Quintenas

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Quintenas
Quintenas
Autour d'une église fortifiée au XIVe siècle.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Ardèche
Arrondissement Tournon-sur-Rhône
Canton Haut-Vivarais
Intercommunalité Communauté d'agglomération Annonay Rhône Agglo
Maire
Mandat
Sylvain Desbos
2014-2020
Code postal 07290
Code commune 07188
Démographie
Gentilé Quintenassiens
Population
municipale
1 579 hab. (2016 en augmentation de 9,58 % par rapport à 2011)
Densité 113 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 11′ 23″ nord, 4° 41′ 18″ est
Altitude Min. 200 m
Max. 435 m
Superficie 14 km2
Localisation

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Quintenas est une commune française située dans le département de l'Ardèche, en région Auvergne-Rhône-Alpes, à 7 km au sud de la ville d'Annonay.

Géographie[modifier | modifier le code]

Une urbanisation récente.

La commune de Quintenas étend ses 14 km2 sur des espaces relativement plats, et généralement cultivés, excepté ses pentes qui descendent jusqu'aux gorges de la basse Cance, entre les combes de deux ruisseaux : l'Embrun et la Goueille. L'altitude est comprise entre 194 mètres, au confluent de la Cance et de la Goueille, et 427 m sur le plateau, à l'ouest du village.

Le nom de Quintenas est typiquement romain, reste à savoir si ce « cinquième » était une distance, un site, un personnage ou toute autre chose.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Roiffieux Vernosc-lès-Annonay Rose des vents
Saint-Alban-d'Ay N Ardoix
O    Quintenas    E
S
Saint-Romain-d'Ay

Histoire[modifier | modifier le code]

Il est probable que des hommes aient pu occuper la région dans des temps reculés, mais aucune preuve n'en a été trouvée. La pierre en forme de menhir qu'on peut apercevoir au sud du village est certainement une pierre redressée à une époque plus récente.

L'époque romaine a laissé sans doute d'abord son nom au village. Diverses traces en ont aussi été trouvées : des sépultures romaines et divers objets au quartier de Presles en 1892 ; une monnaie de Néron au Pontet ; des tuiles et des débris de poterie à Rome ; un contrepoids de pressoir près de Rome ; des tuiles et des restes de constructions à Montjoux, à Maure et aux Bois[1].

Gravure de l'église de Quintenas.

Au Moyen Âge, on sait au moins que l'église a dépendu, à partir de 776, de l'abbaye de Saint-Claude en Jura. En 790, la paroisse a le rang d'un archiprêtré rural par rapport aux paroisses environnantes[2].

En 1184, l'église, sans doute reconstruite à cette époque, est considérée comme faisant partie d'un prieuré. Ces bâtiments de résidence religieuse avaient été construits contre le sud de l'église. Ils ont ensuite été aménagés en château résidentiel par la famille de Tournon. Ils ont disparu depuis.

La maison Ravier, fortifiée sans doute au XVe siècle.

Au XIVe siècle, Quintenas a subi, comme les autres villages de la région, des famines en 1315 et 1317 et des pestes noires dans les années 1340. Des bandes de pillards se sont mis ensuite à parcourir le pays. C'est vraisemblablement à cette époque que l'église a été fortifiée pour pouvoir protéger les habitants et leurs biens. Deux autres "maisons fortes" datent de cette époque et sont restées intactes : la ferme de L'Hotoire, fortifiée à la fin du XVe siècle, et la maison forte Ravier à l'entrée sud du village. En 1464, les « Estimes » de l'administration fiscale relèvent à Quintenas « beaucoup de maisons en ruines, de nombreux pauvres, misérables et vagabonds et un seul artisan: un tisserand ».

Une des deux rues voûtées.

Le XVIe siècle est marqué par les Guerres de Religion. Les protestants occupent Quintenas en avril 1574 et s'en vont en juillet en détruisant le château et des parties de l'église pour empêcher les catholiques de s'y réfugier. L'église n'a été vraiment rétablie qu'au XVIIe siècle. D'autres restaurations et améliorations ont été réalisées à partir de 1827.

Du XIXe siècle, la commune peut s'enorgueillir d'un monument historique récemment restauré : le pont suspendu de Moulin sur Cance, témoin unique des techniques mises au point par Marc Seguin dans les années 1860.

La population qui comptait 900 habitants en 1793, s'est maintenue au siècle suivant entre 1 100 et 1 200 habitants. Avec l'exode rural du XXe siècle, on n'en comptait plus que 719 en 1946, puis les constructions de villas et d'habitat locatif l'ont porté à 1 479 habitants en 2014. Le village s'est à mesure ré-enrichi de commerces, de services, d'artisans et d'entreprises. L'accès par la route des quartiers ouest et des écoles a été amélioré en 2003 et 2007. En 2012, la déviation Est a permis de détourner du centre village les 6 000 voitures quotidiennes de passage, d'envisager des réaménagements de la place centrale et de favoriser l'accueil touristique.

