Tomahawk (missile de croisière)
| Tomahawk | |
Un Tomahawk UGM-109C Block III en vol après avoir été lancé le 12 avril 2000 depuis un sous-marin nucléaire d'attaque de la Royal Navy. | |
| Présentation | |
|---|---|
| Type de missile | Missile de croisière |
| Constructeur | (à l'origine) (dans les années 1980/1990) (depuis 2012) |
| Coût à l'unité | 936 000 $ US (en 2012) |
| Déploiement | depuis |
| Caractéristiques | |
| Moteurs | accélérateur à carburant solide Atlantic Research MK 106 et turboréacteur Williams F107 puis F415 |
| Masse au lancement | 1 450 kg à 1 590 kg (avec booster) |
| Longueur | 6,24 m (avec booster) 5,56 m (en vol) |
| Diamètre | 53,1 cm |
| Envergure | 2,61 m (ailes déployées) |
| Vitesse | 617 km/h à 926 km/h |
| Portée | de 482 km à 2 414 km suivant la charge embarquée |
| Altitude de croisière | 30 m à 50 m au-dessus du niveau du sol |
| Charge utile | 310 kg d'explosif à fragmentation ou 166 sous-munitions BLU-97/B ou tête nucléaire W80 de 150 kt |
| Guidage | INS/TERCOM puis DSMAC et GPS en phase terminale |
| Détonation | FMU-148 (Block III) |
| Plateforme de lancement | Système de lancement vertical Mk 41 ou Mk 57 VLS ou tubes lance-torpilles de 533 mm |
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Le Tomahawk est un missile de croisière américain destiné à être lancé depuis un sous-marin, un navire de guerre ou d'un semi-remorque[1]. Entré en service dans l'US Navy en , il est capable d'embarquer une charge explosive conventionnelle ou thermonucléaire.
Historique
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La décision de fabriquer une version tactique du missile stratégique mer-mer SLCM fut prise en 1972. Deux prototypes pouvant être tirés par un tube lance-torpilles furent mis au point : le General Dynamics ZBGM-109, via la division Convair, et le LTV ZBGM-110. Après deux vols d'essais réussis en , contrairement à son concurrent[2], le BGM-109 Tomahawk fut retenu en , et les premiers modèles de présérie virent le jour en 1977, pour finalement entrer en service opérationnel en 1983.
Il était prévu que la version servant de vecteur nucléaire, le TLAM/N, soit construite à 758 unités, 350 finalement ont été produites et 260 étaient en stock lors du début de leur retrait en 2010. En 2009, il y avait une centaine d'ogives nucléaires actives W80 pour ces engins et moins d'une douzaine de sous-marins nucléaires d'attaque qualifiés pour leurs lancements[3].
Une autre version à capacité nucléaire a été développée pour un tir depuis le sol. Le BGM-109G Gryphon lancé d'un camion sera en service de 1983 a 1991. Il a été l'une des armes concernées par la crise des Euromissiles.
En 1991, environ 2 000 missiles sont en stock avant leur première utilisation au combat durant la guerre du Golfe ou entre 291 et 297 sont tirés. 400 sont alors construits annuellement par General Dynamics - 2 000 personnes chez Convair travaillant sur ce programme - et McDonnell Douglas qui se partagent la production depuis 1984[4].
En 2004 est entré en service le RGM-109E (nommé aussi Tactical Tomahawk, TacTom, TLAM-E, Tomahawk Block IV) qui, malgré une portée réduite, dispose de la capacité de reprogrammer le missile durant son vol pour attaquer une autre cible, peut survoler une zone cible pendant un certain temps, permet l'évaluation des dommages à travers une caméra de bord et dont les coûts de production sont moitié moindres que ceux des Block III. Fin 2010, 4 805 exemplaires avaient été commandés[5]. En 2013, un système de navigation pouvant être reprogrammé par une liaison satellite, couplé à un autodirecteur recherchant des sources électromagnétiques permettant d'engager des cibles mobiles, telles que navires ou systèmes de défense antiaérienne, est testé sur le Tomahawk IV.
