Stryge

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La Stryge, l'une des plus célèbres chimères de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Les stryges, ou striges (du grec στρίγξ / strígx, « oiseau de nuit »), sont des démons femelles ailés, mi-femmes, mi-oiseaux, qui poussent des cris perçants. Elles apparaissent dès l'Antiquité dans la croyance romaine (les premiers textes portant sur le sujet ont en effet été écrits en latin et semblent se référer à une ancienne croyance populaire).

Les stryges s'en prennent essentiellement aux nouveau-nés, soit elles sucent leur sang, soit elles les enlèvent de leurs serres crochues. Elles sont pour cela souvent confondues avec les vampires. Après la publication du traité sur les vampires (1746) d'Augustin Calmet, qui introduit ces créatures dans l'univers francophone, la troisième édition du Dictionnaire de Trévoux, de 1752, renvoie ainsi au mot « stryge » pour expliquer, au lecteur français, le concept de vampire [1].

Les stryges sont également associées aux cimetières. Selon Pline l'Ancien, elles empoisonnaient les enfants avec leur lait. Le mot « strige » servit aussi d'injure dans le monde romain. La déesse Carna, qui veillait sur les gonds des portes des maisons, avait pour fonction d'écarter ces monstres grâce à des incantations magiques.

Les Saxons étaient convaincus que les stryges mangeaient ou suçaient le sang des vivants ; et que pour s'en préserver, il fallait à tout prix brûler celles qu'ils avaient surprises, et en manger la chair. Chez les Arabes, la stryge prend le nom de goule (ou ghole) et se repait de la chair corrompue des cadavres.

Le nom des stryges a été bien plus tard repris par les naturalistes pour désigner les Strigidae, famille de rapaces à laquelle appartiennent la plupart des chouettes et des hiboux. Il apparaît aussi dans le nom scientifique de certaines espèces de rapaces nocturnes.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Florent Montaclair, Le vampire dans la littérature romantique française, 1820-1868, Presses Univ. Franche-Comté, 2010, p.8-9.