Île du Levant

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Île du Levant
Vue aérienne de l'île du Levant, en 2016.
Vue aérienne de l'île du Levant, en 2016.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Archipel Îles d'Hyères
Localisation Mer Méditerranée
Coordonnées 43° 01′ 42″ N, 6° 28′ 04″ E
Superficie 10,019 km2
Point culminant réserve des Arbousiers (138 m)
Géologie Île continentale
Administration
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Var
Commune Hyères
Démographie
Population 100 hab. (2014)
Densité 9,98 hab./km2
Plus grande ville Héliopolis
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+01:00
Site officiel syndicatdheliopolis.com/

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(Voir situation sur carte : Var)
Île du Levant
Île du Levant

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(Voir situation sur carte : Provence-Alpes-Côte d'Azur)
Île du Levant
Île du Levant

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Île du Levant
Île du Levant
Îles en France

L’île du Levant est la fraction la plus orientale de la commune française d’Hyères, commune du département du Var en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Cette île méditerranéenne, la plus orientale de l'archipel des îles d'Hyères, fait face au massif des Maures au large des communes de Bormes-les-Mimosas et du Lavandou, d'où la majorité des dessertes est assurée.

L'archipel est initialement considéré dans sa globalité et l'île n'en fait que partie. Il revêt un rôle essentiel pour une navigation surtout côtière. Elle comporte un farot au Moyen Âge central puis un phare au début du XIXe siècle, qui signale au large l'entrée est de la rade d'Hyères. Le sémaphore de même époque, désormais désaffecté, sert aussi aux signaux.

Son rôle stratégique est avéré. Dès l’Antiquité la piraterie sévit et à l’occasion de razzia enlève les habitants de la côte. Pour répondre à ces raids, les Massaliètes — Grecs de Marseille — dotent l'archipel d'une garnison. Plus tard, avec deux autres îles, elle devient un marquisat. Sous Napoléon Ier, devant la suprématie anglaise en haute mer, une batterie insulaire est installée pour permettre au moins la navigation côtière. De nos jours, presque 95 % du territoire appartient à l’Armée qui en a fait le site Méditerranée de la DGA Essais de missiles. Ce domaine militaire, secret défense très strict oblige, est interdit à toute personne non habilitée.

Si la superficie y suffit, le manque de source d'eau et d'une présence humaine continue s'opposent au développement de l’agriculture. Les changements du toponyme de l'île — il ne s'agit pas d'une évolution progressive — témoignent de cette discontinuité. Les premiers occupants connus sont des moines au Ve puis au XIIe siècle. Au XIXe siècle, une colonie pénitentiaire est fondée. Enfin, en 1931, est instauré sur le domaine civil le naturisme, volontairement à l’écart de toute emprise extérieure. Cette approche très novatrice à sa création, et qui reste rustique, connaît ensuite d’autres développements de même nature ou différents en France. La fréquentation touristique estivale, sur cette propriété privée ouverte au public, dépend de ce mode de vie.

Sommaire

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

L'île du Levant est située dans la mer Méditerranée au large des communes de Bormes-les-Mimosas et du Lavandou. De forme allongée, avec une longueur d'environ 7,8 km pour une largeur de 0,6 à 1,6 km — soit 1 001,9 ha[G 1] —, son orientation est sud-ouest - nord-est[1]. La terre n'est en vue que dans un secteur allant de l'ouest au nord. Ainsi, elle est parallèle aux côtes sud de la France allant d'Hyères à Vintimille.

Plus précisément, il s’agit de la fraction[a] la plus à l’est de la commune d’Hyères à qui elle appartient[3]. Elle forme l’élément le plus oriental des îles d'Hyères qui ferment la rade d'Hyères. Donc, selon le sens des aiguilles d'une montre, à l'ouest est située l’île de Port-Cros, qui n'en est séparée que par la passe des Grottes[b] de 1 km[c] de large. Puis à l'ouest-nord-ouest, à 23,6 km, se trouve le port Saint-Pierre d'Hyères[C 1] d'où est assurée une liaison. Au nord-nord-ouest, l’élément continental le plus proche appartient à la commune de Bormes-les-Mimosas ; il s’agit du cap Bénat distant d'environ 9,8 km[C 2]. Au nord se trouve la commune du Lavandou, dont le port[C 3] est la desserte la plus usuelle. Il n’est éloigné que de 14,5 km[CG 1] soit 35 min de traversée[5]. L’île se situe à la même latitude que le cap Corse[6].

Schéma coloré d'une côte avec quelques chefs lieux et des îles adjacentes.
Localisation de l'île du Levant.

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Article connexe : glossaire de géologie.
Carte géologique coloriée des îles de Port-Cros, du Levant et du massif des Maures en regard
Carte géologique de l'île du Levant[7]
  •          Ca (gneiss à micaschistes) et Cb (gneiss de Bormes)
  •          Es et Esg (micaschistes)
  •          ED (micaschistes détritiques)
  •          Ss (phyllades à chloritoïdes)
  •          St (paragneiss)
  •          Fy-z (alluvions)
  •       failles

Géologiquement, l’île du Levant fait partie intégrante du massif des Maures[8]. Ce massif est constitué de terrains métamorphisés et plissés lors du cycle hercynien (−400 à −300 Ma). Il est en partie migmatisé, traversé par des granites d'âge carbonifère et recouverts de terrains permo-carbonifères. Ces terrains sont intensément érodés avant le début du Secondaire (environ −245 Ma). Le massif est de nouveau rehaussé lors des phases tectoniques pyrénéo-provençale et alpine, puis l'érosion reprend. Cela explique les collines actuelles entaillées de vallées profondes. Enfin, les glaciations quaternaires (à compter de −2,6 Ma) et leurs variations eustatiques affectent toute la région séparant notamment par un bras de mer les îles d'Hyères du continent. Ainsi à ce moment l'île du Levant s’individualise. Quatre grandes unités métamorphiques et lithologiques se succèdent sur le massif d’ouest en est avec une intensité croissante du métamorphisme. Ce sont l'unité occidentale des Maures, l’unité centrale, celle de la Garde-Freinet et enfin l'unité des gneiss orientaux. L’île du Levant appartient la seconde — aussi dite unité des gneiss de Bormes[9],[8].

Le tiers occidental de l’île est composé de gneiss de Bormes (Cb). L’unité de ces orthogneiss appartient au groupe de roches les plus anciennes du massif des Maures. Ces granites datent du cycle cadomien (environ −540 à −500 Ma). Elle est constituée principalement de gneiss œillés, dans lesquels s'intercalent des gneiss micacés ou des micaschistes à grenat-staurolite-disthène (Es et Esg). Il est possible que ces granites constituent la croûte continentale sur laquelle se sont déposées les roches sédimentaires à l'origine des roches métamorphiques paradérivées : schistes (phyllades), micaschistesetc. D'autres gneiss sont paradérivés : leur protolithe est un grès arkosique issu de l'érosion d'un socle anté-hercynien. La partie plus orientale de l'île comporte des micaschistes à minéraux dominants issus de roches sédimentaires gréso-pélitiques. Ces minéraux (biotite, staurotide, disthène) indiquent un métamorphisme poussé. Il en résulte un faciès schiste vert à amphibolite et paragneiss (St) retrouvé notamment sur les terrains de l’extrémité est[10],[11],[12].

De ces plissements puis érosions successives, il résulte un relief accentué et des pentes prononcées, qui rendent l’île assez homogène. De l’altitude moyenne d’une centaine de mètres se détachent à peine les sommets du Maupertuis, Héliopolis — qui culmine à 138 m[C 4] —, La Madone, La Verrette, Le Curcousson et Le Titan qui constituent une ligne de crête médiane. Seuls au sud-est, les vallons des Roube-Gardes, du Jas-Vieux et du Titan sont moins élevés. Son littoral est constitué côté nord et sud-ouest de falaises de plusieurs dizaines de mètres, ce qui n’est pas le cas au sud. Cette côte ne présente pas de bon abri pour la navigation. Les meilleurs points sont Port Avis et les deux petites baies du Layet et du Liserot[1],[13].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Aucun cours d’eau permanent ne se trouve sur l’île. Des réseaux de ruisseaux temporaires conservent par endroit des flaques permanentes. Il existe aussi des suintements en fond de vallon ou au bas des falaises. S'adjoignent trois retenues collinaires que sont les étangs du Jas-Vieux (62 000 m3)[C 5],[I 1] et du Haut (8 000 m3)[C 6],[I 2] qui alimentent le barrage du Bas (12 000 m3)[C 7],[I 3]. La petite mare de l'Âne[C 8] peut aussi être mentionnée[14].

Climat[modifier | modifier le code]

L’île du Levant, ainsi qu'en attestent les relevés météorologiques[d], se situe dans une des zones les plus chaudes du littoral méditerranéen français, à la limite des étages thermo et méso-méditerranéens. L’ensoleillement y est l’un des plus importants de France. Des conditions climatiques particulières règnent avec des hivers tempérés et une forte humidité relative de l’air, même en période estivale, liées à une situation insulaire et méridionale[15].

La répartition des précipitations est inégale au cours de l'année. Les trois mois d'été sont marqués par une sécheresse importante, alors que les pluies ont surtout lieu en automne et au printemps. Ces pluies sont alors souvent courtes et intenses, et l'eau ruisselle sans pénétrer dans le sol[15].

Du fait de sa position insulaire et étant la plus à l'est de l'archipel des îles d'Hyères, aucun relief ne la met à l’abri du vent. De surcroît, appartenant au littoral méditerranéen, deux vents prédominent sachant que seulement 5 % des relevés notent des modes calmes[16]. Le mistral, ici venant du nord-ouest, représente plus d’un tiers d’occurrence[16]. Ce vent régional froid et sec souffle par rafales qui dépassent facilement 100 km/h et à ce titre le font considérer comme un vent violent[17],[18]. Le levant provenant de l'est, représente un peu moins d’un tiers d’occurrence[16]. Ce vent régional modéré à fort s'avère doux et humide et apporte le plus souvent les nuages et la pluie. Une forme particulière est représentée par le levant blanc qui se manifeste en été et ne s’accompagne pas de pluie. Ce vent est réputé pour soulever la houle[19],[15].

Températures année 2015[20],[e]
Janv Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc
Maximale extrême (°C) 19,1 15,8 21,6 20,2 25,8 30,9 32,8 33,9 28,4 22,5 19,3 16,9
Maximale moyenne (°C) 13,7 12,3 15,3 17,1 21,4 26,1 23,9 27,4 24,3 19,4 16,9 15,2
Moyenne moyenne (°C) 11,5 9,9 12,7 14,3 18,1 22,6 25,8 24,2 21,4 17,1 14,7 13,5
Minimale moyenne (°C) 9,3 7,4 10,1 11,4 14,9 19,2 22,2 21 18,6 14,7 12,4 11,9
Minimale extrême (°C) 5,9 4,2 5,4 8,7 11,9 16,2 17,9 17,9 15,4 8,3 6,6 8,9
Vent année 2015[20],[f]
Janv Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc
Vitesse maximale rafales (km/h) 118,5 116,7 133,3 107,4 111,1 94,5 92,6 90,7 107,4 94,5 133,3 72,2

Milieux naturels et biodiversité[modifier | modifier le code]

Photographie couleur de végétation de type maquis depuis un chemin.
Maquis avec arbousiers. Très au loin, la façade sud-est du sémaphore du Titan, en 2007.

L'île du Levant, dite aire d'adhésion, applique la charte du parc national de Port-Cros[21] toutefois, comme elle n'est pas dite cœur du parc, elle n'en fait pas partie. En effet « il y a incompatibilité entre les activités militaires du CELM (centre d'essais et de lancement des missiles) et l'accueil du public[22] ». Cette dernière condition est l'un des préalables à toute appartenance à un parc national.

Le site, faisant partie des îles d'Hyères, appartient au réseau Natura 2000[23] et la totalité de l'île constitue une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) au sein de laquelle est créé le la réserve naturelle volontaire du domaine des Arbousiers[24],[25],[26]. Celle-ci, avec 19,28 ha qui sont d'accès libre, est mitoyenne du domaine naturiste d'Héliopolis. L'ensemble de l'île est considéré comme une zone exceptionnelle et sauvage. Cela est dû à une très faible fréquentation du territoire du fait du statut militaire de sa plus grande partie. D'autre part, le débroussaillage ainsi occasionné favorise le développement de formations basses — pelouses et fruticées — qui n’existent pas sous le couvert forestier. Une mention particulière doit être faite pour le Chardon de Casabona et la Germandrée de Marseille. Cependant, certaines espèces ornementales, telle que l'Herbe de la pampa, introduites autrefois, étouffe nombre de ruisseaux de l'île[27]. Quant à la Posidonie de Méditerranée, qui forme de vastes herbiers marins, elle bénéficie d’une protection particulière depuis 1988[28] confirmée par des arrêtés postérieurs. Cette plante est d'une part endémique de certains littoraux méditerranéens, et de l'autre abrite des concentrations naturelles d’espèces animales et végétales[29].

Sur l'île, résident au moins onze espèces animales patrimoniales. Parmi elles, sept correspondent à des espèces déterminantes. S'y trouve notamment l'essentiel de la population française de Puffin yelkouan. Les batraciens hébergent une espèce très localisée, endémique de quelques îles méditerranéennes : il s'agit du Discoglosse sarde. Chez les reptiles, peut être notée la présence de l'Hémidactyle verruqueux et de la Tortue d'Hermann[30],[27]. Cette espèce, en voie de disparition, y est réintroduite en raison du faible risque de ramassage[31],[32].

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Urbanisme[modifier | modifier le code]

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

Carte schématisée en couleur.
Carte du domaine civil de l'île[g].

Selon le plan local d'urbanisme du l’île du Levant est portée en zone N. À ce titre « sont interdites toutes constructions nouvelles à usage d’habitation[33] ». L'île, escarpée, est séparée en deux domaines par un haut grillage équipé de caméras de surveillance et surmonté de barbelés[I 4],[g].

Le domaine militaire définit le secteur Nm où toutes les constructions nécessaires pour la défense nationale sont autorisées[33]. Il représente 949,84 ha — soit environ 94,8 % de la superficie l'île[G 2]. Il abrite deux groupements de constructions au milieu de l'île. Ce sont le Grand-Avis — aussi dit Base-Vie —[h] et la Madone[C 9] — où se trouve le poste de commandement des tirs de la DGA Essais de missiles.

Le domaine civil — dit domaine naturiste d'Héliopolis — situé à l'extrémité nord-ouest de l'île, est dans un secteur Np où les constructions sont limitées aux seules installations portuaires[33]. Il comprend deux parties. L'une est constituée des lotissements mitoyens d'Héliopolis et des Charbonnières — environ 31,29 ha[35] — dominés par la batterie des Arbousiers à 118 mètres et l'autre, non construite, est constituée du domaine de Beauvalet et de la réserve des Arbousiers qui culmine à 138 mètres — environ 20,78 ha[35]. Les voies s'organisent sous la forme de « corniches » suivant approximativement les courbes de niveau et de « montées » reliant les corniches entre elles. Une partie de leur trajet est en escaliers. Les sentiers côtiers donnent accès à l'unique plage du domaine civil, la plage des Grottes[b], et à des plaques rocheuses qui servent de solarium et qui sont parfois équipées d'échelles permettant la baignade[I 6]. L'habitat, sans caractère uniforme, est majoritairement constitué de maisons individuelles, avec quelques établissements plus importants que sont les hôtels.

