Évêque marin

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Évêque (homonymie).
1517, Cornelius Aurelius, Cronycke van Hollandt, Zeelandts and Vrieslant, poisson évêque, 275v
1517, Cornelius Aurelius, Cronycke van Hollandt, Zeelandts and Vrieslant, Monstre merveilleux en habits d'évêque, 275v
1558, Guillaume Rondelet, Monstre marin en habit d'évêque, Histoire entière des poissons, p. 362.
1558, Guillaume Rondelet, Monstre marin en habit d'évêque, Histoire entière des poissons, p. 362.

Le poisson-évêque, évêque de mer, évêque marin ou phoque évêque, est désigné selon les sources, comme un monstre légendaire marin ou poisson d'allure épiscopale, un évêque marin, ou un homme océanique. Mentionné dès 1517 dans les Chroniques de Hollande de Cornelius Aurelius comme un monstre merveilleux, un poisson de la taille d'un évêque et dont il porte tous les attributs si ce n'est qu'il comprend le langage des hommes mais ne parle pas. Il fut présenté au roi de Pologne en 1431 avant d'être, gracieusement, rendu aux flots. Il est décrit par plusieurs naturalistes du XVIe siècle tels que Rondelet[1], Coenen ou Gesner[2], ainsi que par Ambroise Paré[3], Henri de Sponde ou le père Fournier. Ce récit maintes fois repris, a inspiré notamment Prætorius, Heine, Nerval et Jarry ainsi que de nombreux artistes et illustrateurs y-compris de nos jours, en Europe et en Asie.

Genèse[modifier | modifier le code]

La genèse de cet être singulier premièrement découvert en 1431 - voir image et texte plus haut, mention de l'année m.cccc.xxxi - est précisée par Jac Conradie, puis Marn et Burger[4]. L'intégralité des éléments de récits repris ultérieurement en France, aux Pays-Bas, en Allemagne et en Angleterre par les naturalistes, par les géographes et par les auteurs proviennent d'une source unique : les Cronycke van Hollandt, Zeelandts and Vrieslant[5] de Cornelius Aurelius[6], également connues sous le nom de Diviesiekroniek[7], imprimées par Jan Severen de Leyden (ou Johannis à Leydnis) pour la première fois en 1517. La page 275v mentionne « Van enen wonderliken monster dat doe gevangen wort. Dat XLVII capitel ». La description de Cornelius Aurelius comprend notamment la présentation au roi de Pologne repris par Rondelet et la plupart des auteurs ; le chasuble qui se lève jusqu'aux genoux mais pas plus haut, que l'on retrouve chez Sponde et Fournier.

Rondelet, qui est à l'origine de la plupart des autres références à l'évêque marin, mentionne une correspondance entre le physicien Gilbert Hostius ou Gisberto Germano, à Rome, et le Seigneur Cornelius d'Amsterdam : il puise donc à cette même source.

Coenen, dont l'illustration typique du Zeebisschop est similaire à celles de Desprez et Sluperij, puise également à cette source.

Histoire naturelle[modifier | modifier le code]

Plusieurs naturalistes ou scientifiques écrivent voire représentent l'évêque de mer :