Dans l'avenir, le PLU voté en 2008 devrait pouvoir en théorie accueillir jusqu'à 1 800 habitants en 2018. Mais les dernières réglementations vont certainement limiter cet objectif.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mai 1945 octobre 1947 Gaston Ravel    
octobre 1947 mars 1959 Louis Ravier    
mars 1959 octobre 1987 Louis Vincent   (28 ans)
octobre 1987 juin 1995 Michel Chapelle    
juin 1995 mars 2001 Jacques Plantevin    
mars 2001 En cours
(au 24 avril 2014)
Sylvain Desbos[3] DVD  

Jean Vincent, maire, présidait le SIVM du canton de Satillieu de 1983 à 1987[4].

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[5]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[6].

En 2016, la commune comptait 1 579 habitants[Note 1], en augmentation de 9,58 % par rapport à 2011 (Ardèche : +2,48 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
9008998961 0491 0571 1431 1251 1511 175
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 1761 2111 0991 0571 1511 1161 1731 1271 127
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 0531 009876861784838809719741
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
7528149141 1841 2781 2541 3591 4411 579
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2006[8].)
Histogramme de l'évolution démographique

La population comptait 900 habitants en 1793 et s'est ensuite longtemps maintenue entre 1 100 et 1 200 habitants. Avec l'exode rural du XXe siècle, on n'en comptait plus que 719 en 1946, puis les constructions de villas et d'habitat locatif l'ont porté à 1 479 habitants en 2014.

Associations[modifier | modifier le code]

Des associations originales[modifier | modifier le code]

Des ambiances conviviales.

La commune compte plus de vingt associations. Certaines regroupent, comme dans beaucoup d'autres communes, les conscrits, les parents d'élèves, les anciens, les sportifs, les amateurs de livres… Mais quelques autres sont plus originales. Par exemple, la commune a réussi à conserver son harmonie Les Muguets. Elle a aussi sa troupe de théâtre Les Casse-Noisettes. Une salle municipale a été, depuis assez longtemps, réservée aux jeunes, dans le cadre de l'association L'Avenir. Les Fines Papilles testent des restos. Un club de langues permet la pratique de l'anglais sur des thèmes de discussion ou autour d'étrangers de passage. Les Arts Créatifs organisent un salon annuel de la création. Au Fil du Pont s'occupe du patrimoine de la basse Cance. Enfin un Comité des Fêtes indépendant organise la venue du Père Noël, un vide-greniers, un bal et le spectacle de la Compagnie Péricard.

Quintenas en 14-18[modifier | modifier le code]

Un rassemblement de documents des années 1914-1918.

Comment les Quintenassiens ont-ils vécu la période de 1914-1918 ? Deux amies d'enfance aujourd'hui retraitées, Brigitte Guirronnet et Sylvette David, ont décidé de lancer des recherches. Un site a été ouvert, et une grande exposition a eu lieu en septembre 2014. Le site s'intitule « familles-de-quintenas.com ». Il offre des photos de Quintenas d'hier et d'aujourd'hui; la liste de tous les maires depuis la Révolution; la situation du village en 1914, les évènements et des documents liés à la guerre[9]

Économie locale[modifier | modifier le code]

Agriculture[modifier | modifier le code]

En 2014, on dénombre encore sur la commune huit exploitations agricoles : cinq fermes traditionnelles (dont une en bio) qui cultivent des céréales pour nourrir des bovins, deux producteurs d'œufs et un exploitant bio qui fabrique son pain.

Une dizaine d'entreprises artisanales[modifier | modifier le code]

Certaines industries ont disparu, mais d'autres se sont implantées, dans trois secteurs de la commune. Il s'agit de petites entreprises, qui occupent entre 5 et 15 salariés.

  • À l'entrée nord du village, l'entreprise Fast[10] travaille l'aluminium, notamment pour des bennes de véhicules. La menuiserie Bret fabrique des maisons à ossature bois. La société Luquet Duranton tient un magasin de stockage et une petite unité de production.
  • Au sud du village, la zone artisanale de Chizaret a accueilli des entreprises de maçonnerie, de plomberie, d'ébénisterie, un atelier d'abattage de volaille et un atelier collectif de préparation de produits carnés pour vente en circuits courts.
  • À Munas, la société Arddi fabrique des sacs biodégradables, le groupe Fareva a un site de maintenance. Un artisan lunetier boi est installé en entrée de zone.