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Le caractère insulaire du lieu et sa complète dépendance vis-à-vis du continent donnent toute son importance aux accès maritimes. De façon caractéristique, sur l'île les véhicules sont prohibés dans la partie allouée aux civils.

Ports[modifier | modifier le code]

Quatre points d'accostage peuvent être dénombrés mais leur accès aux civils s'est progressivement réduit.

En , François Ier mentionne « ung port appelé le Titoul[36] ». Puis en 1652, Nicolas Sanson porte sur une carte, au niveau de la côte sud-est, le « p. du Titan »[I 7]. La carte de Cassini dite de Toulon no 155, levée en 1778-1779, emploie exactement ce nom pour désigner l'abri[37]. La calanque de l'île où il se situe, sur la côte sud-est, est dénommée depuis les années 1955 anse du Liserot[C 10]. De nouveau, et toujours repéré par la tour du Titan, ce « port du Titan » est décrit dans un ouvrage à l'usage des marins en 1840 au même emplacement. Aucune infrastructure n'équipe alors « cette calanque »[38]. Ultérieurement le champ de tir du Liserot est en partie délimité par cette anse où les infrastructures et les activités sont soumises au niveau secret défense. Probablement depuis les années 1955, un appontement y est régulièrement entretenu[39].

Sur une avancée rocheuse en mer, la tour d'un phare adossée à un bâtiment, en bas un port, à distance une habitation.
Phare du Titan desservi par le port du Titan vu depuis le sémaphore du Titan, en 2006.

Il existe une autre calanque — dite de nos jours calanque du Phare — bordée par le cap Petit-Louis à l'extrémité est de l'île[C 11]. Dans cette calanque est progressivement aménagé le port du Titan pour la construction en 1836 du phare du Titan[C 12] puis il permet sa desserte[I 8],[I 9],[i]. Une annexe de ce port est rapportée dans la calanque Gardane[C 13] « où l'on a édifié un embryon de jetée, qui permet à la chaloupe des ponts et chaussées d'atterrir[41] » à l'abri des vents d'est. En 2011, lors d'une visite autorisée en zone militaire, l'abandon du port du Titan est constaté[I 10],[I 11].

Port Avis, orienté vers le nord, se situe sur la côte nord-ouest[C 14]. Ce port est mentionné dans un document en occitan dès 1502 : « en lo puort que s’apella l’Avist[42] ». En 1771, il est considéré comme un refuge utilisé par les pêcheurs ou pour les dessertes par les habitants[43]. Il est également mentionné par la carte de Cassini dite de Toulon no 155, levée en 1778-1779, qui le nomme ainsi[44]. En 1865, est construite une petite jetée[B 1]. Il est le seul abrité et en eaux profondes[45] et reste le point de débarquement civil jusqu'aux années 1945[46]. Pour fermer son côté ouest plusieurs coques sont successivement embossées comme brise-lames après le déclassement de navires. Au début des années 1950 une première coque est placée — il s’agit probablement de l'ex-pétrolier-ravitailleur Lac Noir[47],[48],[j] —[k]. Puis de 1959 à 1966, lui succède celle de l'ex-contre-torpilleur Albatros (coque no Q 167)[51],[52]. Celui-ci fait place de 1966 au , à l'ex-pétrolier-ravitailleur d'escadre La Baïse (coque no Q 418)[53],[54]. Vient ensuite, de [55] à 2009, celle également de l'ex-pétrolier-ravitailleur d'escadre La Saône (coque no Q 622)[56]. Après son remorquage à Brégaillon le [57], se trouve depuis le celle de l'ex-frégate lance-missiles Suffren (coque no Q 847)[58],[59]. Celle-ci ne doit rester en place que cinq à dix ans[60], mais en attendant les crédits nécessaires à la construction d’une jetée en dur, elle remplit toujours ce rôle[I 13]. Progressivement, localisé en zone militaire, l'accès portuaire est restreint. Ainsi, alors qu'il est déjà interdit lors des campagnes de tir en 1951[45], il est ensuite définitivement fermé au trafic civil. Toutefois, par exception, il peut être accordé des dérogations notamment pour le transit de véhicules. Ce port est devenu exclusivement militaire. Il sert de port-base à quelques embarcations de la DGA — dont les deux navires-cibles Nahaura[I 14] et Ness Thor[I 15],[61], [l] . Sa desserte est réalisée depuis le port annexe de Port Pothuau[C 15], qui dépend du port militaire de Toulon, situé aux Salins-d'Hyères à Hyères. Deux types de navires assurent une liaison pluri-hebdomadaire. Celui de la Marine nationale, depuis le , est le chaland de transport et de servitude Gapeau[62] alors qu'une vedette civile est affrétée pour les employés de la base militaire[63].

Petit port avec un appontement en V qui accueille une navette de passagers à quai.
Ayguade du Levant, en 2011.

L'Ayguade du Levant, ouvert au nord et l'ouest, est situé à la pointe occidentale[C 16]. Il s'agit du seul port qui reste accessible aux civils. À ses débuts, il ne s'agissait que d'un simple lieu d'accostage qui n'est pas mentionné comme tel en 1771 par les militaires alors qu'ils font état de « la Crottes » comme étant un abri[43] — vraisemblable actuelle plage des Grottes [C 17] . De surcroît, même en 1912, le Service géographique de l'armée ignore le lieu sur sa carte d'État-Major. En 1943, une petite jetée en bois est installée[CG 2]. Puis, afin de s'abriter du mistral, sont mis en place des brise-lames. En il s'agit de la coque de la gabare Polyphème initialement mue par la vapeur[64],[65], puis est coulée le celle de l'ex-chaland-pétrolier Benzène, également à vapeur (coque no Q 415)[I 16],[66],[67], qui est partiellement enrochée en 1986 pour constituer une digue qui touche la terre[CG 3]. Mais la protection n'est pas assurée notamment contre les vents du nord et de l'ouest. Ainsi en 2008, il n'offre en été qu'un refuge précaire à une vingtaine de bateaux de 3 à 7 m[68]. Des projets sont élaborés pour abriter l’endroit dont le dépôt de brise-lames ou la construction d'un port ; projets qui restent sans suite[69]. Progressivement la coque du Benzène ne fait plus qu'affleurer le niveau de la mer. L'accueil est facilité en 2016 par un ponton flottant démonté une fois la saison touristique passée. Lorsqu'il est en place, il reçoit une partie des 21 000 passagers annuels. Par ailleurs 400 tonnes de marchandises transitent[I 17] pour une capacité de stockage sur le quai limitée à cinq tonnes. Des liaisons régulières le desservent depuis le port du Lavandou[C 3] et depuis le port Saint-Pierre d'Hyères via Port-Cros[70],[C 1].

À terre[modifier | modifier le code]

Trois drones rouges fuselés avec rampe sur pont de porte-avion. Les ailes delta et les nez sont jaunes (3 × 2,5 m env.).
Banshees avec une rampe de lancement sur un porte-avions, en 2004.

À Héliopolis, hormis quelques véhicules utilitaires qui pour la plupart ne possèdent qu'une autorisation temporaire, la circulation est interdite. Cette spécificité est réglementée par des arrêtés municipaux[71],[72],[73],[74]. Ainsi même les bicyclettes n'y sont pas autorisées[75] — d'ailleurs, le relief très escarpé ne convient pas à cette pratique.

Sur le domaine militaire, la seule route se dédouble de part et d'autre de l'arête montagneuse centrale pour reprendre un caractère unique. Des bifurcations perpendiculaires permettent l'accès aux points névralgiques. Il existe une piste de 400 m initialement destinée à l'aviation[76]. Au XXIe siècle, un héliport y est situé[C 18]. Au bout de cette piste sont disposées des rampes de lancement pour deux types de drones-cibles — Banshee (200 km/h) et Mirach (900 km/h) — qui peuvent remorquer, jusqu'à des vitesses subsoniques, des traceurs[m] à l'aide de câbles de plusieurs kilomètres[77],[78]. À l'extrémité est de l'île, se trouve une hélisurface[C 19].

Projets d'aménagement[modifier | modifier le code]

La sécurisation du port de l’Ayguade est une priorité pour la population civile dont l'accès depuis 1955 au domaine militaire est de plus en plus difficile. Dès cette date, il s’agit d’une préoccupation du maire d'Hyères qui fait appel au secrétaire d'État à la Marine[79],[80]. Néanmoins, l'autorité militaire autorise encore l'utilisation de Port Avis en cas de mauvais temps et donc elle s’oppose à l’aménagement du port de l’Ayguade du Levant qui risque de développer le tourisme dans la partie civile de l'île[81]. Malgré tout, toujours la même année, le maire décide pour la desserte de ses administrés, de construire un véritable port[82],[83],[84],[85]. Ce projet à peine débuté n’est pas mené à son terme. De nouveau en 1993, il est nécessaire d'abriter l’endroit car la coque du Benzène, renforcée par une digue, ne joue plus son rôle. Cette année-là, la Marine nationale propose de nouveau une coque pour servir de brise-lames. Une première est réfutée de même que celle du sous-marin Dauphin[86],[87],[88],[I 18]. Plus tard, en 2007, un projet prévoit toujours un port[89],[90] mais il ne se réalise pas. En 2011, il semble que l’accord s'établisse sur de nouveaux plans[91] mais l'ensemble demeure sans suite. Il apparaît que la difficulté, au-delà du changement d’entités administratives en charge du dossier, est celui du financement. Après sept ans, le , se tient de nouveau une réunion qui envisage l’aménagement d’un port en 2020[92],[I 19].

Dès la construction d'Héliopolis, l'approvisionnement en eau douce est une préoccupation. En 1997, est réalisée une étude d'alimentation en eau potable des trois îles d'Hyères par conduite sous-marine — le fractionnement des travaux pour chacune d'elles élève le coût. L'île du Levant doit être alimentée soit depuis la presqu'île de Giens via l'île de Porquerolles puis l'île de Port-Cros, soit depuis le cap Bénat via l'île de Port-Cros ou directement. Cette étude reste sans suite[93]. Puis en 2008, « un projet d’usine de désalinisation est à l’étude en lien avec l’aménagement du port[94]. » Ce projet reste sans suite.

Risques naturels et technologiques[modifier | modifier le code]

Panneau portant en périphérie un cercle barré d'une diagonale rouges. Au centre une allumette enflammée.
Tout feu est interdit sur l'île.

Le risque de feu est une préoccupation majeure dès l'origine, d'autant que l'eau est rare. Il figure dès 1931 dans le règlement intérieur du domaine d’Héliopolis[M 1], de même en 1934 quand le syndicat administrant l'île met en garde les copropriétaires contre ce danger [95]. Tel est l'un des motifs pour lequel la Marine nationale ne renouvelle pas, le , un bail de location de terrain à la municipalité d'Hyères pour le camping des Grottes[96]. D'autre part, le littoral, avec ses côtes rocheuses, présente un risque d'écroulement — de fait, l'affaissement de la roche du provoque un tué et deux blessés[CG 4]. Enfin, il existe un risque lié au transport de matières dangereuses sur le site de base de la Marine nationale. Tous ces éléments se trouvent en 2009 exposés dans le dossier d'information communal sur les risques majeurs[97].

Qualité de l'environnement[modifier | modifier le code]

Le l'île déclare, selon un acte signé par le syndic[n], le principe d'un développement durable. L'objectif est d'obtenir à terme un label qui la fédère aux petites îles localisées en Afrique de l'Ouest, dans l’océan Indien, en Europe et en mer Méditerranée retenues par l’association Small Islands Organisation (SMILO)[99].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Extrait d'un portulan de la Méditerranée.
« Bonomo » désigne sur ce portulan l'île du Levant. Grazioso Benincasa, en 1466.

Dans les terres de longue implantation humaine le toponyme connait une évolution progressive. Les changements complets de celui de l'île marquent la discontinuité de l'occupation humaine et en conséquence la nécessité de la renommer[B 2].

Strabon, Pline l'Ancien et Ptolémée désignent les îles d’Hyères comme les Stoechades. Ces îles sont alignées et Στοιχάδες (stoichade) signifie en grec ancien « rangées en ligne »[100]. Cet archipel comprend l’île du Levant alors dénommée par ces auteurs grecs et romain du Ier siècle Φίλα (Phila)[101]. Cette appellation ne s'est pas perpétuée sous une forme ou une autre.

Au début du XIIIe siècle un document recense les biens du diocèse de Toulon et mentionne l'« insula de Cabo ros »[102]. Toujours au Moyen Âge, en 1302, le sénéchal des comtés de Provence et de Forcalquier, fait établir un farot[o] sur l'« Insula de Cabaros »[B 3]. Un autre acte porte la mention « Cabo Russi ». Il s’agit d'une donation le de Jeanne de Provence à Jacques de Galbert. Ce don comprend Brégançon et des îles qui en dépendent[B 4]. Celles-ci sont approximativement situées, ce qui permet à Honoré Bouche d’écrire : « Insula de Cabaros, vray-semblablement elle doit estre l’isle du Titan[106] ». « Cabaros » pourrait être une allusion topographique à la pointe orientale de l'île[107]. Cette extrémité porte la mention « C de Rousse » sur une carte de 1652 de Nicolas Sanson[I 7], puis la carte de l'IGN de 1978 note « cap Roux »[108] alors qu'actuellement cette extrémité est nommée « cap de Calle-Rousse »[109].

À la fin du XIIIe siècle, un portulan italien nomme l'île du Levant « isola de boni bomeni » (« île des bons hommes »)[B 3], de même un atlas nautique de Louis XII de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle fait mention de l’« Isle Des Bons Hommes »[B 5]. Ceci rappelle probablement qu'elle est occupée par des religieux[B 3],[p].

Carte ancienne des îles d'Hyères nommées îles d'Or et Stoechades et de la côte en regard.
Première attestation d'« isle du Titan », en 1594[I 20].

En 1501, un document en occitan indique : « aquest vendres matin son intradas dos fustas en las illas et sy sonmessas al Titol[110],[q] ». Peu après, deux dénominations toponymiques sont employées par François Ier en 1531 alors qu’il décrit l’île : « et la tierce appellée, l’’’isle du Levant’’, ou est assis un port appelé le Titoul[111]. » Par ailleurs en 1537, le récit d’une expédition stipule : « l'armée déploya la voile au vent des isles de Marseilles, passa à Tholon et isles d'Or, du costé de levant nommé le Titoul[112]. » La première attestation d’« isle du Titan » est notée en 1594 sur une carte de la Provence de Pierre-Jean Bompar[I 20],[113],[107]. Puis en 1652, la carte de Nicolas Sanson mentionne deux noms « I. de Levant ou du Titan ». Le premier fait référence à la situation géographique au sein de l’archipel[I 7]. Enfin, la carte de Cassini dite de Toulon no 155, levée en 1778-1779 porte deux noms « isle du Levant ou du Titan » et y fait état de la « tour du Titan Rnée[r] »[114].

Il existe une série de noms communs occitans issus du latin titulus, comme títol, titouletetc. qui peuvent avoir les sens de « marque, signe, enseigne », éventuellement « monument »[115] et dont l'emploi au sens topographique est avéré dans la microtoponymie des pays occitans ainsi en témoigne « le Titoul », lieu-dit à Bagat-en-Quercy[116]. Étant donné l'antériorité des mentions Titoul sur la dénomination Titan, ce dernier doit être une altération du premier. Elle a dû subir l’attraction analogique de la finale -ant de Levant, motivée par l'existence du nom propre Titan qui fait sens en français, comme en occitan. De nos jours l'île porte les deux noms : île du Levant, car il s'agit de la plus à l'est de l'archipel[117], et moins fréquemment île du Titan[118],[s].

