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Viré-clessé

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Viré-clessé
Désignation(s) Viré-clessé
Appellation(s) principale(s) viré-clessé
Type d'appellation(s) AOC
Reconnue depuis 1998
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble de Bourgogne
Sous-région(s) vignoble du Mâconnais
Localisation Saône-et-Loire
Climat tempéré océanique à tendance continentale
Sol argilo-calcaire
Superficie plantée 390,57 hectares en 2008[N 1]
Cépages dominants chardonnay B[N 2]
Vins produits 100 % blancs
Production 22 876 hectolitres en moyenne[N 3] ; moyenne des récoltes sur cinq ans entre 2004 et 2008.
Rendement moyen à l'hectare 55 à 70 hl/ha

Le viré-clessé[N 4] est un vin blanc d'appellation d'origine contrôlée produit sur les communes de Clessé, Montbellet et Viré appartenant au canton de Lugny et de Laizé (canton de Mâcon-Nord), en Saône-et-Loire. La superficie de production est d'environ 390 hectares avec, comme cépage utilisé, le chardonnay B.

Il s'agit de la dernière-née des appellations communales du vignoble du Mâconnais.

L’édit de l'empereur romain Domitien, en 92, interdisait la plantation de nouvelles vignes hors d’Italie ; il fit arracher partiellement les vignes en Bourgogne afin d’éviter la concurrence. Le vignoble résultant suffisait aux besoins locaux[1]. Mais Probus annula cet édit en 280[2].

Dès le début du VIe siècle, l’implantation du christianisme avait favorisé l’extension de la vigne par la création d’importants domaines rattachés aux abbayes.Vers 1349, lorsque l’on découvre le gamay comme nouveau cépage, les réactions de mécontentement se multiplient. Le nouveau plant, très productif, risque en effet de compromettre la qualité des vins de Bourgogne[3]. En 1416, Charles VI fixa par un édit les limites de production du vin de Bourgogne[4]. A à la mort de Charles le Téméraire, le vignoble de Bourgogne fut rattaché à la France, sous le règne de Louis XI.

Période contemporaine

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Phylloxéra

XIXe siècle

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Dans les décennies 1830-1840, la pyrale survint et attaqua les feuilles de la vigne. Elle fut suivie d'une maladie cryptogamique, l'oïdium[5]. Le millésime 1865 a donné des vins aux teneurs naturelles en sucres très élevées et des vendanges assez précoces[6]. À la fin de ce siècle arrivèrent deux nouveaux fléaux de la vigne. Le premier fut le mildiou, autre maladie cryptogamique, le second le phylloxéra. Cet insecte térébrant venu d'Amérique mit très fortement à mal le vignoble[5]. Après de longues recherches, on finit par découvrir que seul le greffage permettrait à la vigne de pousser en présence du phylloxéra.

XXe siècle

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Le mildiou provoqua un désastre considérable en 1910. Lorsqu'en 1936, les appellations communales de Pouilly-Fuissé, Pouilly-Loché et Pouilly-Vinzelles ont vu le jour, la même possibilité était offerte aux viticulteurs de Viré qui avaient décliné l'offre à cette époque. Apparition de l'enjambeur dans les années 1960-70, qui remplace le cheval. Les techniques en viticulture et œnologie ont bien évolué depuis 50 ans (vendange en vert, table de triage, cuve en inox, pressoir électrique puis pneumatique etc.). Il faut attendre le pour que ce vin accède au statut d'AOC village[7].

XXIe siècle

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Avec la canicule de 2003, les vendanges débutèrent pour certains domaines cette année-là à la mi-août, soit avec un mois d'avance, des vendanges très précoces qui ne s'étaient pas vues depuis 1422 et 1865 d'après les archives[6].

Situation géographique

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Situé en Saône-et-Loire, dans le Vignoble du Mâconnais à côté de Mâcon.

Géologie et orographie

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Les vignobles sont sur un sol à dominante calcaire que l'on retrouve sur le coteau à une exposition est, le plus souvent, et ponctuellement ouest. On trouve des argiles limono-sableuses en sommet de coteau. L'altitude se situe entre 200 et 440 mètres[7].

Climatologie

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C'est un climat tempéré à légère tendance continentale.

Pour la ville de Mâcon (216 m), les valeurs climatiques de 1961 à 1990, car cette appellation est située à côté de Mâcon :

Relevés Mâcon 1961-1990
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −0,6 0,7 2,5 5,2 8,9 12,3 12,4 13,9 11,1 7,5 2,9 0,1 6,6
Température moyenne (°C) 2,1 4 6,8 10 13,9 17,5 20,1 19,4 16,4 11,7 6 2,7 10,9
Température maximale moyenne (°C) 4,9 7,3 11,1 14,8 18,9 22,8 25,7 24,9 21,7 15,9 9,1 5,3 15,2
Précipitations (mm) 66,3 60,9 58,7 69,4 85,9 74,7 58,1 77,1 75,7 71,7 72,7 70,4 841,4
Source : Infoclimat : Mâcon (1961-1990)[8]


Présentation

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Situé en Saône-et-Loire, à cheval sur les cantons de Lugny et de Mâcon-Nord, sur le territoire des communes de Clessé, Laizé, Montbellet et Viré. La superficie de production est de 390,57 hectares pour un volume de production de 22 876 hectolitres[7].

