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Tomahawk (missile de croisière)

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Tomahawk
Tomahawk (missile de croisière)
Un Tomahawk UGM-109C Block III en vol après avoir été lancé le 12 avril 2000 depuis un sous-marin nucléaire d'attaque de la Royal Navy.
Présentation
Type de missile Missile de croisière
Constructeur Drapeau des États-Unis General Dynamics
(à l'origine)
Drapeau des États-Unis Raytheon/McDonnell Douglas
(dans les années 1980/1990)
Drapeau des États-Unis RTX Corporation
(depuis 2012)
Coût à l'unité 936 000 $ US (en 2012)
Déploiement depuis (42 ans)
Caractéristiques
Moteurs accélérateur à carburant solide Atlantic Research MK 106 et turboréacteur Williams F107 puis F415
Masse au lancement 1 450 kg à 1 590 kg (avec booster)
Longueur 6,24 m (avec booster)
5,56 m (en vol)
Diamètre 53,1 cm
Envergure 2,61 m (ailes déployées)
Vitesse 617 km/h à 926 km/h
Portée de 482 km à 2 414 km suivant la charge embarquée
Altitude de croisière 30 m à 50 m au-dessus du niveau du sol
Charge utile 310 kg d'explosif à fragmentation ou 166 sous-munitions BLU-97/B ou tête nucléaire W80 de 150 kt
Guidage INS/TERCOM puis DSMAC et GPS en phase terminale
Détonation FMU-148 (Block III)
Plateforme de lancement Système de lancement vertical Mk 41 ou Mk 57 VLS ou tubes lance-torpilles de 533 mm

Le Tomahawk est un missile de croisière américain destiné à être lancé depuis un sous-marin, un navire de guerre ou d'un semi-remorque[1]. Entré en service dans l'US Navy en , il est capable d'embarquer une charge explosive conventionnelle ou thermonucléaire.

L'un des prototypes de Tomahawk assemblé par les employés de Convair.

La décision de fabriquer une version tactique du missile stratégique mer-mer SLCM fut prise en 1972. Deux prototypes pouvant être tirés par un tube lance-torpilles furent mis au point : le General Dynamics ZBGM-109, via la division Convair, et le LTV ZBGM-110. Après deux vols d'essais réussis en , contrairement à son concurrent[2], le BGM-109 Tomahawk fut retenu en , et les premiers modèles de présérie virent le jour en 1977, pour finalement entrer en service opérationnel en 1983.

Il était prévu que la version servant de vecteur nucléaire, le TLAM/N, soit construite à 758 unités, 350 finalement ont été produites et 260 étaient en stock lors du début de leur retrait en 2010. En 2009, il y avait une centaine d'ogives nucléaires actives W80 pour ces engins et moins d'une douzaine de sous-marins nucléaires d'attaque qualifiés pour leurs lancements[3].

Une autre version à capacité nucléaire a été développée pour un tir depuis le sol. Le BGM-109G Gryphon lancé d'un camion sera en service de 1983 a 1991. Il a été l'une des armes concernées par la crise des Euromissiles.

En 1991, environ 2 000 missiles sont en stock avant leur première utilisation au combat durant la guerre du Golfe ou entre 291 et 297 sont tirés. 400 sont alors construits annuellement par General Dynamics - 2 000 personnes chez Convair travaillant sur ce programme - et McDonnell Douglas qui se partagent la production depuis 1984[4].

En 2004 est entré en service le RGM-109E (nommé aussi Tactical Tomahawk, TacTom, TLAM-E, Tomahawk Block IV) qui, malgré une portée réduite, dispose de la capacité de reprogrammer le missile durant son vol pour attaquer une autre cible, peut survoler une zone cible pendant un certain temps, permet l'évaluation des dommages à travers une caméra de bord et dont les coûts de production sont moitié moindres que ceux des Block III. Fin 2010, 4 805 exemplaires avaient été commandés[5]. En 2013, un système de navigation pouvant être reprogrammé par une liaison satellite, couplé à un autodirecteur recherchant des sources électromagnétiques permettant d'engager des cibles mobiles, telles que navires ou systèmes de défense antiaérienne, est testé sur le Tomahawk IV.