Héliopolis est issu du grec ancien Ἡλιούπολις — soit Ἥλιος (Hếlios) et πολις (polis) — et signifie littéralement « ville d’Hélios » ou « ville du soleil ». Durant l'Antiquité, les Grecs adorent les divinités liées au soleil dans la ville d'Héliopolis — devenue égyptienne sous le nom de في الهير غليفية (Aîn-ech-Chams) (« Œil-du-soleil »). En 1931, André et Gaston Durville donnent ce nom au village[120], choisi au regard de l'importance qu'ils accordent à l'héliothérapie[M 2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

Dessin d'une amphore.
Amphore Dressel 12[t].

À l’âge du bronze ancien (1800 à ), des gisements au Petit Avis[C 14] attestent du passage intermittent de l’homme. Puis à l'âge du fer, dans l'anse du Liserot[C 10], au VIIe siècle av. J.-C. l'occupation reste transitoire. Elle n'y devient permanente que du VIe au Ve siècle av. J.-C.. Puis, après une période d'abandon, de nouveau le lieu est occupé au Ier siècle av. J.-C. ainsi qu'en témoignent les vestiges de maisons, de la vaisselle grecque et ligure ainsi que des témoins de consommation de vin de Marseille[121],[B 7]. Toujours en , la fréquentation des eaux est avérée ainsi qu'en témoigne l’épave du Titan. Ce navire de commerce de 20 à 25 mètres à fond plat transporte environ sept cents amphores de Bétique pour les produits dérivés du poisson — Dressel 12[t] — lors de son naufrage un peu au sud-est de l'Esquadillon[122],[u],[C 20].

Au Ier siècle, sans précision quant aux îles habitées, les Massaliètes — Grecs de Marseille — possèdent les îles d'Hyères et y entretiennent une garnison[124]. Sur l'île du Levant aux Ier et IIe siècles, il existe des témoignages archéologiques relatant une activité agricole[125].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Photographie couleur de ruines dans la garigue. La mer semble surplomblée.
Ruines au Castelas., en 2006.

La présence de moines est formellement attestée au Ve siècle sur les îles d'Hyères et un monastère existe au XIIe siècle.

L'île en cause est sujette à discussion d'autant qu'un « ancien monastère » est mentionné mais… sur l'île de Porquerolles par la carte de Cassini[126]. Cependant les archéologues s'accordent, en définitive, pour retenir l'île du Levant comme siège de l'édifice. « Le Castelas[C 21], site fortifié médiéval, est le seul qui, par la présence d'une chapelle, a un caractère religieux[127]. » Le lieu de culte ne suffit pas pour affirmer un monastère, mais la structure modeste de la construction — qui comprend quelques tessons de l'Antiquité tardive[128] — et le caractère isolé de l'île s'accordent bien avec les Conférences que Jean Cassien[v] dédie aux anachorètes vers l'an 420. Enfin ce gisement médiéval correspond bien à la description qui en est faite dans un texte de 1199[130].

Donc au Ve siècle, les préfaces des deuxième et troisième recueils des Conférences nomment quatre ermites[131]. Ils fréquentent le Castelas répertorié dans la base Mérimée[132]. Celui-ci comprend une chapelle au sein de fortifications[I 21],[I 22],[I 23] avec, à proximité, deux tombes[w],[I 24]. À environ un kilomètre, au Coucousson[C 22], se trouvent quelques ruines nommées le couvent des moines noirs[x] — dont la datation n’est pas établie[134]. L’île avec ses ressources agricoles, qui parviennent aussi à Hyères, est un grenier de l’abbaye de Lérins[135]. Il n’existe aucune trace archéologique connue indiquant qu’entre le Ve et le XIIe siècle le site soit occupé[136].

Vers 1150, un monastère, qui dépend de l’abbaye du Thoronet, est fondé. Ces moines appartiennent à l’ordre cistercien. En 1160, ils sont victimes d'un raid de pirates qui les pillent et les vendent comme esclaves. En 1169, des chanoines réguliers de saint Augustin relèvent l’établissement alors placé sous l'autorité directe du Saint-Siège. Mais en 1198 l'abbé du Thoronet veut ramener le monastère sous sa dépendance en lui faisant adopter la règle cistercienne. Il obtient dans un premier temps un parjure par la force. Mais le pape Innocent III, selon une bulle pontificale du , condamne la tentative et rétablit la règle de saint Augustin[B 8],[132]. Après le XIIIe siècle il n’existe plus de mention du monastère ou d'occupation de l'île[131].

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Représentation d’un lévrier blanc, sur fond bleu, dressé sur les pattes arrières
Blason de Bertrand d'Ornézan, premier marquis des îles d'Or[137].

Par testament du , Charles III de Provence lègue à son cousin Louis XI ses États. Le roi de France devient alors comte de Provence, et l’île du Levant passe sous sa dépendance[138].

Sur les côtes du comté de Provence et notamment sur celles des îles d'Hyères, la piraterie est extrêmement répandue depuis plusieurs siècles sans que les propriétaires du territoire puissent y mettre fin. Certes les barbaresques sont en cause mais ils ne sont pas les seuls et les marins italiens ou de Gênes participent aux forfaits[139]. Les actes de pillage se joignent à la capture des habitants, qu’il s’agisse d’hommes, de femmes ou d’enfants, pour la revente comme esclaves. Ce fléau est rappelé en 1531 par la population d’Hyères à François Ier[140]. Par lettres patentes, pour essayer d’y mettre un terme, il érige le marquisat des îles d'Or le [141]. Celui-ci comprend l'île de Bagaud, l'île de Port-Cros et l'île du Levant[142]. Il en fait don à Bertrand d'Ornézan en remerciement des services rendus. Parmi les faits d'armes de ce marin, général des galères, figure la défaite de la flotte de Charles Quint devant Toulon[143]. L'impôt royal étant supprimé, libre à lui d’y percevoir les rentes et d’y instaurer la justice. En fait ceci est assorti de plusieurs conditions au-devant desquelles se trouve celle de fortifier rapidement le nouveau marquisat. Pour ce faire, il lui est loisible de procéder au peuplement avec des criminels extraits des geôles — hormis ceux qui sont accusés d’hérésie, ont commis un crime de lèse-majesté, etc. Une redevance est due à la couronne sous forme annuelle de dix mailles d'or et, lors des mutations, d’un faucon[141]. En réalité aucune fortification n'est élevée et dans une lettre de confirmation d'érection du marquisat, Louis XIII rappelle le cette obligation pressante[144]. Treize propriétaires de l'île, avant la révolution, sont connus puis le marquisat tombe en désuétude[y].

En 1744, les Anglais — qui demeurent des ennemis potentiels — proposent d'acheter les îles d’Hyères dont celle du Levant. L'offre fait débat mais finalement elle est rejetée en raison de la menace militaire qu'elle fait peser sur l'activité commerciale exercée sur les côtes de Provence[146].

Le naufrage de la Slava Rossii[z], le à la pointe du Russe[148],[aa], témoigne d'une voie de navigation fréquentée. Ce vaisseau de ligne de trois-mâts et 66 canons de la Marine impériale russe appartient à une escadre qui va du détroit de Gibraltar à Livourne. À la suite d'une erreur de navigation, de nuit et par mauvais temps, la roche surgit et immédiatement l'ancre est jetée en catastrophe mais la chaine se rompt. Le navire fait naufrage et met en péril les 446 marins. Hormis onze malades coincés dans l'infirmerie, ils sont tous sains et saufs après l'intervention des Hyèrois[149],[ab].

Révolution française et Empire[modifier | modifier le code]

En 1793, après le siège de Toulon, les Anglais se replient et occupent l'île du Levant. Ceci s'accompagne du pillage de cultures jugées importantes et de la fin du prieuré des frères de la Sainte-Croix qui s'y sont installés[152].

En 1811, la flotte anglaise menace toujours la France. Napoléon Ier estime que « la prise de ces îles [celles de la rade d’Hyères], indépendamment du tort maritime et militaire, ferait plus de vingt millions de dommage à la Provence et à Gênes[153] » en interdisant la navigation côtière. Le mouvement de la flotte adverse « aura fixé l’attention sur ce point important[154] » et, « l’ennemi ayant évacué la rade[155] », il se trouve libre d’en assurer la fortification. Certes « l’île du Levant est d’un petit intérêt[153] » en elle-même, mais le fort de Port-Man, sur l’île voisine de Port-Cros, qui constitue un élément de défense, peut être protégé par ses feux. L'État ayant acheté au début de 1802 et de 1804 un terrain de 64,9 hectares[G 3], il prévoit sur l'île du Levant un système défensif avec deux postes d'artillerie. L'un possède une tour de modèle no 1[ac]— actuelle batterie des Arbousiers[C 23] — et l'autre une tour de modèle no 3[ac] — dite tour du Titan[C 24]. Durant la période des travaux, auxquels il alloue 100 000 francs[153], il ordonne la présence de 1 000 hommes commandés par un colonel avec des canons[157], une fois ceux-ci terminés seuls 100 hommes doivent suffire[153]. Il prévoit enfin la possibilité de transports avec Port-Cros[157].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Le , un Génois, Jean-François Gazzino, achète à Simon de Savornin de Saint Jean l'île du Levant[CG 5]. En 1817, il construit sur l'île voisine, à Port-Man, une usine pour produire de la soude[158]. Celle-ci permet la fabrication du savon de Marseille. À cette date, la production est extrêmement coûteuse en énergie et nécessite l'emploi de fours. Ceci est à l'origine d'une déforestation complète pendant presque vingt ans[B 9].

Le , le brick Marsouin de la Marine royale — armé de 12 caronades de 18 livres et 2 canons de 6 livres —, victime d'une légère voie d'eau tente sous un fort mistral de gagner un abri dans la baie d’Hyères. Mais le trois-mâts manque à virer, il essaie de mouiller cependant la chaine de l'ancre rompt et il s'échoue à proximité de la plage des Grottes. L'équipage et les soixante-quinze militaires rapatriés d'Alger une fois sur l'île ne peuvent qu'assister à la dislocation du bâtiment[159],[160],[ad]. Ce naufrage témoigne de la fréquentation importante des voies maritimes menant à Toulon. Les mises en service du phare du Titan[C 12] en 1837 et du sémaphore du Titan[C 25] en 1863 n'influencent pas l'histoire de l'île mais témoignent aussi de cette situation particulière. Il s'agit de l'île de la rade d'Hyères la plus à l'est et presque la plus au large. Pour les navires, la côte est annoncée par cette première terre alors balisée puis avec laquelle il est possible de communiquer.

Photographie noir et blanc. Premier plan de verdure puis bâtiment comprenant deux ailes de cinq salles sur deux étages.
Dortoirs de la colonie pénitentiaire, en 1905.

Le , le comte Henri de Pourtalès achète l'île du Levant à Melchior de Grivel. Le , il est autorisé à y créer une colonie pénitentiaire pour « jeunes détenus acquittés […] comme ayant agi sans discernement, mais non remis à leurs parents[161]. »[ae] Toujours selon la loi, ces mineurs de moins de seize ans sont soumis à « une éducation sévère et appliqués aux travaux de l'agriculture […] Il est pourvu à leur instruction élémentaire[161]. » L’idée du législateur en créant les colonies pénitentiaires est de rééduquer les jeunes délinquants, pour la grande majorité coupables de mendicité ou de vagabondage donc issus de milieux pauvres voire sans parents, par des travaux agricoles dans un cadre régi par des règles sociales et religieuses[162]. Ainsi, la colonie agricole pénitentiaire de Sainte-Anne nait[G 1],[af]. Les 148 premiers détenus arrivent le et cette main d'œuvre gratuite atteint presque trois cents individus le [G 4]. L'agriculture est orientée vers la viticulture, avec un vignoble de 40 ha — vin du Titan —[164], et la fabrication de pipes de bruyère. Ceci suppose d'arracher des souches de bruyère, d'ébarber des racines, de débiter des ébauchons et enfin de lustrer les pipes sur des tourets à polir[G 5]. Ces tâches s'effectuent dans des conditions de vie difficiles dues à une nourriture frugale, des vêtements en haillon, une hygiène approximative sur un fond de brimades constantes[G 6]. Des tentatives d'évasion ont lieu ainsi qu'une révolte, le , maîtrisée par deux brigades de gendarmerie et une section d'infanterie coloniale[G 7]. Au cours de celle-ci un incendie coûte la vie à quatorze détenus[G 8],[165]. Le Simon Philippart acquiert l'île[G 1] et installe aussi un jardin d'essai au Jas-Vieux[C 26] — sont visibles des ruines de ferme, bergerie, noria[166],[167] Mais au terme de dix-sept ans, le , la colonie pénitentiaire est évacuée[G 9]. Pendant cette période, quatre-vingt-dix-neuf détenus de 10 à 20 ans, soit un peu plus de 9 % des 1 057 détenus, sont morts sur l'île[G 1],[ag].

Ultérieurement des bâtiments servent de logement aux soldats de l'infanterie de marine de passage. Tel est le cas du château du comte de Pourtalès distant d'un kilomètre du pénitencier[I 25]. Ce dernier comprend trois grands dortoirs, une école, une chapelle et des bâtiments utilitaires[168],[I 26]. Ce pénitencier, dont il ne reste rien, est au XXIe siècle recouvert par des logements militaires[CG 6],[C 27]. La base Mérimée ne recense que deux caves possiblement utilisées comme cachots[169],[I 28]. Depuis 1994, se trouve dans le cimetière une stèle surmontée d'une croix portant sur ses quatre faces le nom des décédés d'alors[I 29],[C 28].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le XXe siècle est marqué par la co-habitation de l'Armée et des naturistes. À compter de 1950, la première fait valoir ses droits en s'entourant du secret défense, ce qui s'accompagne de contraintes certaines pour les civils.

Domaine militaire[modifier | modifier le code]
Carte topographique d'une île.
En rouge, limites du domaine militaire de l'île du Levant.

Le , l’État acquiert 937 ha de l'île — soit 93,5 % de la superficie totale — considérant son intérêt stratégique[170],[G 2]. Elle devient un terrain d'exercice pour des troupes d'infanterie de marine[M 3],[I 25] et, comme en pour le cuirassier Amiral Duperré et le croiseur Sfax, elle sert de cible d’entraînement au pilonnage d'artillerie. Ces campagnes de tir, qui se prolongent au-delà de 1920, provoquent parfois d'intenses incendies[CG 7]. Elles prennent fin en 1928 avec la mise en location du terrain[M 4].

Lors de la Seconde Guerre mondiale, les Allemands peuvent servir une batterie de quatre canons de 164[B 10] située à proximité du phare du Titan. Les alliés pensent qu'elle menace la baie de Cavalaire alors extrême point ouest du débarquement de Provence. Ceci justifie le un bombardement par des B-26 du 320th Bomb Group[171],[I 30],[I 31]. Puis en ouverture de la bataille, le à une heure du matin, les 2e et 3e régiments de la First Special Service Force débarquent par surprise, sans préparation d'artillerie navale, au Grand-Cap[C 29] et à la calanque du Ponton[C 30],[B 10], sur la côte sud-est de l'île[CG 8]. Ces 1 300 hommes constituent la Sitka Baker Force[172], de la Sitka Force qui assaille d'autre part l'île de Port-Cros. Face à eux se trouvent 90 Allemands de la 2e compagnie du Grenadier-Regiment 917. À h 50[173] l'unité américano-canadienne, emmenée par le colonel Edwin Walker, ne découvre qu'un leurre en bois[ah] et à 22 h 30 elle est maîtresse de toute l'île[CG 9],[M 5],[175].