  • En 1555, Pierre Belon[8],[9], dans la nature et la diversité des poissons, p.32, cite pour antécédent Pline (l'ancien) et parle d'un homme marin vu en Norvège, dans des termes proches de ceux de John Stow. Citant ensuite la source des « Annales de Brabans » et du Seigneur Corneille d'Amsterdam dans une lettre à M. Gilbert, physicien romain, il décrit un poisson vêtu d'écailles en façon d'un évêque, portant mitre et attributs pontificaux et qui fut présenté au roi de Pologne en 1531,
  • En 1554 et 1558, Guillaume Rondelet[1] précise dans l'Histoire entière des poissons, p. 362 qu'un monstre marin en habit d’Évêque péché en Pologne en 1531, aurait été présenté au roi avant d'être rendu à ses ouailles et à la mer, là où il avait été péché. L'illustration figure un personnage tourné vers la droite du lecteur avec trois doigts levés à la main gauche, déjà présenté en 1554 dans Libri de piscibus marinis[10], page 494, désigné par « monstrum marinū Episcopi habitu »,
  • En 1558, citant Rondelet, François Boussuet illustre et décrit l'évêque marin page 197 dans De natura aquatilium carmen : in alteram partem universae Gulieilmi Rondeletii [11],
  • De 1558 à 1604, Conrad Gesner dans son Historia Animalium, tiré des enseignements de Pierre Belon et Guillaume Rondelet, mentionne un Pisce Episcopi habitu p. 520 de la version en latin du livre III[12], p. 439 pour la version en latin du livre IV[13], et un Episcopus marinus - Ein Meerbischoff page CV pour la version allemande du livre III[14], capturé en Pologne en 1531,
  • Entre 1537 et 1605, Ulyssis Aldrovandi (né en 1522) écrit une histoire des monstres[15] éditée en 1642, où l'on peut voir page 358 une gravure du « Monstrum marinum rudimenta habitus episcopi referens », dont il fournit p. 355 la description ayant préalablement cité Gesner, Rondelet et Belon comme étant ses sources. Il y est donc là aussi question d'un poisson évêque découvert au large de la Pologne en 1531,
  • En 1569, Giovanni Francesco Camocio représente l'évêque de mer entre autres monstres, au large de la Somalie dans Cosmographia Universalis et Exactissima[16] (...), carte no 2,
  • En 1575, le médecin Ambroise Paré[3] référence un « Monstre marin ressemblant à un Evesque vestu de ses habits pontificaux » dans ses œuvres avec portraits, p. 840, citant Rondelet et Gesner, présentant une illustration très proche de celle de Rondelet. Dans sa traduction anglaise[17] toutefois, est écrit « a fish in the habite or shape of a bishop »,
  • En 1577, Adriaen Coenen[18], p. 191, décrit Den Zeebisschop en précisant qu'il possède un chapeau, une baguette, des pantoufles, une chasuble et des gants. Coenen présente également un poisson-moine et un cyclope similaire à celui de François Desprez,
  • En 1600, un portrait en est donné page 93 de L'histoire universelle des poissons et autres monstres aquatiques[19] : l' « Evesque marin » aurait été pêché en 1531 mais « en la cote de la mer de Boulogne, ainsi qu'a affirmé Amsterodame ». L'imprimeur dans la préface indique avoir compilé plusieurs sources, auteurs anciens et modernes : une erreur de retranscription de Pologne en Boulogne ainsi que de Amsterodamo en Amsterodame est donc possible, renvoyant à la p. 520 de la version en latin du livre III Gessner pour le texte comme pour le dessin d'un évêque tourné vers la gauche du lecteur, les trois doigts de la main gauche levés,
  • En 1612 ou tout du moins avant 1643, l'évêque Henri de Sponde[20], en parle sans le représenter, dans sa continuation des annales ecclésiastiques, page 276. Il parle d'un poisson ayant la forme d'un homme parfait, orné de mitre, d'un bâton pastoral et autres vêtements d'un évêque dont un chasuble qu'on lève jusqu'aux genoux. Il désigne l'auteur des « Croniques de Flandre » comme étant la source de son information, lesquelles chroniques constitueraient donc la plus anciennes des sources écrites[21],