En 2015, un test démontre la capacité du Tomahawk à détruire une cible mouvante au sol, en utilisant les informations fournies par un réseau de plates-formes[C'est-à-dire ?][6].
En 2015, l'arrêt de production du missile est envisagée pour l'année suivante, ce qui, selon le blog National Defense mettrait le programme en risque [7]. La société Raytheon annonce en effet que l'arrêt des commandes pourrait entraver sérieusement le fonctionnement des chaînes de production[7]. Mais le , un contrat pour la construction de 214 missiles et des pièces de rechange est signé[8] et la production et améliorations du missile sont assurées pour les années 2020.
En 2025, la version UGM-109E pouvant être lancée par tube lance-torpilles de sous-marin n'est plus en production, seule restant celle lancée par un système de lancement vertical[9].
En , RTX Corporation, nom donné depuis 2023 à l'entreprise issue de la fusion entre United Technologies et Raytheon, s'engage par contrat à produire plus de mille missiles annuellement d'ici sept ans[10].
Nomenclature
[modifier | modifier le code]La nomenclature du missile de croisière Tomahawk est basée sur sa plateforme de lancement ainsi que son rôle, utilisant un préfixe désignant le vecteur (BGM-, RGM-, UGM-, AGM-) et un suffixe décrivant sa mission (TLAM, TASM, etc.)[11].
Préfixes :
- BGM : multiplateformes , sol-sol ou mer-sol (ancienne appellation).
- RGM : mer-sol, lancé verticalement depuis le silo d'un navire ou d'un sous-marin naviguant en surface.
- UGM : mer-sol, lancé depuis le tube lance-torpilles de 533 mm d'un sous-marin en plongée.
- AGM : air-sol, lancé depuis un avion (jamais entré en service).
Suffixes :
- TLAM-N : missile d'attaque au sol à tête nucléaire.
- TASM : missile antinavire.
- TLAM-C : missile d'attaque au sol à charge militaire conventionnelle.
- TLAM-D : missile d'attaque au sol à sous-munitions.
- TLAM-E : missile d'attaque terrestre amélioré (Tactical Tomahawk).
- GLCM : missile sol-sol (BGM-109G Gryphon).
- MRASM : missile air-sol de moyenne portée.
Caractéristiques
[modifier | modifier le code]Le Tomahawk est équipé d'un système de guidage inertiel et/ou d'un système GPS, ainsi que d'un autodirecteur à infrarouge pour une frappe assez précise (de l'ordre de quelques mètres). Il peut emporter plusieurs charges utiles, le BGM-109D Tomahawk emportant 166 sous-munitions de type BLU-97. Il vole à une vitesse subsonique de 880 km/h (environ Mach 0,7) et sa portée maximale est de 2 500 km. Avec une tête conventionnelle, sa portée est de 1 104 km.
Un système nommé TAINS (acronyme anglais : de Tercom Aided Inertial Navigation System) guide le missile tiré sur des cibles terrestres à une vitesse subsonique (800 km/h) et volant à une altitude variant entre 20 et 100 m (pour éviter la détection radar) jusqu'à 2 500 km de son point de tir pour les TLAM-N, 1 600 km pour les TLAM-C et E et 1 250 km pour les TLAM-D[12]. Un second système, nommé DSMAC (acronyme pour l'anglais : « Digital Scene-Mapping Area Correlator », se prononce « dee-smack »), stocke une représentation graphique de la cible telle que le missile doit la voir en phase finale, pour s'assurer que les deux correspondent.
Entre 100 et 200 exemplaires du Tomahawk sont produits dans les années 2000/2010 chaque année à l'usine Raytheon de Tucson, en Arizona, la fabrication de chaque missile nécessite deux ans. Quelque 300 sociétés, basées dans 24 États, participent également activement au fonctionnement de la chaîne de production. Son coût était de l'ordre de 550 000 dollars américains en 1999. Une commande de 361 TLAM Block IV est passée le pour un montant de 337,84 millions de dollars, soit un coût unitaire de 935 844,87 dollars par missile (761 613,95 euros, au cours du )[13]. Entre 2015 et 2024, l'US Navy commande 1 234 TLAM pour 2,8 milliards[14].