Alors que depuis 1936 le bail auprès de l'État n'est pas renouvelé par les frères Durville[CG 10], en la Marine nationale installe une petite station de lancement de missiles[G 2]. Il s'agit de la première étape vers la constitution du Centre d'essais et de recherche d'engins spéciaux (CERES)[176]. Après de nombreuses évolutions, ce dernier devient le la DGA Essais de missiles[177]. Si une très faible part de son activité se fait vers l'expérimentation de fusées pour la recherche scientifique, l'essentiel est d'ordre militaire. Il s'agit de réaliser des essais de missiles, torpilles et autres munitions de gros calibre. Cela se réalise, avec les armées de l'air, de terre et de mer, dans tous les milieux possibles qu'ils soient aérien, terrestre, marin ou sous-marin[178],[I 32]. Considéré comme relevant du secret défense, le site hautement sécurisé n'est accessible qu'après habilitation. À ce même titre, l'accès au domaine maritime entourant l'île est, pour sa majeure partie, interdit sauf autorisation[179]. Quant à l'espace aérien, il est placé dans la zone aéronautique LF-P 63 qui interdit formellement le survol de l'île par tout aéronef non autorisé[180],[ai].

Domaine naturiste d’Héliopolis[modifier | modifier le code]
Dessin publicitaire noir et blanc. Premier plan pins parasols puis la mer et en fond une île.
Illustration d'une publicité du périodique Naturisme, en 1931.

En 1928, la société immobilière des îles d'Or possède, outre les 64,9 ha de la batterie des Arbousiers, la voie de 3 ha qui joint la batterie des Arbousiers à celle du Titan. Celle-ci parcourt par les sommets presque toute la longueur de l'île[M 6]. Elle loue le reste de l'île à l’État. Gaston et André Durville la rachètent et inaugurent en Héliopolis[M 7],[aj]. Il s'agit de créer un lieu dévolu au naturisme, et non pas dévolu au nudisme, tel que les « hommes et filles bronzés […] n'offrent au soleil que leur très sain désir de conquérir par lui plus de santé[M 1] ». Le respect de l'environnement est mis en avant pour que chacun puisse profiter de la nature. Ainsi sont prohibés les panneaux publicitaires, les routes et le bruit. D'emblée le village est conçu pour permettre, non pas un simple séjour le week-end, mais une résidence à l'année. Des bungalows-type, certes sommaires mais en dur et non des tentes, sont proposés[M 8]. Le succès est certain puisqu'en , pour trois cents parcelles, il n'en reste qu'une dizaine disponibles[M 9]. Enfin, malgré des travaux de viabilité plus coûteux que prévu, l'arrêté préfectoral du atteste de leur achèvement[M 10]. Le développement cesse avec la Seconde Guerre mondiale où le quotidien des quelques résidents restés devient difficile[M 11]. En , les Italiens occupent toute l'île et finalement les Allemands en exigent l'évacuation pour le [CG 8].

Les résidents reviennent dès 1945[CG 11] puis le camping des Grottes — dont les 18 ha sont loués par la mairie d'Hyères à l'Armée[CG 12] — se remplit en masse en période estivale. Ceci pose des problèmes d'hygiène, d'approvisionnement en eau et de risque d'incendie. En 1955, la Marine clôt avec des barbelés son domaine et le chemin qui va de la batterie des Arbousiers à celle du Titan[CG 13],[181]. Puis après avoir toléré ce camping l'été, elle le ferme le en raison du secret défense, ce qui est considéré par les autochtones comme « catastrophique »[M 12]. Les constructions ne sont plus de simples bungalows mais des villas et des hôtels[CG 14] où séjournent l'été, suivant les années, quelques personnalités dont Michel Simon, Madeleine Renaud et Jean-Louis Barrault, Errol Flynn, Monique Watteau, Guy Béart, Annie Girardot, Jayne Mansfield ou Georges Moustaki[182]. Si les années 1950 à 1970 voient la fréquentation de l'île augmenter — 3 800 visiteurs en 1950[B 11] —, à compter de 1970 sa fréquentation décroit[CG 15] et une centaine de résidents à l'année sont recensés dans les années 2015[183]. Ce n'est qu'en 1989 que l'île est électrifiée[184], ce qui change considérablement la vie quotidienne[CG 16].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Administration[modifier | modifier le code]

L'île du Levant relève de la commune d'Hyères[ak] dont elle est une fraction — c'est-à-dire un quartier[a]. Deux propriétaires y appliquent leurs règles. L'un est institutionnel et l'autre privé.

L'État[modifier | modifier le code]

L'autorité du ministère des Armées, représentée depuis 1892 par la Marine nationale, est assurée depuis le par l'ingénieur en chef de l'armement, directeur du site Méditerranée de la DGA Essais de missiles[186],[187] qui agit de concert avec l'amiral commandant en chef pour la Méditerranée.

Le ministère de la Transition écologique et solidaire est également un acteur avec le service des phares et balises de la Méditerranée dont le siège est à Marseille. Pour l'île du Levant, le centre opérationnel de balisage se trouve à Toulon[188].

L'Association syndicale libre du domaine naturiste d’Héliopolis[modifier | modifier le code]

Photographie noir et blanc de deux hommes en buste torse nu.
Gaston Durville (à gauche). André Durville (à droite), en 1930.

Héliopolis est un domaine naturiste privé ouvert au public[189]. En d'autres termes, l'ensemble de la partie civile de l'île est constituée de lots dont les propriétaires privés sont obligatoirement réunis au sein de l'Association syndicale libre du domaine naturiste d’Héliopolis (ASL)[190]. Ils ouvrent l'accès aux parties communes du domaine au public.

De 1863[191] à 1900 et depuis le , les adjoints spéciaux pour la fraction de l'île du Levant se succèdent[al]. En effet, la loi prévoit que « lorsque les communications entre le chef-lieu et une fraction de commune sont difficiles, dangereuses ou momentanément impossibles […] le conseil municipal peut instituer un ou plusieurs postes d'adjoint spécial[192]. » Elle indique qu'il « remplit les fonctions d'officier d'état civil et peut être chargé de l'exécution des lois et règlements de police dans la partie de la commune pour laquelle il a été désigné, et précise qu'il n'a pas d'autres attributions[192]. » Donc sans mandat électif obligé, il est le plus souvent choisi parmi les résidents pour accomplir ces fonctions administratives. Au-delà, son rôle est celui d'« un être hybride, un médiateur, intermédiaire, véritable relais entre la population et la ville[193]. »

Les statuts de l’ASL disposent que « le président[n] est élu pour trois ans […] indéfiniment rééligible. Le président représente l’ASL vis-à-vis des tiers et de toutes administrations […] Il peut engager l’ASL, et chacun de ses membres individuellement[194] […] » Ceci lui donne un rôle primordial dans la gestion de la partie civile de l'île tant dans sa vie intérieure que vis-à-vis de toutes les autorités.

Liste des présidents de l'ASL[modifier | modifier le code]

Présidents[n] de l'ASL[am]
Début Fin Identité Qualité
1932 1963 André Durville[an] Médecin[195]
[ao]
1963 1968 Guy Deloupy[ap] (ex-pilote de chasse — Première Guerre)[CG 21]
1968 1970 Jacques Paris[aq] Commerçant en quincaillerie
197 1971 Pierre Chataignon[aq],[ar] Agent d'assurances
1971 1977 Paul Augier[197] Géomètre de l'île (ex-militaire)[CG 23]
1977 1995 Philippe Fourneau-Faye[196] Viticulteur en Beaujolais
puis retraité[198]
1995 1995 Jean Miaille[199],[ar] Journaliste, photographe
et éditeur[200]
1995 1998 Felix Poli[aq] Retraité (ex-propriétaire de discothèques)
1998 2001 René Nicot[75] Géomètre
2001 2013 Jacques Ollive[I 34] Retraité (ex-directeur à l'institut Pasteur)
2013 2016 Jean-Yves Gacon[201] Retraité (ex-administrateur civil)[202]
2016 en cours
(au 2019)
Chantal Aumasson[203] Retraitée (ex-gérante de société)
Les données manquantes sont à compléter

Rattachements administratifs et électoraux[modifier | modifier le code]

Électoralement, en tant que fraction[a], l'île ne peut pas être une entité. Une mairie annexe[I 35] témoigne de son appartenance à la commune d'Hyères. À ce titre elle dépend du canton d'Hyères, de la 3e circonscription législative du Var ainsi que de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Au sein de la mairie annexe est installé un bureau de vote qui permet d'établir les scrutins. Son ressort géographique est celui de la totalité de l'île du Levant. La présidence est assurée par l'adjoint spécial de l'île. Depuis au moins 2014, un certain nombre de constations sont possibles. Le nombre d'inscrits sur les listes électorales, tout en le suivant, est supérieur à celui du nombre de résidents. La participation est superposable à celle de l'ensemble de population française. Localement le suffrage des électeurs, avec un score supérieur — sauf pour l'élection législative où le résultat est largement inverse —, se porte vers l'élu final de la circonscription[as]. Les résultats des seconds tours font apparaître un territoire administratif dominé par la droite alors que le parti plus à son extrême arrive parfois en seconde position.

Résultats du second tour du bureau de vote de l'île du Levant
Années Élections Inscrits Votants Élus Nb vx Battus Nb vx
2017 Législative[204] 165 94 Jean-Louis Masson LR 32 Alexandre Zapolsky REM 56
2017 Présidentielle[205] 163 123 Emmanuel Macron EM 76 Marine Le Pen FN 30
2015 Régionale[206] 176 82 Christian Estrosi LR-UDI-MoDem 41 Marion
Maréchal-Le Pen
FN 31
2015 Départementale[207] 187 92 Véronique Bernardini
Francis Roux
UMP 58 Patrick Collet
Marie-Laure Collin
FN 27
2014 Municipale[208] 201 118 Jean-Pierre Giran UMP 81 Jacques Politi DVD 23

Équipements et services publics[modifier | modifier le code]

Dans le village se trouvent un bureau de poste, une boulangerie, un commerce d'alimentation et bazar, plusieurs bars et restaurants.

Électricité[modifier | modifier le code]

Lors de la construction d’Héliopolis, une centrale électrique doit assurer les besoins du lotissement. Mais du fait d'un fonctionnement insuffisant elle est abandonnée[CG 24]. Sur le domaine militaire dès le début des années 1950 — début des essais —, des groupes électrogènes sont installés puis leur nombre est augmenté[209]. Sur la partie civile, les années 1970-1980 annoncent l’installation de groupes électrogènes bruyants et malodorants. L’intervention de Philippe Fourneau, syndic, — dont les intérêts convergent avec ceux du domaine militaire — permet l’arrivée de l’électricité depuis Le Lavandou via l’anse de Port-Man. Ainsi le en a lieu l’inauguration[210]. Il n'existe pas d'éclairage public sur l'île. Ce choix, qui oblige à se munir d'une lampe-torche la nuit, est inscrit dans le cahier des charges. Il permet de profiter du ciel étoilé[CG 25].

Eaux et déchets[modifier | modifier le code]

Photographie couleur. Les collines entourant cette modeste étendue d'eau sont couvertes d'arbres de faible hauteur et de la garigue.
Retenue collinaire du Jas-Vieux, en 2015.

L’eau potable n’est pas distribuée dans l’île[211]. Toutefois en 1771, il est précisé que « les barbaresques mouillent pour faire de l’eau[43] » — ils font aiguade. Il apparaît que lors de la création d’Héliopolis, avant 1934, cinq puits sont creusés[212]. Dans les années 1970, ceci est progressivement complété par un forage de 200 mètres puis un autre qui alimentent un réservoir[213] de 1 000 m3 — dont 600 m3 en réserve incendie —[at] et des forages privés. Sur la partie militaire, il existe onze forages cartographiés[213] et deux réservoirs qui représentent une capacité de stockage totale de 1 280 m3 — environ deux jours de consommation en période de pointe. S'adjoignent trois retenues collinaires que sont les étangs du Jas-Vieux (62 000 m3)[C 5],[I 1] et du Haut (8 000 m3)[C 6],[I 2] qui alimentent le barrage du Bas (12 000 m3)[C 7],[I 3]. Une usine après traitement délivre l’eau aux installations militaires. En cas de déficit leur ravitaillement est assuré par le Gapeau[214] qui alimente le point d’eau du Haut[215],[94].

Il n'existe pas de réseau de tout à l'égout. Par ailleurs l'absence d'activité artisanale ou industrielle permet de s'affranchir de toute pollution chimique. Sur la partie civile chaque habitation est théoriquement équipée d’une fosse septique. Sur le domaine militaire les eaux usées sont rejetées en mer après broyage. L’exutoire se trouve à 1,5 km de la côte nord à environ 45 m de profondeur. Le flux polluant généré varie suivant les effectifs militaires présents en cours d’année, estiment les responsables du parc national de Port-Cros sans pouvoir l'étudier. Ceci doit rendre complexes les méthodes de traitement envisageables. Il existe aussi des fosses septiques[216].

Les déchets font l’objet d’une collecte, depuis 1984[CG 26] — précédée d'un tri depuis la saison estivale 2017[217] —, au moins mensuelle pour être ensuite recyclés ou entreposés dans une déchetterie située sur le continent[218].

Enseignement[modifier | modifier le code]

En , est ouverte une « école de plein air » privée. Selon la conception des frères Durville, les activités physiques prédominent ce qui sert de modèle pour quelques établissements[CG 27]. Mais, faute de moyens financiers, elle doit fermer fin 1935[219],[220],[221]. Puis une école publique primaire est inaugurée le mais dès le l'inspecteur juge les locaux inhabitables et, en absence d'intervention du propriétaire ou du maire, ferme l'établissement[I 36],[222],[223]. Elle rouvre après la guerre le [224] puis l'académie de Nice, après l'année scolaire 2006-2007, décide sa fermeture[225]. Ainsi plus de vingt instituteurs se succèdent pendant soixante-quinze ans[au].

Santé[modifier | modifier le code]

Aucun médecin n'est installé de façon pérenne sur l'île. Le SAMU est appelé en cas d'urgence médicale. Celui-ci en cas de nécessité contacte le CROSS La Garde. L'évacuation sanitaire est organisée par les marins-pompiers — comme pour toutes les urgences sanitaires ou non. Sont ainsi sollicités soit la vedette de secours du SNSM station Le Lavandou[226],[I 37], soit un hélicoptère de la sécurité civile — Dragon 83 — provenant de la base d'aéronautique navale d'Hyères Le Palyvestre avec un médecin à bord qui assure un transfert vers l'hôpital d'Hyères[227],[I 38].

Justice et sécurité[modifier | modifier le code]

Au titre de la commune d'Hyères, l'île du Levant relève des tribunaux d'instance et de grande instance de Toulon. Elle dépend également du tribunal pour enfants, du conseil de prud'hommes et du tribunal de commerce de cette ville. La cour d'appel d'Aix-en-Provence peut être amenée à statuer pour ces juridictions. Également à Toulon se trouve le tribunal administratif dont l'instance supérieure est la cour administrative d'appel de Marseille[228].

