Clessé (Saône-et-Loire)

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Clessé
En Bélange
En Bélange
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne
Département Saône-et-Loire
Arrondissement Arrondissement de Mâcon
Canton Canton de Lugny
Intercommunalité Communauté de communes du Mâconnais - Val de Saône
Maire
Mandat
Jean-Pierre Chervier
2014-2020
Code postal 71260
Code commune 71135
Démographie
Gentilé Clesséens
Population
municipale
822 hab. (2012)
Densité 82 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 25′ 02″ N 4° 48′ 56″ E / 46.4172222222, 4.8155555555646° 25′ 02″ Nord 4° 48′ 56″ Est / 46.4172222222, 4.81555555556  
Altitude Min. 200 m – Max. 326 m
Superficie 10,06 km2
Localisation

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Clessé

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Clessé

Clessé est une commune française, située dans le département de Saône-et-Loire (canton de Lugny) et la région Bourgogne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Clessé est un village viticole du Mâconnais.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Péronne Viré Rose des vents
Saint-Maurice-de-Satonnay N Saint-Albain
La Salle
O    Clessé    E
S
Laizé Charbonnières

Histoire[modifier | modifier le code]

Époque préhistorique[modifier | modifier le code]

À l’époque tertiaire, le village de Clessé et sa région étaient submergés par les eaux du « lac bressan » formé par le barrage glaciaire des Dombes qui refoula longtemps la Saône et l’Ain.

L’eau atteignait la cote de 270 m, de sorte que les hauts de Clessé et de sa voisine Quintaine qui en émergeaient formaient une presqu’île. Les parties basses qui abritent aujourd’hui, notamment Belange, Vesvre, Longeret, Charbonnières, Laizé, Saint-Maurice et Senozan étaient sous les eaux.

La découverte aux confins de la commune de silex taillés ainsi que les restes d’un atelier, rend certaine la présence à Clessé d’hommes préhistoriques contemporains de ceux de Solutré. Selon Emile Violet, les hommes de Solutré venaient s’y approvisionner car la qualité était incomparable pour les armes et les outils.

Émile Violet lui-même découvrit à Vesvre et « sur le Mont » lames et nucléus ou bloc de silex duquel des lames furent détachées par choc par les hommes préhistoriques.

Époque celtique[modifier | modifier le code]

En « Bélange » se trouve une source, dite « petite fontaine » recouverte d’une pierre qui semble être un mégalithe, pierre funéraire préhistorique et dont on pense qu’elle a servi par la suite aux cérémonies druidiques qui généralement se pratiquaient près des sources.

Cette pierre, aujourd’hui tombée, compte neuf traits, très nets, tracés par frottement, sans que l’on en sache la raison.

Il a aussi été prétendu que l’appellation dérivée du lieudit « les Fonderies » viendrait de « fons druidarium » ou fontaine des druides. Toutefois cette étymologie n’est pas certaine.

Époque Gallo Romaine[modifier | modifier le code]

L’origine de Clessé est sans nul doute gallo-romaine comme l’indique son appellation latine « Classiacus » qui dérive elle-même du nom du premier possédant du lieu, à savoir Classius, suivi du suffixe gallo-roman -acum.

De nombreux vestiges retrouvés témoignent de l’importance de cette époque.

Ainsi de beaux fragments de tuiles romaines à rebords ont été recueillis aux « Sandines » dans le mur Claude Berthoud. Dans les vignes « Lacroze » des vestiges d’un puits existent encore et des fondations en demi-cercle y ont été retrouvées ; dans la vigne Violet, un autre puits semble exister en « Sous Mont ».
Tout près de là, à la crête de « Berthoud », en deux endroits, des sépultures en caisson ont été découvertes en 1927, orientées à l’est, recouvertes de dalles, avec ossements en bon état.
D’autres sépultures en caissons ont été trouvés à Clessé : en 1899, à « La Croix » (à l’angle des chemins de Breillonde et de la Troupe où on voit encore la tranche des dalles[1], et à la « Rosande » vers 1898. Enfin des crânes et ossements ont été mis au jour aux Teppes–Malmont, près de la voie romaine. On a supposé qu’il s’agissait des restes d’ouvriers occupés à la construction de ce chemin et inhumés sur place.

La voie romaine[modifier | modifier le code]

Les romains établirent de nombreuses routes, dites voies romaines. À Clessé, elle est très apparente encore au lieudit « les Justices » où ses pavés sont intacts. On l’appelle toujours le « chemin romain ».

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 mars 2014 Gilbert Mornand PS  
mars 2014 en cours Jean-Pierre Chervier    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 822 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 184 1 241 1 297 1 071 1 078 1 138 1 151 1 105 1 096
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 041 1 012 1 004 991 1 007 964 885 745 770
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
773 768 790 671 612 600 580 549 539
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2012
462 410 443 625 671 700 808 830 822
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2004[3].)
Histogramme de l'évolution démographique


Vignoble[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Viré-clessé (AOC).

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église

D’architecture normande et d’inspiration clunysienne, la belle église de Clessé est chapeautée d’un fin clocher octogonal d’excellentes proportions relève Virey dans « L’architecture romane dans l’ancien diocèse de Mâcon ».

Le toit d’origine du clocher était vraisemblablement assez plat et recouvert d’un toit de laves, placé sous une voûte sans charpente comme il était d’usage à cette époque là. Il s’orne aujourd’hui de tuiles vernissées.