En 2015, un test démontre la capacité du Tomahawk à détruire une cible mouvante au sol, en utilisant les informations fournies par un réseau de plates-formes[C'est-à-dire ?][6].

En 2015, l'arrêt de production du missile est envisagée pour l'année suivante, ce qui, selon le blog National Defense mettrait le programme en risque [7]. La société Raytheon annonce en effet que l'arrêt des commandes pourrait entraver sérieusement le fonctionnement des chaînes de production[7]. Mais le , un contrat pour la construction de 214 missiles et des pièces de rechange est signé[8] et la production et améliorations du missile sont assurées pour les années 2020.

En 2025, la version UGM-109E pouvant être lancée par tube lance-torpilles de sous-marin n'est plus en production, seule restant celle lancée par un système de lancement vertical[9].

En , RTX Corporation, nom donné depuis 2023 à l'entreprise issue de la fusion entre United Technologies et Raytheon, s'engage par contrat à produire plus de mille missiles annuellement d'ici sept ans[10].

Nomenclature

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La nomenclature du missile de croisière Tomahawk est basée sur sa plateforme de lancement ainsi que son rôle, utilisant un préfixe désignant le vecteur (BGM-, RGM-, UGM-, AGM-) et un suffixe décrivant sa mission (TLAM, TASM, etc.)[11].

Préfixes :

  • BGM : multiplateformes , sol-sol ou mer-sol (ancienne appellation).
  • RGM : mer-sol, lancé verticalement depuis le silo d'un navire ou d'un sous-marin naviguant en surface.
  • UGM : mer-sol, lancé depuis le tube lance-torpilles de 533 mm d'un sous-marin en plongée.
  • AGM : air-sol, lancé depuis un avion (jamais entré en service).

Suffixes :

  • TLAM-N : missile d'attaque au sol à tête nucléaire.
  • TASM : missile antinavire.
  • TLAM-C : missile d'attaque au sol à charge militaire conventionnelle.
  • TLAM-D : missile d'attaque au sol à sous-munitions.
  • TLAM-E : missile d'attaque terrestre amélioré (Tactical Tomahawk).
  • GLCM : missile sol-sol (BGM-109G Gryphon).
  • MRASM : missile air-sol de moyenne portée.

Caractéristiques

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Le Tomahawk est équipé d'un système de guidage inertiel et/ou d'un système GPS, ainsi que d'un autodirecteur à infrarouge pour une frappe assez précise (de l'ordre de quelques mètres). Il peut emporter plusieurs charges utiles, le BGM-109D Tomahawk emportant 166 sous-munitions de type BLU-97. Il vole à une vitesse subsonique de 880 km/h (environ Mach 0,7) et sa portée maximale est de 2 500 km. Avec une tête conventionnelle, sa portée est de 1 104 km.

Un système nommé TAINS (acronyme anglais : de Tercom Aided Inertial Navigation System) guide le missile tiré sur des cibles terrestres à une vitesse subsonique (800 km/h) et volant à une altitude variant entre 20 et 100 m (pour éviter la détection radar) jusqu'à 2 500 km de son point de tir pour les TLAM-N, 1 600 km pour les TLAM-C et E et 1 250 km pour les TLAM-D[12]. Un second système, nommé DSMAC (acronyme pour l'anglais : « Digital Scene-Mapping Area Correlator », se prononce « dee-smack »), stocke une représentation graphique de la cible telle que le missile doit la voir en phase finale, pour s'assurer que les deux correspondent.

Entre 100 et 200 exemplaires du Tomahawk sont produits dans les années 2000/2010 chaque année à l'usine Raytheon de Tucson, en Arizona, la fabrication de chaque missile nécessite deux ans. Quelque 300 sociétés, basées dans 24 États, participent également activement au fonctionnement de la chaîne de production. Son coût était de l'ordre de 550 000 dollars américains en 1999. Une commande de 361 TLAM Block IV est passée le pour un montant de 337,84 millions de dollars, soit un coût unitaire de 935 844,87 dollars par missile (761 613,95 euros, au cours du )[13]. Entre 2015 et 2024, l'US Navy commande 1 234 TLAM pour 2,8 milliards[14].