  • Sur Viré : le Creuseromme, le Chapitre, Chazelle, Roally et l'Épinet.
  • Sur Clessé : Breillonde, Quintaine, le Chêne et la Troupe.

Encépagement

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Le chardonnay B est le cépage de cette AOC. Ses grappes sont relativement petites, cylindriques, moins denses que celles du pinot noir N[9], constituées de grains irréguliers, assez petits, de couleur jaune doré[9]. De maturation de première époque comme le pinot noir N, il s'accommode mieux d'une humidité de fin de saison avec une meilleure résistance à la pourriture s'il n'est pas en situation de forte vigueur. Il est sensible à l'oïdium et à la flavescence dorée. Il débourre un peu avant le pinot noir N, ce qui le rend également sensible aux gelées printanières. Les teneurs en sucre des baies peuvent atteindre des niveaux élevés tout en conservant une acidité importante, ce qui permet d'obtenir des vins particulièrement bien équilibrés, puissants et amples, avec beaucoup de gras et de volume[10].

Méthodes culturales

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Travail manuel

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Taille à queue du Mâconnais

Ce travail commence par la taille, dite « taille à queue du Mâconnais » est caractéristique du mâconnais, c'est une dérivation de la taille en guyot. Cette taille en « arcure » permet de lutter contre le phénomène d'acrotonie, typique du cépage chardonnay, elle permet aussi de préserver la vigne contre le gel de printemps[11]. Les tailles en « cordon de Royat » et « guyot simple » sont autorisées. Le tirage des sarments suit la taille. Les sarments sont enlevés et peuvent être brûlés ou mis au milieu du rang pour être broyés. On passe ensuite aux réparations. Puis vient le pliage des baguettes. Éventuellement, après le pliage des baguettes, une plantation de nouvelles greffes est réalisée. L'ébourgeonnage peut débuter dès que la vigne a commencé à pousser. Cette méthode permet, en partie, de réguler les rendements[11]. Le relevage est pratiqué lorsque la vigne commence à avoir bien poussé. En général, deux à trois relevages sont pratiqués. La vendange en vert est pratiquée de plus en plus dans cette appellation. Cette opération est faite dans le but de réguler les rendements et surtout d'augmenter la qualité des raisins restants[11]. Pour finir, avec le travail manuel à la vigne, se réalise l'étape importante des vendanges.

Travail mécanique

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L'enjambeur est d'une aide précieuse. Les différents travaux se composent du broyage des sarments, réalisé lorsque les sarments sont tirés et mis au milieu du rang. De trou fait à la tarière, là où les pieds de vignes sont manquants, en vue de planter des greffes au printemps. De labourage ou griffage, réalisé dans le but d'aérer les sols et de supprimer des mauvaises herbes. De désherbage fait chimiquement pour tuer les mauvaises herbes. De plusieurs traitements des vignes, réalisés dans le but de les protéger contre certaines maladies cryptogamiques (mildiou, oïdium, pourriture grise, etc.) et certains insectes (eudémis et cochylis)[11]. De plusieurs rognages consistant à reciper ou couper les branches de vignes (rameaux) qui dépassent du système de palissage. Des vendanges mécaniques se réalisant avec une machine à vendanger ou une tête de récolte montée sur un enjambeur.

Le rendement est de 55 hectolitres par hectare pour le rendement de base à 70 hectolitres par hectare pour le rendement butoir[12].

Titre alcoométrique volumique

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AOC Blanc Blanc
Titre alcoométrique volumique minimal maximal
Village[13] 11,5 % vol 13,5 % vol

Vinification et élevage

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Voici les méthodes générales de vinification pour cette appellation. Il existe cependant des petites différences de méthode entre les différents viticulteurs, négociants et caves coopératives.

Vinification en blanc

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Pressoir pneumatique servant au pressurage

La récolte est manuelle ou mécanique et peut être triée. Les raisins sont ensuite transférés dans un pressoir pour le pressurage. Une fois le moût en cuve, le débourbage est pratiqué généralement après un enzymage. À ce stade, une stabulation préfermentaire à froid (environ 10 à 12 degrés pendant plusieurs jours) peut être recherchée pour favoriser l'extraction des arômes[11]. Mais le plus souvent, après 12 à 48 heures, le jus clair est soutiré et mis à fermenter[11]. La fermentation alcoolique se déroule avec un suivi tout particulier pour les températures qui doivent rester à peu près stables (18 à 24 degrés)[11]. La chaptalisation est aussi pratiquée pour augmenter le titre alcoométrique volumique si nécessaire. La fermentation malolactique est réalisée en Fûts ou en cuves. Les vins sont élevés « sur lies », en fûts, dans lesquels le vinificateur réalise régulièrement un « bâtonnage », c'est-à-dire une remise en suspension des lies[11]. Cette opération dure pendant plusieurs mois au cours de l'élevage des blancs. À la fin, la filtration du vin est pratiquée pour rendre les vins plus limpides[11]. La mise en bouteille clôture l'opération.

