Parti communiste de Cuba

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Parti communiste de Cuba
(es) Partido Comunista de Cuba
Image illustrative de l’article Parti communiste de Cuba
Logotype officiel.
Présentation
Premier secrétaire Miguel Díaz-Canel
Fondation
Siège Palais de la Révolution (en), Plaza de la Revolución, La Havane, Drapeau de Cuba Cuba
Second secrétaire José Ramón Machado Ventura[1]
Fondateur Fidel Castro
Organe officiel Granma
Organisation de jeunesse Union des jeunes communistes
Organisation pionnière Organisation des pionniers José Martí (en)
Slogan « ¡Hasta la victoria siempre! »
Positionnement Gauche[2] à extrême gauche[3]
Idéologie Communisme[4],[5],[6]
Marxisme-léninisme
Nationalisme de gauche
Castrisme (en)
Guévarisme
Intégration latino-américaine (en)[7]
Affiliation régionale COPPPAL
Forum de São Paulo
Affiliation internationale Rencontre internationale des partis communistes et ouvriers
Séminaire communiste international (inactif)
Adhérents 670 000 (2016)[8]
Couleurs Rouge et bleu
Site web www.pcc.cu
Représentation
Assemblée nationale du pouvoir populaire[9]
605  /  605

Le Parti communiste de Cuba (en espagnol : Partido comunista de Cuba, abrégé en PCC) est un parti politique communiste cubain formellement fondé en 1965 et depuis le parti unique. D'obédience « martiste et marxiste-léniniste », il dirige le pays depuis sa création. Fidel Castro en est le premier secrétaire de sa fondation au [10]. Il est alors remplacé par son frère Raúl Castro, qui dirige déjà le pays de 2008 à 2018. Il est membre de la COPPPAL.

La constitution cubaine de 1976 précise que « le Parti communiste de Cuba, martiste et marxiste-léniniste, avant-garde organisée de la nation cubaine, est la force dirigeante supérieure de la société et de l'État, qui organise et oriente les efforts communs vers les hautes fins de la construction du socialisme et la marche en avant vers la société communiste »[11]. La constitution cubaine de 2019 maintient le rôle dirigeant Parti communiste de Cuba et confirme le caractère « irrévocable » du socialisme.

Historique[modifier | modifier le code]

Le premier Parti communiste de Cuba est formé en 1920 et était membre de l'Internationale communiste[12]. Il a été fondé par le leader étudiant Julio Antonio Mella, Carlos Baliño (ancien proche de José Martí et figure de la lutte pour l'indépendance) et Fabio Grobart[13],[14].

Bien qu'illégal et exposé à la répression, le Parti communiste constitue une force bien organisée et solidement implantée dans les mouvements de travailleurs et la population noire[15].

Soucieux d'afficher sa rupture avec les partis corrompus qui ont accaparé le pouvoir depuis l'indépendance, Fulgencio Batista se rapproche du Parti communiste, qui est légalisé en 1938[15]. Les communistes Juan Marinello puis Carlos Rafael Rodríguez participent au gouvernement mais sans portefeuille attribué[16],[17]. En 1944, le Parti communiste cubain change de nom et devient le Parti socialiste populaire (PSP)[18].

Le PSP a, dans un premier temps, condamné la guérilla, la jugeant « aventureuse », et ne participe à la lutte armée qu'à partir de la fin de l'année 1957[19].

En , deux ans après la révolution cubaine, l'Organisation révolutionnaire intégrée (ORI) est créée à la suite de la fusion du Mouvement du 26 Juillet de Fidel Castro, du Parti socialiste populaire et du Directoire révolutionnaire 13 mars. Le , l'ORI devient le Parti unifié de la révolution socialiste cubaine (PURSC), qui devient enfin, le , le Parti communiste de Cuba (PCC). Il reste le seul parti politique légal à Cuba, mais n'a toutefois pas le droit de présenter lui-même des candidats aux élections : les candidats aux élections sont autorisés à se présenter par une commission, la plupart étant des membres du PCC ou des « compagnons de route » (voir Politique à Cuba).

Pendant les dix premières années de son existence, le parti communiste est inactif à l'extérieur de son bureau politique. La centaine de personnes du comité central se rassemble rarement et ce n'est que dix ans après sa fondation, en décembre 1975, que le parti tient son premier congrès. Fidel Castro y fait un long rapport, qui marque une volonté d'institutionnaliser la révolution dans la prolongation du mouvement de libération nationale de José Martí. Pendant et après le congrès, le projet de Constitution est débattu au sein du Parti et des organisations de masse. Selon le dirigeant cubain, près de six millions de personnes auraient participé à cette discussion[20]. La version finale de la Constitution est adoptée par référendum le , avec 97,7 % de votes positifs.