Ces missiles doivent obtenir une nouvelle certification après 15 ans de service, c'est-à-dire à mi-vie. Cette nouvelle certification permet de remédier à certaines obsolescences et de réaliser l'entretien des missiles voire de les améliorer. Les Tomahawks block IV certifiés en 2019 verront une amélioration du système de communication et des systèmes électroniques. Une ogive à charge creuse, nommée en anglais Joint Multi-Effects Warhead System (JMEWS)[15], testée la première fois en [16] est disponible. Le Tomahawk Bk IV modernisé sera aussi capable de frapper des cibles navales en mouvement[17]. Renommée Block Va pour la version antinavire et Vb pour celle armée de cette ogive JMEWS ; ces versions entreront en service en 2023 et doivent remplacer toutes les anciennes versions du Tomahawk qui seront converties à ces nouveaux standards[18].
Guidage
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Le missile Tomahawk utilise le système de navigation inertielle assistée McDonnell Douglas AN/DPW-23 TERCOM (TERrain COuntour Matching ; correspondance des contours du terrain). Ce système de guidage par corrélation altimétrique possède en mémoire une série de données topographiques sous forme de quadrillage des zones devant être survolée par le missile durant son vol. Ces cartes sont comparées et corrélées, en temps réel, aux hauteurs par rapport au sol fournie par un radioaltimètre embarqué. Le TERCOM a une erreur circulaire probable de l'ordre de 80 m, ce qui est jugé suffisant à l'époque pour un missile qui embarque une tête nucléaire.

Les variantes anti-navires BGM/RGM/UGM-109B TASM du missile Tomahawk utilisent un système de guidage radar actif et passif développé par McDonnell Douglas sur base de celui employé par le missile Harpoon mais adapté à la plus grande portée du Tomahawk. Le TERCOM étant inefficace au-dessus de l'eau.
Afin d'améliorer sa précision en réduisant son erreur circulaire probable à 10 m, les versions RGM-109C et UGM-109C TLAM-C dites Block II utilisent durant la phase terminale du vol le système AN/DXQ-1-DSMAC (Digital Scene Matching Area Correlation ; correspondance entre images numériques et corrélation de zones). Le DSMAC fonctionne par corrélation sur images optiques, un tube photomultiplicateur situé sous le nez du missile prend des photos du sol situé aux alentours de la cible qu'il compare, en temps réel, avec une série de photos satellites contrastées du même endroit, sauvegardées dans sa mémoire. Un stroboscope embarqué autorise la prise de photos même si le missile est employé de nuit.
À l'origine, le missile Tomahawk au standard Block II avait un seul mode d'attaque qui se résumait à frapper la cible de flanc après une descente rectiligne en légère piquée. Les RGM-109C et UGM-109C TLAM-C portés au standard Block IIA reçurent une mise à jour logicielle intégrant deux nouveaux modes d'attaque : faire une chandelle avant de descendre en piquée sur la cible ou alors de faire exploser le missile au moment où ce dernier survole la cible à quelques mètres de hauteur[19].
Les Tomahawk portés au standard Block III possède un système de positionnement par satellites effectué par le biais d'une antenne GPS embarquée. Le missile possède également une version améliorée du DSMAC appelée DSMAC 2A qui possède une plus grande gamme d'images.
Charge militaire
[modifier | modifier le code]La version mer-sol à tête nucléaire du Tomahawk, la BGM-109A et RGM-109A TLAM-N, employait un tête nucléaire W80 d'une masse de 130 kg pour puissance de 150 kt. La variante conventionnelle (BGM-109C et RGM-109C TLAM-C) réutilisait la charge explosive à fragmentation WDU-25/B de 450 kg de l'ancien missile air-sol AGM-12 Bullpup B.