  • En 1643, le père jésuite Georges Fournier dans Hydrographie contenant la théorie et la practique de toutes les parties de la navigation[22], Livre XIX, chapitre XL, p. 820, fait référence à ce poisson et ajoute de nombreux détails pittoresques mais sans ilustration. Le père Fournier d'après Edouard Brassey[23], écrit : « Dans la mer Baltique vers les côtes de Pologne et de Prusse, on prit environ l'an 1433, un homme marin qui avait entièrement la figure d'un évêque ayant la mitre en tête, la crosse en main, avec tous les autres ornements dont un évêque a coutume d'être revêtu lorsqu'il célèbre la sainte messe. Sa chasuble même se levait facilement jusqu'aux genoux (...) entendant bien se qui se disait sans toutefois parler. (...) ayant prié le roi qu'on le laissât retourner en mer (...) après avoir salué (...) et donné la bénédiction par un signe de croix qu'il formât, se plongea en mer et ne parut plus. ». Le père Fournier cite deux sources : la grand Chronique de Flandre et Monsieur l'évêque de Sponde dans les annales ecclésiastiques. Il ne produit pas de représentation,
  • En 1763, Rousselot de Surgy dans Mélanges intéressants et curieux[24], mentionne l'évêque de mer en référence à Rondelet, Gesner, Fournier et Sponde, sans illustration,
  • En 1662, Caspar Schott, jésuite, présente un « Vir Marinus Episcopi Habitu », barbu et souriant, dans Physica curiosa, sive mirabilia naturae et artis libris XII[25], pp. 400-403, citant Belon, Rondelet et Gesner,
  • En 1672, John Josselyn[26] mentionne p. 23, le Bishop fish comme une spécificité des mers de Norvège
  • En 1696, Johan Zahn[27] en présente un dessin page 408 (page 1022 dans le document PDF) légendé « vir marinus episcopi specie », pris en 1531 en mer Baltique et présenté au roi Sigismund. L'auteur cite ses sources : Majolo, Rondelet, Belon, Aldrovandi et Gesner,
  • Vers 1700, le Dictionnaire de Trévoux[28] avec le poisson évêque mentionné à l'entrée Évêque, tome 2, page 1527, puise à la source[29] des Croniques de Flandres et des annales ecclésiastiques de Henri de Sponde, pour une prise datée de 1433 et située en Pologne qui s'achève par la remise à l'eau du poisson-évêque qui bénit les foules d'un signe de croix avant de disparaître. Aucune représentation en dehors du texte. Il cite également à l'entrée « Poissons », les auteurs Willughby, Rondelet et Aldrovandi,
  • En 1786, L’Histoire des animaux à l’usage des jeunes gens[30], ouvrage anonyme, Hambourg, p. 140 et 141, représente un évêque marin qualifié de monstre marin. Il cite pour sources la grande chronique des Pays-Bas et Aldrovande. Note : l'histoire universelle des poissons de Rigaud (éditeur de l'o.p. cit. anonyme) est citée pour source à l'entrée poisson moine,
  • L'ouvrage est réédité en 1799[31], où l'entrée de l'évêque marin se trouve en page 143,
  • En 1870, Armand Landrin présente un phoque évêque et un fac-simile de la gravure de Guillaume Rondelet dans Les monstres marins[32] et précise que «c'est évidemment notre phoque-capucin du Groënland (Stemmatopus cristatus) qui a sur la tête, lorsqu'il est adulte, une sorte de sac mobile, caréné en dessus, et dont il peut se couvrir les yeux et le museau quand il veut. (...) D'autres amphibies que les phoques ont pu produire des illusions et motiver des contes analogues. Ce sont des cétacés : les lamantins et les dugongs.»,
  • En 1907, David Starr Jordan cite Rondelet mais propose une illustration originale[33],[34].