À terre, sur le domaine militaire la brigade de gendarmerie de l'Armement de Toulon assure une présence continue et dispose de tous les pouvoirs de police judiciaire, administrative et militaire. Elle est compétente pour les personnes civiles et les militaires. Son rôle est important dans le respect du secret défense[229]. Sur le domaine civil, la police municipale d'Hyères est sur place sachant que le commissariat de police d'Hyères est compétent[230]. En mer, le groupement de la gendarmerie maritime Méditerranée agit sur toutes les eaux territoriales[231].

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Comme tout habitant du levant, de l’orient, les habitants sont appelés les Levantins[232].

Au travers des écrits[av], il apparaît que la population de l'île fluctue selon la présence de groupes au début religieux puis pénitentiaire et enfin naturiste.

Un peuplement monacal certain mais restreint est attesté au Ve siècle selon les Conférences de Jean Cassien. Puis de nouveau, des moines sont présents aux XIIe et XIIIe siècles, selon des bulles pontificales[131]. Après un abandon du lieu, en 1536 « soixante-dix chrétiens l’habitaient. »[233] Il est possible de dénombrer en 1755 huit familles. Ce nombre reste stable en 1757 avec quatre familles de paysans puis huit ménages en 1771[43]. À ceux-ci s'adjoignent les frères de la Sainte-Croix. Mais « leur établissement […] se trouva ruiné presque complètement par les Anglais, en 1793. » Ainsi en 1796, la population est réduite à « quatre familles et les frères de la Croix à onze ». Plus tard, en 1827, il ne se trouve que « quelques paysans [ainsi qu']une dizaine de douaniers. » Entre 1861 et 1878, la colonie pénitentiaire va jusqu’à 500 habitants sachant qu'en 1876 ne sont comptés que 81 occupants[233]. Ce chiffre décroît à 19 habitants en 1898[234] puis se stabilise les trente années suivantes avec 20 personnes en 1913 puis 14 habitants en 1928[233],[aw].

Survient ensuite la création d'Héliopolis par les naturistes. Ainsi en 1933, soit seulement cinq ans après les données précédentes, un quotidien estime cette population à 250 personnes[236]. Ce nombre est confirmé par le recensement du auquel s'adjoignent 6 000 baigneurs[M 13]. En , la population est réduite à 83 personnes avant que les Allemands ordonnent pour le une évacuation complète de l'île hormis 9 habitants[CG 30]. En 1955 la population est estimée de nouveau à 450 personnes[80]. Mais en 2003, celle-ci n'est plus que de 123 habitants[237]. Puis, en 2006, le déclin persiste avec 110 résidents permanents[238].

Selon les îlots regroupés pour l'information statistique (IRIS) employés par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) il est possible d'analyser la population de l'île. En 2014, la population totale est de 100 habitants[183] pour 56 502 habitants sur le territoire de la commune d'Hyères[239].

Pyramide par sexes et âges au Levant en 2014 en pourcentage[183].
Hommes Classe d’âge Femmes
12,86 
75 à ans ou +
16,67 
41,43 
60 à 74 ans
13,33 
32,86 
45 à 59 ans
26,67 
1,43 
30 à 44 ans
23,33 
5,71 
15 à 29 ans
10 
5,71 
0 à 14 ans
10 
Pyramide par sexes et âges de la commune d'Hyères en 2014 en pourcentage[239].
Hommes Classe d’âge Femmes
15,5 
75 à ans ou +
13,5 
17,7 
60 à 74 ans
14,1 
17,9 
45 à 59 ans
16,2 
18,3 
30 à 44 ans
19 
17,7 
15 à 29 ans
14,1 
15,5 
0 à 14 ans
13,5 

La répartition est très particulière ainsi qu'en témoigne l'année 2014. La population masculine de l'île (70 %) est supérieure au double de la population féminine (30 %)[183]. Ceci est sans comparaison avec la répartition locale d'Hyères qui est même légèrement inverse (47,33 % et 52,67 %)[239] ou avec la répartition nationale (48,47 % et 51,53 %)[240]. Le taux de personnes âgées de plus de 60 ans (46 %)[183], est supérieur à celui d'Hyères (34,6 %)[239] et au taux national (24,4 %)[241]. Par ailleurs, l'absence d'enfant indique que le renouvellement de cette population, déjà âgée, ne peut résulter dans l'avenir que d'un solde migratoire positif[ax].

Toutefois ceci n'inclut pas certains résidents à l'année et, sans que le nombre de militaires soit divulgué[70], début 2012 il est établi que « la direction générale de l’Armement emploie 250 personnes sur l’île du Levant[242]. » Enfin, il faut prendre en compte l’accueil touristique, estimé en 2008, à 1 600 personnes aux beaux jours[243].

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

Plusieurs associations contribuent à la vie du village, en proposant des expositions, des concerts, des visites, des actions en faveur du patrimoine et de la nature, des activités culturelles et sportives ou simplement ludiques. Parmi ces dernières la plus ancienne date de 1946. À la mi-août, au cours de ce qui devient une institution, est procédé à l’élection de Miss Levant — initialement Reine de l’île, puis Reine naturiste, puis Reine d'Héliopolis[244],[M 14]. Depuis 1949, est organisé l’aller-retour à la nage vers Port-Nam. Cette compétition annuelle a pour prétexte un écrit de 1882. Il y est indiqué qu’une vieille Levantine réalise ce trajet pour assister aux offices religieux chaque dimanche et jour de fête[245],[246].

Sports[modifier | modifier le code]

Un centre UCPA est consacré à la pratique de la plongée sous-marine pour les membres de plus de dix-huit ans. Il est ouvert à partir du niveau 1 (ou P1 CMAS). Il permet de découvrir les randonnées palmées et la plongée autour du parc national de Port-Cros[247].

Cultes[modifier | modifier le code]

Photographie noir et blanc d'une statue en bronze. Une femme drapée en pieds couronnée porte un enfant.
Statue de sainte Anne offerte au comte de Pourtalès vers 1870.

Le rite romain prévaut largement et fait de sainte Anne la patronne de l'île[af]. Sa statue est offerte au comte de Pourtalès par les habitants. Il s’agit d’un élément en bronze d'un mètre de hauteur. Érigée sur une pyramide quadrangulaire, sur la cote 121 — devenue la Madone[C 9] — son visage et celui de l’enfant Jésus sont tournés vers la colonie pénitentiaire qu’ils protègent. Celle-ci toujours décrite en 1937[248] repose décapitée au pied de son piédestal en 1949[I 39] puis elle disparaît. Son socle est encore visible en 1950[249]. Une consécration de l'île a lieu le [M 15] puis les messes sont célébrées en plein air. Ultérieurement une chapelle est édifiée sur les plans d'Arnaud Moulin, curé et possesseur d'un terrain dont il fait don[250]. Ainsi, depuis fin 1954, les messes sont célébrées à la chapelle du Christ-Roi[I 40],[CG 31]. Au XXIe siècle, en juillet et août chaque semaine, une messe catholique romaine est célébrée par un prêtre de la paroisse du Lavandou dont elle dépend[251]. Le cimetière se trouve en zone militaire et n'est accessible qu'exceptionnellement le jour de la Toussaint et lors de sépulture. Un mur du souvenir, permettant d'apposer une plaque en mémoire d'un décédé, est donc érigé le [252].

Économie[modifier | modifier le code]

La pêche professionnelle n’est exercée que par un seul habitant. D’une façon plus étendue une vingtaine de pêcheurs de la prud’homie du Lavandou, dans un cadre extrêmement règlementé dépendant des autorisations temporaires accordées par l’autorité militaire, peut fréquenter une partie des eaux de l’île[253].

L'accueil touristique est la ressource de l'île. L'hébergement touristique est assuré par quatre hôtels, vingt villas en location et de façon rémunérée auprès de certains particuliers[254].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Bien qu'il n'existe pas sur l'île de monument inscrit ou classé à l'inventaire des monuments historiques français, la batterie des Arbousiers[255],[256] et le phare du Titan[257],[258] sont répertoriés à l'inventaire général du patrimoine culturel français.

Le sémaphore du Titan est également un monument notoire de l'île.

Batterie des Arbousiers[modifier | modifier le code]

Cliché de bâtiment. Devant façade, piscine rectangulaire avec pont-levis. En angle, statue de couple nu enlacé.
Reste de la tour modèle no 1[ac] de la batterie des Arbousiers, en 2015.

Deux appellations rappellent la fonction de l’ouvrage et son commanditaire. Ainsi la batterie des Arbousiers est le nom figurant sur les anciens cadastres et repris dans la base Mérimée[259] puis la tour est dite est « fort Napoléon » par les frères Durville qui en font leur résidence[260]. Il s'agit d'une demeure, désormais privée, qui appartient à Héliopolis, et le domine à 118 mètres[C 23].

En 1531, François Ier crée le marquisat des îles d'Or, dont fait partie l’île du Levant, qu’il donne à Bertrand d'Ornézan. En contre-partie, celui-ci doit s’engager à fortifier l’ensemble de son marquisat contre les pirates, les corsaires ou les troupes régulières. En réalité, ni lui ni ses successeurs ne semblent établir de fortification. En 1634, alors que les Espagnols rassemblent à Naples une flotte qui menace la France, Richelieu dote les îles voisines de Porquerolles et de Port-Cros de forteresses mais néglige l’île du Levant. De Peiresc, contemporain, explique l'absence de fortification car « ils [les Espanols] n'y pourroient pas faire d'estalissement eux mesmes qui fust tenable, non plus que nous[261] ». En 1747 puis en 1752, Milet de Monville mentionne un ancien fort du Titan qui contient dans son enceinte des casernes, une chapelle, une citerne et des magasins ainsi qu’une tour abandonnée avec sur la plateforme quelques tronçons de canons de 10 livres aux armes des Gondi[262],[263],[264],[ay]. Il situe celui-ci au milieu de l’île sur la carte qu’il produit, mais il n’envisage pas de réarmement[266].

En , le siège de Toulon chasse les Anglais. Ils vont alors dans la rade d’Hyères et en occupent toutes les îles. Sur l'île de Port-Cros la destruction du fort de l'Estissac laisse sans défense la rade[267]. Pour qu’elle constitue de nouveau un abri pour la flotte française, qui n’a pas la maîtrise de la haute mer, Napoléon Ier estime le nécessaire en attendant la reconstruction, d’installer sur l’île du Levant qu'il considère en elle-même comme « d'un petit intérêt ; une tour modèle no 1[ac] […] protégeant une batterie qui croiserait avec le cap Bénat et Port-Man[153] ». Une tour carrée de 15 mètres de côté est alors construite[I 41] à compter de 1813[268]. Elle est conforme aux directives de l’Empereur[269] avec une hauteur, depuis les fossés, de 12 mètres soit trois niveaux en comptant le niveau inférieur. Ce fossé encore visible, de trois mètres de large et de deux mètres de profondeur, est partiellement creusé dans la roche. S’y adjoint une contrescarpe non maçonnée seulement visible au nord-ouest. L’ensemble constitue une redoute qui comprend aussi une citerne toujours en fonctionnement. La plateforme supérieure est occupée par les petites pièces de campagne qui battent la passe des Grottes et la rade de Port-Man par ailleurs elles interdisent un débarquement à l’Avis. Les canons de 36 livres sont placés en contrebas sur une plateforme de tir taillée dans le rocher. Ils battent la passe vers le cap Bénat. Ainsi « des débris de pièces éparpillés décorent aujourd’hui une délicieuse propriété, Le Refuge, en contrebas du fort Napoléon[270]. »[271] L’ouvrage est très rapidement abandonné par l’Armée d’autant que dès 1860 l’île de Bagaud est armée. Ainsi en 1862, la position est simplement dénommée sur les cartes d'état-major vigie du Titan[272]. La parcelle de 62 ha sur laquelle elle se trouve est vendue en 1883.

Photographie couleur de vestiges d'une tour ronde vue de profil surplomblant la mer.
Vestiges de la tour du Titan, en 2007.

Les frères Durville décident d’en faire leur résidence et conservent l'enceinte avec ses annexes en pratiquant simplement quelques ouvertures. L'aspect crénelé d'origine[273] fait place à un toit en terrasse. Durant la Seconde Guerre mondiale l’ensemble brûle puis est reconstruit en 1950[CG 32]. Ultérieurement le toit est en tuiles à quatre pans et une piscine, partiellement recouverte d'un pont-levis fictif, est installée dans les fossés. Sur l'un de ses bords se trouve une statue en bronze de Hans Jörg Limbach figurant une couple nu enlacé[274].

Toujours selon les directives de Napoléon de 1811, la défense des côtes est complétée par une batterie de bien moindre importance dotée d’une tour modèle no 3[269],[ac] — dite tour du Titan. Celles-ci sont situées sur un terrain de 100 mètres-carrés[275], vers l'extrémité sud-est de l'île donc de situation opposée à la fortification précédente[C 24]. Elles défendent l’anse du Liserot et le port qui s’y trouve — alors dit port du Titan[153]. Cette tour, antérieure au XVIIe siècle, apparaît cylindrique « intégrée à la batterie 1er Empire[263] »[I 42]. Il n’en reste que les ruines[I 43] ainsi que celles d'un parapet adjacent[I 44].

Phare du Titan[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Phare du Titan.

Sans ruine connue, les écrits indiquent que les Massaliètes choisissent les îles d'Hyères pour établir un poste fortifié permettant d’envoyer un signal d’alerte lumineux dans le cadre de la défense de leurs possessions. Il est probable que ce soit l'île du Levant[103]. De même la présence d’un farot[o] sur l'île est ordonnée en 1302 par Richard de Gambatezza, sénéchal des comtés de Provence et de Forcalquier[276]. Ce système de signal — feux la nuit et fumées le jour — lorsqu’il est bref indique que le guetteur voit un ennemi, alors que lorsqu’il est durable constitue un élément de sécurité[277]. Il est visible d’une part depuis le cap Bénat et d’autre part depuis le cap Camarat[278], constituant l’un des maillons d’une chaine qui s’étend sur la façade maritime du comté de Provence de la pointe de l'Espiguette à La Turbie[103].

Photographie en couleur d'un phare avec son bâtiment attenant pour les gardiens.
Façade nord du phare du Titan, en 2015.

La décision de la construction d'un phare est consécutive au développement de l’activité maritime, due notamment au transport de troupes et de marchandises lors de la conquête de l’Algérie. En effet, la région du port de Toulon devient stratégique[279]. L'acquisition des terrains est confiée le au préfet du Var, qui négocie donc initialement avec le propriétaire, Jean-François Gazzino. Bien que les travaux débutent rapidement, l'affaire n’est close qu'avec le marquis de Retz, devenu propriétaire entre-temps des terrains d'assise du phare, le [G 3],[az]. L'accès se fait depuis une calanque — dite depuis calanque du Phare[C 11] — où accoste le navire des Ponts et Chaussées. Il comprend un accès difficile qui permet de « monter les pierres de taille et les charpentes du phare[281] » dans la roche[i]. Cette première partie représente un dénivelé de soixante-trois mètres par rapport à la mer[282]. L'emplacement retenu pour la construction est alors proche et les matériaux sont acheminés par charrettes[C 12],[280].