Ces missiles doivent obtenir une nouvelle certification après 15 ans de service, c'est-à-dire à mi-vie. Cette nouvelle certification permet de remédier à certaines obsolescences et de réaliser l'entretien des missiles voire de les améliorer. Les Tomahawks block IV certifiés en 2019 verront une amélioration du système de communication et des systèmes électroniques. Une ogive à charge creuse, nommée en anglais Joint Multi-Effects Warhead System (JMEWS)[15], testée la première fois en [16] est disponible. Le Tomahawk Bk IV modernisé sera aussi capable de frapper des cibles navales en mouvement[17]. Renommée Block Va pour la version antinavire et Vb pour celle armée de cette ogive JMEWS ; ces versions entreront en service en 2023 et doivent remplacer toutes les anciennes versions du Tomahawk qui seront converties à ces nouveaux standards[18].

Principe de fonctionnement du système de guidage TERCOM.

Le missile Tomahawk utilise le système de navigation inertielle assistée McDonnell Douglas AN/DPW-23 TERCOM (TERrain COuntour Matching ; correspondance des contours du terrain). Ce système de guidage par corrélation altimétrique possède en mémoire une série de données topographiques sous forme de quadrillage des zones devant être survolée par le missile durant son vol. Ces cartes sont comparées et corrélées, en temps réel, aux hauteurs par rapport au sol fournie par un radioaltimètre embarqué. Le TERCOM a une erreur circulaire probable de l'ordre de 80 m, ce qui est jugé suffisant à l'époque pour un missile qui embarque une tête nucléaire.

Le système de guidage radar de la variante anti-navire du missile Tomahawk.

Les variantes anti-navires BGM/RGM/UGM-109B TASM du missile Tomahawk utilisent un système de guidage radar actif et passif développé par McDonnell Douglas sur base de celui employé par le missile Harpoon mais adapté à la plus grande portée du Tomahawk. Le TERCOM étant inefficace au-dessus de l'eau.

Afin d'améliorer sa précision en réduisant son erreur circulaire probable à 10 m, les versions RGM-109C et UGM-109C TLAM-C dites Block II utilisent durant la phase terminale du vol le système AN/DXQ-1-DSMAC (Digital Scene Matching Area Correlation ; correspondance entre images numériques et corrélation de zones). Le DSMAC fonctionne par corrélation sur images optiques, un tube photomultiplicateur situé sous le nez du missile prend des photos du sol situé aux alentours de la cible qu'il compare, en temps réel, avec une série de photos satellites contrastées du même endroit, sauvegardées dans sa mémoire. Un stroboscope embarqué autorise la prise de photos même si le missile est employé de nuit.

À l'origine, le missile Tomahawk au standard Block II avait un seul mode d'attaque qui se résumait à frapper la cible de flanc après une descente rectiligne en légère piquée. Les RGM-109C et UGM-109C TLAM-C portés au standard Block IIA reçurent une mise à jour logicielle intégrant deux nouveaux modes d'attaque : faire une chandelle avant de descendre en piquée sur la cible ou alors de faire exploser le missile au moment où ce dernier survole la cible à quelques mètres de hauteur[19].

Les Tomahawk portés au standard Block III possède un système de positionnement par satellites effectué par le biais d'une antenne GPS embarquée. Le missile possède également une version améliorée du DSMAC appelée DSMAC 2A qui possède une plus grande gamme d'images.

Charge militaire

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Un Tomahawk UGM-109C détonne au-dessus d'un vieux RA-5C Vigilante stationné sur le polygone d'essais de l'île San Clemente, en avril 1986.