Histoire littéraire[modifier | modifier le code]

  • En 1517, Die cronycke van Hollandt, Zeelandt ende Vrieslant, met die cronike der biscoppen van Uutrecht (Divisiekroniek), de Cornelius Aurelius[4], chapitre XLVII, page 275v,
  • En 1520, les chroniques des Pays-Bas[35] de Jan van Naaldwijk écrites entre 1513 et 1520,
  • En 1567, François Desprez en fournit une illustration dans son recueil[36] de la diversité des habits, l' « Euesque de mer » est illustré page 70, texte (« ne parlât point bien qu'il porte mitre ») et dessin à l'identique de Jacobus Sluperius et d'Adriaen Coenen. Desprez et Coenen ont également en commun le dessin du cyclope aux longues oreilles,
  • En 1569, Jacobus Sluperius[37],[38] dans Omnium fere gentium, produit au chapitre XXXII pp. 47-48 la gravure d'un « Evesque de Mer » reprise par Desprez puis plus récemment par l'exposition de la BnF (voir liens externes) dont il précise qu'il ne parle pas bien et qu'il porte mitre,
  • En 1578, Guillaume Saluste du Bartas évoque le poisson moine et le poisson-évêque dans La Sepmaine[39], au cinquième jour page 212 : « La mer a tout ainsi que l'élément voisin (...) son Homme (...) son Moyne, et son Prélat » avec en note 21 page 214, mention de « l'Evesque » et référence à Gilbert Hostius, Corneille d'Amsterdam et aux ouvrages de Rondelet et de Gesner.

Les éditions plein chant[40] publient un article très complet avec de nombreuses références à l'évêque de mer dans la littérature, reprises ci-après.

  • En 1619, Gregorius Strigenicius[41] (Gregor Strigenitz), pasteur luthérien, mentionne le MeerBischoff trouvé en Pologne en 1531 équipé de tout son matériel épiscopal dans Jonas[42], page 239.b, sans illustration,
  • En 1666 dans Anthropodemus Plutonicus de Johannes Prætorius[43], pseudonyme de Johann Richter, page 95, sans illustration : « ein MeerMann (...) der wie ein Bischoff », datant l'événement de l'an 1531 et le situant en Pologne,
  • En 1776, Antoine Richer évoque l'évêque-de-mer au tome 27 page 197 de son Histoire Moderne[44], citant Rondelet, Gesner, le père Fournier et Sponde,
  • En 1813, Antoine dans Animaux célèbres[45], p. 122, mentionne l'évêque marin pris en 1433, citant la chronique des Pays-Bas et Aldrovande, sans illustration,
  • En 1835 par Heinrich Heine, dans De l'Allemagne 2, citant Johannes Prætorius,sans illustration : « un homme océanique, qui avait tout l’air d’un évêque de l’église romaine »,
  • En 1838, dans le Musée des familles : lectures du soir, p. 230-231[46], présente un long article relatif à l'évêque marin. La source citée est l'almanach de Liège, ainsi que Rondelet dont il indique reprendre l'illustration,
  • Peu avant 1850, par Gérard de Nerval dans Le diable rouge, almanach cabalistique pour 1850[47], citant Heine et donc affilié à Prætorius, avec représentation,
  • En 1858, Scarron dans Le virgile travesti[48], mentionne l'évêque-marin page 206 en référence à la Grande Chronique des Pays-Bas et donc à une prise datée de 1433,
  • En 1889 Auguste de Belloy[49], sans illustration mentionne le « terrible évêque de mer coiffé de sa mitre phosphorescente », une caractéristique également référencée dans Christophorus Columbus de Ontdekker van Amerika[50], p. 54,
  • En octobre 1895 dans L'Ymagier[51], no 4, Octobre 1895, page 35, d'Alfred Jarry et Rémy de Gourmont, évoquent un être capturé sur les cotes de Sologne en 1531, précisant que la figure est tirée du « livre d'Aldrovand ». La ressemblance de silhouette avec Ubu est remarquable[52],[53].

Notæ :

  • En 1899, Andrew Lang dans son red book of animals stories[54], p. 19, reprend l'histoire de l'évêque de mer trouvé en 1531, sans illustration,
  • Au premier siècle, Pline l'ancien dans son Histoire Naturelle[55], au livre IX page 360 concernant les animaux aquatiques, paragraphe IV.(V).2, mentionne un homme marin d'une conformation complètement semblable à la nôtre,
  • Bien qu'il ne parle ni de poisson-moine ni de poisson-évêque, ni même de mitre, John Stow dans ses Annales or a general chronicle of England[56], page 157 notamment au sujet d'un poisson découvert en 1187, en tous points similaire à un homme, fait prisonnier par Barlemew de Granville puis évadé et reparti en mer. Les similitudes du récit ouvrent la voie à une piste contemporaine de Rondelet dans sa publication mais se référant à une date de découverte bien antérieure.

