Chevrières (Loire)

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Chevrières
Chevrières.
Chevrières.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Loire
Arrondissement Montbrison
Canton Feurs
Intercommunalité Communauté de communes Forez Est
Maire
Mandat
Norbert Dupeyron
2014-2020
Code postal 42140
Code commune 42062
Démographie
Population
municipale
1 081 hab. (2014)
Densité 74 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 35′ 21″ nord, 4° 24′ 06″ est
Altitude Min. 426 m – Max. 770 m
Superficie 14,54 km2
Localisation

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Chevrières
Liens
Site web www.chevrieres42.fr

Chevrières est une commune française située dans le département de la Loire en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Le nom de Chevrières vient de Caprariis (mention au XIe siècle) qui signifie « lieu où on élève les chèvres ». La commune de Chevrières est délimitée par trois cours d'eau : la Coise (rivière), le Bilaise et la Gimond.

Géographie[modifier | modifier le code]

Rose des vents Chazelles-sur-Lyon Saint-Denis-sur-Coise Saint-Denis-sur-Coise Rose des vents
Saint-Médard-en-Forez N Grammond
O    Chevrières    E
S
Aveizieux La Gimond Fontanès

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Jarez.
Sentinelle devant une église
Sentinelle devant une église, Charles Loyeux, début du XIXe siècle, Collection musée d'art et d'histoire de Cholet.

Le passé antique de la commune est totalement inconnu, néanmoins des fragments de poteries et d'amphores de type Dressel ont été trouvés vers l'actuel cimetière, laissant supposer la présence d'une construction d'époque gauloise et/ou gallo-romaine dans les environs. Non loin de Chevrières furent trouvés au début du XXe siècle des objets datés de l'époque de la Tène ancienne et du Hallstatt (haches à talons, outils). Une ancienne voie commerciale secondaire empruntée au Moyen-Age, joignant la vallée Gier à Saint-Galmier, est connue pour traverser la Coise sur un gué à l'ouest du village.

Le village est cité dès le XIe siècle (Caprariis) ; son histoire est liée à celle de son château. Construit par la famille des Malvoisin vers 1198, le château de Chevrières passe au XIVe siècle à la famille Mitte de Chevrières en 1331, l’une des plus anciennes et des plus puissantes de la région. Il encerclait alors totalement le village. En 1465, les Mitte vont habiter leur château de Grézieu-le-Marché à la suite du saccage de leur château de Chevrières, ainsi que du village, par les soldats de Jean II, duc de Bourbon. En 1586, le village est ravagé par la peste. Au XVIe siècle, le château est reconstruit et en grande partie transformé par Louis II Mitte : il supprime presque tout ce qui servait de défense et lui donne le style Renaissance. En effet, Louis II Mitte, ami de Louis XII et de François Ier participe activement aux guerres d’Italie où il ressentira là-bas les premiers souffles de ce courant artistique. Le château est ensuite vendu plusieurs fois ; il appartient actuellement à la famille de Boissieu. Plus tard, les fortifications du château disparaissent, le bourg s’agrandit autour de l’église dont le parvis est transformé en place publique.

"Le Roi de Chevrières"[modifier | modifier le code]

L'abbée Charles Signerin retranscrit pour le centenaire de la Révolution l'histoire locale du "Roi de Chevrières", encore vivace aujourd'hui. Le texte est écrit à la gloire du Roi de Chevrières et de sa famille. En voici le résumé :

Durant la Révolution, Chevrières fut un centre de résistance royaliste en Forez.

Entre 1793 et 1798, pendant la Terreur, alors que l'on guillotine dans toute la France, Antoine Croizier, un fermier aisé de la Badouillère, surnommé le « Roi de Chevrières » notamment du fait de sa ressemblance physique avec Louis XVI, mais aussi par son envergure de chef, dirigeait une milice locale en rébellion avec la brutalité du nouveau régime vis-à-vis des noblesses locales et du clergé, qui peut être comparée dans une moindre mesure à la Chouannerie des régions du nord-ouest, sur la même période (à noter que la région de Chambles et Lézigneux servira aussi de refuge à des exilés tentant de rejoindre l'Atlantique pour fuir le pays).

Plus de 2 000 personnes plus ou moins recherchées (notables foréziens, lyonnais et d'autres provinces encore) trouveront refuge dans les environs de Chevrières. Le Roi de Chevrières mena une lutte héroïque contre les troupes républicaines qui seront régulièrement dépêchées pour imposer la République par la force armée.

