Bouteille

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Bouteille pour le vin

Une bouteille est un récipient généralement cylindrique à sa base et qui se resserre à son sommet. Les bouteilles sont le plus souvent en verre ou en plastique, fabriquées par le procédé de moulage par soufflage, parfois en grès, et servent à conserver des liquides alimentaires : eau, lait, vin, bière, huile, etc, ou non alimentaires : produits chimiques, détergents, parfums, etc. Par métonymie, le terme de bouteille désigne aussi son contenu (comme c'est le cas de « verre »). On dit par exemple « boire une bonne bouteille ».

Du bas latin buticula (petite amphore) diminutif de buttis.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fiole à deux anses et panse aplatie. Verre verdâtre, IVe siècle apr. J.-C. en Syrie
Gravure d’ampullae trouvées lors de fouilles à Rome
Une fiasque de la seconde moitié du XVIe siècle : détails d'une nature morte de Jacopo Chimenti.
"Flasch"

Durant l'Antiquité, l'amphore est le récipient le plus utilisé pour le transport de liquides alimentaires, la cruche pour la mise à disposition des ces liquides. Néanmoins au premier millénaire avant JC, des spécimens de petites bouteilles (flacons à application, fioles) en verre translucides (verre creux épais car technique encore rudimentaire du moulage par soufflage par canne de verrier) ont été trouvés à Chypre, à Rhodes ou en Perse, sans que l'usage en tant que transport de liquides alimentaires soit attesté[1].

Dans la Rome antique la bouteille, appelée ampulla (en), désigne un vaisseau de toute forme ou de toute matière (dont le verre, matériau hérité des Phéniciens selon Pline), mais le plus souvent un vase au long col étroit (pour une bonne prise), au goulot petit, à l'épaule bien marquée et au corps en forme de sphère assurant une bonne assise[2]. Progressivement, la forme des bouteilles évolue et devient plus cylindrique pour faciliter l'entreposage et le transport.

Au IVe siècle, le fond plat (en fait jamais rigoureusement plat) est progressivement remplacé par un fond piqué qui assure une meilleure stabilité. Appelé par les professionnels piqûre, ce culot concave s’est généralisé, à l’exception de la cuvée Cristal[3]. Les bouteilles gardent des formes diverses (à quatre pans, cylindrique, gourde recouverte d'osier) et sont surtout utilisées dans les auberges, alors que dans les maisons le récipient pour l'eau est plutôt la cruche ou le pichet. Du XIVe siècle au XVIIe siècle, elles portent des noms divers selon leurs formes : bulbe, hampe, globe[4].

Au Moyen Âge en Europe, le monopole de la production de verre est assuré par la verrerie de Murano où les maîtres verriers atteignent un niveau élevé de manualité dans la transformation du verre à chaud, technique découverte chez les Perses et les Byzantins. Leur maîtrise de la transparence, la coloration et la décoration du verre, leur permet de fabriquer à la Renaissance de nombreuses formes de bouteilles s'inspirant de celles des pièces de vaisselle en métal ou en céramique.

Jusqu'à la fin du XVIIe siècle, même si les centres de production se développent partout en Europe, la bouteille de verre reste un produit coûteux et donc rare : les liquides alimentaires sont principalement transportés en tonneau et servis dans des cruches, pichets, gourdes en cuir ou en étain. En 1632, le diplomate anglais sir Kenelm Digby invente la bouteille de vin moderne. En France, la première fabrique spécialisée de bouteilles est fondée à Bordeaux dans la verrerie de Pierre Mitchell en 1723. Au milieu du XVIIe siècle, le développement en Angleterre de fours à charbon permet la production en série de bouteilles en verre plus lourdes et résistantes, elles prennent alors la place progressivement des autres récipients à partir du XVIIIe siècle lorsque la technique de fours à charbon se propage. La première bouteille en plastique apparaît dans les années 1960, la première bouteille en aluminium (en) dans les années 2000.

Les bouteilles sous pression[modifier | modifier le code]

Illustration de la diminution du poids des bouchons de bouteille.

On appelle généralement bouteille de gaz ou bonbonne de gaz ou bouteille sous pression, un récipient ou réservoir sous pression, métallique ou pour l'alléger, en matériau composite, de forme cylindrique, plus ou moins allongé, conçu pour contenir un gaz à une pression nettement différente de la pression ambiante.

Les bouteilles au sens courant[modifier | modifier le code]

Une bouteille classique comprend un corps, surmonté du col, plus étroit, lui-même terminé par le goulot (constitué du haut du col et de la bague verrière) qui reçoit le bouchon. Le fond de la bouteille, appelé aussi cul de bouteille ou culot, est généralement plat ou parfois bombé vers l'intérieur (piqûre). Une bouteille brisée forme des tessons, utilisés parfois pour hérisser le haut des murs de clôture.