Évolution du signifiant[modifier | modifier le code]

Les signifiants employés établissent le primat de l'animal, de l'évêque ou de l'homme :

  • Il est d'abord animal, ou monstre : poisson, monstre marin caractérisé par son habit ou par sa forme : poisson vêtu d'écailles en façon d'un évêque pour Belon, monstre marin en habit d’Évêque pour Rondelet, Pisce Episcopi habitu pour Aldrovandi ainsi que pour Gessner en 1558 mais pas en 1563, Paré avec son monstre marin ressemblant à un évêque en 1575 dans la version latine, un poisson dans la version anglaise, Henri de Sponde (lui-même évêque de terre) parle de poisson, de même pour les pères de Trévoux, phoque évêque pour Armand Landrin en 1870,
  • Il est d'abord évêque, caractérisé secondairement par son habitat marin. C'est le cas pour l'Evesque de mer de Sluperius et de Rousselot de Surgy, l'évêque marin de l'ouvrage anonyme de 1600 et de 1786, pour le musée des familles en 1838, pour Desprez, pour du Bartas, pour Gregor Strigenitz, pour Antoine en 1813, Nerval, Scarron, Jarry. Gessner selon l'édition, parle de Meerwunder et de Monstrum marinum, ou de MeerBisschoff,
  • Il est d'abord homme, caractérisé par son habitat marin et ses attributs d'évêque, selon la terminologie de Pline, pour le père Fournier en 1643, Caspar Schott en 1662, Prætorius en 1666 et Heine, Zahn en 1696. On observe une cohérence entre le signifiant et l'illustration : Schott le représente avec un sourire - le propre de l'homme ? - et Zahn avec un visage humain souriant.

Des interprétations souvent paradoxales[modifier | modifier le code]

L'évêque marin se passe d'explications comme de justifications. Pourtant, celles-ci ne manquent pas, au risque de prévenir l'inspiration littéraire ou artistique. Toutes sont paradoxales voire contradictoires.

Dénigrer ou justifier l'immanence de l'autorité institutionnelle de l'Eglise catholique romaine[modifier | modifier le code]

A l'occasion de son exposition sur la mer, la Bibliothèque nationale de France (voir liens externes) reproduit une gravure de poisson-évêque et cite les écrits de Guillaume Rondelet[1] qui aurait « vu un portrait d'un autre monstre marin à Rome où il avait été envoyé avec lettres par lesquelles on assurait pour certain que l'an 1531, on avait vu ce monstre en habit d'évêque en Pologne », avant de proposer une interprétation : « N'est-ce pas aussi, en ces temps de Réforme, un pied de nez au clergé catholique ? ». Cette interprétation se trouve renforcée par la lecture page 361 et 362 dans le même ouvrage de Guillaume Rondelet. Il y est en effet représenté un « Monstre marin en habit de moine » décrit en ces termes bien peu flatteurs : « En noſtre tems en Nortuege, on a pris un monſtre de mer (...) tous ceux qui le virent incontinent lui dŏnerent le nom de Moine car il auoit la face d'home, mais ruſtique é malgratieuſe, la teſte raſe é lize. »

En montrant que chez les poissons aussi il y a des évêques (et des moines), l'invention toutefois sert aussi bien la validation de l'institution ecclésiale, comme une volonté divine applicable à tous les êtres vivants semblablement : une immanence.

Monstre et évêque : l'imaginaire judéo-chrétien[modifier | modifier le code]

Pour Michel Pastoureau[57] aux XIIe et XIIIe siècles, « l’image que se font alors de la mer les clercs et leurs lecteurs, les prédicateurs et leurs ouailles, est encore très proche de celle que met en scène la Bible : une mer terrible, un monde de chaos et de mort, où agissent des puissances démoniaques qui se déchaînent contre les hommes et contre les moines. »

Désigné ici comme monstre marin, là comme évêque de mer, cet être singulier est ainsi à la fois en-dessous (poisson, monstre) et au-dessus (évêque) du vulgaire.

