Thorrenc

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Thorrenc
Thorrenc
Le chef-lieu vu du viaduc de l'ancien chemin de fer.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Ardèche
Arrondissement Tournon-sur-Rhône
Canton Annonay-2
Intercommunalité Annonay Rhône Agglo
Maire
Mandat
Christian Forel
2014-2020
Code postal 07340
Code commune 07321
Démographie
Population
municipale
235 hab. (2015 en stagnation par rapport à 2010)
Densité 64 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 14′ 14″ nord, 4° 45′ 47″ est
Altitude Min. 197 m
Max. 400 m
Superficie 3,67 km2
Localisation

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Thorrenc est une commune française, située dans le département de l'Ardèche en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Une des tours du château.

La commune est constituée du chef-lieu : Thorrenc, de hameaux : Solore, Ozas, Revelardon et d'habitations isolées. En raison des gorges du Thorrenson qui partage le territoire communal, ces entités sont assez distinctes.

Les hameaux placés sur le plateau d'Annonay ont pu développer leur agriculture. Depuis les années 1980, ils ont pu accueillir de nouvelles constructions et doubler leur population en 20 ans.

Le chef-lieu, par contre, situé au fond des gorges, a connu une perte d'habitants, de 46 en 1911 à 14 en 2013. Il se résume à un château, une petite église, une mairie, un cimetière, une auberge et quelques maisons restaurées avec goût.

Cette situation pittoresque lui confère des charmes particuliers. Le lieu apparaît retiré et sauvage, au milieu d'une végétation bien développée. Le Torrenson maintient une atmosphère humide et fraîche. Le château bien restauré domine fièrement l'ensemble. À mi-hauteur de la pente ouest, le viaduc de l'ancienne voie ferrée apporte une autre note pittoresque.

Les communes limitrophes sont :

Rose des vents Saint-Cyr Saint-Désirat Saint-Étienne-de-Valoux Rose des vents
N
O    Thorrenc    E
S
Vernosc-lès-Annonay Talencieux

Histoire[modifier | modifier le code]

Un point de passage[modifier | modifier le code]

Anciennement, il est possible que le site ait été un lieu de passage entre la Vallée du Rhône et le plateau d'Annonay : un ancien chemin pavé monte sur le plateau au départ de Thorrenc. Le château aurait alors été un endroit stratégique pour le contrôle du passage, et le village un relais pour voyageurs et marchandises.

Une baronnie[modifier | modifier le code]

Autrement, l'existence de Thorrenc est attestée depuis 1025. Il semble que le lieu ait été très tôt un territoire attribué à une famille aristocratique, en tant que baronnie "de Thorenc et d'Andance", dont dépendaient, d'après Albin Mazon, "les paroisses de Saint-Etienne-de-Valoux, Talencieux, Saint-Désirat, Saint-Cyr et Vernosc." Au XIIIe siècle, le site dépendait de la famille des Roussillon, seigneurs d'Annonay. Mais à cause d'un mauvais comportement, Thorrenc leur fut confisqué par le roi, et confié en 1356 au cardinal Pierre de Colombier qui le légua à son neveu Pierre de Monestier. En 1530, le château passa à la famille du très catholique Jean de Saint-Chamond.

Une histoire de meurtre[modifier | modifier le code]

Une légende, mais ayant sûrement sa part de vérité, raconte qu’en 1612 un quadruple assassinat fut commis : la femme du châtelain Pastour (sœur du médecin François Chomel), sa fille et deux servantes furent assassinées. Les meurtriers furent arrêtés. Ils étaient cinq. L’un d’eux était valet, qui, accompagnant son maître en voyage, l’avait quitté pour revenir faire ce mauvais coup. Quatre d’entre eux furent roués et leurs têtes exposées à Andance et à Nîmes.

En 1762, voici ce que répondait le curé de Thorrenc à l’enquête sur la préparation de la suite de l’Histoire du Languedoc : "Le château a été rétabli par les soins et aux dépens dudit baron et est assez logeable eu égard au mauvais pays. Il y a trois tours : la tour carrée qui est fort élevée, la tour ronde à peu près aussi haute que l’autre ; elle ne la parait pas parce que ses fondements sont plus bas, et la petite tour. Il y avait anciennement trois places : celle du marché, de Saint-Georges et de la Justice. Il ne se parle plus de tout cela. Thorrenc limite avec Saint Désirat par un petit coin où il y a une grande pierre qu’on appelle communément la pierre des voleurs" ou plus exactement la "pierre des volants". En 1764 a été dressée la croix du château.

