Les Arnavaux

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Les Arnavaux
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Ville Marseille
Arrondissement municipal 14e
Démographie
Population 5 378 hab. (2012)
Géographie
Coordonnées 43° 20′ 03″ nord, 5° 22′ 29″ est
Transport
Bus Autobus de MarseilleLigne 30 Ligne 38 Bus de nuit 535
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Marseille
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City locator 14.svg
Les Arnavaux

Le quartier des Arnavaux est situé dans le 14e arrondissement de Marseille. Ce quartier administratif est principalement occupé par des zones d’activité qui s’étendent aussi sur plusieurs quartiers limitrophes.

Dans ce secteur du terroir nord de Marseille la bastide La Floride était réputée au début du XVIIe siècle pour son salon littéraire où se rencontraient écrivains, juristes et savants

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le toponyme « Les Arnavaux » provient de l'occitan Arnavèu désignant une ronce épineuse[1]. En il a inspiré celui de la zone d’activité « Arnavant Activités ».

Géographie[modifier | modifier le code]

Limites du quartier[modifier | modifier le code]

Le quartier administratif des Arnavaux, au sens du décret n° 46-2285 du [2], est limitrophe de plusieurs quartiers des 15e et 14e arrondissements : La Cabucelle, La Delorme, Saint-Joseph, Sainte-Marthe, Saint-Barthélémy, Bon Secours, Le Canet. Il fait partie de l'ancien territoire du Canet plus vaste que le quartier du même nom issu du découpage de 1946[3]. Contrairement à la plupart des quartiers issus de ce découpage n'a pas d'un noyau villageois.

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Autoroutes[modifier | modifier le code]

Le quartier est traversé par l’autoroute A 7. Il dispose via l’échangeur des Arnavaux d’une bretelle d’accès en direction du nord, et d’une sortie en direction du sud. L’échangeur des Arnavaux est aussi connecté à l’extrémité nord de la rocade L2.

Lignes de chemin de fer[modifier | modifier le code]

Le quartier est également traversé par la ligne de chemin de fer Lyon-Marseille ainsi que par le raccordement de la gare de fret du Canet à la ligne de L'Estaque à Marseille-Saint-Charles.

La station du Canet sur la ligne Lyon-Marseille, ouverte en , a été fermée en et démolie. Aujourd’hui le boulevard de la Station et le chemin de la Station-du-Canet en restent les témoins. Autour de cette gare de banlieue Marius Chaumelin observe en la construction récente d'une quinzaine de maisons, il y voit l’amorce de ce qui devient ensuite Le Petit Canet (ou Nouveau Canet), une des rares zones d’habitation des Arnavaux[4].

Réseau de bus RTM[modifier | modifier le code]

Ligne Ligne 38 Métro Gèze-Métro Malpassé, Ligne 30 Métro Gèze-La Savine, Bus de nuit 535 Canebière Bourse-L’Estaque Riaux.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le territoire jusqu’au début du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Jusqu’au début du XXe siècle ce secteur du terroir marseillais, comme ceux de La Delorme, des Aygalades ou du Le Canet, conserve un caractère à la fois rural et résidentiel. C’est « la ville campagne », « le terradou » tel que le décrit le géographe Marcel Roncayolo[5]. Les premières usines, les huileries Rocca, Tassy & de Roux, ne s'y installent qu'en aux marges de La Cabucelle où l’industrialisation a débuté dès le milieu du XIXe siècle.