Croizier donnait notamment asile aux proscrits, les arrachant aux exactions des soldats républicains, cachant ces exilés dans les grottes et souterrains des bois sur les collines de Montjassou et Chavarey (souterrains qui ne sont à l'heure actuelle toujours pas localisés), menait des opérations de guérilla sur les unités républicaines qui osaient s'aventurer dans les monts du Lyonnais, détruisait systématiquement les symboles de la jeune république tels les arbres de la liberté censés remplacer les calvaires chrétiens. Ainsi, plusieurs dizaines de gardes républicains seront abattus par les francs-tireurs royalistes lors d'actions contre ces symboles républicains ou lorsque les républicains tenteront de détruire des calvaires. Les représailles, fermes incendiées et exécutions sommaires, seront courantes. Le très revanchard et très zélé Claude Javogues, sorte de Robespierre local qui sera le commanditaire de dizaines de guillotinages durant toute la Terreur, ordonnera plusieurs incursions qui se révéleront autant d'échecs, parfois se finissant dans le sang. Javogue sera fusillé à Paris en 1796, dans le chaos post-révolutionnaire.

Durant plusieurs années, toute la région de Chevrières sera le théâtre de violentes escarmouches et d'embuscades meurtrières entre la milice royaliste et les troupes républicaines (les "bleus" révolutionnaires contre "les blancs" royalistes), à tel point que les républicains finiront par ne plus s'aventurer dans cette région, notamment après un épisode sanglant où treize soldats d'une compagnie dépêchés depuis Saint-Étienne tombent sous les balles de mousquets dans une embuscade dans le vallon de la Gimond. Laissant de fait le terrain aux royalistes, la jeune république a par ailleurs fort à faire aux frontières et dans de nombreuses autres provinces, ce qui aura pour conséquence immédiate une bizarrerie locale au niveau des nouveaux cadastres issus de la Révolution… Chevrières sera alors appelée "la petite Vendée", les lois n'étant appliquées que partiellement, en particulier en ce qui concerne la religion (curé assermenté) et l'obligation faite de désacraliser l'église paroissiale.

Finalement, l'Assemblée Nationale sous la demande de la Convention nationale, inquiète de la tournure que prenait cette rébellion et pour éviter qu'elle ne fasse des émules (Lyon était elle aussi le fruit de troubles difficilement maîtrisés, les forces royalistes dont Croizier ont même tenté de se fédérer avec les Vendéens) ordonnera de mettre fin définitivement à cette révolte. La commune de Saint-Étienne forma un bataillon de plusieurs centaines d'hommes (la 105e demi-brigade d'infanterie de ligne) épaulé par des renforts de hussards de la cavalerie commandés par un certain Elie, et de pelotons de gendarmes venus de Montbrison, Feurs, Roanne, Chazelles et Lyon. S'ensuivit une bataille sanglante dans les bois près du château de Montuclas, qui servait de base arrière au Roi de Chevrières et qui sera saccagé par les hussards, puis des pillages et des rançonnages par les troupes républicaines (que la préfecture de Montbrison condamnera avec lenteur par la suite), et une chasse à l'homme qui dura plusieurs jours. Un gendarme sera tué durant l'assaut sur Montuclas d'un tir de mousquet royaliste, le commandant Elie sera lui aussi grièvement blessé. Les royalistes sont vaincus ou se rendent, réalisant que la lutte est vaine devant la détermination affichée. On ne connaît pas exactement le nombre de victimes de part et d'autre durant cette insurrection. Ce qui est sûr c'est que la République devra attendre 1798 pour s'implanter dans les monts du Lyonnais, après avoir payé le prix fort.

Bien plus tard durant la Seconde Restauration, Louis XVIII, curieux de connaître ce singulier personnage, recevra le Roi de Chevrières et ses frères lors d'un mariage d'une de ses cousines à Tarare, et leur octroiera en remerciement de leur loyauté à la couronne une rente de 900 francs (somme rondelette pour l'époque). Il demandera par la suite régulièrement des nouvelles de "son cousin le Roi de Chevrières". Néanmoins, cette rente fut supprimée à l'avènement de Louis-Philippe. Ruiné par cette aventure utopiste, le Roi de Chevrières fut obligé de céder son domaine. Il meurt en 1825 à Saint-Étienne, dans la pauvreté.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Le maire sortant a été réélu aux élections municipales de 2014, seul représentant, avec un taux de participation de 58,83 %. 15 sièges sont pourvus dont 3 au conseil communautaire[1].

