Henri Beraldi

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Henri Beraldi
Beraldi par Gigoux.jpg

Portrait héliographique d'après un tableau de Jean Gigoux.

Naissance
Décès
Nationalité
Activité
historien de l'art +

Angelo Ferdinand Henri Beraldi[1], né le à Paris 8e, et mort dans cette ville le , est un sous-chef de bureau au ministère de la Marine et des Colonies, homme de lettres, fondateur et président de la Société des livres, collectionneur d'estampes, bibliophile, écrivain d'art et éditeur français, officier de la Légion d'honneur[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Ascension de l'Aneto par les Beraldi père et fils, photographie par Eugène Trutat vers 1900.

Angelo Ferdinand dit « Henri », est fils de Pierre-Louis Beraldi, employé au ministère de la Marine, élu de l'Aude (1876-1885) et président au conseil d'administration des Chemins de fer de l'État, et de Suzanne Mathilde Mazzoli (1823-1909), sœur de Ferdinand Mazzoli, qui fut le parrain d'Henri.

Henri se marie le 4 décembre 1880 à Paris 9e avec Cécile Félicie Jeanne « Mathilde » Gavet, née le 22 novembre 1857 à Paris 8° (elle y décède le 23 décembre 1940). Elle est la fille de Pierre « Auguste » Bienaimé Gavet (1824-1881), agent de change à la Bourse de Paris et d'Alexandrine Félicie « Louise » Bornot (1833-1886). Ils eurent cinq enfants, dont trois garçons et deux filles.

Henri Béraldi était membre et président de nombreuses associations culturelles. Pendant la Première Guerre mondiale, il est administrateur de l'hôpital de la Croix-Rouge installé dans le Lycée Louis-le-Grand à Paris.

Bibliophile[modifier | modifier le code]

Dès l'âge de 20 ans, il manifesta son goût pour les vignettes, les illustrations, les estampes et gravures. Il réussit, au fil du temps, à constituer une collection renommée. Parmi les trésors qu'il avait rassemblés, figuraient entre autres livres, l'édition des Contes de Jean de La Fontaine, contenant 57 dessins originaux de Fragonard, chef-d'œuvre conservé longtemps au Petit Palais. Il figurait dans les années 1920 parmi les quatre plus grands collectionneurs de livres aux côtés de Ferdinand von Rothschild, Louis Roederer et Robert Schuhmann (1869-1951)[3] : en 1934-1935, les livres passèrent en salle des ventes et furent dispersés durant quatre jours.

Écrivain et historien d'art[modifier | modifier le code]

C'est à l'âge de 25 ans qu'Henri Béraldi fit paraître son premier ouvrage, L'œuvre de Moreau le Jeune. D'autres publications suivirent, parmi lesquelles on peut citer notamment :

Dans cet ouvrage, Beraldi manifestait dans sa conclusion la crainte d'un « nombre croissant des graveurs, entrant à flots dans une carrière jugée facile par des débutants présomptueux. [...] Ainsi, la surproduction, ce mal de notre époque, menacerait de se produire aussi dans l'Estampe. [...] Pour nous, nous n'avons pas de raison de voir l'avenir en sombre, nous rappelant toutes les prophéties de malheur faites quand naquit la menaçante photogravure, qui devait anéantir la gravure, et qui, expérience faite, laisse aujourd'hui les graveurs plus nombreux que jamais »[4].

Il publia également de nombreux catalogues d'estampes, et des ouvrages consacrés à la bibliophilie, ainsi qu'à la reliure[5] dont Estampes et Livres de 1872 à 1892 (Paris, Conquet, 1892).

« La Reliure au XIXe siècle »[modifier | modifier le code]

En novembre 1898 paraissait le premier titre de sa collection « La Reliure du XIXe siècle », série proposée en 4 volumes publiés entre 1895 et 1897 chez également chez Conquet. Ce livre est considéré par les spécialistes comme « le meilleur et le mieux illustré » sur le sujet : il retrace également d'une manière savoureuse l'histoire de la bibliophilie et des bibliophiles au XIXe siècle. Imprimé à l'époque à 295 exemplaires sur vélin, ce livre fut longtemps introuvable. Un index des noms de relieurs, d'artisans et d'artistes a été ajouté à la fin de chaque volume dans la nouvelle édition.

Pyrénéiste[modifier | modifier le code]

En reconnaissance de ses travaux sur les Pyrénées, la ville de Luchon édifia un monument à sa mémoire. Venu souvent aux Pyrénées (il passa plusieurs étés à Luchon), il y fit de nombreuses ascensions. Il se vantait volontiers d'être monté plus de cent fois au Port de Vénasque.

