Monestier (Ardèche)

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Le Monestier
Monestier (Ardèche)
L'église, la mairie et le château.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Ardèche
Arrondissement Tournon-sur-Rhône
Intercommunalité Annonay Rhône Agglo
Maire
Mandat
Denis Sauze
2020-2026
Code postal 07690
Code commune 07160
Démographie
Gentilé Mounétères
Population
municipale
61 hab. (2017 en augmentation de 27,08 % par rapport à 2012)
Densité 8,2 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 11′ 58″ nord, 4° 31′ 55″ est
Altitude Min. 617 m
Max. 1 388 m
Superficie 7,41 km2
Unité urbaine Commune rurale
Aire d'attraction Annonay
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton d'Annonay-2
Législatives Deuxième circonscription
Localisation
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Le Monestier (appelé aussi Monestier tout court) est une commune française, située dans le Nord du département de l'Ardèche en région Auvergne-Rhône-Alpes, à 15 km au sud-ouest de la ville d'Annonay.

La commune occupe une surface de 7,41 km². Sa situation de moyenne montagne, entre 617 m et 1387 m, explique en partie son nombre restreint d'habitants. L'agglomération principale est située en position dégagée et panoramique, au-dessus de la vallée de la Cance. On y trouve un ancien château et une église de style roman.

Géographie[modifier | modifier le code]

Un village de taille modeste.

Le village, sur un replat à 817 mètres d'altitude, se situe au sommet d'une pente. Il domine à l'est et au sud la vallée de la Cance, mais se trouve en contrebas de ses territoires les plus forestiers au nord-ouest (La Chatelle). Après le village, la route principale s'en va à travers les forêts jusqu'au hameau de Bégué, à l'autre extrémité de la commune, et rejoint la source du Cansonnet, tandis que les limites communales montent de part et d'autre jusqu'aux 1238 mètres du col de la Charousse et les 1387 mètres du sommet du Grand Felletin. Malgré tout, l'éloignement du village par rapport à Annonay reste modeste : les 15 km se parcourent en 20 minutes.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Monestier vient du latin d'Église monasterium ("Monasterium" dans un texte du XIVe siècle), du grec monastêrion, désignant un monastère. Sept communes françaises portent ce nom.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Selon la terminologie définie par l'Insee et le zonage publié en 2020, Monestier est une commune rurale, car elle n'appartient à aucune unité urbaine[Note 1],[1],[2].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Annonay, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 37 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[3],[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'historique de la commune reste à faire. Un village gaulois a peut-être existé à l'emplacement du village actuel, sis sur une croupe dominant les alentours. L'église présente une certaine ancienneté avec son allure rustique d'église de montagne. Le cimetière qui l'entoure arbore une croix à personnages du XVe siècle. Les parties restantes du château semblent dater du XVIe siècle.

L'original de la croix à personnages est maintenant dans l'église.

Sur l'époque révolutionnaire, on sait au moins qu'un séminaire plus ou moins clandestin y a existé, entre 1798 et 1800. Il s'agissait d'une initiative de Mgr d'Aviau, archevêque de Vienne. Il fit pour l'occasion plusieurs séjours au Monestier pour encourager les futurs prêtres qui ont été jusqu'à 17 et qui étaient ordonnés dans la grange de la cure. Vers l'année 1800, un certain calme étant revenu, le séminaire est descendu s'installer à Vernosc-lès-Annonay, jusque vers 1802[5].

En 1944, le village a servi à nouveau de refuge: A la première Libération d'Annonay par des résistants, le , c'est au Monestier que le maquis a reçu les premiers volontaires. Le lieu semblait en effet idéal pour se protéger d'un retour des Allemands. Une centaine d'hommes, les plus décidés, arrivent dès le premier soir et s'installent dans des granges. Une centaine d'autres les rejoindront durant le mois de juin. La base du maquis se déplacera alors sur Vanosc, qui comptera jusqu'à 2000 maquisards à la libération définitive de la région, le . Cet épisode a valu au village de subir deux bombardements, le et le . Des bâtiments annexes du château ont été détruits au milieu du village, et on a dû déplorer 4 morts dont 2 religieuses.

La foire de Saint-Georges reste un évènement régulier en avril.

Actuellement, le problème principal reste le maintien d'un minimum de population et d'activité. La population a subi une baisse impressionnante depuis deux siècles: 313 habitants en 1800, un maximum de 393 en 1831, puis 300 en 1876, 191 en 1921, 112 en 1946 et 52 actuellement. Cet abandon a surtout touché les hameaux isolés, autour desquels les prairies sont peu à peu colonisées par la forêt. Mais la situation reste aussi délicate autour du village. Des prés restent entretenus par quelques élevages de brebis et de chèvres, dont une ferme construite par les soins de la municipalité. Les espaces publics du village ont été aménagés pour apparaître accueillants, avec réseaux électriques enterrés. Des logements et des terrains sont disponibles. L'aménagement d'un gîte d'étape est en projet. Une Foire de la Saint-Georges a lieu chaque année en avril.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église.

L'église Saint-Roch[modifier | modifier le code]

L'église du Monestier affiche de l'extérieur une personnalité d'église ancienne et de montagne, avec son allure trapue et ses murs épais. Ses parties les plus anciennes pourraient dater du XIIIe siècle. Cela lui a permis de tenir debout depuis plusieurs siècles, mais plusieurs restaurations sont visibles de l'extérieur. Des rénovations, au moins, ont eu lieu en début de XIXe siècle. Son plan en croix lui permet d'avoir deux chapelles latérales, mais dans des espaces quand même resserrés. Le clocher, bien proportionné par rapport à l'église, a été construit sur la chapelle sud. L'église abrite une croix à personnages du XVe siècle, qui se trouvait auparavant au cimetière. C'est une copie qui a été remise à sa place d'origine.