La version mer-sol à tête nucléaire du Tomahawk, la BGM-109A et RGM-109A TLAM-N, employait un tête nucléaire W80 d'une masse de 130 kg pour puissance de 150 kt. La variante conventionnelle (BGM-109C et RGM-109C TLAM-C) réutilisait la charge explosive à fragmentation WDU-25/B de 450 kg de l'ancien missile air-sol AGM-12 Bullpup B.

À partir de 1993, les Tomahawk mer-sol BGM-109C (dit TLAM-C Block II) ont vu leur charge WDU-25/B remplacée par la WDU-36/B plus légère (310 kg) grâce à son enveloppe en titane, plus compacte, elle permet l'installation de deux réservoirs de carburant de capacités respectives de 90 kg et 102 kg à l'avant du missile[20]. La WDU-36/B contient 120 kg d'explosif PBXN-107 et est considérée comme une munition à risque atténué.

La version mer-sol BGM-109D et RGM-109D embarquent cent soixante-six sous-munitions BLU-97/B agencées en vingt-quatre paquets, permettant d'attaquer plusieurs cibles avec un seul missile Tomahawk. La sous-munition BLU-97/B se présente sous la forme d'un cylindre de couleur jaune d'une vingtaine de centimètres de longueur pour une masse de 1,54 kg. Cette sous-munition a l'avantage de posséder des capacités anti-personnel et anti-blindé.

Les missiles Tomahawk mer-sol GM-109M/UGM-109M portés au standard Block Vb possède une nouvelle charge militaire semi-perforante appelée Joint Multiple Effects Warhead System (JMEWS).

Le missile Tomahawk a été accusé de contenir de l'uranium appauvri. En effet, la revue spécialisée Jane's Defence Weekly a un jour indiqué que le missile contenait ce métal, avant de retirer l'information[21].

Des employés de Convair inspectant un petit turboréacteur Williams F107 employé par le missile Tomahawk.

La poussée initiale nécessaire au lancement du missile est fournie par un propulseur d'appoint Atlantic Research MK 106 à carburant solide qui fournit une poussée de 26,6 kN durant une durée de 12 secondes avant d'être largué, une fois la phase de lancement accomplie. Les missiles portés au standard Block IV possèdent une version améliorée du propulseur d'appoint appelée MK 135[22].

Durant sa phase de vol, le missile Tomahawk est propulsé par un petit turboréacteur Williams F107-WR-400[23], il développe une poussée de 2,7 kN et est également employé par le missile de croisière AGM-86 ALCM. Le Tomahawk embarque 363 kg à 465 kg de kérosène JP-9 (puis JP-10) suivant la version[24].

Les Tomahawk au standard Block III possède une version plus efficiente du F107 appelée F107-WR-402 développant une poussée de 3,1 Kn qui peut être ajustée en vol.

Les Tomahawk du Block IV entrée en service en 2004 possède un turboréacteur à double flux Williams International F415-WR-402 plus économe en carburant que le F107 tout en ayant une signature infrarouge réduite. Son premier vol d'essai à bord d'un Tomahawk à lieu le [25].

Modèle RGM-109A

UGM-109A

RGM-109B

UGM-109B

RGM-109C

UGM-109C

RGM-109D

UGM-109D

RGM-109E BGM-109G

Gryphon

Appellation TLAM-N TASM TLAM-C TLAM-D TLAM-E GLCM
Surnom - - - - - - Tactical Tomahawk Gryphon
Lot de production Block I Block I Block II Block III Block II Block III Block IV Block V Block I
Type de missile mer-sol mer-mer mer-sol mer-sol mer-sol sol-sol
Capacité opérationnelle initiale 1984 1983 1983 1994 1983 1994 2004 2021[26] 1984
Retrait du service 1991[27] 1994 - - - - - - 1991
Coût unitaire 1,4 M$ 1,4 M$ 1,87 M$ (2017) 1,3 M$
Longueur (avec booster) 6,25 m 6.4 m
Longueur (sans le booster) 5,56 m
Envergure 2,62 m
Diamètre 53,1 cm 51.8 cm
Masse au lancement (avec booster) n.c n.c 1590 kg n.c n.c n.c 1510 kg n.c 1470 kg
Masse en vol (sans booster) n.c n.c 1310 kg n.c n.c n.c n.c n.c 1207 kg
Charge militaire W80-0[28] WDU-25/B WDU-36/B BLU-97/B WDU-36/B JMEWS W84
Type tête nucléaire explosive à fragmentation à sous-munitions explosive à fragmentation semi-perforante tête nucléaire
Masse charge militaire 130 kg 450 kg 310 kg > 256 kg 310 kg 176 kg
Capacité carburant 362,8 kg 465,3 kg 362,8 kg 362,8 kg 453,5 kg n.c
Portée maximale 2414 km 460 à 482 km 1296 km (RGM)