Le deuxième congrès a lieu en 1980. À l'occasion du troisième en 1986, Fidel Castro lance le processus de « rectification des tendances négatives ». Le but affiché par le gouvernement est de lutter contre les dysfonctionnements de la société, d'impulser une « révolution dans la révolution », et de donner un souffle nouveau à celle-ci.

En 1969, les membres du parti représentent 0,6 % de la population. Dans les années 1970, le parti commence à se développer. Depuis son premier congrès, en 1975, le parti a atteint les 200 000 membres, et le bureau politique se réunit régulièrement. En 1980, le parti atteint 430 000 membres, puis 520000 en 1985. Selon le professeur Pierre Vayssière, qui estime qu'autour de 10 % des Cubains possèdent une carte du Parti communiste, ce pourcentage varie selon le contexte économique de l'époque, augmentant en temps de crise, diminuant en temps de reprise[21].

En 2013, le comité central du Parti communiste cubain compte 115 membres, dont 49 femmes[22].

La constitution cubaine de 2019 maintient le rôle dirigeant Parti communiste de Cuba et confirme le caractère « irrévocable » du socialisme. Les demandes de démocratisation du système politique ne sont pas retenues [23].

Organisation[modifier | modifier le code]

Les organes majeurs du parti sont le bureau politique et le secrétariat jusqu'à la fusion des deux en 1991 en un bureau politique de plus de vingt membres. Il y a aussi un comité central qui se rassemble entre les congrès. Au cinquième congrès du parti, le nombre de membres du comité central est réduit à 150 par rapport à 225 initialement.

Le parti comporte aussi une organisation de jeunesse appelée Union des jeunes communistes (UJC).

Congrès[modifier | modifier le code]

Le Parti communiste de Cuba tient son premier congrès en 1975, et les suivants en 1980, 1986, 1991, 1997, 2011, 2016[24] et 2021.

Lors de son IVe congrès en 1991, le parti a décidé d'admettre les catholiques[21].

Le parti a 780 000 membres lors du congrès du Parti en 1997 et est composé de 32,1 % d'ouvriers, 13,8 % de techniciens, 8,2 % de professeurs et 7,5 % d'employés du secteur tertiaire.

Du 16 au 19 avril 2021 se tient le VIIIe congrès. Le président Miguel Diaz-Canel remplace Raúl Castro comme premier secrétaire du Comité central du Parti. Le Bureau politique, plus haute instance du Parti, comprends 14 membres dont « seulement » 3 femmes. Quatre sont des militaires en fonction ou à la retraite: Alvaro Lopez Miera est ministre des armées, Lazaro Alvarez est ministre de l'Intérieur, Luis Alberto Rodríguez López-Calleja, ancien gendre de Raúl Castro, dirige le groupe d'entreprises de l'armée Gaesa et enfin José Ricardo Guerra, secrétaire du Conseil des ministres. Le Parti comprend officiellement 700 000 membres dont 42,6 % ont plus de 55 ans[25],[26],[27].

Idéologie[modifier | modifier le code]

Le Parti communiste de Cuba se définit comme « fidèle continuateur du PRC [Parti révolutionnaire cubain] fondé par José Martí » et se réclame des traditions du marxisme-léninisme[28]. En 1992, une réforme de la constitution a réaffirmé le caractère socialiste de l’État ; en revanche les références idéologiques au marxisme-léninisme ont cédé la place aux liens géopolitiques avec l’Amérique latine et les Caraïbes[29].

Lors du huitième congrès, du 16 au 19 avril 2021, les références au marxisme-léninisme disparaissent dans le rapport central du congrès mais aussi par l'absence d'images de Marx, Engels et Lénine dans les locaux du congrès[30].

Analyses[modifier | modifier le code]

Pour l'universitaire Samuel Farber le Parti communiste cubain n’est pas un parti car cela nécessiterait l’existence d’autres partis politiques. Mais c'est la structure qui « monopolise la vie politique, sociale et économique de la société cubaine »[31]. Yves Roucaute considère que le parti communiste de Cuba n’a plus de communiste que le nom. Il reste seulement une bureaucratie et une administration d’État, nationaliste et corrompue qui tentent de se maintenir au pouvoir en libéralisant l'économie de l'ile, tout en se réclament toujours de José Martí et du marxisme-léninisme[32].