Des lieux disparus ont laissé des traces au travers le noms de divers équipements actuels: lycée et stade La Floride, cité et école de la Visitation, zone d'activité Théodoraː

La Floride, lieu de rencontre d’érudits au début du XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

En Guillaume Du Vair, alors premier président du Parlement de Provence, dont le siège est à Aix-en-Provence, achète La Bouquière une propriété agricole situé sur le chemin du Canet à Saint-Joseph (devenu boulevard Gay-Lussac). Au débouché du vallon des Aygalades elle jouit d’une belle vue sur la rade de Marseille et de sources abondantes. Il la renomme La Floride, ou La Florie (La Fleurie). Dans cette résidence d'été il réunit un cénacle d’érudits passionnés de littérature, de poésie et de sciences tels que l’homme de lettres et astronome Nicolas Claude Fabri de Peiresc, le poète François de Malherbe, l’homme de loi Charles Annibal Fabrot, ou encore Jean de La Cepède magistrat aixois et seigneur des Aygalades[6],[7].

Une inscription latine : FLORENTEM FLOREM. FLORIDA. FLORA. FLEAT (que la Flore Floride pleure la fleur qui ici fleurissait), encore visible dans les années 1950 sur la corniche d'une fenêtre de la bastide, semble évoquer les tournois de poésie qui s’y livraient[6].

Le domaine est morcelé en par la ligne de chemin de fer Lyon-Marseille, puis à partir de par la construction de l’autoroute A 7. Sur la partie ouest s’implante un centre d’apprentissage[8] remplacé ensuite par le lycée d'enseignement professionnel La Floride, dont la construction occasionne la démolition de la bastide.

Le couvent de la Visitation de 1847 à 1928[modifier | modifier le code]

Les religieuses de l’ordre des Petites Maries doivent quitter leur couvent du quartier Saint-Charles au moment de la construction de la gare Saint-Charles et s’installent en dans ce qui alors désigné comme le quartier du Canet. Dans ses Promenades artistiques autour de Marseille Marius Chaumelin décrit ce couvent au faux air d’abbaye du XVIe siècle, vaste quadrilatère autour d'un cloître flanqué de quatre tourelles d’angle et d’un clocher pointu[4]. En les religieuses doivent qitter les lieux à cause de la pollution générée par l’usine voisine, Alusuisse. Le couvent est rasé en , sur son emplacement sont construits, enclavées dans le tissu industriel, des logements sociaux ainsi qu'une école maternelle et primaire publique[9]. L'usine Alusuisse, créée en , plus grande usine européenne de production d’alumine jusqu’en , se maintient jusqu’en [5].

Les huileries Rocca, Tassy & de Roux de 1901 aux années 1980[modifier | modifier le code]

L’entreprise Rocca, Tassy & de Roux, fondée en , se développe grâce à la production d’un beurre végétal commercialisé sous la marque Végétaline. Elle s’implante à partir de sur la propriété La Mazarade dont la bastide accueille ses œuvres sociales. L’usine comprend trois parties : La Théodora pour les huiles alimentaires, La Massila pour la Végétaline et l’Assomption pour les Savonneries de la Méditerranée[10]. En c'est la plus grande entreprise d'huile végétale de France. Elle disparaît dans les années 1980, comme toute l’industrie marseillaise de produits oléagineux[9],[11].

Les zones d'activité à partir de 1930[modifier | modifier le code]

En - la Compagnie PLM réalise pour le compte de la Ville la prolongation du boulevard Oddo (devenu boulevard du Capitaine Gèze) dans le cadre du chantier de construction de la gare de fret du Canet[12]. Il s'agit de faciliter l'accès à des zones mal desservies autour de la traverse rurale des Treize Coins où sont envisagées de nouvelles implantations industrielles.

Sous le régime de Vichy l'architecte-urbaniste Eugène Beaudouin conçoit un plan d'urbanisme approuvé en 1943 par l’État français (Marseille étant alors sous tutelle administrative). Il prévoyait de vastes zones industrielles dans ce secteur, et plus largement dans les quartiers nord. Le « Plan Beaudouin » est abandonné après la Libération mais les projets de desserrement des activités industrielles du centre-ville subsiste. Dans la période de la reconstruction de nouveaux outils juridiques et financiers facilitent l’action publique. En 1954 la Ville achète des terrains au nord du boulevard du Capitaine Gèze et créé un lotissement industriel de 37 ha. C'est la première opération publique d'aménagement d'une zone d'activité à Marseille[13].