À partir de 1993, les Tomahawk mer-sol BGM-109C (dit TLAM-C Block II) ont vu leur charge WDU-25/B remplacée par la WDU-36/B plus légère (310 kg) grâce à son enveloppe en titane, plus compacte, elle permet l'installation de deux réservoirs de carburant de capacités respectives de 90 kg et 102 kg à l'avant du missile[20]. La WDU-36/B contient 120 kg d'explosif PBXN-107 et est considérée comme une munition à risque atténué.
La version mer-sol BGM-109D et RGM-109D embarquent cent soixante-six sous-munitions BLU-97/B agencées en vingt-quatre paquets, permettant d'attaquer plusieurs cibles avec un seul missile Tomahawk. La sous-munition BLU-97/B se présente sous la forme d'un cylindre de couleur jaune d'une vingtaine de centimètres de longueur pour une masse de 1,54 kg. Cette sous-munition a l'avantage de posséder des capacités anti-personnel et anti-blindé.
Les missiles Tomahawk mer-sol GM-109M/UGM-109M portés au standard Block Vb possède une nouvelle charge militaire semi-perforante appelée Joint Multiple Effects Warhead System (JMEWS).
Le missile Tomahawk a été accusé de contenir de l'uranium appauvri. En effet, la revue spécialisée Jane's Defence Weekly a un jour indiqué que le missile contenait ce métal, avant de retirer l'information[21].
Propulsion
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La poussée initiale nécessaire au lancement du missile est fournie par un propulseur d'appoint Atlantic Research MK 106 à carburant solide qui fournit une poussée de 26,6 kN durant une durée de 12 secondes avant d'être largué, une fois la phase de lancement accomplie. Les missiles portés au standard Block IV possèdent une version améliorée du propulseur d'appoint appelée MK 135[22].
Durant sa phase de vol, le missile Tomahawk est propulsé par un petit turboréacteur Williams F107-WR-400[23], il développe une poussée de 2,7 kN et est également employé par le missile de croisière AGM-86 ALCM. Le Tomahawk embarque 363 kg à 465 kg de kérosène JP-9 (puis JP-10) suivant la version[24].
Les Tomahawk au standard Block III possède une version plus efficiente du F107 appelée F107-WR-402 développant une poussée de 3,1 Kn qui peut être ajustée en vol.
Les Tomahawk du Block IV entrée en service en 2004 possède un turboréacteur à double flux Williams International F415-WR-402 plus économe en carburant que le F107 tout en ayant une signature infrarouge réduite. Son premier vol d'essai à bord d'un Tomahawk à lieu le [25].
Variantes
[modifier | modifier le code]| Modèle | RGM-109A
UGM-109A |
RGM-109B
UGM-109B |
RGM-109C
UGM-109C |
RGM-109D
UGM-109D |
RGM-109E | BGM-109G
Gryphon | |||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Appellation | TLAM-N | TASM | TLAM-C | TLAM-D | TLAM-E | GLCM | |||
| Surnom | - | - | - | - | - | - | Tactical Tomahawk | Gryphon | |
| Lot de production | Block I | Block I | Block II | Block III | Block II | Block III | Block IV | Block V | Block I |
| Type de missile | mer-sol | mer-mer | mer-sol | mer-sol | mer-sol | sol-sol | |||
| Capacité opérationnelle initiale | 1984 | 1983 | 1983 | 1994 | 1983 | 1994 | 2004 | 2021[26] | 1984 |
| Retrait du service | 1991[27] | 1994 | - | - | - | - | - | - | 1991 |
| Coût unitaire | 1,4 M$ | 1,4 M$ | 1,87 M$ (2017) | 1,3 M$ | |||||
| Longueur (avec booster) | 6,25 m | 6.4 m | |||||||
