Anguipède

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Jupiter à l'anguipède, provenant de Grand, Musée lorrain à Nancy.
Géant anguipède. Statuette romaine en bronze, fin IIe siècle.
Colonne gallo-romaine de Jupiter à l'anguipède, à Arlon (Belgique).

Un Anguipède est une créature légendaire de la mythologie gauloise dont le corps finit en queue de serpent.

Description[modifier | modifier le code]

Équivalent du démon Abrasax, ce personnage symbolise les formes du mal issues de la Terre. Le cavalier à l'anguipède représente un groupe sculptural de l'époque gallo-romaine, typique du panthéon gaulois, figurant un étrange guerrier divin (également assimilable au dieu Taranis), dressé sur son cheval cabré qui foule sous ses sabots un géant difforme dont les jambes, atrophiées, se finissent en queue de poisson ou de serpent[1].

Toutes les statues, plus ou moins mutilées, qui nous sont parvenues, représentent un étonnant couple divin, composé d'un Jupiter barbu, d'allure martiale, avec armes (?), bouclier, cuirasse et manteau de cavalier romain, piétinant, sous les sabots de sa monture, un étrange personnage, à grosse tête de poupon, le torse en avant, et les membres inférieurs s'achevant dans les replis sinueux d'un corps de serpent. Ces groupes, probablement peints, étaient placés au sommet de fortes colonnes, érigées, semble-t-il, au voisinage de thermes, de sources cultuelles ou de plans d'eau.

Lieux de découverte[modifier | modifier le code]

De telles statues ont été trouvées à Corseul (Côtes-d'Armor), Neschers (Puy-de-Dôme), Briec (Finistère), Landudal (Finistère), Riom (Puy-de-Dôme)[2], Saint-Méloir-des-Bois (Côtes-d'Armor), Steinbourg (Bas-Rhin), Plouaret (Côtes-d'Armor), Plomelin (Finistère) et Plobannalec (Finistère). Elles sont également très présentes dans l'est de la France (Grand, colonne de Merten), sur le site du Donon (cinq cavaliers à l'anguipède, trois autres sur colonnes). Un enclos pour un tel culte a été mis au jour à Bavilliers, prés de Belfort[3]. Deux autres colonnes se trouvent à chaque extrémité de la liaison terrestre entre la Saône et la Moselle : à Corre[4] et à Portieux[5].

Cette représentation figure aussi sur des aurei d'un atelier de Iantinon (Meaux), qui montrent un Jupiter foudroyant (cavalier à l'anguipède) et Hercule assis, en célébration de la victoire de Maximien Hercule sur les bagaudes en 286[6].

Musées-sanctuaires[modifier | modifier le code]

Généralement découvertes lors de fouilles archéologiques, ces étranges sculptures sont aujourd'hui recueillies dans des musées qui les protègent et les présentent comme de précieux témoignages d'art d'un patrimoine religieux antique disparu. Voir notamment :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre-François Fournier, « Le dieu cavalier à l'anguipède dans la cité des Arvernes », Revue archéologique du Centre, 1962, vol. 1, no 2, p. 105-127.
  • Bernard Sergent, « Saints sauroctones et fêtes celtiques, Rôles des traditions populaires dans la construction de l'Europe ». Saints et dragons, Cahiers internationaux du symbolisme, 1997.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Définition sur le glossaire du Musée du Louvre »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur louvre.fr.
  2. [Segard 2014] Maxence Segard, « Entre établissement rural et lieu de culte : une statue de cavalier à l'anguipède à Riom », dans Éclats arvernes : Fragments archéologiques (Ier – Ve siècle apr. J.-C.), Presses universitaires Blaise Pascal, , 338 p. (ISBN 978-2-84516-665-3), p. 218-219.
  3. [Martret 2013] Annaïg Martret (Le), « L’enclos d’une colonne de Jupiter à Bavilliers (Territoire de Belfort) ? », Revue archéologique de l’Est, t. 62,‎ , p. 187–210 (ISSN 1266-7706, lire en ligne, consulté le 30 juin 2017).
  4. « Colonne au dieu cavalier », sur corre.over-blog.com, (consulté le 15 juillet 2019).
  5. [Hanus] Jean-Marie Hanus, « Le gué de Portieux », La voie romaine Langres-Strasbourg sur le territoire de la commune de Portieux (88), sur verreriedeportieux.fr (consulté en /07/2019).
  6. [L'Huillier 2005] Marie-Claude L'Huillier, « Notes sur la disparition des sanctuaires païens », dans Marguerite Garrido-Hory et Antonio Gonzalès, Histoire, espaces et marges de l'antiquité : hommages à Monique Clavel-Lévêque, Besançon, Presses universitaires de Franche-Comté, , sur persee (ISBN 9782848671123, lire en ligne), p. 290.