Il faut attendre plusieurs années pour que certains terrains se libèrent. En la Ville cède à la société automobile des établissements Berliet deux parcelles de la traverse des Treize Coins occupées par un bidonville. Les habitants ne sont relogés qu'à partir de dans la Cité Bassens[14], cité de transit construite sur un terrain que de la société pétrolière Bordeaux Bassens a vendu à la Ville[15].

Le toponyme du quartier des Arnavaux a inspiré celui d’un ensemble de zones d’activité qui se développent par la suite largement dans les quartiers limitrophes[16]. Les entreprises de ce qui se nomme alors la Zone Industrielle Nord se structurent en autour de l'Union des entreprises industrielles et commerciales (UDEIC). En 1989 leur association prend le nom d'Arnavant, contraction « d’en avant » et d’« Arnavaux », afin de valoriser l'image et le dynamisme de la zone, et le territoire concerné devient Arnavant Activités[17]. L’association Arnavant a fusionné ensuite avec d'autres réseaux d’entreprises des quartiers nord de au sein de Cap Au Nord Entreprendre[18].

Entreprises situées dans le quartier des Arnavaux[modifier | modifier le code]

  • Le MIN des Arnavaux. Le marché d'intérêt national remplace en le Marché Central de fruits et légumes établi depuis au centre-ville dans les quartiers du Cours Julien et de La Plaine. Le marché des Arnavaux regroupe 100 entreprises et 267 producteurs de fruits et légumes, fleurs et plantes, produits carnés[19].
  • Cerexagri, usine de fabrication de pesticides et de produits phytosanitaires, vendue en par le groupe chimique français Arkema au Groupe Indien United Phosphorus Ltd[20]. Elle est implantée dans une ancienne raffinerie de soufre construite en par la société américaine Union Sulphur Company[21],[22]. L'usine se trouve à proximité d’habitations et d’une école. En au sortir du confinement elle a fait l’objet d’un opération de blocage par des militants d'Extinction Rebellion et des gilets jaunes[23].
  • L'usine Pernod, appartement au groupe Pernod-Ricard. C’est le dernier site de production alcool anisé à Marseille[13].
  • L’usine de confiseries Haribo, ainsi que le siège français de la société. Après avoir envisagé de supprimer ce dernier, Haribo a pris en 2017 la décision de le maintenir à Marseille et de construire de nouveaux bureaux à L'Estaque[24].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr + oc) Dico d'Òc - Dictionnaire occitan, Le Congrès permanent de la langue occitane (Congrès - permanent de la lenga occitana) / Délégation générale à la langue française et aux langues de France - Ministère de la Culture et de la Communication (DGLFLF) (lire en ligne).
  2. « Le plan du quartier sur OpenStreetMap ».
  3. Voir le « Plan général de la ville, des ports et des environs de Marseille », sur gallica.bnf.fr édité en 1922ːle toponyme "Arnavaux" n'est que celui d'un chemin.
  4. a et b Marius Chaumelin (Introduction et notes de mise à jour par Ceorges Reynaud), Promenades artistiques autour de Marseille - Tome II : De la Belle-de-Mai à la chaîne de l'Étoile (1854), Saint-Cyr-sur-Loire, Éditions Alan Sutton, , 176 p., 16 x 23 cm (ISBN 978-2-84910-905-2).
  5. a et b Philippe Mioche, « Images de la plus grande usine d'alumine d'Europe en 1913 : Alusuisse à Saint-Louis-des-Aygalades », Cahiers d'histoire de l'aluminium (n° 44-45),‎ , p. 58 à 77 (lire en ligne, consulté le 18 septembre 2020).