Oxymore alchimique et hermétique[modifier | modifier le code]

« Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas » : cette oxymore issue de la table d'émeraude, à laquelle renvoie le poème de Du Bartas, présente un monde fractal où se trouve en-bas - sous les eaux - des similitudes avec ce qui est en haut sur les terres émergées, en l'occurrence des évêques.

Observation et non-observation[modifier | modifier le code]

L'observation de monstres de mer est parfois attribuée à des observations déficientes d'animaux méconnus : le grenadier, le lamantin, le dugong ou encore le phoque-capucin du Groënland (Stemmatopus cristatus), le phoca cristata pour l'évêque marin, les siréniens (lamantin), anges de mer (squatiniformes) appelés monkfish (« poisson-moine ») en anglais. Or, ceux qui ont décrit et illustré l'évêque marin précisent qu'ils ne l'ont pas observé mais en ont vu le portrait ou lu le récit. Pour justifier de manière rationnelle que l'évêque-marin n'existe pas, cette explication a besoin d'inventer une observation qui n'a pas eu lieu afin de la qualifier de déficiente.

Extrapolation d'un nom vernaculaire[modifier | modifier le code]

En 1876-1877, Henri-Frédéric-Paul Gervais indique dans Les poissons, synonymie, description[58], p. 245, que la pastenague marine ou Trygon Thalassia, de nom scientifique : Bathytoshia centroura[59], signalée en mers adriatique et méditerranée et dont le corps est d'un beau violet foncé sur le dessus, plus pâle dessous, se nomme poisson-évêque sur les côtes d'Italie. La pastenague vue de dessus, présente une silhouette très proche de la créature de Desprez ou de Sluperij vue de dos.

Nota : en Cornouailles[60], d'après le docteur Gill-Carey, le weever-fish - qui ne ressemble en rien à la pastenague - porte aussi le nom vernaculaire de bishop fish. En Afrique du Sud, l'évêque bleu (bloubiskop) et l'évêque noir (swartbiskop) sont des noms vernaculaires de poissons[4].

Transposition chrétienne d'un dieu d'une religion ancienne[modifier | modifier le code]

Pour Russel et Russel[61], l'évêque de mer peut constituer une forme d'adaptation chrétienne d'un dieu d'une religion plus ancienne.

Jenny Haniver[modifier | modifier le code]

Dans un article de la revue américaine Folklore intitulé The origin of the sea bishop[62] (d'après Karl Shuker[63]), les auteurs suggèrent que l'évêque marin pourrait être une création humaine à partir de raies modifiées manuellement puis séchées : un Jenny Haniver.

Filiation des sources et des illustrations[modifier | modifier le code]

De ce qui précède, on peut reprendre en synthèse la filiation des sources déclarées, l'évolution du signifiant et les différentes représentations.

Filiation des sources[modifier | modifier le code]

La plupart des auteurs citent leurs sources, ce qui permet d'identifier deux origines commune et une origine inconnue.

  • Belon, Rondelet et Gessner, contemporains, sont les sources les plus citées en référence, pour la description comme pour l'uillustration, citées par Aldrovandi bien qu'il présente une variante d'illustration. Or, Rondelet précise sa source : une correspondance du physicien Gilberto ou Gisberto Germano,
  • Les chroniques de Flandres ou les grandes chroniques des Pays-Bas, citées par les trois auteurs cléricaux Henri de Sponde, Georges Fournier et les pères de Trévoux,
  • L'illustration très atypique de Sluperius et Desprez, reprise en couleurs par l'exposition de la BnF (voir liens externes) est d'origine non-identifiée et très différente des gravures de Rondelet ou des auteurs cléricaux.