Des fabrications en alu bien appréciées[modifier | modifier le code]

Des carrosseries artisanales à la demande.

L'entreprise Fast s'est installée à Quintenas en 2010 sur 2 400 m2, à la place des Tissages. Elle a été créée en 2002 dans le Nord de la France. Mais son fondateur, Jerry Boutelier, avait auparavant travaillé chez Frappa, et avait une maison à Ardoix. Cette raison personnelle s'est rajoutée à l'intérêt d'occuper une position plus centrale en France pour livrer ses clients. L'entreprise s'est d'abord installée à Félines en 2007.

Fast est l'abréviation de France Aluminium Système Technique : il s'agit de fabrications en alu pour équiper des véhicules industriels de petits tonnages en bennes, plateaux, ridelles, bétaillères, savoyardes… Les avantages de l'alu par rapport à l'acier sont le gain de poids et l'absence de corrosion. Le surcoût se justifie pour des véhicules électriques (Ligier, Goupil, Aixam…) L'absence de corrosion est intéressante pour des pépiniéristes ou pour des bétaillères. L'alu encaisse moins bien les chocs que l'acier, mais il est tout aussi résistant avec certains types d'alliages et des profilages bien étudiés. L'assemblage se fait par soudure ou par collage. L'entreprise commence à fabriquer aussi des portails en alu, qui sont donc légers et indéformables, et qui peuvent être peints.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église[modifier | modifier le code]

Un édifice commencé au XIIe siècle et achevé en style gothique.

Son originalité reste bien sûr attachée à ses parties fortifiées, mais elle peut s'honorer aussi d'une certaine ancienneté. Le fond du chœur, avec ses décorations, est la partie la plus ancienne et le bras gauche du transept, de style roman, date du XIIe siècle. Les autres parties de l'église, et leurs fortifications, sont du XIVe mais ont reçu depuis diverses restaurations, notamment au XIXe siècle. L'église est dédiée à saint Pierre aux Liens et elle fait partie de la paroisse Saint-François-Régis (Ay et Daronne).

Un village ancien pittoresque[modifier | modifier le code]

Des piliers en forme de fromages de chèvre.

On aura intérêt à promener dans l'ancien village, en prenant par exemple la rue des Écoles qui aboutit en face l'église et qui était autrefois l'entrée nord du village. C'est là qu'on trouvera la pittoresque « maison aux fromages ». Son originalité est en fait d'avoir un porche d'entrée soutenu par deux piliers ronds, dont les pierres peuvent faire penser à des picodons. On trouvera dans ce même secteur deux rues voûtées : la rue de la Voûte et la jolie rue des Amoureux, ainsi que des ruelles pittoresques. En chemin, la plupart des maisons traditionnelles présentent des façades bien entretenues. Près du rond-point nord se trouvent le lavoir construit en 1902 et le bâtiment fortifié de la maison Ravier.

La passerelle Seguin[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pont de Moulin sur Cance.
Un petit pont Monument Historique restauré à l'identique.

Dans la vallée de la Cance, en limite avec la commune de Vernosc, un ancien site industriel a fonctionné pendant un siècle au lieu-dit Moulin sur Cance. Un petit pont y a été construit vers 1863 pour relier les deux rives du site. La technique utilisée a été celle d'un pont suspendu selon la méthode qu'avait mis à l'honneur l'Annonéen Marc Seguin à partir de 1823. Au fil des ans et avec l'abandon du site, cette passerelle, très abîmée, était devenue hors d'usage. Malgré tout, elle a été classée monument historique en 1981. Sa restauration a été réalisée en 2012 et 2013, à l'identique, car elle est le dernier témoin des techniques de son époque. Logo monument historique Classé MH (1981)[11].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie et sources[modifier | modifier le code]

  • Albin Mazon, Voyage autour d'Annonay (1901)
  • Guide de l'Union Touristique Ardèche Verte (1991)
  • Office de Tourisme du Val d'Ay
  • Bulletins municipaux
  • notices touristiques locales
  • articles du Dauphiné libéré, et notamment reportages du 24 juillet 2014 de François Bassaget

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Joëlle Dupraz et Christel Fraisse, Carte archéologique de la Gaule, L'Ardèche, p. 316. Disponible à la bibliothèque d'Annonay.
  2. Statuts de l'église de Vienne.
  3. « Liste des maires du département de l'Ardèche » [PDF], Préfecture de l'Ardèche, (consulté le 30 juillet 2015).
  4. « Historique » [archive du ], sur val-d-ay.fr, Communauté de communes du Val d'Ay (consulté le 30 mars 2016).
  5. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  6. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  9. Familles de Quintenas
  10. Site de Fast Aluminium.
  11. Notice no PA00116844, base Mérimée, ministère français de la Culture.