Un château bien préservé[modifier | modifier le code]

Thorrenc, le château.

Depuis la Révolution, par héritage ou vente, le château a souvent changé de propriétaires. On peut citer, par exemple, au XVIIIe siècle, l'Annonéen Just de Serres, puis la famille Desfrançais. Au XIXe siècle, la famille Mignot. Au XXe siècle, plusieurs autres propriétaires privés s'y sont succédé, mais pas forcément en résidence permanente. Ils ont au moins réussi à conserver aux bâtiments une bonne apparence. Le bâtiment fait encore forte impression, avec sa position élevée et ses murs intacts dans ce site sombre et étroit. Côté sud, la tour rectangulaire, la plus haute, avec très peu d'ouvertures et qui a pu servir de donjon, est sans doute la partie la plus ancienne : elle aurait été construite vers 1360 par le cardinal de Colombier. La tour ronde, à l'est, pourvue de petites meurtrières horizontales, daterait du XVe siècle. Elle a abrité des oubliettes. Les bâtiments d'habitation, pourvus de fenêtres, auraient été construits entre les XVIe et XVIIIe siècles.

Article détaillé : Château de Thorrenc.

Une église, une mairie, une auberge[modifier | modifier le code]

Thorrenc, l'église.

L'église de Thorrenc a été construite tout près de l'entrée du château. Elle conserve un caractère ancien, malgré des rénovations à la fin du XIXe siècle[1]. Elle a servi d'église paroissiale. Cependant, compte tenu du faible nombre d’habitants et de l’éclatement de la commune en hameaux, la paroisse catholique a été supprimée en 1966, au profit de celles de Talencieux, Vernosc-lès-Annonay et Saint-Cyr. Les catholiques de la commune participent aujourd'hui à la vie de la paroisse "Saint-Christophe lès Annonay"[2].

Article détaillé : Église Saint-Clair de Thorrenc.

Une école a fonctionné un certain temps au village, mais a maintenant fermé. Un centre de vacances a aussi fonctionné dans les années 1950. L'ancien bâtiment mairie/école a été racheté par les propriétaires de l'auberge et a été réaménagé en chambres d'hôtes. La mairie de Thorrenc est toujours présente au chef-lieu, mais s'est installée dans les locaux de l'ancien centre de vacances.

Sur la façade de la mairie actuelle est apposé le monument aux morts. Une simple plaque rappelle la mémoire de Paul Clerc, sergent au 75e d’infanterie, tombé au Champ d’honneur à la forêt de Pinon (Aisne) le à l'âge de 21 ans. Paul Clerc avait été décoré de la Croix de Guerre avec 4 citations.

Au chef-lieu existe aussi une auberge bien fréquentée. Cet ancien restaurant a été racheté en 1979 pour une activité d'auberge et de café-concert. À partir de 1985, l'activité de restauration a pris le dessus avec une cuisine à la fois naturelle et recherchée. Les espaces d'accueil ont été peu à peu agrandis et aménagés: trois salles pour une capacité totale de 60 couverts, plusieurs terrasses extérieures et cinq chambres d'hôtes.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'ancienne voie ferrée[modifier | modifier le code]

collection Jean-Jacques Dard

Jusqu'en 1987, le site de Thorrenc a vécu au rythme de la ligne de chemin de fer ouverte en 1869. Les trains partant de Saint-Rambert-d'Albon prenaient peu à peu de l'altitude jusqu'au hameau des Barges où un premier tunnel passe sous la route actuelle. La voie domine ensuite Thorrenc et le Torrenson, passant notamment sur le grand viaduc de 110 m et ses 9 arches. Elle s'engage ensuite dans un tunnel de 262 m. Ressortie à l'air libre, elle franchit les gorges du Torrenson sur un pont à arche unique. Puis elle continue de monter en tranchée jusqu'au tunnel de Midon qui la fait ressortir sur la commune de Vernosc-lès-Annonay.

La ligne a connu son apogée vers 1920 avec 14 passages quotidiens. Après la guerre, le trafic a continué de baisser jusqu'à la fermeture définitive au trafic commercial ; cependant quelques convois y sont passés épisodiquement jusqu'au 27 août 1991 en particulier l'autorail X 3989 "Picasso" des "Modélistes et Amis du Rail Vivarois" d'Annonay.