| Longueur (sans le booster) | 5,56 m | ||||||||
| Envergure | 2,62 m | ||||||||
| Diamètre | 53,1 cm | 51.8 cm | |||||||
| Masse au lancement (avec booster) | n.c | n.c | 1590 kg | n.c | n.c | n.c | 1510 kg | n.c | 1470 kg |
| Masse en vol (sans booster) | n.c | n.c | 1310 kg | n.c | n.c | n.c | n.c | n.c | 1207 kg |
| Charge militaire | W80-0[28] | WDU-25/B | WDU-36/B | BLU-97/B | WDU-36/B | JMEWS | W84 | ||
| Type | tête nucléaire | explosive à fragmentation | à sous-munitions | explosive à fragmentation | semi-perforante | tête nucléaire | |||
| Masse charge militaire | 130 kg | 450 kg | 310 kg | > 256 kg | 310 kg | 176 kg | |||
| Capacité carburant | 362,8 kg | 465,3 kg | 362,8 kg | 362,8 kg | 453,5 kg | n.c | |||
| Portée maximale | 2414 km | 460 à 482 km | 1296 km (RGM)
925 km (UGM) |
1609 km | 1296 km (RGM)
925 km (UGM) |
1126 km | 1600 km | 2414 km | |
| Propulseur d'appoint | MK 106 | MK 135 | MK 106 | ||||||
| Moteur | F107-WR-400 | F107-WR-402 | F107-WR-400 | F107-WR-402 | F415-WR-402 | F107-WR-400 | |||
| Vitesse de croisière | |||||||||
| Guidage | inertiel + TERCOM | radar actif | inertiel + TERCOM | inertiel + TERCOM + GPS | inertiel + TERCOM | inertiel + TERCOM + GPS | inertiel + TERCOM + GPS + liaison de données | inertiel + TERCOM | |
| Guidage terminal | DSMAC | DSMAC | DSMAC 2A | DSMAC | DSMAC 2A | DSMAC 2A | DSMAC | ||
Vecteurs
[modifier | modifier le code]En 1996, l'US Navy avait 142 navires totalisant 6 266 silos à missiles pouvant emporter un Tomahawk, soit 72 sous-marins (696 lanceurs) et 70 navires de surface (5 570 lanceurs). Il y avait alors plus de 4 000 missiles de croisière Tomahawk dans l'inventaire[29]. Fin , le stock est d'environ 3 200[30].
Déploiement à partir de sous-marins
[modifier | modifier le code]Avec la chute du bloc soviétique et la détente qui a suivi sur le plan des armements nucléaires stratégiques, quatre sous-marins de la classe Ohio ont été convertis en sous-marins lanceurs de missiles de croisière (SSGN selon la terminologie OTAN) et sont entrés en service en 2007. Les tubes de lancement contiennent chacun une dizaine de missiles Tomahawk (154 missiles au total), ce qui donne à chacun de ces sous-marins une puissance de feu imposante contre des objectifs terrestres.
Depuis 1984, sur les sous-marins de la classe Los Angeles (sous-marin nucléaire d'attaque de l'US Navy), construits entre 1976 et 1995, disposent de 12 tubes à lancement vertical (VLS, Vertical Launch System) pour les missiles Tomahawk, montés entre le sonar avant et le kiosque. La classe Virginia dispose d'un armement similaire.
La classe Seawolf s'impose comme le SNA le plus efficace qui soit. Les anglo-saxons l'ont qualifié de « Hunter Killer » (« chasseur tueur »). Fort de ses 8 tubes lance-torpilles de 660 mm de diamètre, le SSN 21 Seawolf est le seul sous-marin au monde pouvant transporter 50 engins, tels que les torpilles Mk-48 ADCAP, des missiles AGM-84 Harpoon antinavires ou les dernières versions du Tomahawk, capables d'être tirés tant sur des navires que sur des cibles à terre.
La Royal Navy a acquis et testé ses premiers Tomahawk en 1998. Le HMS Triumph de la classe Trafalgar, emporte quatre UGM-109E Tomahawk tirés par tubes lance-torpilles. En 2010, tous les SNA britanniques peuvent emporter cette arme.
