171 | 0,03 % | -0,09 % | ||
| Communiste | Ginette Gauthier | 10 |
|
|
|
|
1 062 | 0,03 % | +0,01 % | |
| Indépendant | 68 |
|
|
|
|
66 221 | 1,69 % | +0,82 % | ||
| Total | 680 | 125 | 125 | 3 913 789 | 100 % | |||||
| Le taux de participation lors de l'élection était de 81,58 % et 78 239 bulletins ont été rejetés. Il y avait 4 893 465 personnes inscrites sur la liste électorale pour l'élection. |
||||||||||
| Source : DGEQ, Rapport des résultats officiels du scrutin. Élections générales du 12 septembre 1994 et élection du 24 octobre 1994 dans la circonscription de Saint-Jean, 1994, 947 p. (ISBN 2-550-09762-9) |
||||||||||