Publication[modifier | modifier le code]

Organisations proches[modifier | modifier le code]

Diverses organisations cubaines sont proches du Parti communiste :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Yaima Puig Meneses, « Díaz-Canel chairs the Extraordinary Plenary of the Party in Havana (+ Video) », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant,‎ (lire en ligne, consulté le 21 avril 2021)
  2. (es) Víctor Jeifets y Lazar Jeifets, « El encuentro de la izquierda cubana con la Revolución Rusa: el Partido Comunista y la Comintern », sur sinpermiso.info, (consulté le 9 janvier 2017)
  3. « Cuba », sur mondediplo.net (consulté le 26 avril 2020)
  4. « Cuba's New Constitution explained », (consulté le 23 mai 2020)
  5. « The Cuban Communist Party at the Center of Political and Economic Reform: Current Status and Future Reform », (consulté le 23 mai 2020)
  6. « The Cuban Communist Party: Current Status and Future Reform », (consulté le 23 mai 2020)
  7. (es) Gabriela Ávila Gómez, « Cuba: capital de la integración latinoamericana y caribeña », (consulté le 15 décembre 2017)
  8. (es) « 7th PCC Congress Central Report, presented by First Secretary Raúl Castro Ruz », sur en.cubadebate.cu, (consulté le 21 septembre 2017)
  9. (en) « IPU PARLINE database: CUBA (Asamblea nacional del Poder popular), Last elections », sur ipu.org, Inter-Parliamentary Union, (consulté le 20 mars 2015)
  10. « Raul Castro succède à Fidelà la tête du PC cubain », sur Le Figaro.fr, (consulté le 31 janvier 2020)
  11. « Cuba, Constitution 2003 », sur mjp.univ-perp.fr (consulté le 31 janvier 2020)
  12. Guy Konopnicki Mort de Fidel Castro : sous le romantisme révolutionnaire, la dictature et la misère Marianne, 26 novembre 2016
  13. Fabio Grobart, Veteran Cuban Communist The New York Times, 24 octobre 1994
  14. Fabio Grobart, uno de aquellos fundadores Granma : « El 16 de agosto de 1925 participó en la fundación del primer Partido Comunista de Cuba (PC), en cuyos documentos aparecía con el seudónimo de Yunger Semjovich, aunque luego utilizó los de Otto Modley, Aaron, Fabio… »
  15. a et b Richard Gott, « Avant Fidel Castro », sur Le Monde diplomatique,
  16. Carlos Rodriguez, Castro Ally And Leftist Leader, Dies at 84 New York Times, 13 décembre 1997
  17. Rigoulot 2007
  18. Vayssière Compte rendu de lecture de Cuba sous le régime de la Constitution de 1940
  19. Pierre Kalfon, Che, Points,
  20. Bilan de la Révolution cubaine, Fidel Castro, publié dans Granma International
  21. a et b Pierre Vayssière, Fidel Castro, L'éternel révolté, Paris, Payot et Rivages, , 668 p., p. 305-322
  22. (pt-BR) « 25 verdades para Yoani Sánchez sobre el papel de la mujer en Cuba », sur Opera Mundi
  23. Cuba approuve massivement sa nouvelle Constitution Le Monde, 26 février 2019
  24. Lianne Guerra Rondón Parti communiste de Cuba octobre 2016
  25. Miguel Diaz-Canel prend la tête du Parti communiste à Cuba. Radio Canada, 19 avril 2021.
  26. Miguel Díaz-Canel succède à Raul Castro à la tête du Parti communiste cubain. Franceinfo Guadeloupe, 19 avril 2021.
  27. Miguel Díaz-Canel Bermúdez elected as first secretary of the Communist Party of Cuba Central Committee. Granma, 19 avril 2021.
  28. Constitution de Cuba.
  29. Cuba privé du protecteur soviétique. sur clio.fr
  30. Reinaldo Escobar El marxismo desaparece del informe central en el congreso del Partido Comunista. 14ymedio, 18 avril 2021.
  31. Cuba : où va l'État de parti unique ? Contretemps, 8 décembre 2016
  32. Yves Roucaute Cuba et la défense des libertés Paru Valeurs actuelles, 18 septembre 2017

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]