925 km (UGM)

1609 km 1296 km (RGM)

925 km (UGM)

1126 km 1600 km 2414 km
Propulseur d'appoint MK 106 MK 135 MK 106
Moteur F107-WR-400 F107-WR-402 F107-WR-400 F107-WR-402 F415-WR-402 F107-WR-400
Vitesse de croisière
Guidage inertiel + TERCOM radar actif inertiel + TERCOM inertiel + TERCOM + GPS inertiel + TERCOM inertiel + TERCOM + GPS inertiel + TERCOM + GPS + liaison de données inertiel + TERCOM
Guidage terminal DSMAC DSMAC DSMAC 2A DSMAC DSMAC 2A DSMAC 2A DSMAC

En 1996, l'US Navy avait 142 navires totalisant 6 266 silos à missiles pouvant emporter un Tomahawk, soit 72 sous-marins (696 lanceurs) et 70 navires de surface (5 570 lanceurs). Il y avait alors plus de 4 000 missiles de croisière Tomahawk dans l'inventaire[29]. Fin , le stock est d'environ 3 200[30].

Déploiement à partir de sous-marins

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Avec la chute du bloc soviétique et la détente qui a suivi sur le plan des armements nucléaires stratégiques, quatre sous-marins de la classe Ohio ont été convertis en sous-marins lanceurs de missiles de croisière (SSGN selon la terminologie OTAN) et sont entrés en service en 2007. Les tubes de lancement contiennent chacun une dizaine de missiles Tomahawk (154 missiles au total), ce qui donne à chacun de ces sous-marins une puissance de feu imposante contre des objectifs terrestres.

Depuis 1984, sur les sous-marins de la classe Los Angeles (sous-marin nucléaire d'attaque de l'US Navy), construits entre 1976 et 1995, disposent de 12 tubes à lancement vertical (VLS, Vertical Launch System) pour les missiles Tomahawk, montés entre le sonar avant et le kiosque. La classe Virginia dispose d'un armement similaire.

La classe Seawolf s'impose comme le SNA le plus efficace qui soit. Les anglo-saxons l'ont qualifié de « Hunter Killer » (« chasseur tueur »). Fort de ses 8 tubes lance-torpilles de 660 mm de diamètre, le SSN 21 Seawolf est le seul sous-marin au monde pouvant transporter 50 engins, tels que les torpilles Mk-48 ADCAP, des missiles AGM-84 Harpoon antinavires ou les dernières versions du Tomahawk, capables d'être tirés tant sur des navires que sur des cibles à terre.

La Royal Navy a acquis et testé ses premiers Tomahawk en 1998. Le HMS Triumph de la classe Trafalgar, emporte quatre UGM-109E Tomahawk tirés par tubes lance-torpilles. En 2010, tous les SNA britanniques peuvent emporter cette arme.

Déploiement depuis un navire de surface

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Les navires de la classe Iowa sont une série de cuirassés construits pour l'US Navy durant la Seconde Guerre mondiale comportant quatre unités. Après sa dernière modernisation, en 1982, l'USS Missouri, le premier navire de surface doté de ce nouveau système d'armes, pouvait emporter 32 missiles de croisière BGM-109 installés dans huit conteneurs (ABL) emportant chacun quatre missiles. Les autres bâtiments en étant équipés sont sept destroyers de la classe Spruance à partir de 1984, les quatre croiseurs de la classe Virginia et le USS Long Beach (CGN-9) avec deux conteneurs par bâtiment, le Long Beach étant le premier navire à tirer lors d'un déploiement régulier un TLAM-C le lors d'un exercice[31]. Le dernier navire embarquant des ABL a été retiré du service en 1998.