Filiation des illustrations[modifier | modifier le code]

Les œuvres citées dans cet articles contiennent au total une quinzaine d'illustrations de l'évêque marin reprises ci-après en l'état et regroupées en fonction de leurs spécificités. L'illustration de Guillaume Rondelet, avec un auriculaire fléchi, constitue la principale source, même si elle s'avère altérée par ceux qui l'ont reprise et citée en référence, à l'exception de David Starr Jordan qui légende son illustration originale « After Rondelet ». L'illustration d'Aldrovandi, dont l'auriculaire est droit, constitue également une source reprise à plusieurs reprises. Trois ouvrages anonymes présentent des illustrations copiées sans grand soin, dont il est difficile de dire si elles empruntent à Rondelet ou à Aldrovandi. Les illustrations de Zahn et Desprez enfin sont très typiques, cette dernière étant reprise par Sluprij et par la BnF dans une version colorisée de source non-identifiée.

Illustrations à l'auriculaire fléchi[modifier | modifier le code]

Le premier ensemble ci-dessus, est initié par Guillaume Rondelet en 1554 et 1558, repris par Ambroise Paré en 1575 (version française), par Nerval vers 1850 qui reprend l'illustration de Gessner, et par Armand Landrin en 1870, probablement bien que retournées, à l'origine également des trois représentations de Gessner qui sont elles-même à l'origine de celle de Nerval vers 1850. Cet ensemble se caractérise par la commissure des lèvres qui oblique vers le bas et par un majeur et un annulaire accolés ou au moins proche et parallèles, ainsi qu'un auriculaire courbé sur la main contre l'abdomen (main droite pour Rondelet, main gauche pour Gessner).

Illustrations à l'auriculaire tendu[modifier | modifier le code]

Un second ensemble ci-contre, initié par Aldrovandi, repris par Paré dans sa version anglaise, Caspar Schott puis Jarry et Gourmont, présente une gravure dont les doigts de la main contre l'abdomen sont nettement disjoints et dont l'auriculaire est tendu, droit.

Illustrations anonymes de manuels éducatifs[modifier | modifier le code]

L'histoire universelle des poissons et autres monstres aquatiques de 1600 présente une gravure significativement plus grossière que les autres. De même pour pour l'Histoire des animaux à l'usage des jeunes gens (...) en 1786 et en 1799. Toutes trois affichent un auriculaire tendu.

Le singleton stylisé de Zahn[modifier | modifier le code]

Zahn présente en 1696, dans Specula physico-(...), un Vir marinus episcopi specie stylisé : à la différence des trois premiers ensembles, il n'a aucune écaille sur le visage, par ailleurs expressif, souriant et proche d'un visage humain.

Le vêtement de Desprez et Sluperius[modifier | modifier le code]

Desprez en 1567, Sluperius en 1569 et Adriaen Coenen[18] entre 1577 et 1580, présentent une même gravure très atypique en regard des 4 autres ensembles, reprise par la BnF en 2005 dans une version colorée pour son exposition La mer (voir liens externes).


