Opposition officielle (Canada)

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L'Opposition officielle du Canada, formellement la Loyale Opposition de Sa Majesté (en anglais : Her Majesty's Loyal Opposition), est habituellement le parti de l'opposition parlementaire détenant le plus grand nombre de sièges à la Chambre des communes du Canada et qui ne forme pas le gouvernement, ni seul ni au sein d'une coalition. C'est donc habituellement le deuxième parti en importance à la Chambre, mais dans certaines circonstances rares, il se peut que ce soit un troisième ou un quatrième parti, ou même parfois le premier parti.

Depuis l'élection fédérale canadienne de 2011, c'est le Nouveau Parti démocratique qui forme l'Opposition officielle.

Sommaire

Considérations générales [modifier]

On l'appelle "la Loyale Opposition de Sa Majesté" pour démontrer que, bien que le groupe soit en opposition au gouvernement, il demeure loyal à la Couronne (l'incarnation de l'état canadien) et donc au Canada.

L'Opposition officielle est regardée comme le parti dont la tâche est de mettre un frein au pouvoir du gouvernement. On la voit aussi généralement comme le gouvernement alternatif. L'Opposition officielle maintient un cabinet fantôme de députés qui détiennent souvent les mêmes portefeuilles ministériels que les ministres du gouvernement. On les nomme "critiques", ou "porte-paroles".

Le chef du parti qui forme l'Opposition officielle est appelé le chef de l'Opposition et peut vivre à Stornoway, la résidence officielle du chef de l'Opposition à Ottawa. L'actuel chef de l'Opposition est Thomas Mulcair, chef du Nouveau Parti démocratique du Canada.

Avantages [modifier]

Il y a des avantages à être l'Opposition officielle. L'Opposition officielle est le parti qui a droit de parole après le gouvernement, et le temps qui lui est alloué durant la période des questions est plus importante que tous les autres partis. Il reçoit également plus de fonds pour la recherche et le personnel que les autres partis.

Particularités [modifier]

Opposition plus nombreuse que le gouvernement [modifier]

Après l'élection de 1925, l'Opposition officielle était le parti avec le plus de sièges aux communes, les conservateurs. Les libéraux, menés par William Lyon Mackenzie King, furent capables de former un gouvernement minoritaire malgré le fait qu'ils avaient une douzaine de sièges de moins que les conservateurs parce qu'ils furent capables de s'attirer l'appui du Parti progressiste pour se maintenir au pouvoir. De même, en Ontario, le Parti libéral de l'Ontario fut capable de former un gouvernement minoritaire de 1985 à 1987 en dépit du fait qu'ils détenaient moins de sièges que le Parti progressiste-conservateur de l'Ontario, grâce à l'appui du Nouveau Parti démocratique de l'Ontario.

Le cas du Bloc québécois [modifier]

En 1993, le Parti réformiste contesta le droit du Bloc québécois de former l'Opposition officielle en vertu du fait qu'il s'agissait d'un parti souverainiste. Le président se prononça toutefois en faveur du Bloc.

Opposition officielle au Sénat [modifier]

Il y a également une Opposition officielle au Sénat du Canada. Il s'agit du parti avec le plus grand nombre de sénateurs qui ne forme pas le gouvernement. Comme le parti formant le gouvernement est déterminé par la Chambre des communes, l'Opposition officielle au Sénat peut en fait détenir plus de sièges au Sénat que le gouvernement. Toutefois, la coutume veut que le Sénat approuve les lois adoptées à la Chambre des communes même si le gouvernement n'a qu'une minorité au Sénat.

Attention : le parti formant l'Opposition officielle au Sénat n'est pas nécessairement le même qu'à la Chambre des communes. De 1993 à 2003, l'Opposition officielle au Sénat était le Parti progressiste-conservateur du Canada, même si le Bloc québécois formait l'Opposition officielle à la Chambre de 1993 à 1997, suivi du Parti réformiste du Canada, puis l'Alliance canadienne de 1997 à 2003. Ceci était dû au fait que le Bloc québécois et le Parti réformiste n'avaient pas de sénateurs. Toutefois, lorsque le sénateur Gerry St. Germain fit défection des progressistes-conservateurs vers l'Alliance canadienne en 2000, il affirma qu'il devrait être reconnu comme le chef de l'Opposition officielle au Sénat, puisque l'Alliance canadienne formait l'Opposition officielle à la Chambre des communes. Le président du Sénat se prononça toutefois contre lui, étant donné que le Parti progressiste-conservateur était le plus grand parti d'opposition.