« Très sobre[279] », le bâtiment entièrement blanc a une base carrée[I 45]. De part et d’autre de la porte d’entrée, à laquelle on accède par quelques marches, se trouvent deux fenêtres qui correspondent à des pièces techniques. Puis leurs succèdent deux chambres ayant chacune une fenêtre sur les autres façades. Enfin, le rez-de-chaussée se termine par un vestibule distribuant sur un salon et une cuisine dont les fenêtres encadrent une porte extérieure[283]. Au centre se trouve la tour carrée du phare, en maçonnerie de pierres lisses, de 8,5 mètres entre le sol et la plateforme[ba]. Ce feu blanc fixe est de 3e ordre[bb], dioptrique[bc] avec une optique de focale 0,5 m[286]. Visible depuis cinq lieues marines[bd], il s’adresse aux navigateurs venant de l’Est[282]. La mise en service du phare a lieu le . Les Ponts et Chaussées décident, le , de construire un bâtiment annexe pour accueillir les familles des gardiens[287]. Il s’agit d’une maison rectangulaire d’un étage avec sur chaque façade trois ouvertures par étage. Celles du bas sont plus hautes et plus larges que celles du haut[I 46]. Ce logement, à quelques mètres du phare, est bien équipé[288].

Par ailleurs, le récif de l’Esquadillon représente un écueil peu visible par grosse mer[be] et qui se trouve seulement à environ trois cent vingt mètres du phare[C 20]. Celui-ci est indiqué en 1838 par un système de signaux supporté par des tiges métalliques[290].

Le , le phare d'origine est jugé insuffisant. Il est donc complété d'une tour légèrement tronconique. Celle-ci, blanche, est adossée au bâtiment carré avec lequel elle communique par un petit couloir. La tour centrale initiale est étêtée ; elle présente des corniches de pierres apparentes et un toit en tuiles arrondies. La nouvelle tour domine la mer à 73,20 m avec une taille générale de 10,23 m au-dessus du sol et une hauteur de la focale de 7,10 m. Ce feu, à éclat blanc toutes les cinq secondes, possède une lentille de quatre panneaux au quart avec une focale de 0,50 m, ce qui permet une portée de 26 milles marins — celle-ci est presque doublée par rapport à la portée du feu qu'il remplace —[257]. Il existe une cuve de rotation de trois litres, au mercure, séparée du plateau de l'optique. Cet élément est remarquable car il est le seul encore existant en France[291]. Durant la Seconde Guerre mondiale, le phare est mitraillé mais reste en état de marche. Malgré les réparations, notamment en 1948, la lanterne en porte encore les traces. À l'inverse, les installations qui permettent son accès depuis la mer sont détruites par les bombardements, de même que la toiture et les dépendances de l'habitation[292]. Le phare est automatisé en 1984 avec une garde assurée depuis Toulon[188]. En 1988, la maison du gardien est murée pour la protéger[288].

Sémaphore du Titan[modifier | modifier le code]

Carte postale noire et blanche avec la photographie du sémaphore du Titan.
Sémaphore du Titan avant 1925.

Le sémaphore du Titan, construit en 1862, est mis en service en 1863. La parcelle, achetée les 15 et [G 3], se situe en regard du phare du Titan, vers l’extrémité orientale de l’île. Ainsi, sans occuper une pointe il ferme la calanque du Phare[C 25],[I 47]. Il est de type Toulon ou Méditerranée correspondant au modèle approuvé en 1860 pour la 5e région maritime — Méditerranée métropolitaine. Le bâtiment d'habitation de plain-pied est rectangulaire et comporte deux appartements de trois pièces pour les guetteurs. Un hall accède à la tour ronde qui le prolonge. Celle-ci sur trois niveaux comprend deux pièces circulaires et un toit terrasse. Ainsi l’édifice occupe 181 m2 au sol, pour une hauteur, avec la tour, de dix mètres soit cent-onze mètres au-dessus de la mer. Sa fonction essentielle, puisqu’il permet les communications entre la terre et les navires, tient au mât de signaux. Celui-ci comporte un haut-mât de 13,20 mètres et un bas-mât de 9,26 mètres ce qui permet un total de 22,56 mètres. Quant au mât porte-pavillons il est haut de 20 mètres. L'ensemble de type Depillon est déposé en [293] au profit, sur la terrasse de la tour, d'un abri hexagonal pour loger un projecteur de communications[I 48]. Il est occupé successivement par les armées italienne de à puis arménienne jusqu'en et enfin allemande de cette date jusqu'au débarquement de Provence qui l’endommage. Plus tard, il est utilisé par la DGA Essais de missiles comme poste de direction de tirs[294]. Toujours présent en 2018, l'utilité du bâtiment étant contestable, sa destruction est envisagée faute de crédits pour l'entretien[295].

Patrimoine culturel[modifier | modifier le code]

Naturisme[modifier | modifier le code]

Logo. Sur une terre en diagonale, reposant sur la mer, un soleil se lève. Rayons et gouttelettes multicolores entourent.
Logotype de l'association naturiste Le Levant Naturiste, en 2014[296].

Le naturisme nait en Allemagne au XIXe siècle[M 16]. La pensée se diffuse en Europe mais il se structure toujours en Allemagne au XXe siècle[M 17]. Le rôle des frères Durville, parmi d’autres, avec la création de Physiopolis puis d’Héliopolis en 1931, qui acquiert une réputation internationale[M 18], survient en France alors que le Troisième Reich bannit le concept. Les Durville préconisent alors un « psycho-naturisme[bf] ». Leur doctrine allie une alimentation moins riche, l'exercice physique, une exposition du corps à l'air libre et au soleil et un travail mental[M 19].

Avant la Seconde Guerre mondiale, Héliopolis se développe très rapidement ainsi qu’en témoignent plusieurs événements. Une boulangerie est inaugurée puis un premier mariage est célébré le [297], vient ensuite l'ouverture d'une école privée en [CG 27] et quelques années plus tard l'ouverture de la poste et l'arrivée du téléphone le [235]. Cependant, dès le lancement, une promotion précise que « la pratique du nu intégral est interdite dans toute l’île du Levant[298]. » Et un arrêté municipal du confirme que « le minimum[bg] a été imposé sur le domaine public »[M 20]. Ce village devient une destination célèbre dans les années 1930. Il correspond à l'idéal sociétal de proximité avec la nature et au développement des congés payés qui démocratisent les vacances[M 1]. La commune d’Hyères s’est semble-t-il ouverte au tourisme grâce à la création d’Héliopolis[M 21] décrite comme « la tour Eiffel de la Côte d'Azur[CG 33]. » La conception du lieu est ainsi résumée :

« Héliopolis doit être dans l'esprit de ses fondateurs non pas une ville ou un village, non pas une agglomération de maisons ou de villas luxueuses, avec ses garages, ses casinos, ses théâtres, ses usines, ses maisons de commerce, mais une simple cité rustique, où les amateurs d'air et de soleil viendront dans le calme d'une nature splendide, se reposer des fatigues de la civilisation artificielle des villes, en passant des vacances simples et saines, avec le seul luxe d'un idéal élevé, et le seul souci d'une santé plus robuste. »

— Extrait de l'art. 1, Cahier des charges, 1933[299].

Photographie d'une en-tête den noire et blanc d'un périodique.
En-tête du premier numéro du périodique de l'ADIL.

Après la Seconde Guerre mondiale, les frères Durville sont absents. Le naturisme ne peut plus reposer sur le principe hygiéniste dévoyé par les nazis. Le nudisme de loisirs est de mise dans certains centres, précédant ainsi la libéralisation des corps[M 22]. Dans ce contexte, en 1947 est fondée l’association des Amis de l’île du Levant (ADIL)[300] qui compte en 1950, au travers de la France, 2 000 adhérents[CG 34]. En 1958, elle adhère à la Fédération française de naturisme (FFN). Son histoire est symptomatique de l’évolution du naturisme qui accepte ou non la nudité[CG 35]. À Héliopolis, le tourisme de masse se développe ainsi que le camping — pratique proche de la nature — qui reste une excellente affaire pour la commune d’Hyères[M 23] — mais celui-ci doit fermer en 1957[M 12]. Ainsi l’afflux touristique est certain avec 1 800 personnes au village et 14 100 campeurs dont 55 % d’étrangers[CG 36]. En 1952, la nudité reste interdite dans le village mais autorisée sur les plages[M 23]. Ceci fait débat entre les Textiles[bh] et les tenants d'une nudité possible[M 23]. En 1973, la Fédération naturiste internationale — à laquelle appartient la FFN — arrête pour définition : « Le naturisme est une manière de vivre en harmonie avec la nature caractérisée par une pratique de la nudité en commun qui a pour conséquence de favoriser le respect de soi-même, le respect d’autrui et celui de l'environnement[M 25]. » Entre 1971 et 2015, sur l'île, la pratique du naturisme fait l'objet de plusieurs arrêtés municipaux complétés d'une note qui définissent trois zones où la nudité est interdite, tolérée ou possible[301],[302],[303],[304]. Dans les années 2010 la fréquentation ne cesse de décliner alors que la FFN recense 1,5 million de Français pratiquants. Ceci est attribué à la multiplication des plages où le nudisme se pratique[305].

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Claude Gritti, Des Maures aux Îles d'Or : chronique historique, sociologique et toponymique, Le Lavandou, À compte d'auteur (Impr. Delmas), , 255 p., 23 cm (notice BnF no FRBNF35413900).
  • Jean-Pierre Brun (dir.), Jean-Marie Guillon, Marc Heller, Michel Pasqualini, Philippe Rigaux et Paul Turc (préf. Henry de Lumley, postface E[mmanuel] Lopez), Les îles d'Hyères : fragments d'histoire, Arles ; Hyéres, Actes Sud ; Parc national de Port-Cros, coll. « Essais Sciences », (réimpr. 1999), 1re éd., 172 p., 24 cm (ISBN 2-7427-1479-0). 
    Ouvrage référencé dans tous les écrits traitant de l'archipel. Ordonné selon quatre chapitres écrits chacun par un spécialiste de la période et du lieu avec des notes et des références soignées. Une bibliographie générale figure.
  • Claude Teilhol (photogr. sous-marines Philippe Robert), Flore et faune de l'île du Levant : Découverte du sentier nature. Réserve naturelle volontaire, Île-du-Levant, Éditions du Syndicat d'administration d'Héliopolis, , 63 p.
    Fascicule d'accompagnement du sentier nature.
  • Claude Gritti (préf. Jean Esquerré, ill. Albert Marquet, photogr. Akg-Paris), Les enfants de l’île du Levant, Paris, Éditions Jean-Claude Lattès, , 376 p., 23 cm (ISBN 978-2-7096-3423-6, lire en ligne [PDF]) (inscription nécessaire) gratuite après no de CB. Document utilisé pour la rédaction de l’article
    Roman reposant sur des archives qui sont respectées quant aux personnages, leur fonctions, les dates et les lieux[bi].
  • Frédéric Capoulade et Hélène Goldet (préf. George Reuchlin), L’histoire du fort Napoléon : la batterie des Arbousiers, Île-du-Levant, Éditions du Syndicat d'administration d'Héliopolis, coll. « Île du Levant », , 1re éd., 77 p., 15 x 21 cm (ISBN 978-2-9512-7591-1). 
    Ouvrage centré sur le type de défenses préconisé de façon générale par Napoléon Ier avec ses directives à propos de l'île du Levant.
  • Julie Manfredini (préf. Jean-Marie Guillon, postface Pascal Ory), Héliopolis : une communauté naturiste sur l'île du Levant, 1931-1970 (texte issu de : Master : Histoire contemporaine : Aix-Marseille 1 : 2005), Forcalquier, C'est-à-dire, coll. « Un territoire et des hommes », , 192 p., 23 cm (ISBN 978-2-9182-3511-8). 
    Ouvrage construit en dehors des archives locales qui traite du naturisme en France, de la place occupée par André et Gaston Durville et de la doctrine « psycho-naturiste » qu'ils développent en fondant Héliopolis.
  • Frédéric Capoulade et Hélène Goldet (préf. Jean-Pierre Giran, postface Jacques Ollive), Héliopolis : Histoire d'un village expérimental devenu un jardin d'essais, Île-du-Levant, Éditions du Syndicat d'administration d'Héliopolis, coll. « Île du Levant », , 4e éd. (1re éd. 2012), 288 p., 15 x 21 cm (ISBN 2-9512-7590-0 et 978-2-9512-7590-4). 
    Ouvrage basé majoritairement sur les archives du syndicat d'Héliopolis exposées chronologiquement et sans concession pour André et Gaston Durville.
  • (fr + en) Olivier Amsellem et Jean Da Silva (texte) (préf. Gaston Durville et André Durville), Île du Levant : Île du Titan (recueil de photographies artistiques), Paris ; Hyères, Archibooks ; villa Noailles, , 1re éd., non paginé p., 25 cm (ISBN 978-2-3573-3314-7 et 978-2-9192-9017-8, présentation en ligne).
    Quelques photographies se rapportent au paysage offert par l'île.

Cahiers du Levant[modifier | modifier le code]

  • Jean Miaille (photogr. Louis Miaille), Bribes levantines, Île du Levant, Agir O Levant, coll. « Cahiers du Levant » (no 1), , 37 p., 21 cm (ISBN 2-9131-1300-1, notice BnF no FRBNF36984257).
    Modes de vie sur l'île, à compter des années 1950, suivant les époques au travers de quelques portraits.
  • René Faucon, Alain Billerot, André Kretz, Yannick Philouze-Bordier, Claude Lutz, Gaston Durville, André Durville et Robert Charraix (photogr. Jean Miaille, Guy Thouvignon, archives du Syndicat d'Héliopolis et collections particulières), Héliopolis : Documents, souvenirs, Île du Levant, Agir O Levant, coll. « Cahiers du Levant » (no 2), , 62 p., 21 cm.
    Vie sur l'île depuis l'arrivée des auteurs à nos jours — dont la réédition de la brochure quant à la découverte et aux règles régissant Héliopolis d'André Durville et Gaston Durville, L'île du Levant : Héliopolis cité naturiste, Paris, Imprimerie de l'Institut Naturiste, , 6 p.
  • Philippe Fourneau (préf. Jacques Salomé, photogr. Jacques Berger, Richard Destatte, Louis Fleck, Claude Frossard, Claire Lafontaine, Collection Serres, Collections particulières), Notes fugitives, Île du Levant, Agir O Levant, coll. « Cahiers du Levant » (no 3), , 47 p., 21 cm (notice BnF no FRBNF45165318).
    Portraits esquissés de certains Levantins photographiés.
  • Léonard Lassalle (fils) (trad. de l'anglais par Claude Ouvrard, préf. Édith Héry, Laurette Alario et Patrick Bellet, photogr. Collection Léonard Lassalle), Honor 1932-1942, Île du Levant, Agir O Levant, coll. « Cahiers du Levant » (no 4), , 48 p., 21 cm (ISBN 978-2-9131-1303-9, notice BnF no FRBNF41480799).
    Mémoires sur la vie et l'environnement à Héliopolis entre sa création et .
  • Hélène Goldet et Frédéric Capoulade (photogr. Jean Miaille, Guy Thouvignon, archives du Syndicat d'Héliopolis et collections privées, textes par collectif), Gens du Levant, Île du Levant, Agir O Levant, coll. « Cahiers du Levant » (no 5), , 64 p., 21 cm (ISBN 978-2-9131-1304-6).
    Naissance d'Héliopolis puis témoignage de quelques résidents de souche.
  • Laurette Alario, Jean-Luc Alziary, Gilles Marchal, Frédéric Capoulade, Baptiste Rossi et Jean-Pierre Blanc, Phare du Titan, Île du Levant, Agir O Levant, coll. « Cahiers du Levant » (no 6), , 21 cm. 
    Ouvrage largement orienté sur les gardiens du phare du Titan.