Terroir et vins

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Les terres à dominantes calcaires donnent des vins avec une robe or-vert, des vins très aromatiques et persistants en bouche, avec notes fruitées, des arômes d'aubépine, de rose et leur bouquet livre des parfums très purs de citron lime et de minéraux.

Gastronomie, durée de garde et température de service

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Les vins de Viré-clessé accompagnent des viandes tendres, des poissons, des volailles, des crustacés et certains fromages (le camembert par exemple)[14]. La durée de garde va jusqu'à environ cinq ans. La température de service se situe entre 11 et 13 degrés[14].

Commercialisation

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La commercialisation de cette appellation se fait par divers canaux de vente : dans les caveaux du viticulteur, dans les salons des vins (vignerons indépendants, etc.), dans les foires gastronomiques, par exportation, dans les cafés-hôtels-restaurants (C.H.R.), dans les grandes et moyennes surfaces (G.M.S.).

Structure des exploitations

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Il existe des domaines de tailles différentes. Ces domaines mettent tout ou une partie de leurs propres vins en bouteilles et s'occupent aussi de le vendre. Les autres, ainsi que ceux qui ne vendent pas tous leurs vins en bouteilles, les vendent aux maisons de négoce.

Les caves coopératives et leurs apporteurs sont des vignerons. Ces derniers peuvent leur amener leurs récoltes, ou bien la cave coopérative vendange elle-même (machine à vendanger en général).

Les maisons de négoce achètent leurs vins, en général, en vin fait (vin fini) mais parfois en raisin ou en moût[15]. Elles achètent aux domaines et passent par un courtier en vin qui sert d'intermédiaire moyennant une commission de l'ordre de 2 % à la charge de l'acheteur.

Listes des producteurs

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  • Cave coopérative de Clessé
  • Cave de Charnay Les Macon Château de Viré
  • Cave de Lugny
  • Cave de Viré
  • Château de Besseuil
  • Domaine Beaudet Paul
  • Domaine Bonhomme André
  • Domaine Bressand Maurice
  • Domaine Collin Bourisset
  • Domaine de Chervin
  • Domaine de la Verpaille
  • Domaine des Chazelles
  • Domaine des Gandines
  • Domaine des Terres de Chatenay
  • Domaine du Mont Épin
  • Domaine du Mortier
  • Domaine Duchet
  • Domaine Gondard-Perrin
  • Domaine Jeandeau Denis
  • Domaine Michel
  • Domaine Montbarbon
  • Domaine Pascal Bonhomme
  • Domaine Sainte Barbe
  • Domaine Thevenet Jean
  • Domaine Trenel Fils

Notes et références

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  1. Un hectare = 10 000 = 24 ouvrées
  2. Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rs = rose, G = gris.
  3. Un hectolitre (hl) = 100 litres = 133 bouteilles
  4. Références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.

Références

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  1. Marcel Lachiver, op. cit., p. 37-38.
  2. Henri Cannard : AOC Mercurey, Le vignoble d'hier, p. 27.
  3. « Histoire du vignoble de Viré-Clessé par le musée des boissons et de la Sommellerie »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur musee-boissons.com.
  4. Site du BIVB : Historique, consulté le 24 novembre 2008.
  5. a et b Le Figaro et La Revue du vin de France (2008) : Vins de France et du monde (Bourgogne : Côte de Beaune), L'histoire, p. 26.
  6. a et b La Revue du vin de France n°482S : Le Millésime 2003 en Bourgogne, p. 109.
  7. a b et c Site du BIVB : page sur le Viré-clessé
  8. Archives climatologiques mensuelles - Mâcon (1961-1990), consulté le 8 décembre 2008.
  9. a et b Christian Pessey, Vins de Bourgogne, La vigne et le vin « Chardonnay », p.13
  10. Catalogue des variétés et clones de vigne cultivés en France ENTAV, Éditeur
  11. a b c d e f g h et i Conduite et gestion de l'exploitation agricole, cours de viticulture du lycée viticole de Beaune (1999-2001). Baccalauréat professionnel option viticulture-œnologie.
  12. Site de Légifrance : Décret du 23 octobre 2009, consulté le 2 mars 2011
  13. Fédération viticole de Saône-et-Loire : Chiffres de 2005
  14. a et b Site de Passion Vin, page sur le Viré-clessé, consulté le 2 mars 2011
  15. Le Figaro et La Revue du Vin de France (2008) : Vins de France et du monde, Bourgogne : Côte de Beaune, (Le négoce), p. 24.

Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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