Éléments matériels constitutifs d'une bouteille[modifier | modifier le code]

Termes techniques caractérisant une bouteille
Un porte-bouteilles.
  • Bague en anneau, cordon, pleine, carrée
  • Col droit ou enflé
  • Épaule tombante, arrondie ou droite
  • Corps, appelé aussi fût ou ventre : droit, conique, renflé
  • Fond droit ou piqué (piqûre)
  • Jable droit ou à talon

Les bouteilles de verre utilisées pour le conditionnement des liquides alimentaires courants (eau, vin, sodas, bière) ont été couramment réutilisées jusqu'au milieu de la seconde moitié du XXe siècle. Elles étaient commercialisées avec une valeur de consigne que les consommateurs récupéraient en rapportant la bouteille vide dans les points de vente. Désormais, en France, la plupart des bouteilles est vendue en verre perdu et récoltée dans des conteneurs de collecte sélective pour en permettre le recyclage.

Formes particulières[modifier | modifier le code]

Formes de bouteilles
Bouteille à bille pour boissons gazeuses, inventée en 1872 par Hiram Codd (en)
  • Une petite bouteille est un flacon ou une fiole.
  • Une bouteille isotherme est une bouteille isolante constituée d'une double enveloppe de verre.
  • Une fiasque est une bouteille au col très allongé en usage en Italie, notamment pour le chianti.
  • Un clavelin est une bouteille de 62 cl, destinée à recevoir le vin jaune.
  • Un pot lyonnais est une bouteille de 46 cl au culot épais, destiné à servir du beaujolais.
  • Une mignonnette est une bouteille miniature, contenant en général une dose individuelle de boisson alcoolisée. C'est parfois un objet de collection.
  • Une dame-jeanne est une grosse bouteille de grès ou de verre, d'une contenance de 20 à 50 litres, servant au transport de vin ou d'huile. Les dames-jeannes sont généralement clissées.

Particulièrement pour le champagne, bien que ces appellations soient parfois utilisées pour d'autre vins, les bouteilles (sauf celle de 75 cl) portent des noms particuliers :

  • le huitième : 9,4 cl (inusité)
  • le quart : 18,75 ou 20 cl (utilisé par les compagnies aériennes et parfois dans les boîtes de nuit)
  • la demie : 37,5 cl (vendue en restaurant)
  • le médium : 60 cl (inusité)
  • la bouteille : 70 cl (devient courant pour le vin blanc/rosé)[réf. nécessaire]
  • la bouteille : 75 cl (la plus vendue)
  • Magnum = 2 bouteilles = 1,5 litre
  • Jéroboam = 4 bouteilles = 3 litres
  • Réhoboam = 6 bouteilles = 4,5 litres
  • Mathusalem = 8 bouteilles = 6 litres
  • Salmanazar = 12 bouteilles = 9 litres
  • Balthazar = 16 bouteilles = 12 litres
  • Nabuchodonosor = 20 bouteilles = 15 litres

Les capacités supérieures, jusqu'à 30 litres, portent aussi des noms, mais sont beaucoup moins courantes. La maison Drappier et la maison Bollinger sont à peu près les seules à produire du champagne dans des bouteilles d'aussi grande contenance. Les noms de ces bouteilles hors normes sont :

  • Souverain = 35 bouteilles = 26,25 litres
  • Primat = 36 bouteilles = 27 litres
  • Melchizédec = 40 bouteilles = 30 litres

Un moyen mnémotechnique permet de mémoriser les principales tailles de bouteilles dans l'ordre croissant de contenance : « Car de bon matin je remarquais mal sa banalité naturelle » (quart, demi, bouteille, magnum, jéroboam, réhoboam, mathusalem, salmanazar, balthazar, nabuchodonosor).

La fermeture des bouteilles se fait de diverses manières : bouchon de liège, classique pour le vin, capsule en métal ou en matières plastiques (bière, soda…), bouchon vissé métallique ou plastique (lait), bouchon en verre (produits chimiques, parfums), etc.

La bouteille et les sciences[modifier | modifier le code]

  • La bouteille de Leyde est l'ancêtre du condensateur.
  • La bouteille de Klein est une surface fermée, sans bord et non orientable, c'est-à-dire une surface pour laquelle il n'est pas possible de définir un « intérieur » et un « extérieur ».
  • La bouteille d'Ekman est un instrument pour collecter l'eau de mer à différentes profondeurs afin d'en permettre l'analyse.

Expressions[modifier | modifier le code]

  • Avoir de la bouteille : avoir de l'expérience, se dit en général de personnes d'un certain âge ou ayant une grande expérience sur un sujet.
  • Avoir un penchant pour la bouteille : apprécier avec excès l'alcool, être alcoolique.
  • Jeter une bouteille à la mer : appeler à l'aide avec l'espoir d'être entendu.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Johan Lamm Carl, Les verres trouvés à Suse, Syria, tome 12, fascicule 4, p. 358-367, 1931
  2. Anthony Rich, Ampulla Dictionnaire des Antiquités romaines et grecques, 1883
  3. Quelle est l’origine du culot creux des bouteilles de vin ?
  4. Article Bouteille, Musée de la sommellerie de Sainte-Gemmes-sur-Loire

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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