Vidéos[modifier | modifier le code]

  • [vidéo] Syndicat d’administration d’Héliopolis (prod.), Allo cinéma Nevers (réal.), Pascal Rigaud (dir. de réal.), Jean-Louis Turdule (mont.), René Nicot (script) et Bernard Foury (mus.). (). Naissance d’Héliopolis. 1931-1932 [DVD]. Hyères : Syndicat d’administration d’Héliopolis. Consulté le . “durée 37 min”.
    Film en noir et blanc d'époque, destiné à promouvoir le nouveau lotissement, son environnement et le mode de vie offert. Secondairement sonorisé

Illustrations en ligne[modifier | modifier le code]

  1. a et b S. M. (photogr.), « Le barrage du Jas-Vieux d'une capacité de 62 000 m3 », photographie [jpg], sur iledulevanthodie.fr (blog), (consulté le 26 avril 2018).
  2. a et b S. M. (photogr.), « Le barrage haut d'une capacité de 8 000 m3 », photographie [jpg], sur iledulevanthodie.fr (blog), (consulté le 26 avril 2018).
  3. a et b S. M. (photogr.), « Le barrage bas d'une capacité de 12 000 m3 », photographie [jpg], sur iledulevanthodie.fr (blog), (consulté le 26 avril 2018).
  4. Anonyme (photogr.), « Grillage : Avant il était vert et se voyait moins, dommage ! », photographie [jpg], sur iledulevanthodie.fr (blog), (consulté le 3 octobre 2017).
  5. Panneau de sortie de Base-Vie sur Wikimedia Commons.
  6. « Plan : île du Levant 2018 » [PDF], sur iledulevant.com.fr, Union des commerçants du Soleil Levant, (consulté le 16 mars 2018).
  7. a, b et c La carte est visible sur Wikimedia Commons.
  8. Anonyme (photogr.), « Île du levant (Var) : Le port du phare du Titan », photographie sur carte postale noire et blanche [jpg], sur iledulevanthodie.fr (blog), Agence Officielle (consulté le 3 août 2017).
  9. S. M. (photogr.), « Le Titan en 2008 », photographie [jpg], sur iledulevanthodie.fr (blog) (consulté le 3 août 2017).
  10. Anonyme (photogr.), « Le port du Titan en 1956 », photographie [jpg], sur iledulevanthodie.fr (blog) (consulté le 3 août 2017).
  11. Anonyme (photogr.), « Le port du Titan en 2011 », photographie [jpg], sur iledulevanthodie.fr (blog) (consulté le 3 août 2017).
  12. Daniel Bursaux, Institut national de l'information géographique et forestière (IGN), « Mission C3346-0161_1955_F3346-3446_0076 : cliché 76 », photographie argentique au 1/25530, sur remonterletemps.ign.fr, Saint-Mandé, IGN, (consulté le 29 mai 2018).
  13. « La pointe Rousse en arrière plan / Le port militaire de l'Avis », photographie [jpg], sur iledulevanthodie.fr, (consulté le 16 mars 2018).
  14. [vidéo] France3 Var Nahaura le navire d'essais de la DGA livré par iXblue sur YouTube.
  15. Anonyme (photogr.), « Barge autopropulsée Ness Thor », photographie [jpg], sur iledulevanthodie.fr (blog), (consulté le 25 mars 218).
  16. « Arrivée du Benzène à l'Ayguade », Naturisme, Paris, s.n., no 143,‎ (notice BnF no FRBNF32822486, lire en ligne [jpg]).
  17. [vidéo] Journal France 3 Toulon du  : Mise en place d'un ponton flottant sur le port de l'Ayguade du Levant (de min 30 s à min 35 s) sur YouTube.
  18. [Anonyme] (photogr. André Dupeyroux), « Le Levant : un sous-marin-digue ! » (montage photographique), Var-Matin, Ollioules, Var-Matin,‎ (ISSN 0221-3524, lire en ligne [jpg]).
  19. P[orts] T[oulon] P[rovence] [Méditerranée] (schéma couleur), « Zoom sur les aménagements portuaires » [jpg], sur iledulevanthodie.fr (blog), Ports Toulon Provence Méditerranée, (consulté le 7 juin 2018).
  20. a et b Provinciae, Regionis Galliae, vera exactissimaque descriptio disponible sur Gallica.
  21. Castelat. Habitat fortifié médiéval et vestiges de l'Antiquité tardive : Vue aérienne. (photogr. Anonyme), Hyères, Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, coll. « Inventaire général du patrimoine culturel » (no 20098301292X), (lire en ligne [jpg]).
  22. Marc Borréani, Lucie Chabal, Laurent Mathieu, Jean-Marie Michel, Michel Pasqualini et Mireille Provansal-Lippmann, « Peuplement et histoire de l'environnement sur les îles d'Hyères (Var) : Île du Levant. Ruines des constructions médiévales sur la crête du Castelas » (photographie), Documents d'archéologie méridionale, Éditions ERAMS, vol. 15 « Espaces et monuments publics protohistoriques de Gaule méridionale », no 1,‎ , p. 395 col. 1 (lire en ligne [png]).
  23. Marc Borréani, Lucie Chabal, Laurent Mathieu, Jean-Marie Michel, Michel Pasqualini et Mireille Provansal-Lippmann, « Peuplement et histoire de l'environnement sur les îles d'Hyères (Var) : Île du Levant. Le Castelas. Vestiges du cœur de l’église » (photographie), Documents d'archéologie méridionale, op. cit., vol. 15, no 1,‎ , p. 395 col. 2 (lire en ligne [png]).
  24. Castelas. Cimetière : Vue rapprochée. (photogr. Anonyme), Hyères, Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, coll. « Inventaire général du patrimoine culturel » (no 20098301296X), (lire en ligne [jpg]).
  25. a et b Le logement des troupes au château du comte de Pourtalès ainsi que les troupes d'infanterie de marine dans leur cantonnement à proximité du pénitencier est visible sur Wikimedia Commons.
  26. Claude Gritti (réalisation maquette) et Jeannot Raybaud (réalisation maquette) (photogr. Anonyme), « Maquette des bâtiments de la colonie pénitentiaire de Sainte-Anne de l'île du Levant », photographie [jpg], sur iledulevanthodie.fr (blog), Île du Levant. Base-Vie (salle de restaurant de la DGA Essais de missiles), (consulté le 5 octobre 2017).
  27. Pierre Hervé, L’île du Levant : Le paradis nudiste (guide pratique et complet), s.l., Bazar du Levant (R. Comby), (lire en ligne [jpg]), « Carte ».
  28. Colonie pénitentiaire agricole d'enfants dite colonie pénitentiaire de Sainte-Anne (photogr. Marc Heller), Hyères, Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, coll. « Inventaire général du patrimoine culturel » (no 89832363ZA), (lire en ligne [jpg]).
  29. Jean Miaille (photogr.), « La tombe des enfants de l’ancien bagne de l’île du Levant : Jeudi  », photographie [jpg], sur jeanmiaille.fr, site personnel, (consulté le 21 novembre 2017).
  30. [vidéo] Préparatifs du débarquement de Provence. Vues aériennes du bombardement de la batterie du Titan le par des B-26 sur YouTube.
  31. (en) Headquater 320th Bomb Group, « 320th Bomb Group Strike photographs : Mission 300 11 August 1944 Île du Levant Gun Positions, France » [« 320e Groupe de bombardement. Photographies des frappes : Mission 300 Île du Levant Emplacement des canons, France »], photographies noires et blanches, sur 320thbg.org, (consulté le 12 juin 2018).
  32. [vidéo] Exercice ZOHAN, Armée de terre, sur Dailymotion.
  33. Daniel Bursaux, Institut national de l'information géographique et forestière (IGN), « Mission C3246-0121_1960_F3246-3446_0192 : cliché 192 », photographie argentique au 1/25696, Saint-Mandé, IGN, (consulté le 29 mai 2018).
  34. [vidéo] Frédéric Charles (dir. publication), « Duplex avec Jacques Ollive : 80 ans d'Héliopolis » (Vidéo de min 49 s sur www.naturisme-tv.com), Magazine naturiste Natmag, Vielle-Saint-Girons, Camp Hot Landes « Édition 9 »,‎ (lire en ligne).
  35. Mairie d’Hyères, « Vie municipale. Services municipaux : Mairies annexes », photographie [jpg], sur hyeres.fr, Hyères, Mairie d’Hyères (consulté le 20 décembre 2017).
  36. R. Juliat (photogr.), « Après la distribution des prix : L'instituteur, M. Benet, entouré de ses élèves » (photographie), Naturisme, Paris, s.n., no 403,‎ (notice BnF no FRBNF32822486, lire en ligne [jpg]).
  37. FRC (photogr.), « Évacuation du  : Chute descente bas de la Perspective (cheville cassée) », photographie [jpg], sur iledulevanthodie.fr (blog) (consulté le 24 avril 2018).
  38. J.-L. Viale (photogr.), « Évacuation sanitaire au port de l'Ayguade du Levant », photographie [jpg], sur iledulevanthodie.fr (blog), (consulté le 24 avril 2018).
  39. Anonyme (photographe) (collection Robert Charraix et Claude Theillol), « Ce qu'il reste de la statue en 1949 », photographie [jpg].
  40. Geneviève Négre (photogr. Marc Heller), Vue d'ensemble [chapelle], Hyères, Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, coll. « Inventaire général du patrimoine culturel » (no 99830682XA), 12 mars 2007 jo (lire en ligne [jpg]).
  41. Atlas des batteries de côte (dessin), Vincennes. Bibliothèque du génie, Service historique de la Défense, 1818-1822, 97 x 62 (lire en ligne [jpg]), « Plan et profil de la batterie des Arbousiers », pl. 21, ms. 201.
  42. Atlas des batteries de côte, op. cit., (lire en ligne [jpg]), « Plan et profil de la batterie du Titan dans l'île du Levant », pl. 22, ms. 201.
  43. Philippe Truttmann et David Faure-Vincent (photogr. Marc Heller), Ensemble fortifié des îles d'Hyères : Batterie du Titan sur l'île du Levant. Vestiges du soubassement d'une tour, Hyères, Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, coll. « Inventaire général du patrimoine culturel » (no 89832364ZA), (lire en ligne [jpg]), Les quatre grandes générations d'ouvrages, chap. I (« Des origines à François Ier »).
  44. Philippe Truttmann et David Faure-Vincent (photogr. Marc Heller), Ensemble fortifié des îles d'Hyères : Batterie du Titan sur l'île du Levant. Vue rapprochée du parapet de la batterie (no 89832365ZA, op. cit.,) (lire en ligne [jpg]), Les quatre grandes générations d'ouvrages, chap. I (« Des origines à François Ier »).
  45. Vue de volume rapprochée prise du nord-est [phare du Titan] (photogr. Marc Heller), Hyères, Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, coll. « Inventaire général du patrimoine culturel » (no 89832361ZA), (lire en ligne [jpg]).
  46. Phare dit phare du Titan : Bâtiment annexe. Vue de volume prise du sud (photogr. Marc Heller), Hyères, Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, coll. « Inventaire général du patrimoine culturel » (no 89832362ZA), (lire en ligne [jpg]).
  47. Conservatoire du littoral, Catalogue des phares et sémaphores de méditerranée française (photographie de 2009), Rochefort, Conservatoire du littoral, coll. « Olivier Trebaol », , 298 p. (ISBN 978-2-9541-7154-8, lire en ligne [jpg]), Inventaire des sémaphores, « Provence-Alpes Côte d’Azur », p. 211.
  48. Sémaphore dit sémaphore du Titan : Vue d'ensemble (photogr. Marc Heller), Hyères, Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, coll. « Inventaire général du patrimoine culturel » (no 89832363ZA), (lire en ligne [jpg]).
  49. Net-Marine (association, loi 1901) (photogr. Marine nationale), «  : L’Alouette II no 1080 de l'escadrille 23S est contrainte à un amerrissage au large du Levant », photographie [jpg], sur www.netmarine.net, (consulté le 27 mai 2018).

Coordonnées[modifier | modifier le code]