Bibliophile passionné, il rechercha et collectionna les livres consacrés aux Pyrénées. Il publia plusieurs ouvrages sur cette « littérature pyrénéenne » :

  • Cent ans aux Pyrénées (1898-1904), une somme monumentale en sept volumes. Il y analyse et commente, parfois avec ironie, toujours avec passion, la littérature pyrénéenne du XIXe siècle, de Ramond de Carbonnières aux premiers écrivains du XXe siècle. Cet ouvrage est en même temps une histoire de l'exploration et de la « conquête » des sommets des Pyrénées. Dans le préambule du tome I, « excursion biblio-pyrénéenne », il propose, sur le modèle d'alpinisme, le terme « pyrénéisme ». Le projet initial était une édition illustrée avec les dessins de Charles Jouas, gravés par Henri Paillard, les deux artistes qui accompagnèrent Beraldi dans ses pérégrinations pyrénéennes. Les dessins étaient prêts et la plupart étaient gravés, mais l'ouvrage parut, pour des raisons inconnues, sans illustrations, à l'exception des huit vignettes portraits figurant sur les couvertures.
Vignettes des couvertures de Cent Ans aux Pyrénées, par Charles Jouas
  • Henri Beraldi. Le Passé du pyrénéisme. Notes d'un bibliophile. Tome I (1911) : Les Pyrénées avant Ramond. Tome II (1919) : Ramond de Carbonnières, le cardinal de Rohan, Cagliostro.
  • Henri Beraldi. Le Sommet des Pyrénées. Notes d'un bibliophile. Tome I (1923) : Les Cent et un pics. Tome II (1924) : Tuquerouye. Paris. Tome III (1925) : Du Mont-Perdu au Nethou.

Il s'intéressa aussi aux officiers géodésiens qui établirent les limites de la frontière franco-espagnole (Junker) ou la carte d'état-major (Peytier et Hossard, entre autres) :

  • Henri Beraldi. Balaïtous et Pelvoux. Tome I : Notes sur les officiers de la carte de France. Tome II : Un Officier géodésien aux Pyrénées en 1786-1795, les premières ascensions du grand Pelvoux par le capitaine Durand.

La Bibliothèque de Toulouse possède un « fonds Beraldi », offerts par les héritiers d'Henri Beraldi, comprenant une partie de ses collections, celle relative aux Pyrénées et à Luchon[6].

Éditeur[modifier | modifier le code]

Henri Beraldi édita de nombreux ouvrages sous sa marque, dont :

  • Paysages Parisiens. Heures et saisons, d’Émile Goudeau, dessins et gravures d’Auguste Lepère, 1892
  • Tableaux de Paris. Paris qui consomme., d’Émile Goudeau, illustrations de Pierre Vidal, 1893
  • Paris au hasard, de Georges Montorgueil, dessins et gravures d’Auguste Lepère, 1895
  • Tableaux de Paris. Paris qui consomme., d’Émile Goudeau, illustrations de Charles Jouas, 1897
  • Poèmes Parisiens, d’Émile Goudeau, illustrations de Charles Jouas, 1897
  • Paris-Staff. Exposition de 1900, d’Émile Goudeau, 1902

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roger de Portalis et Henri Beraldi, Les graveurs du dix-huitième siècle, Paris, D. Morgand et C. Fatout, 1880-1882, trois volumes in-8°, reproduit en fac-simile, Paris, L'Échelle de Jacob, 2001.
  • Henri Beraldi, Les graveurs du XIXe siècle : guide de l'amateur d'estampes modernes, 12 volumes (1885-1892).
  • Henri Beraldi, Cent ans aux Pyrénées, Paris, 1898-1904, sept volumes in-8°, rééditions par « Les Amis du livre pyrénéen », Pau, 1977, puis par la « Librairie des Pyrénées et de Gascogne », Pau, 2001.
  • Henri Beraldi, Balaïtous et Pelvoux, réédition par Rando Éditions (2004).

Sources et références[modifier | modifier le code]

  1. En ce qui concerne l'orthographe de son patronyme, dont l’usage est de l’écrire sans accent sur le « e », il est notifié de manière formelle dans l'acte reconstitué des archives de Paris, que celui-ci est orthographié « Béraldi », patronyme pareillement accentué chez son père Pierre-Louis Beraldi né à Fort-Royal en Martinique, et son grand-père Louis Raphaël Béraldi, né à Pesaro dans les États romains, qui, arrivé à Fort-Royal en 1802, venant d'Italie, vit son patronyme accentué de cette manière. Son oncle maternel et parrain, Ferdinand Mazzoli dit « Ange », lui donna ses prénoms, mais il endossa le prénom d'Henri pour ses publications et il est fort probable qu'à cette occasion l'accentuation de son patronyme ait disparu. En outre son parrain, Ferdinand Mazzoli, aquarelliste, archéologue collectionneur, artiste érudit, qui collabora en 1863 à L'Illustration du Midi, fut son mentor.
  2. Archives nationales de France, cote LH/183/51.
  3. (en)« Famous Schuhman library to be sold », dans The New York Times, 9 mai 1920.
  4. Beraldi (1892), op. cit., vol. 12, p. 313.
  5. Bibliothèque nationale de France, Catalogue.
  6. Bibliothèque de Toulouse

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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