Déploiement depuis un navire de surface
[modifier | modifier le code]Les navires de la classe Iowa sont une série de cuirassés construits pour l'US Navy durant la Seconde Guerre mondiale comportant quatre unités. Après sa dernière modernisation, en 1982, l'USS Missouri, le premier navire de surface doté de ce nouveau système d'armes, pouvait emporter 32 missiles de croisière BGM-109 installés dans huit conteneurs (ABL) emportant chacun quatre missiles. Les autres bâtiments en étant équipés sont sept destroyers de la classe Spruance à partir de 1984, les quatre croiseurs de la classe Virginia et le USS Long Beach (CGN-9) avec deux conteneurs par bâtiment, le Long Beach étant le premier navire à tirer lors d'un déploiement régulier un TLAM-C le lors d'un exercice[31]. Le dernier navire embarquant des ABL a été retiré du service en 1998.
Avec leurs systèmes de lancement verticaux, les croiseurs de classe Ticonderoga peuvent emporter un maximum de 122 missiles, les destroyers de classe Arleigh Burke 90 et ceux de la classe Spruance 61.
Sur un destroyer britannique type 45, l'artillerie navale pourrait notamment se composer de huit missiles de croisière Tomahawk antinavires, qui pourraient être installés si le financement est suffisant, ce qui dans le contexte budgétaire des années 2010 n'est pas à l'ordre du jour.
Déploiement depuis une batterie terrestre
[modifier | modifier le code]Les Gryphon à capacité nucléaire sont brièvement en service des années 1980 à 1991. Ils sont transportés par une version du camion MAN KAT1, le M1014 8x8, avec un tracteur-érecteur-lanceur mesure 17 mètres de long et 2,4 mètres de large, pour un poids de 36 tonnes emportant quatre missiles[32].
Le Mark 70 PDS (Payload Delivery System), comporte quatre cellules VLS MK.41 logées dans un conteneur de 12 mètres (40 ft). Le MK 70 PDS est produit par Lockheed Martin et a été dévoilé pour la première fois en après le lancement d'un missile antiaérien SM-6 par l'USV Ranger en utilisant ce système.
Bien que le système ait été principalement testé avec les SM-6, il est compatible avec tous les missiles actuellement intégrés dans le MK.41 VLS, y compris le missile de croisière Tomahawk.
L'armée de terre des États-Unis l'emploie, avec quelques modifications spécifiques, pour des batteries « Mid-Range Capability » [MRC] nommées également Typhon dont les prototypes sont réceptionnés début . Chaque batterie ayant quatre lanceurs pris en remorque par des camions tactiques lourds[1].
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Tir d'un Tomahawk depuis le SSGN USS Florida, lors de l'exercice naval « Giant Shadow », au large des côtes des Bahamas.
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Tir d'un missile Tomahawk tactique depuis un destroyer, pour un test de sa charge militaire. Après avoir parcouru 760 nautiques, il a atteint sa cible située sur l'île San Clemente, au sud-ouest de la Californie.
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L'USS Missouri tirant un BGM-109 Tomahawk vers une cible irakienne, au départ de l'opération Tempête du désert.
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Les deux conteneurs lanceurs sur les croiseurs de la classe Virginia étaient installés sur leur plate-forme hélicoptère, rendant l'utilisation de ce dernier impossible.
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Un M1014, désignation militaire de la version du MAN KAT1 utilisé pour le transport de missiles.
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Une batterie Typhon en 2024.
Utilisateurs
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États-Unis : des années 1980 à 1997, plus de 4 200 Tomahawks avaient été commandés[33]. Le nombre approximatif de missiles restant disponibles à l'inventaire au début des années 1990 était de 2 500 missiles[29]. Ce nombre retombera à environ 2 000, en raison des 330 missiles utilisés en 1998 lors de l'opération Desert Fox et des 160 autres utilisés en au Kosovo[29]. En , le 4 000 e Tomahawk Block IV destiné à l'US Navy est livré[34].