La façade, l’intérieur et le clocher sont du XIe siècle, ou du début du XIIe siècle s’agissant du clocher.

Des arcatures lombardes ornent la façade. Des têtes naïves sculptées se distinguent sur les corbeaux qui soutiennent les bords du toit de lave et un serpent est sculpté dans la pierre juste au-dessus d’une des fenêtres du clocher, côté sud.

Quelques dates historiques :

En 1096 : la bulle du pape Urbain II mentionne que l’église de Clessé appartient au prieuré de Saint-Pierre dont le chapitre noble prélevait la dîme et rendait la justice à Clessé.

En 1513 : mention de la chapelle côté sud, bâtie par Barthélemy Lestevenon de Quintaine et citée sous le nom de chapelle Saint Barthélemy.

Vers 1670 : Réfection du chœur qui à l’origine devait être semi-circulaire, suivant l’usage de l’époque (Virey : op cit). L’église était alors propriété de l’archiprêtré de Vérizet.

En 1817 : refonte d’une des deux cloches qui existaient en 1705. Son poids fut porté à 1300 livres par le fondeur Baudouin et son battant à 50 livres par le maréchal Jacques Michel.

La cloche refondue porte l’inscription suivante : « l’an 1817, j’ai été bénite par Monsieur Lecuyer, curé, j’ai pour parrain Jacques Michel, maire de Clessé et pour marraine Madame Louise Michel, épouse de Monsieur Georges Bonzon, ancien maire… ».

En 1856 : reconstruction de la porte percée dans l’ancienne sacristie, dont on trouve trace en 1739. Dans la foulée furent construites les neuf fenêtres actuelles et murées les deux anciennes fenêtres latérales dont les traces sont encore visibles.

En 1856 : désaffectation de l’ancien cimetière qui entourait l’église dont les anciens murs de clôture étaient au-devant de l’entrée de l’église et permettaient de fermer le lieu où les habitants délibéraient par une sorte de chicane, tout en empêchant le passage du bétail.

Deux sépultures se trouvent de chaque côté du porche de l’église, l’une ayant sa pierre retournée et servant de marche pour pénétrer dans l’ancien cimetière.

En 1859 : ajout de la chapelle côté nord.

En 1886 : construction d’une tourelle en remplacement de l’escalier intérieur qui était placée près du porche et menait au clocher. Une petite fenêtre gothique précédemment placée dans le mur de l’église y fut encastrée.

En 1992 : restauration de l’édifice.

L’église de Clessé est aujourd’hui classée monument historique.

L’église de Quintaine, toute proche fut bâtie au XVIIe siècle sur l’emplacement d’une vieille chapelle dite de Saint-Trivier, qui donna lieu à la légende éponyme.

Elle possède des tuiles en ardoises et une croix jaune est incluse dans la toiture.

L’église de Quintaine fut agrandie en 1777 et les travaux durèrent 10 ans en raison d’un procès contre l’entrepreneur.

  • Château de Besseuil

Certaines parties du Château de Besseuil datent de 1646, mais il est probable que d’autres sont plus anciennes encore.

Il aurait été reconstruit en 1737.

Les premiers possesseurs connus du Château de Besseuil furent les Viard vers 1550.

Par la suite, l’héritière de la famille, Philiberte Viard épousa Pierre de Sagie de Quintaine.

Un écusson armorié qui apparaît isolé sur le crépi de la façade a été identifié comme étant aux armes des De Sagie. Il faut certainement l’attribuer à Pierre De Sagie.

En 1646, au décès de Philiberte Viard, veuve de Pierre de Sagie, le Château de Besseuil échut à la famille Chanuet par l’intermédiaire de Claudine de Sagie qui avait épousé Archimbaud Chanuet, receveur fiscal en 1617, puis procureur fiscal de l’abbé de Tournus en 1629. En 1678, le Château appartenait toujours à la famille Chanuet, soit à Thomas Chanuet, conseiller juge et petit-fils d’Archimbaud. De là vient le nom de Château de Chanel donné à cette bâtisse à la suite d’une déformation du nom de Chanuet.

Un débris de colonne portant les armes des Chanuet a été retrouvé et conservé.

L’écusson extérieur au-dessus de la porte principale a été soigneusement martelé pendant la Révolution. Il était très certainement aux armes des Chanuet.

Les écussons intérieurs qui ornent la plus grande et très belle cheminée du Château ont aussi été martelés alors que reste la date de 1657 marquée deux fois.

Il a été relevé que les appartements étaient de belles allure et dimensions.

Une peinture entourée d’un cadre de légende datée de 1590 y a été retrouvée. Il représente trois personnages en costume dont les âges sont inscrits en latin. Il s’agit sans doute du possesseur de l’époque, de sa femme et de leur jeune fils.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Parmi les personnalités liées à la commune figure Emile Violet, né le 3 avril 1877 à Clessé et décédé le 26 mars 1965 à Mâcon, écrivain local qui s'intéressa beaucoup au Mâconnais.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources, Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Emile Violet : Clessé, histoire et traditions. Édition complétée, M. Renaudier, Mâcon, 1929, 136 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. M. Jeanton dans le Mâconnais Gallo Romain
  2. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011, 2012


Liens externes[modifier | modifier le code]

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