  1. a et b Le port Saint-Pierre d'Hyères a pour coordonnées 43° 04′ 48″ N, 6° 09′ 28″ E
  2. Le cap Bénat a pour coordonnées 43° 05′ 22″ N, 6° 22′ 08″ E
  3. a et b Le port du Lavandou a pour coordonnées 43° 08′ 12″ N, 6° 22′ 16″ E.
  4. Le point culminant a pour coordonnées 43° 01′ 18″ N, 6° 26′ 31″ E.
  5. a et b L'étang du Jas-Vieux a pour coordonnées 43° 02′ 17″ N, 6° 27′ 46″ E.
  6. a et b L'étang du Haut a pour coordonnées 43° 01′ 34″ N, 6° 28′ 34″ E.
  7. a et b Le barrage du Bas a pour coordonnées 43° 01′ 20″ N, 6° 27′ 26″ E.
  8. La mare de l'Âne a pour coordonnées 43° 02′ 03″ N, 6° 28′ 42″ E.
  9. a et b La Madone a pour coordonnées 43° 01′ 57″ N, 6° 28′ 11″ E.
  10. a et b L'anse du Liserot a pour coordonnées 43° 02′ 34″ N, 6° 29′ 22″ E.
  11. a et b La calanque du Phare où se trouve le port du Titan a pour coordonnées 43° 02′ 49″ N, 6° 30′ 33″ E.
  12. a, b et c Le phare du Titan a pour coordonnées 43° 02′ 47″ N, 6° 30′ 37″ E.
  13. La calanque Gardane a pour coordonnées 43° 03′ 05″ N, 6° 30′ 12″ E.
  14. a et b Port Avis a pour coordonnées 43° 01′ 34″ N, 6° 27′ 14″ E.
  15. Port Pothuau a pour coordonnées 43° 06′ 57″ N, 6° 12′ 05″ E.
  16. Le port de l'Ayguade du Levant a pour coordonnées 43° 00′ 56″ N, 6° 26′ 04″ E.
  17. La plage des Grottes a pour coordonnées 43° 00′ 40″ N, 6° 25′ 59″ E.
  18. L'héliport a pour coordonnées 43° 01′ 17″ N, 6° 27′ 36″ E
  19. L'hélisurface a pour coordonnées 43° 02′ 51″ N, 6° 30′ 09″ E.
  20. a et b L'Esquadillon a pour coordonnées 43° 02′ 49″ N, 6° 30′ 42″ E.
  21. La pointe du Castelas a pour coordonnées 43° 02′ 50″ N, 6° 28′ 31″ E.
  22. Le Courcousson a pour coordonnées 43° 02′ 31″ N, 6° 28′ 25″ E.
  23. a et b La batterie des Arbousiers — aussi dite fort Napoléon — a pour coordonnées 43° 01′ 11″ N, 6° 26′ 18″ E.
  24. a et b Les ruines de la tour du Titan ont pour coordonnées 43° 02′ 29″ N, 6° 29′ 31″ E.
  25. a et b Le sémaphore du Titan, bâtiment militaire, a pour coordonnées 43° 02′ 54″ N, 6° 30′ 22″ E.
  26. Le Jas-Vieux a pour coordonnées 43° 02′ 24″ N, 6° 28′ 46″ E.
  27. Selon la carte du guide de 1938, la colonie agricole de Sainte-Anne a pour coordonnées 43° 01′ 22″ N, 6° 27′ 29″ E[I 27].
  28. Le cimetière a pour coordonnées 43° 01′ 36″ N, 6° 28′ 00″ E.
  29. Grand-Cap a pour coordonnées 43° 01′ 00″ N, 6° 28′ 12″ E.
  30. La calanque du Ponton a pour coordonnées 43° 02′ 04″ N, 6° 28′ 52″ E.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Le terme fraction (de commune) — et non quartier — est employé dans les actes administratifs tant locaux que nationaux, par la justice, etc. Il apparaît que la commune d'Hyères, particulièrement étendue et pivot entre l'agglomération toulonnaise et la côte varoise, « ne regroupe pas les fonctions attractives d’une ville centre (activités, équipements structurants) et, est organisée en plusieurs « fractions de communes », éloignées les unes des autres[2] ». Cette dénomination est retenue plutôt que celle de quartier, terme attribué aux constituants groupés d'une commune. 
  2. a et b Le nom de passe des Grottes revient aux « falaises friables, désagrégées par le vent et l'air salin, [qui] présentent plusieurs cavités[4]. » Il en découle l’appellation plage des grottes, maintenant sécurisée par obturation de celles-ci, pour la plage sous-jacente. 
  3. Le kilomètre vaut environ 0,54 mille marin. Cette dernière unité est employée localement. 
  4. Les relevés ci-dessous sont ceux de la station météorologique Île du Levant située au milieu de l'île dont les coordonnées sont 43° 01′ N, 6° 28′ E.
  5. L’intensité de la couleur du fond des cellules varie tous les °C. Elle s'assombrit en s'éloignant de °C. Elle est bleue pour les températures négatives et rouge pour les températures positives.
  6. L’intensité de la couleur du fond des cellules — vert clair au vert foncé — varie tous les 10 km/h en suivant la vitesse des rafales.
  7. a et b Au sud-ouest, immédiatement après la plage des Grottes, une falaise rocheuse infranchissable ne permet pas de suivre à pied le bord de mer. Elle s'étend entre la mer et le grillage militaire.
  8. Pour un même lieu, deux terminologies ont cours. Géoportail retient la dénomination le Grand-Avis[34] pour une agglomération nommée par ailleurs Base-Vie[I 5].
  9. a et b Une illustration de 1914 figure cette calanque. Un chemin en escaliers, reconnaissable, accède à un embryon de jetée où se trouve une chaloupe des ponts et chaussées [40]
  10. Le Lac Noir n’a jamais eu de numéro de coque[49].
  11. Une vue aérienne témoigne de l’apparition d’un navire embossé à Port Avis entre le et le [I 12]. Celui-ci abrite le port du mistral et permet de loger les marins et les personnes habilitées[50].
  12. Les navires-cibles peuvent ou non embarquer du personnel. Ils sont alors téléguidés jusqu'à 60 km en haute mer. Parfois munis de brouilleurs, ils remorquent des cibles et ils mesurent le parcours et l'impact des missiles[61].
  13. Les traceurs sont les objectifs détruits par les missiles. Les drones-cibles peuvent être réutilisés. Les Banshees ont un parachute qui permet le ramassage sur l’île. Les Mirachs sont récupérés en mer par un hélicoptère ou un bateau[77].
  14. a, b et c Avant la modification des statuts de l'ASL du , le président a pour nom syndic[98].
  15. a et b Un farot, selon Xavier Corré, désigne tout moyen d'utiliser un feu pour créer un « signal[103] ». « Ce terme n'existe dans aucun dictionnaire de français[104] », il est retrouvé uniquement dans de vieux écrits provençaux[105].
  16. Au XIIe siècle, boni bomeni (« bons hommes ») désigne les religieux[B 6].
  17. Une traduction libre de cette phrase est : « Ce vendredi matin, deux barques sont entrées dans les îles et se sont mises au Titol ».
  18. « Rnée » signifie « ruinée ».
  19. Sans en faire l’étude, Philippe Rigaud recense les toponymes de l’île depuis le XIIIe siècle[119].
  20. a et b La classification d'Heinrich Dressel permet de dater, donner la provenance et l'usage d'une amphore.
  21. L'épave est découverte en 1948 et fouillée en 1957[123].
  22. Jean Cassien est commémoré le par l’Église de l'Orient[129].
  23. La carte de Cassini indique en contrebas des tombes la « pointe du Cimetière » et la « calanque du Cimetier »[133].
  24. La carte de Cassini mentionne « Rte du couvent des moines noirs » d’où le nom de couvent des moines noirs donné par les archéologues au lieu de leur découverte.
  25. Les marquis des îles d'Or connus successifs sont :  : Bertrand d'Ornézan ; puis il reste dans la famille d'Ornéan avant de retomber dans le domaine royal ;  : Christophe, comte de Rocquendorf et de Gundestorf ;  : Gabriel de Luetz ;  : Jaumette de Grasse et Jacqueline des Estardes ;  : Albert de Gondi ; 1602 : Philippe-Emmanuel de Gondi ; milieu du XVIIe siècle : Gapard de Covet ;  : Jean-Baptiste de Covet ;  : Joseph-Gaspard de Covet ; Joseph-Marie de Covet ; 1760 : Emmanuel-Anne-Louis de Covet ;  : Jean-Joseph-Barthélémy-Simon de Savornin — non marquis mais possesseur à titre onéreux ;  : Auguste-Antoine de Sauvan — marquis mais non propriétaire[145].
  26. Le découvreur de l'épave, en 1957, est un pêcheur professionnel levantin[147].
  27. Selon Max Guérout « en raison de l'homonymie presque parfaite entre le mot russe et roux prononcé à la provençale rouxe le lieu fut dénommé indifféremment « pointe du Russe » ou « pointe de Roucas roux »[147]. »
  28. L'épave est fouillée en 1980 et 1981[149]. L'intérêt s'avère être la découverte de nombreuses icônes métalliques[150],[151].
  29. a, b, c, d et e Napoléon Ier arrête dans l'Empire trois types de batteries côtières. Celles de première classe sont destinées à protéger un port ou une rade où peut mouiller une escadre. Elles sont flanquées d’une tour modèle no 1 de deux étages qui elle-même reçoit sur sa terrasse quelques canons légers et abrite soixante hommes et du matériel. Celles de troisième classe ne protègent que le cabotage. Elles sont flanquées d’une tour modèle no 3 d’un seul étage, qui elle-même porte un armement moindre et abrite dix hommes et du matériel[156].
  30. L'épave est localisée en 1987 et fouillée par le Groupe de recherche en archéologie navale (GRAN) du 18 au [159].
  31. Le terme « acquittés » est impropre puisque la tutelle de l'administration pénitentiaire continue à s'exercer.
  32. a et b Sainte-Anne est la patronne de tout l'archipel d'Hyères[163].
  33. Le curriculum vitæ de chaque détenu décédé sur l'île est documenté[G 10].
  34. La batterie du Titan composée de quatre canons de 138 mm Modèle 1910, sous les ordres du lieutenant de vaisseau Tandonnet, est sabotée le lors du sabordage de la flotte française à Toulon. Les Allemands la remettent en état et la disposent alors à San-Salvadour (Hyères)[174].
  35. Dès le , l’IGN ne produit qu’une vue aérienne du domaine militaire extrêmement réduite. Seule celle qui jouxte immédiatement le domaine civil est visible[I 33].
  36. L'arrêté préfectoral autorisant la construction du lotissement de l'île du Levant date du [M 7].
  37. Déjà en 1524, un acte indique que les habitants de Bormes — Le Lavandou n’est pas administrativement individualisé[185] —, du fait de la proximité géographique, revendiquent l’île comme la leur[B 12].
  38. La liste des adjoints spéciaux pour l'île du Levant, depuis 1932, est attestée[CG 17].
  39. La date des mandats et l'identité des présidents sont attestées[CG 18].
  40. Après 1939, André Durville ne réside que rarement à Héliopolis et délègue souvent, comme le lui autorise les statuts du syndicat[98], la fonction à un mandataire[CG 19].
  41. Par interim, pendant six mois selon Philippe Fourneau, après démission du président précédant[196].
  42. Après démission du président précédant, puis élu[CG 20].
  43. a, b et c Une habitante de très longue date précise le prénom.
  44. a et b Par intérim après démission du président précédant[CG 22].
  45. Le raisonnement, factuel, se fait sur les résultats des circonscriptions donnés par le ministère de l'Intérieur.
  46. Ce réservoir d'eau, destinée au domaine civil, se trouve sur le domaine militaire avec les coordonnées 43° 01′ 14″ N, 6° 26′ 31″ E.
  47. Une liste des instituteurs est établie[CG 28].
  48. La transcription des hommages et des actes notariés attestent des noms des propriétaires de l'île du Levant du XVIe au XXIe siècle mais ne permet pas de connaitre la démographie[145],[G 11],[CG 29].
  49. Un périodique donne également pour l'année 1928, une population de 14 personnes[235].
  50. Les décomptes des populations, hormis le chiffre national, s'appliquent tous à l'année 2014.
  51. Jusqu’au milieu du XVIIe siècle les Gondi sont marquis des îles d'Or[265].
  52. Le l’estimation, contresignée le par le maire de Bormes-les-Mimosas, des terrains cédés pour l'accès et l'établissement du phare est de 312,91 francs. Mais le la justice ne reconnaît pas en Grazzano le propriétaire — et désigne M. Pascal. Bien qu'il réclame ce qu’il considère comme son dû le , la transaction n’aboutit que cinq ans et demi après le début des négociations avec des intérêts de 78,23 francs soit trois ans et demi après la mise en service du phare[280].
  53. Ce plan est réutilisé en 1868 au Japon pour la construction du phare de Kannon-Saki qui est alors l’un des quatre phares modernes du Japon[282].
  54. Selon leur puissance et leur fonction, une hiérarchie de trois feux est établie. Un feu de 3e ordre signale l’entrée d’un port[284].
  55. Le système dioptrique, l’un des trois systèmes optiques, est ici choisi plutôt que le système catoptrique aussi employé pour les phares. Les rayons lumineux ne subissent que des réfractions[285].
  56. La lieue marine vaut 120 de degré du périmètre terrestre, soit trois milles marins ou exactement 5 556 m.
  57. L'Esquadillon reste un écueil. Ainsi, en 1902 les gardiens du phare sauvent en pleine nuit par gros temps un équipage de pêcheurs qui le heurte[289].
  58. Arnaud Baubérot cité par Julie Manfredini indique que le psycho-naturisme est « une méthode fondée sur l’utilisation des agents physiques, par la diététique, les massages, l’exercice physique, les bains d’air, d’eau et de lumière, et des agents psychiques, par le magnétisme, l’hypnose, la suggestion mentale et la psychothérapie[M 19] ».
  59. Le minimum est créé à l’occasion d’un carnaval de Physiopolis. Il s’agit d’un maillot de bain deux pièces novateur par son échancrure et de couleur initialement foncée[M 20].
  60. Un Textile est une personne qui porte un vêtement en tout lieu de l’île en refusant la nudité[M 24].
  61. Le , une Alouette II de l’escadrille 23S de la base d'aéronautique navale de Saint-Mandrier signifie l’interdiction de navigation à l’auteur. Elle s’abime en mer et le pêcheur secourt l’équipage. En remerciement, l’Armée autorise l'accès à la colonie[G 12]. L’appareil est récupéré le jour même[306] par la gabare Persévérante[55],[I 49].

Références[modifier | modifier le code]

Les îles d'Hyères : fragments d'histoire, Actes Sud ; Parc national de Port-Cros, 1997[modifier | modifier le code]

  1. Guillon, chap. Les îles d'Hyères aux XIXe et XXe siècles, p. 140.
  2. Brun, chap. Introduction, p. 9.
  3. a, b et c Turc, chap. Quand les îles répondaient au nom d’Insulae Arearum, p. 59.
  4. Turc, chap. Quand les îles répondaient au nom d’Insulae Arearum, p. 64.
  5. Rigaud, chap. Le marquisat des îles d'Or XVIe-XVIIIe siècles, p. 71.
  6. Turc, chap. Notes, p. 163 n. 28.
  7. Brun et Pasqualini, Quand les îles s'appelaient Stoechades, p. 19-20.
  8. Turc, chap. Quand les îles répondaient au nom d’Insulae Arearum, p. 47-53.
  9. Guillon, chap. Les îles d'Hyères aux XIXe et XXe siècles, p. 135-136.
  10. a et b Guillon, chap. Les îles d'Hyères aux XIXe et XXe siècles, p. 113.
  11. Guillon, chap. Les îles d'Hyères aux XIXe et XXe siècles, p. 152.
  12. Rigaud, chap. Notes, p. 166 n. 30.

Les enfants de l’île du Levant, éditions Jean-Claude Lattès, 1999[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Gritti 1999, p. 375.
  2. a, b et c Gritti 1999, p. 376.
  3. a, b et c Gritti 1999, p. 374.
  4. Gritti 1999, p. 77, 227.
  5. Gritti 1999, p. 177.
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  7. Gritti 1999, p. 227-259.
  8. Gritti 1999, p. 362.
  9. Gritti 1999, p. 363.
  10. Gritti 1999, p. 377-381.
  11. Gritti 1999, p. 371-376.
  12. Gritti 1999, p. 168-169.

Héliopolis : une communauté naturiste sur l'île du Levant, 1931-1970, C'est-à-dire, 2014[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Manfredini 2014, p. 82.
  2. Manfredini 2014, p. 50.
  3. Manfredini 2014, p. 73.
  4. Manfredini 2014, p. 75.
  5. Manfredini 2014, p. 104.
  6. Manfredini 2014, p. 166 col. 2-167 col. 1.
  7. a et b Manfredini 2014, p. 74-75.
  8. Manfredini 2014, p. 81-86.
  9. Manfredini 2014, p. 83.
  10. Manfredini 2014, p. 77.
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  12. a et b Manfredini 2014, p. 117.
  13. Manfredini 2014, p. 86 n. 275.
  14. Manfredini 2014, p. 112.
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Héliopolis : Histoire d'un village expérimental devenu un jardin d'essais, éditions du Syndicat d'administration d'Héliopolis, 2015[modifier | modifier le code]

Autres sources[modifier | modifier le code]

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  2. Hyères-les-Palmiers, Métropole Toulon-Provence-Méditerranée, État et Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur, Contrat urbain de cohésion sociale de la commune de Hyères-les-Palmiers, 2007/2009, 26 p. (lire en ligne [doc]), partie I, chap. 1 (« Le contexte »), p. 5.
  3. « Mairies annexes », sur site officiel de la ville d’Hyères (consulté le 24 mai 2017).
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  11. Matthias Schultz, Olivier Dequincey (resp. éditorial) et Jean-François Pinton (dir. publication), « Présentation de la géologie régionale du Var : le massif hercynien des Maures et de Tanneron : L'unité centrale des Maures : unité des gneiss de Bormes », École normale supérieure de Lyon, (ISSN 2552-9250, consulté le 7 juin 2017).
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  29. Charles-François Boudouresque (dir.), Guillaume Bernard, Patrick Bonhomme, Éric Charbonnel, Giovanni Diviacco, Alexandre Meinesz, Gérard Pergent, Christine Pergent-Martini, Sandrine Ruitton et Leonardo Tunesi, Préservation et conservation des herbiers à Posidonia oceanica (Ouvrage réalisé dans le cadre de l’Accord RAMOGE entre la France, l’Italie et Monaco, financé par RAMOGE et le Conseil Régional Provence-Alpes-Côte d’Azur et coordonné par le Gis Posidonie), Marseille, Gis Posidonie, , 200 p., 30 cm (ISBN 2-9055-4030-3, lire en ligne [PDF]).
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