Avec leurs systèmes de lancement verticaux, les croiseurs de classe Ticonderoga peuvent emporter un maximum de 122 missiles, les destroyers de classe Arleigh Burke 90 et ceux de la classe Spruance 61.

Sur un destroyer britannique type 45, l'artillerie navale pourrait notamment se composer de huit missiles de croisière Tomahawk antinavires, qui pourraient être installés si le financement est suffisant, ce qui dans le contexte budgétaire des années 2010 n'est pas à l'ordre du jour.

Déploiement depuis une batterie terrestre

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Les Gryphon à capacité nucléaire sont brièvement en service des années 1980 à 1991. Ils sont transportés par une version du camion MAN KAT1, le M1014 8x8, avec un tracteur-érecteur-lanceur mesure 17 mètres de long et 2,4 mètres de large, pour un poids de 36 tonnes emportant quatre missiles[32].

Le Mark 70 PDS (Payload Delivery System), comporte quatre cellules VLS MK.41 logées dans un conteneur de 12 mètres (40 ft). Le MK 70 PDS est produit par Lockheed Martin et a été dévoilé pour la première fois en après le lancement d'un missile antiaérien SM-6 par l'USV Ranger en utilisant ce système.

Bien que le système ait été principalement testé avec les SM-6, il est compatible avec tous les missiles actuellement intégrés dans le MK.41 VLS, y compris le missile de croisière Tomahawk.

L'armée de terre des États-Unis l'emploie, avec quelques modifications spécifiques, pour des batteries « Mid-Range Capability » [MRC] nommées également Typhon dont les prototypes sont réceptionnés début . Chaque batterie ayant quatre lanceurs pris en remorque par des camions tactiques lourds[1].

Utilisateurs

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  • Drapeau des États-Unis États-Unis : des années 1980 à 1997, plus de 4 200 Tomahawks avaient été commandés[33]. Le nombre approximatif de missiles restant disponibles à l'inventaire au début des années 1990 était de 2 500 missiles[29]. Ce nombre retombera à environ 2 000, en raison des 330 missiles utilisés en 1998 lors de l'opération Desert Fox et des 160 autres utilisés en au Kosovo[29]. En , le 4 000 e Tomahawk Block IV destiné à l'US Navy est livré[34].
  • Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni : en 1995, le Royaume-Uni et les États-Unis s'accordent pour la vente de 65 Tomahawk destinés aux sous-marins nucléaires d'attaque de la Royal Navy. Les premiers sont livrés en . Le , le département de la Défense américain annonça une possible vente de 30 exemplaires du Block IIIC (TLAM), dotés de charges militaires conventionnelles[29]. Ils seraient accompagnés de leur conteneurs, d'une assistance technique, de pièces détachées et d'autres éléments relatifs au soutien logistique. Ce contrat était d'un coût estimé à 100 millions de dollars[29]. Ces 30 missiles s'ajouteraient à la première commande de 65, initiée pour remplacer ceux tirés lors de la campagne Allied Force par le sous-marin HMS Splendid. Ces missiles supplémentaires étaient nécessaires pour augmenter le volume de l'inventaire, ainsi que pour étendre la capacité d'emploi des unités sous-marines. Le Royaume-Uni possédant déjà de nombreux Tomahawks en inventaire, l'absorption de ces quelques exemplaires supplémentaires ne posa pas de grandes difficultés[29].
  • Drapeau de l'Australie Australie : la marine royale australienne est le troisième opérateur de ce missile. L'acquisition de 200 missiles est annoncée durant l'été 2023, et le premier tir d'essai a lieu le depuis le destroyer HMAS Brisbane de la classe Hobart[35].
  • Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas : en , le ministère néerlandais de la Défense annonça la commande de missiles de croisière Tomahawk block IV afin de doter d’une capacité de frappe mer-sol les quatre frégates de défense aérienne et de commandement de type De Zeven Provinciën ainsi que deux des quatre sous-marins de la classe Walrus mis en œuvre par la Marine royale néerlandaise. Le premier tir d'essai à lieu le depuis le HNLMS De Ruyter au large de la base navale de Norfolk[36].