Royaume-Uni : en 1995, le Royaume-Uni et les États-Unis s'accordent pour la vente de 65 Tomahawk destinés aux sous-marins nucléaires d'attaque de la Royal Navy. Les premiers sont livrés en . Le , le département de la Défense américain annonça une possible vente de 30 exemplaires du Block IIIC (TLAM), dotés de charges militaires conventionnelles[29]. Ils seraient accompagnés de leur conteneurs, d'une assistance technique, de pièces détachées et d'autres éléments relatifs au soutien logistique. Ce contrat était d'un coût estimé à 100 millions de dollars[29]. Ces 30 missiles s'ajouteraient à la première commande de 65, initiée pour remplacer ceux tirés lors de la campagne Allied Force par le sous-marin HMS Splendid. Ces missiles supplémentaires étaient nécessaires pour augmenter le volume de l'inventaire, ainsi que pour étendre la capacité d'emploi des unités sous-marines. Le Royaume-Uni possédant déjà de nombreux Tomahawks en inventaire, l'absorption de ces quelques exemplaires supplémentaires ne posa pas de grandes difficultés[29].
Australie : la marine royale australienne est le troisième opérateur de ce missile. L'acquisition de 200 missiles est annoncée durant l'été 2023, et le premier tir d'essai a lieu le depuis le destroyer HMAS Brisbane de la classe Hobart[35].
Pays-Bas : en , le ministère néerlandais de la Défense annonça la commande de missiles de croisière Tomahawk block IV afin de doter d’une capacité de frappe mer-sol les quatre frégates de défense aérienne et de commandement de type De Zeven Provinciën ainsi que deux des quatre sous-marins de la classe Walrus mis en œuvre par la Marine royale néerlandaise. Le premier tir d'essai à lieu le depuis le HNLMS De Ruyter au large de la base navale de Norfolk[36].
Carrière opérationnelle
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Un livre[Lequel ?] indique que pendant la guerre du Golfe de 1991, 297 Tomahawk avaient été tirés, dont 282 atteignirent leur cible (9 n'ont pas réussi à quitter le tube de lancement et 6 sont tombés à l'eau après avoir quitté le tube). De 2 à 6 missiles ont été abattus[37].mais un autre rapport de 1999 indique 288 TLAM tirés[réf. souhaitée]. Un livre français écrit en 1995 et paru en 2001 indique lui 291 tirs[38].
Le , durant l'opération Southern Watch, 45 TLAM ont été tirés et, le , pour l'opération Bushwhacker, 23 autres tirs ont été enregistrés.
Le , durant les bombardements de la Bosnie-Herzégovine par l'OTAN en 1995, 13 BGM-109 Tomahawk de l'US Navy dévastèrent une tour de communication bosno-serbe, dans le cadre des opérations militaires visant à débloquer le siège de Sarajevo. Trois jours plus tard, les autorités bosno-serbes acceptèrent de retirer leurs armes, et des négociations débouchèrent sur les accords de Dayton deux mois plus tard, mettant fin à la guerre de Bosnie.
Du 3 au , durant l'opération Desert Strike, 31 TLAM sont lancés à nouveau sur l'Irak.
Durant l'opération Infinite Reach, effectuée le contre quatre camps d'entraînement d'Al-Qaïda en Afghanistan et une usine pharmaceutique au Soudan à la suite des attentats des ambassades américaines en Afrique, 79 missiles de croisière furent tirés depuis une dizaine de navires de guerre et cinq sous-marins[39]. Le bilan humain de ces attaques fut réduit, avec un maximum de 35 tués évoqués en Afghanistan et un garde tué au Soudan. Ces pertes humaines relativement faibles sont dues au fait que les missiles tirés étaient armés d'ogives unitaires anti-structurelles, et non de sous-munitions antipersonnel plus adaptées à ce type de missions, les navires n'ayant pas eu le temps d'être réarmés avant la date de l'opération.
Du 17 au , environ 325 TLAM furent lancés de nouveau sur l'Irak, lors de l'opération Desert Fox[40].
Durant la guerre du Kosovo, du au , alors que les opérations étaient encore en cours, 150 Tomahawk furent lancés, certains par le HMS Splendid de la Royal Navy. Il s'agit de sa première utilisation au combat par le Royaume-Uni.
