Parti communiste de Bohême et Moravie

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Parti communiste
de Bohême et Moravie
(cs) Komunistická strana Čech a Moravy
Image illustrative de l’article Parti communiste de Bohême et Moravie
Logotype officiel.
Présentation
Chef Kateřina Konečná
Fondation
Siège Politických vězňů 9, Prague (Tchéquie)
1er chef adjoint Petr Šimůnek (cs)
Chefs adjoints Marie Pěnčíková (cs)
Milan Krajča (cs)
Leo Luzar (cs)
Organisation de jeunesse Union de la jeunesse communiste
Journal Haló noviny (en)
Think tank Institut de la gauche tchèque
Slogan « Avec le peuple pour le peuple ! »
S lidmi pro lidi!
Positionnement Gauche à extrême gauche
Idéologie Communisme
Affiliation européenne Parti de la gauche européenne (observateur)
Groupe au Parlement européen Groupe de la Gauche au Parlement européen
Affiliation internationale Rencontre internationale des partis communistes et ouvriers
Adhérents 28 715 (2021)
Couleurs Rouge
Site web kscm.cz
Présidents de groupe
Chambre des députés Kateřina Konečná
Parlement européen Manon Aubry et Martin Schirdewan (GUE/NGL)
Représentation
Députés européens
1  /  21
Conseillers régionaux[1]
13  /  675
Conseillers locaux
1426  /  62300
Drapeau du Parti communiste de Bohême et Moravie.
Vojtěch Filip, ancien dirigeant du parti, en 2013.

Le Parti communiste de Bohême et Moravie (en tchèque : Komunistická strana Čech a Moravy, KSČM) est un parti politique tchèque, héritier du Parti communiste tchécoslovaque, classé entre la gauche et l'extrême gauche. Il est membre du groupe de la Gauche au Parlement européen (GUE/NLG) au Parlement européen[2] et membre observateur du Parti de la gauche européenne[3]. Il est actuellement dirigé par Kateřina Konečná.

Les sources décrivent diversement le parti comme étant de gauche[4],[5], de gauche radicale[6] ou d'extrême gauche[7],[8],[9],[10]. C'est l'un des rares anciens partis au pouvoir de l'Europe centrale et orientale post-communiste à ne pas avoir supprimé le titre communiste de son nom, bien qu'il ait modifié le programme de son parti pour se conformer aux lois adoptées après 1989[11][12]. En 2021, le parti compte quelque 28 715 adhérents[13]. Son symbole est la cerise.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le KSČM est créé en 1989, lors d'un congrès extraordinaire du Parti communiste tchécoslovaque qui décida de fonder un parti spécifique pour les territoires de Bohême et de Moravie, les régions qui allaient devenir la République tchèque. En 1990, le Parti communiste tchécoslovaque devint une fédération des deux partis créés par la séparation. Plus tard, le Parti communiste slovaque devint le Parti de la gauche démocratique et la fédération fut rompue en 1992.

Au IIe Congrès du parti, en 1992, des groupes importants le quittèrent comme le nouveau Parti de la gauche démocratique et le Parti du bloc de gauche qui ensuite fusionnèrent en un Parti du socialisme démocratique, parfois allié au KSCM. Une autre partition advint avec le départ du Parti des communistes tchécoslovaques, rebaptisé Parti communiste de Tchécoslovaquie.

Son électorat est principalement constitué par les « laissés-pour-compte » du nouveau système (anciens fonctionnaires, retraités, ouvriers et Roms)[14].

En , le KSČM obtint 18,5 % des votes à la Chambre des députés, ce qui en fait le troisième parti représenté au parlement avec 41 députés. En , il atteint même la deuxième place, lors des élections au Parlement européen, avec six députés sur 24.

En , il subit un revers lors des législatives en n'obtenant que 26 sièges (12,8 %). La branche jeunesse du parti est interdite en 2006 par le gouvernement de Václav Klaus pour avoir « violé la constitution » en militant pour la nationalisation des moyens de production[15].

Il a obtenu près de 15 % des voix lors des élections régionales et sénatoriales d'[16].

Le KSCM a obtenu 20,44 % des voix lors des élections régionales d', en passant de 114 élus à 182 élus. Pour la première fois, le Parti social-démocrate (CSSD, 23,57 % des voix) envisage de former une coalition gouvernementale avec le KSCM[17].

Idéologie[modifier | modifier le code]

En tant que parti communiste et successeur de l'ancien Parti communiste tchécoslovaque au pouvoir[18], sa plate-forme promeut l'anticapitalisme[19] et le socialisme[20] à travers un angle de vue marxiste[21]. Il détient des vues eurosceptiques en ce qui concerne l'Union européenne[22],[23],[24].

