Mixture (orgue)

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Les mixtures sont des jeux d'orgue dits "composés" car ils sont constitués de plusieurs rangs de tuyaux accordés en octaves et en quintes. Ce sont les mixtures qui fournissent le son si caractéristique de l'orgue, celui du Plein Jeu ou Plenum que les Allemands nomment aussi Blockwerk. Les mixtures se reconnaissent à leur brillance et leur puissance car leur fonction est d'enrichir le son avec des harmoniques aigus.

Il existe de nombreuses façons de composer une mixture, c’est-à-dire de décider de sa hauteur, de son nombre de rangs, du type de ses tuyaux –flûtés ou principalisés– et des notes sur lesquelles auront lieu les reprises. Tous ces choix affectent le résultat sonore de chaque mixture et font que celle-ci sera caractéristique d'une esthétique, d'une école et même d'un facteur particulier.

Caractéristiques générales, communes à toutes les mixtures[modifier | modifier le code]

  • Ce sont des jeux constitués de plusieurs rangs, cela pouvant aller de 2 rangs pour une Grosse Fourniture ou une petite Cymbale, jusqu'à 13 rangs pour un grand Plein Jeu. Le nombre de rangs varie suivant l'importance de l'instrument.
  • Ce sont des jeux qui, dans la musique d'orgue classique, ne s'emploient jamais seuls car ils n'ont pas de fondation. Il faut donc, pour les utiliser, tirer au minimum un jeu de fond de 8 pieds (ou 16+8 si la résultante est de 16) afin de leur assurer une assise sonore.
  • En général et par tradition, les rangs de mixtures ne sont constitués que par des rangs d'octaves et de quintes. Il peut y avoir d'autres positions (tierces, septièmes, neuvièmes, onzièmes, treizièmes, quartes) mais elles sont plus rares, souvent originales et parfois expérimentales.

La résultante[modifier | modifier le code]

Toute mixture, du fait qu'elle fait parler plusieurs rangs de tuyaux accordés sur des intervalles harmoniques impairs, essentiellement des quintes et des octaves, engendre naturellement des sons résultants, c'est-à-dire des sons générés par additions des pressions sonores. Il s'agit d'un phénomène acoustique normal : lorsque deux sons continus sont émis simultanément, il se produit un son résultant de fréquence égale à la différence des deux fréquences émises.

Bien que les mixtures soient constituée de petits tuyaux, elles peuvent donc renforcer et amplifier les basses :

  • Une mixture contenant un rang de 2 2/3 produit une résultante de 8 pieds.
  • Une mixture contenant un rang de 5 1/3 produit une résultante de 16 pieds.
  • Une mixture contenant un rang de 10 2/3 produit une résultante de 32 pieds.

Le principe des reprises[modifier | modifier le code]

Comme les mixtures sont constituées de tuyaux relativement aigus (allant de 2 pieds à 1/2 pied), il n'est pas possible de monter indéfiniment. Il va de soi qu’à un moment les tuyaux produiraient des sons dépassant le seuil d’acuité auditive de l’homme. De plus, ces tuyaux, devenant de plus en plus petits, sont très difficiles à accorder et très fragiles. Les facteurs d’orgue se sont donc fixé une limite, un plafond. Elle était de 1/6 de pied au Moyen Âge puis s’est fixée à 1/8 pendant la période classique pour atteindre finalement 1/16 de pied (environ 2 cm), ce qui correspond à environ 8 kHz. À chaque fois qu’en montant de degré en degré sur le clavier un des tuyaux atteint ce plafond, on le fait repartir une quarte, une quinte ou une octave plus bas. C’est ce saut descendant que l’on appelle la reprise.

Bien qu'il existe quelques types de mixtures sans reprise, la majorité des mixtures ont des reprises. Hormis quelques mixtures modernes réalisées à titre expérimental, les notes sur lesquelles se font les reprises sont toujours en rapport avec la gamme majeure de do et ont donc lieu sur les do, les fa ou les sol. Elles ont lieu quelquefois sur les fa♯, uniquement sur des mixtures modernes.

Les mixtures françaises[modifier | modifier le code]

Dans l'orgue classique français le terme mixture est générique et désigne indifféremment n'importe quel jeu composé, mais en pratique, seuls trois noms sont utilisés pour désigner les mixtures : la Fourniture, la Cymbale et le Plein Jeu.

Fourniture[modifier | modifier le code]

La fourniture française est généralement une mixture grave. Comme son nom l'indique elle sert essentiellement à fournir de la matière harmonique aux jeux de fond. Elle est la forme la plus ancienne de mixture isolée en un jeu propre. Il existe trois sortes de fourniture : la grosse fourniture, la fourniture classique et la fourniture cymbalisée.

La grosse fourniture n'existe jamais seule sur un orgue. Placée traditionnellement au Grand Orgue, elle sert à ajouter à la fourniture normale deux ou trois rangs graves pour descendre la résultante. En général la grosse fourniture permet d'avoir une résultante de 16 ou de 32 pieds. Elle est composée de tuyaux (3 à 7 par note, le plus souvent 5) donnant des octaves et des quintes au son fondamental.

Cymbale[modifier | modifier le code]

La Cymbale, qui n'a rien d'un jeu à percussion, est plutôt une Fourniture encore plus aiguë. La Cymbale est là pour compléter la Fourniture.

Plein Jeu[modifier | modifier le code]

Le plein jeu est une fourniture medium, elle est le jeu typique de l'orgue classique.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Ajoutées aux principaux, les mixtures permettent d'obtenir le plenum de l'orgue.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]