Le tracé de la voie, délesté de ses rails, est toujours visible aujourd'hui, avec ses confortements et ses ouvrages particuliers. L'ancien ballast arrive à limiter encore l'invasion de la végétation. Un particulier a racheté la partie du trajet qui passe sur la commune, tunnel et viaducs compris. Un projet d'aménagement de voie cyclable est toujours plus ou moins en suspens. Il offrirait une réutilisation idéale de ce tracé qui a été utilisé pendant un peu plus d'un siècle.

Des sentiers pittoresques[modifier | modifier le code]

Le Torrenson.

Le site de Thorrenc apparaît étroit et escarpé, mais plusieurs promenades sont possibles dans cette vallée du Torrenson à la fraîcheur garantie. Le parcours en boucle le plus abordable part du cimetière, en haut du village. En suivant le balisage direction Saint-Cyr, on finit par rejoindre, sur sa rive droite, le lit encaissé du Torrenson. Le chemin remonte ensuite et croise l'ancienne voie ferrée. Si on la suit dans le sens de la descente, la voie traverse un long tunnel puis débouche sur le grand viaduc qui domine le site. Elle va croiser ensuite un ancien chemin pavé qui redescend au village.

Mais on peut aussi poursuivre l'itinéraire balisé et monter jusqu'au bord du plateau à Révélardon puis à L'Éterpas. On peut rejoindre Solore par le chemin balisé ou par la forêt. On redescend à Thorrenc par l'ancien chemin ou la route.

Deux autres sentiers, plus accidentés, partent du centre village, rive gauche du Torrenson. Vers l'aval, la ruelle du Torrenson se poursuit par un petit sentier qui permet de suivre le cours et les gorges du ruisseau jusqu'aux vergers de Saint-Étienne-de-Valoux. On peut revenir par le goudron de la route. Vers l'amont, un sentier conduit aux sites d'escalade. Il rejoint la voie ferrée à l'entrée amont du tunnel. Les motos ont ensuite tracé un sentier jusqu'au plateau.

Démographie[modifier | modifier le code]

Malgré sa taille modeste, Thorrenc a eu le statut de commune en 1790. Sa population comptait alors 200 habitants. Mais autrefois comme maintenant, le "chef-lieu" n'a pas pu abriter une population nombreuse, d'autant que les terres les plus facilement cultivables sont situées sur le plateau alentour. En 1911, sur les 152 habitants de la commune, 46 étaient recensés autour du château. Ce mini village, à cause de sa position centrale, a quand même toujours accueilli la mairie. Une école y a existé un certain temps. La chapelle a été aussi utilisée, mais en n'étant pas toujours paroisse. Sur le plateau, les habitants des hameaux ont pris l'habitude de fonctionner plus fréquemment avec les territoires voisins de Saint-Cyr ou de Talencieux. Depuis les années 80, Solore, Ozas et Révélardon se sont garnis de villas. Ces trois hameaux abritent la presque totalité des 240 habitants d'aujourd'hui. Autour du château, 5 maisons seulement sont restées habitées. Mais leurs 14 occupants semblent attachés à soigner leurs belles pierres. L'auberge et ses chambres d'hôtes amènent des visiteurs. Et des promeneurs fréquentent assez volontiers le site.

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[3]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[4].

En 2015, la commune comptait 235 habitants[Note 1], en stagnation par rapport à 2010 (Ardèche (département) : +2,89 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
222208205213210225227223210
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
200212226209214240182173181
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
169178152148140122113101110
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
1001038497152185230236233
2015 - - - - - - - -
235--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2006[6].)
Histogramme de l'évolution démographique

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1900 1904 Pierre Mical    
1904 1925 Johanny Frigière    
1925 1945 Paul Mical    
1945 1997 Georges Levaillant    
1997 2000 Francis Werport[7]    
mars 2001 mars 2008 Marcel Roux    
mars 2008 2014 Alain Zabal    
2014 en cours
(au 24 avril 2014)
Christian Forel[8] SE Cadre supérieur

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. site 40000clochers.com
  2. site de la paroisse Saint-Christophe-lès-Annonay
  3. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  4. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  7. recueil des comptes rendus de conseils municipaux
  8. « Liste des maires du département de l'Ardèche » [PDF], sur le site de la préfecture de l'Ardèche, (consulté le 30 août 2015).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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