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c (frm) Guillaume Rondelet, L'Histoire entière des poissons, composée premièrement en latin par maistre Guillaume Rondelet,... maintenant traduite en françois... [par Laurent Joubert.] Avec leurs pourtraits au naïf, Mace Bonhomme, Lion, (lire en ligne), p.362
  2. Conrad Gesner (1516-1565), Historia animalium, (lire en ligne)
  3. a et b (frm) Ambroise Paré, Les oeuvres de M. Ambroise Paré,... : avec les figures & portraicts tant de l'anatomie que des instruments de chirurgie, & de plusieurs monstres ([Reprod.]), (lire en ligne), p. 840
  4. a b et c (en) Marn‚ Pienaar et Willie Burger, Die tand van die tyd: Opstelle opgedra aan Jac Conradie, AFRICAN SUN MeDIA, (ISBN 9781920338138, lire en ligne)
  5. « Divisiekroniek van Cornelius Aurelius », sur resources.huygens.knaw.nl (consulté le 17 novembre 2019)
  6. (en) Marn Pienaar, Willie Burger et Johl, Ronél, Die tand van die tyd: Opstelle opgedra aan Jac Conradie - Of Sea-Bishops and other signs, AFRICAN SUN MeDIA, (ISBN 9781920338138, lire en ligne), p. 199
  7. (en) Hendrik D. Vervliet, Post-Incunabula en Hun Uitgevers in de Lage Landen/Post-Incunabula and Their Publishers in the Low Countries, Springer Science & Business Media, (ISBN 9789400988286, lire en ligne), p. 162
  8. (frm) Pierre Belon, La nature et diversité des poissons, avec leurs pourtraicts, représentez au plus près du naturel ([Reprod.]) / par Pierre Belon du Mans, (lire en ligne), p. 32
  9. Céard, Jean., La Nature et les prodiges : l'insolite au XVIe siècle, Droz, 1996, 1977 (ISBN 2600005021 et 9782600005029, OCLC 35735455, lire en ligne), p. 299
  10. (la) Guillaume (1507-1566) Auteur du texte Rondelet, Gulielmi Rondeletii,... Libri de piscibus marinis, in quibus verae piscium effigies expressae sunt ([Reprod.]), (lire en ligne)
  11. (la) François (1520-1592) Auteur du texte Boussuet, De natura aquatilium carmen : in alteram partem universae Gulieilmi Rondeletii,... historiae, quam de aquatilibus scripsit : cum veris & nativis eorum iconibus : opusculum nunquam hactemus typis excussum ([Reprod.]), (lire en ligne), p. 197
  12. (la) Konrad Gesner, Conradi Gesneri... Historiae animalium liber IIII qui est de piscium & aquatilium animantium natura..., apud Christoph. Froschouerum, (lire en ligne), p. 520
  13. (la) Conrad Gessner, Guillaume Rondelet et Pierre Belon, Conradi Gesneri medici Tigurini Historiae animalium liber IV : qui est De piscium & aquatilium animantium natura : cum iconibus singulorum ad viuum expressis ferè omnibus DCCXII., In Bibliopolio Andreae Cambieri,, (lire en ligne), p. 439
  14. (de) « Historia animalium · Kindred Kingdoms · Digital Exhibitions, University of Missouri Libraries », sur exhibits.lib.missouri.edu, (consulté le 4 novembre 2019)
  15. (la) Vlyssis Aldrovandi, Monstrorum historia cum Paralipomenis historiae omnium animalium, Bartholomaeus Ambrosinus... uolumen composuit., Marcus Antonius Bernia in lucem edidit proprijs sumptibus (lire en ligne), p.358
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Dans la culture moderne[modifier | modifier le code]

  • Le poisson-évêque fait partie des personnages d'Alfred Jarry (l'Ymagier, Faustroll) et donc du bestiaire du Collège de 'Pataphysique,
  • Dans la série [[The Legend of Zelda|Zelda]], les Zoras sont aussi des poissons humanoïdes ressemblant au poisson-évêque,
  • Le Poisson évêque (Bishop fish) est un des « monstres de poche », où il bénéficie de nouvelles représentations et d'une nouvelle légende,
  • L'évêque de mer (sea bishop) est fille de Poséidon au Japon,
  • L'artiste H.R. Giger a représenté le « Bishop fish » aux côtés du moine de mer, dans son tableau no VI de la série Mordor.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie connexe[modifier | modifier le code]

  • Georges Cuvier, Achille Valenciennes, Histoire naturelle des poissons, t. 1, 1828-1849 (lire en ligne)
  • Ippolito Salviani, Bernardus Aretinus, Antoine Lafréry, Nicolas Beatrizet, Aquatilium animalium historiae, liber primus : cum eorumdem formis, aere excusis, Romae : Apud eundem Hippolytum Saluianum, (lire en ligne)