Les murs épais témoignent d'une certaine ancienneté.

L'église, dédiée à saint Roch, est aujourd'hui rattachée à la paroisse catholique Sainte-Claire d'Annonay-Vocance[6],[7].

En contrebas de l'église se trouve une source dédiée à saint Roch, qui était autrefois réputée pour des guérisons.

Le château[modifier | modifier le code]

Une porte préservée du château.

Près de l'église se trouvent les bâtiments d'un ancien château, qui date au moins du XVIe siècle : il a été endommagé en 1575 par les troupes protestantes de Charles de Barjac. Il a conservé au moins une tour et une grande fenêtre à meneaux. Il a abrité des religieuses qui y ont tenu une école primaire et a souffert des bombardements de 1944. Des réaménagements ont permis de créer une salle communale. Le bâtiment actuel de la mairie est de construction récente, en équerre avec le bâtiment principal du château.

Agriculture[modifier | modifier le code]

Une forêt en partie exploitée[modifier | modifier le code]

Dans ce territoire boisé à 80% (principalement des douglas et des châtaigniers non greffés), la commune possède 168 hectares de forêt presque entièrement exploitée qui constitue l'essentiel des revenus de la commune. Celle-ci est constituée de sapins pectinés de pays, et gérée par l'ONF en "forêt jardinée": seuls les plus grands arbres sont abattus, et l'espace conserve donc toujours son aspect de forêt avec des arbres de tous âges. Cette technique, moins radicale que les "coupes à blanc", n'est peut-être pas la plus pratique techniquement, mais elle offre par contre d'autres avantages, esthétiques et biologiques (favorable à la faune, dont les écureuils roux nombreux dans la région).

Les prestations d'entretien par l'ONF sont financées par les coupes de bois annuelles.

Une bergerie et des pâtures communales[modifier | modifier le code]

L'élevage reste indispensable pour l'entretien des espaces.

Dans les campagnes délaissées d'Ardèche du Nord, la végétation boisée a vite fait d'envahir les anciens prés. La commune du Monestier est particulièrement touchée, avec sa population en forte diminution depuis deux siècles. Un des remèdes à l'embroussaillement est l'élevage d'animaux rustiques, comme les brebis ou les chèvres. Ces dernières sont même friandes d'orties et de ronces. Pour encourager leur élevage, la commune a construit une bergerie au-dessus du village, dont l'activité a démarré en 2006. En 2013, une cinquantaine de brebis et de chèvres de races rustiques y étaient élevées, par une agricultrice et son compagnon à mi-temps. La location comprend aussi une dizaine d'hectares de terrains communaux. D'autres locations de terrains à des privés achèvent de maintenir un équilibre financier à l'exploitation. Sur les terrains qui ne sont pas « mécanisables », certains travaux demandent plus de temps. Mais la production a un objectif de qualité, avec un troupeau nourri exclusivement de fourrage, herbe fraîche ou foin. Les productions fromagères, en bio, sont vendues dans la vallée. D'autres troupeaux de brebis sont entretenus sur la commune, mais par des agriculteurs « doubles actifs », qui sont retraités ou salariés par ailleurs.

Monestier (Ardèche) vue générale.jpg

Événements[modifier | modifier le code]

Foire de la Saint-Georges en avril.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
juin 1995 En cours Denis Sauze[8] DVD Artisan

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[9]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[10].

En 2017, la commune comptait 61 habitants[Note 3], en augmentation de 27,08 % par rapport à 2012 (Ardèche : +2,29 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
240313301361393380380330331
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
320300304305300277290287289
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
271254228191191175180112120
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
1109165655265564961
2017 - - - - - - - -
61--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[11] puis Insee à partir de 2006[12].)
Histogramme de l'évolution démographique

La population a subi une baisse impressionnante depuis deux siècles: 313 habitants en 1800, un maximum de 393 en 1831, puis 300 en 1876, 191 en 1921, 112 en 1946 et 52 actuellement. Cet abandon a surtout touché les hameaux isolés, autour desquels les prairies sont peu à peu colonisées par la forêt. Mais la situation reste aussi délicate pour le village.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Une commune rurale est une commune n'appartenant pas à une unité urbaine. Les autres communes sont dites urbaines.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Base des unités urbaines 2020 », sur https://www.insee.fr/, (consulté le 5 novembre 2020)
  2. Vianney Costemalle, « Toujours plus d’habitants dans les unités urbaines », sur https://www.insee.fr/, (consulté le 5 novembre 2020)
  3. « Base des aires d'attraction des villes 2020 », sur https://www.insee.fr/, (consulté le 5 novembre 2020)
  4. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc, Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur https://www.insee.fr/, (consulté le 5 novembre 2020)
  5. Bernard Vial, André Coront-Ducluzeau:, "1789-1799: la Révolution française en vallée de la Vocance",
  6. site de la paroisse Sainte Claire d’Annonay-Vocance
  7. site 40000clochers.com
  8. « Liste des maires du département de l'Ardèche » [PDF], sur le site de la préfecture de l'Ardèche, (consulté le 30 juillet 2015).
  9. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  10. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  11. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie et sources[modifier | modifier le code]

  • Bernard Vial, André Coront-Ducluzeau: "1789-1799: la Révolution française en vallée de la Vocance" (1989).
  • Bernard Vial "Vocance en Vivarais; des origines au début du XIXe siècle" (1983).
  • Albin Mazon, Voyage autour d'Annonay (1901).
  • Guide officiel de l'Union Touristique Ardèche Verte (1991).
  • archives municipales.
  • reportages du Dauphiné et notamment articles du de François Bassaget.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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