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2008 en cours Norbert Dupeyron    

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[2]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[3],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 1 081 habitants, en augmentation de 3,25 % par rapport à 2009 (Loire : 1,48 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 500 1 063 1 264 1 423 1 454 1 380 1 409 1 423 1 456
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 378 1 352 1 393 1 453 1 480 1 441 1 458 1 443 1 434
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 372 1 380 1 296 923 914 935 900 854 826
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2008 2013 2014
746 715 648 642 633 845 1 034 1 070 1 081
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2006[5].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le château (privé)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Château de Chevrières.

Des fortifications du château féodal érigé vers 1198, il ne reste que les épaisses assises situées à plus de 100 m du château. L’emplacement qu’elles occupent porte le nom de « tournelles ». Les murs de la première enceinte du château partaient du lieu-dit les Tournelles, remontaient vers le nord, traversaient le village actuel, continuaient vers l’ouest par le jardin du presbytère, jusqu’à la prairie de la Prébende, traversaient le hameau des Escots, et ils fermaient leur cercle aux Tournelles. Le jardin actuel de la cure se trouve sur une partie des larges fossés creusés au pied de l’enceinte seigneuriale ; ceux-ci encerclaient alors le village tout entier avec sa place et son église.

À la suite des sacs des troupes du duc de Bourbon, Louis II Mitte reconstruit son château ; c’est donc au XVIe siècle que le château de Chevrières semble avoir subi sa plus grande transformation. Ses remparts sont détruits et ses tours rasées. Il fait construire un portail Renaissance, avec de chaque côté deux grosses tours et orné de deux colonnes supportant un cartouche en forme de vaste coquille, où se trouve l’écusson des Mitte de Chevrières ainsi que celui des Miolans.

Il ne reste du château que deux tours féodales et de belles portes Renaissance (en particulier la porte monumentale encadrée de hautes colonnes à chapiteaux). La porte extérieure du château qui conduit de la place du village aux jardins date aussi du XVIe siècle ; ainsi que la porte latérale qui fait communiquer le château avec l’église. Mais les meurtrières qui accompagnent la grande porte d’entrée doivent être un reste d’une porte plus ancienne et du pont-levis qui la protégeait.

L’église[modifier | modifier le code]

À l’origine, l’église est une chapelle seigneuriale édifiée au XIe siècle et dédiée à saint Maurice. Elle possède trois ouvertures : une au sud pour les châtelains, une au nord (du côté de la sacristie) pour le clergé, et une à l’ouest pour les fidèles. Elle se compose aujourd’hui d’une nef et de chapelles converties en bas-côtés au XIXe siècle. L’église de Chevrières fait un tout harmonieux avec l’architecture gothique finissante et l’architecture du début de la Renaissance. À l’extérieur, les bases des contreforts montrent encore des vestiges d’animaux fantastiques.

Il ne reste rien de visible, à part le clocher, de la chapelle seigneuriale édifiée au XIe siècle. Parmi les sept verrières, celle représentant le sacrifice d’Abraham est particulièrement remarquable. À noter, aussi, les sept piscines (niches décorées et destinées à recevoir des objets de culte), typiques des XIVe et XVe siècles, qui ornent les parois. Enfin, de chaque côté des chapelles situées au nord, se trouvent deux figurines grimaçantes sculptées en relief qui se font face et qui semblent nouer un dialogue muet. L’un a oublié la messe qu’il n’entend plus (il a les mains sur les oreilles) et il ne suit plus (il a le coude sur son livre ouvert), les yeux dans le vague, il appuie son autre coude sur un tonnelet vide. L’autre, moqueur, le regarde, semblant prendre l’assistance à témoin.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]


Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abbé Charle Signerin, « Le Roi de Chevrières, Curieux épisode du règne de la Terreur », Librairie Générale Catholique et Classique, Lyon, 1893.
  • Bulletins de la Diana, Montbrison.
  • J.-E. Dufour, « Dictionnaire topographique du département de la Loire », réimpression de l'édition de 1946, Publications de l'Université de Saint-Etienne, Saint-Etienne, 2006.