Ils ont également été utilisés à environ 50 exemplaires lors de la guerre d'Afghanistan de 2001.
Ils ont été utilisés le lors de l'opération liberté irakienne pour pilonner, entre autres, le quartier général de Saddam Hussein.
Le , lors de l'opération Aube de l'Odyssée en Libye, dans le cadre de la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies, 124 Tomahawk américains et britanniques[41] ont été utilisés pour neutraliser des objectifs militaires, principalement des systèmes de défense antiaérienne à Tripoli et dans ses environs. Au , le Département de la Défense a déclaré qu'un total de 184 missiles BGM-109 Tomahawk américains et 7 britanniques avaient été lancés dans le cadre de cette opération[42].
Dans la nuit du 22 au , au déclenchement de l'opération Inherent Resolve, le croiseur USS Philippine Sea (CG-58) et le destroyer USS Arleigh Burke (DDG-51) tirent 47 Tomahawks contre des cibles de l'État islamique en Syrie depuis la mer Rouge et le golfe Persique[43],[44]
Le , le destroyer USS Nitze (DDG-94) lance des Tomahawks sur trois stations radar tenues par les Houthis, à la suite de tirs de missiles sur des navires les jours précédents[45].
Le , en représailles à une attaque chimique touchant des civils le 4 avril au sud d'Idlib, 59 missiles de croisière Tomahawk lancés dans la nuit par deux destroyers de la classe Arleigh Burke en Méditerranée orientale sont utilisés pour le bombardement de la base aérienne d'Al-Chaayrate[46] et auraient tué moins d'une dizaine de soldats loyalistes.
: durant la crise de la mer Rouge, depuis une première frappe initiale le incluant plus de 80 missiles[47], ils sont employés régulièrement contre des installations militaires Houtis.
: le , des frappes de missiles de croisière Tomahawks de l'United States Navy ont lieu contre l'État islamique en Afrique de l'Ouest dans l'État de Sokoto au Nigeria[48].
: durant le premier mois de la guerre d'Iran de 2026 déclenché le , les médias estiment que 850 missiles sont tirés[49].
En 2009, plus de 1 700 Tomahawks avaient été tirés dans des opérations de combat, avec un taux de réussite de 85 à 90 %. En , on dénombrait un total de plus de 2 300 missiles tirés[34].
Copies étrangères
[modifier | modifier le code]Copie sud-coréenne
[modifier | modifier le code]Le Hyunmoo-3C est un missile de croisière de fabrication sud-coréenne dévoilé à la fin des années 2000.
Copies chinoises
[modifier | modifier le code]Deux des épaves parmi les 75 missiles tirés le contre Oussama ben Laden auraient été vendues par ce dernier à la Chine[50]. Une partie de leur technologie aurait permis de mettre au point les missiles CJ-10 et DH-10. Ces affirmations restent toutefois à vérifier.
Copie pakistanaise
[modifier | modifier le code]Le Hatf 7 est un missile de croisière de fabrication pakistanaise, dévoilé lors de son tir d'essai en 2005. En juillet et , deux missiles de croisière américains Tomahawk, tombés en territoire pakistanais lors de la frappe américaine en Afghanistan, sont retrouvés quasiment intacts dans le sud de ce pays et ont probablement subi une rétro-ingénierie fournissant ainsi des informations.
Notes et références
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- ↑ « Le Nigeria a fourni des renseignements aux Etats-Unis en amont des bombardements contre l’Etat islamique », sur Le Monde,
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Bibliographie
[modifier | modifier le code]- « 100 armes qui ont fait l'histoire », Guerres et Histoire, no hors série no 1, , p. 60-71 (ISSN 2115-967X).
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- (en) Dr Carlo Kopp, « Tomahawk Cruise Missile Variants BGM/RGM/AGM-109 Tomahawk/TASM/TLAM/GCLM/MRASM », Air Power Australia, (consulté le )
- Historique et caractéristiques du missile