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Chambre des députés[modifier | modifier le code]

Année Voix % Sièges Rang Gouvernement
1990 954 690 13,2
33  /  200
2e
1992[25] 909 490 14,0
35  /  200
2e Opposition
1996 626 136 10,3
22  /  200
3e Opposition
1998 658 550 11,0
24  /  200
3e Opposition
2002 882 653 18,5
41  /  200
3e Opposition
2006 685 328 12,8
26  /  200
3e Opposition
2010 589 765 11,3
26  /  200
4e Opposition
2013 741 044 14,9
33  /  200
3e Opposition
2017 393 100 7,76
15  /  200
5e Soutien sans participation
2021 193 817 3,60
0  /  200
7e Opposition

Sénat[modifier | modifier le code]

Année 1er tour 2d tour Sièges
Voix % Voix %
1996 393 494 14,3 45 304 2,0
2  /  81
1998 159 123 16,5 31 097 5,8
4  /  81
2000 152 934 17,8 73 372 13,0
3  /  81
2002 110 171 16,5 57 434 7,0
3  /  81
2004 125 892 17,4 65 136 13,6
2  /  81
2006 134 863 12,7 26 001 4,5
2  /  81
2008 147 186 14,1
3  /  81
2010 117 374 10,2
2  /  81
2012 153 335 17,4 79 663 15,5
2  /  81
2014 99 973 9,7
1  /  81

Parlement européen[modifier | modifier le code]

Année Voix % Sièges Groupe
2004 472 862 20,3
6  /  24
GUE/NGL
2009 334 577 14,2
4  /  22
GUE/NGL
2014 166 478 11,0
3  /  21
GUE/NGL
2019 164 624 6,9
1  /  21
GUE/NGL

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.volby.cz/pls/kz2012/kz63?xjazyk=CZ&xdatum=20121012 Počty přidělených mandátů
  2. (en) « European United Left & Nordic Green Left European Parliamentary Group delegations », sur www-guengl.eu (consulté le )
  3. (en) « Communist Party of Bohemia and Moravia », sur european-left.org (consulté le )
  4. « Risque pays de la République Tchèque : Politique », sur Société Générale (consulté le ).
  5. (en) Michal Pink, « The Electoral Base of Left-Wing Post-Communist Political Parties in the Former Czechoslovakia », sur Central European Political Studies Review (consulté le ).
  6. (en) Luke March, Contemporary Far Left Parties in Europe : From Marxism to the Mainstream?, Berlin, Friedrich-Ebert-Stiftung, , 20 p. (ISBN 978-3-86872-000-6, lire en ligne), p. 3
  7. André Kapsas, « Andrej Babiš et les sociaux-démocrates tchèques négocient leur alliance », sur Courrier d'Europe centrale, (consulté le ).
  8. « Partis politiques tchèques », sur Elections en Europe, (consulté le ).
  9. (en) Miroslav Mareš, « Communist and Post-Communist Parties in the Czech Republic and Slovakia », dans Communist and Post-Communist Parties in Europe, , p. 305.
  10. Michel Perottino, « Un visage pratique du « néocommunisme » tchèque : la propagande électorale du Parti communiste de Bohême et de Moravie depuis 1990 », Revue d'études comparatives Est-Ouest, vol. 31, no 3,‎ , p. 43–68 (DOI 10.3406/receo.2000.3038, lire en ligne, consulté le )
  11. Bozóki et Ishiyama 2002, p. 146.
  12. « Elections: What's on the menu (in English) », Prague Daily Monitor, (consulté le )
  13. « Politické strany na vymření. Mizí jim straníci, nejvíce těm z levice », sur iDNES.cz, (consulté le )
  14. « L'étonnante résurgence du Parti communiste tchèque », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  15. (en) « Communists denounce ban on far-left youth movement », sur Radio Praha, (consulté le )
  16. « Les Tchèques votent contre le « bouclier antimissile » », sur Le Monde diplomatique, (consulté le )
  17. « République tchèque : Au secours, les communistes sont de retour ! », sur VoxEurop.eu, (consulté le )
  18. Bozóki et Ishiyama 2002, p. 150–153.
  19. « Musíme vést třídní boj a zničit kapitalismus, řekla v Rozstřelu Konečná z KSČM », (consulté le )
  20. « Kdo jsme » (consulté le )
  21. (cs) « Naděje pro Českou republiku (2006) », sur kscm.cz, (consulté le ).
  22. (en) « How Europe will break on Brexit », sur Politico.eu, (consulté le ).
  23. (cs) « O Brexitu neboli proč by EU měla jít », sur kscm.cz, (consulté le ).
  24. (cs) « Krachující Evropská unie a Česká republika », sur kscm.cz, (consulté le ).
  25. Au sein du Bloc de gauche.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Bozóki, A et Ishiyama, J, The Communist Successor Parties of Central and Eastern Europe, , p. 150-153.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]