Carrière opérationnelle

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Débris d'un missile lancé durant la guerre du Kosovo, exposé dans un musée à Belgrade.

En 2009, plus de 1 700 Tomahawks avaient été tirés dans des opérations de combat, avec un taux de réussite de 85 à 90 %. En , on dénombrait un total de plus de 2 300 missiles tirés[34].

Copies étrangères

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Copie sud-coréenne

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Le Hyunmoo-3C est un missile de croisière de fabrication sud-coréenne dévoilé à la fin des années 2000.

Copies chinoises

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Deux des épaves parmi les 75 missiles tirés le contre Oussama ben Laden auraient été vendues par ce dernier à la Chine[50]. Une partie de leur technologie aurait permis de mettre au point les missiles CJ-10 et DH-10. Ces affirmations restent toutefois à vérifier.

Copie pakistanaise

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Le Hatf 7 est un missile de croisière de fabrication pakistanaise, dévoilé lors de son tir d'essai en 2005. En juillet et , deux missiles de croisière américains Tomahawk, tombés en territoire pakistanais lors de la frappe américaine en Afghanistan, sont retrouvés quasiment intacts dans le sud de ce pays et ont probablement subi une rétro-ingénierie fournissant ainsi des informations.

Notes et références

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  1. a et b (en) Zach Abdi, « US Navy and Army’s MK 70 Payload Delivery Systems Stretch Their Wings », sur Naval News,
  2. (en) « LTV BGM-110 », sur www.designation-systems.net,
  3. (en) Hans M. Kristensen (en), « Japan, TLAM/N, and Extended Deterrence », sur Federation of American Scientists,
  4. (en) Chris Kraul, « Convair Gets Big Order to Replace Tomahawk Missiles Used in War », Los Angeles Times,‎ .
  5. (en) « Tactical Tomahawk », sur deagel.com, Deagel (version du sur Internet Archive).
  6. « Un missile Tomahawk utilise des informations fournies en temps réel en vol pour abattre une cible mouvante », (consulté le ).
  7. a et b (en) Sandra I. Erwin, « Facing end of Tomahawk production, Raytheon plays industrial base card » [archive du ], National Defense magazine, (consulté le ).
  8. « Contracts for December 28, 2016 », sur U.S. DEPARTMENT OF DEFENSE (consulté le ).
  9. https://www.opex360.com/2025/05/24/les-pays-bas-renoncent-a-doter-leurs-futurs-sous-marins-de-conception-francaise-avec-des-missiles-de-croisiere-tomahawk/
  10. https://www.opex360.com/2026/02/09/raytheon-va-accroitre-significativement-la-production-de-missiles-tomahawk-amraam-et-sm-6/
  11. (en) Kenneth P. Werrell, The Evolution of the Cruise Missile, Air University Press, (ISBN 979-8263237721), p. 139-161
  12. (en) « Tomahawk », Naval Air Systems Command (consulté le ).
  13. (en) « Tomahawk's chops : xGM-109 Block IV cruise missiles », Defense Industry Daily, (consulté le ).
  14. (en) Mackenzie Eaglen, « Why is the U.S. Navy Running Out of Tomahawk Cruise Missiles? », sur https://nationalinterest.org/,
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  16. (en) « U.S. Navy Completes First Test of New Warhead for Tomahawk Block IV Missile », sur Raytheon, (consulté le ).
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  18. (en) John Grady, « < Entire Navy Tomahawk Missile Arsenal Will Upgrade To Block V », sur news.usni.org, (consulté le ).
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  20. (en) Carlo Kopp, « Tomahawk Cruise Missile Variants », sur ausairpower.net, (consulté le )
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Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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