  6. a et b Joseph Billoud, « La Floride du président Du Vair : Du XVIe siècle à nos jours », dans revue Marseille, Ville de Marseille, , p. 5-11.
  7. Jean-Louis Blanc, « Guillaume Du Vair », sur patrimoinemedical.univmed.fr (consulté le 18 septembre 2020).
  8. Auguste Brun, « La Floride du président Du Vair : Un poème inédit », dans revue Marseille, Ville de Marseille, , p. 3-4.
  9. a et b Christine Breton, Philippe Mioche et Arnavant, Le Livre du ruisseau, Marseille, éditions commune, coll. « Hôtel du Nord / Récits d’hospitalité », , 63 p. (ISBN 978-2-9534899-8-9).
  10. Voir les implantations industrielles sur le « Plan de la ville de Marseille, feuille nord », sur archivesplans.marseille.fr, publiée par le War office britannique en 1943.
  11. Xavier Daumalin, « La bourgeoisie d’affaires marseillaise face aux recompositions industrielles des années 1960-1990 : Les fondements d’un désengagement », dans La désindustrialisation :une fatalité ?, Besançon, presses universitaires de franche-comté, coll. « les cahiers de la MSHE Ledoux » (no 29), (ISBN 978-2-84867-583-1, ISSN 1772-6220, lire en ligne), p. 240-254.
  12. A. Joubret, « La nouvelle gare du Canet et les consolidations des murs de la Pinède à Marseille », Technica, no 15,‎ , p. 3-19 (lire en ligne, consulté le 18 septembre 2020);
  13. a et b Philippe Mioche, historien du patrimoine industriel lors d'une émission de radio consacrée aux 40 ans du lotissement industriel : « Patrimoine et industrie – Arnavant, une histoire industrielle de Marseille », sur radiogrenouille.com (consulté le 18 septembre 2020).
  14. Maha Messaoudene, Reconstruire des logements sociaux à Marseille : réactivité sociale et enjeu résidentiel, Connaissances & Savoirs, coll. « Sciences humaines et sociales. Urbanisme », , 244 p. (ISBN 9782753903036), p.43.
  15. La cité de Bassens, située dans le quartier de la Delorme entre la voie ferrée, une rocade routière et la zone industrielle, a fini par se pérenniser après plusieurs réhabilitations et reconstruction, voir Maha Messaoudène, « Bassens : du bidonville à la cité de transit – le provisoire qui s’éternise », Articulo - Journal of Urban Research [Online], vol. Logiques habitantes et offre résidentielle dans le processus de renouvellement urbain à Marseille,‎ (lire en ligne, consulté le 18 septembre 2020).
  16. « Arnavant Activités (13 - Marseille (14)) - Espace d'activités ».
  17. « Le Groupement d'entrepreneurs « Arnavant » fête ses 40 ans », (consulté le 18 septembre 2020).
  18. « Cap au Nord Entreprendre se bouge pour booster les quartiers Nord ! », sur madeinmarseille.net, (consulté le 18 septembre 2020)
  19. « Marché des Arnavaux - MIN Aix Marseille Provence » (consulté le 18 septembre 2020).
  20. « Agrochimie : Arkema cède Cerexagri à l'Indien United Phosophorus », sur www.info-chimie.fr, (consulté le 18 septembre 2020).
  21. Xavier Daumalin, « Désindustrialisation et ré-industrialisation à Marseille fin XIXe-début XXe siècle », Rives méditerranéennes [Online], no 46,‎ (lire en ligne, consulté le 18 septembre 2020).
  22. (en) « Union Sulphur Company ».
  23. « Blocages et manifestations contre la relance des activités «toxiques» », sur la-croix.com, (consulté le 18 septembre 2020).
  24. Richard Michel, « Haribo conserve son siège à Marseille et construit des bureaux à l'Estaque », sur gomet.net, (consulté le 18 septembre 2020).


Article connexe[modifier | modifier le code]

Statistiques quartiers 14e arrondissement de Marseille