Belle de Mai

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Belle de Mai
Image illustrative de l'article Belle de Mai
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Bouches-du-Rhône
Ville Marseille
Canton Marseille-1
Marseille-2
Arrondissement municipal 3e arrondissement
Code postal 13003
Démographie
Population 14 256 hab. (2012)
Densité 17 073 hab./km2
Fonctions urbaines Résidentielle, culturelle
Géographie
Coordonnées 43° 18′ 41″ nord, 5° 23′ 08″ est
Superficie 83,5 ha = 0,835 km2
Transport
Bus Autobus de MarseilleLigne 31 Ligne 32 Ligne 33 Ligne 34 Ligne 49 Ligne 52 Ligne 72 Ligne 88 
Localisation

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Belle de Mai

La Belle de Mai est un quartier de Marseille situé dans le 3e arrondissement (2e secteur).

Située à proximité de la gare Saint-Charles, la Belle de Mai a longtemps été le siège de la manufacture des tabacs de Marseille et le lieu de résidence des immigrés italiens qui y travaillaient. C'était un quartier presque exclusivement ouvrier aux XIXe et XXe siècles.

La manufacture désaffectée, devenue friche industrielle, a été rénovée et transformée en lieu culturel et patrimonial à partir des années 1990. Elle abrite désormais les Archives municipales de Marseille, un Pôle média et la Friche, important espace culturel.

Le quartier alentour reste toutefois un quartier populaire.

Étymologie[modifier | modifier le code]

L'étymologie du nom est controversée. Une version dit qu'une enfant était élue Belle de Mai et installée sur une estrade au printemps lors de la fête des roses. Mais il ne semble pas que cela soit une tradition historique.

Une autre version veut qu'au XVIIIe siècle, une vigne poussant sur le terrain de Plombières ait porté le nom de Bèla de Mai (Belle-d'avantage, en provençal) car c'était une vigne tardive, c'est-à-dire quelle donnait du raisin jusqu'en décembre. Un chemin de la Belle de Mai allait d'ailleurs de Plombières jusqu'à la Porte d'Aix en passant par le cimetière Saint-Charles et par l'actuelle rue Belle de Mai.

Histoire[modifier | modifier le code]

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Lieu de villégiature des notables marseillais au début du XIXe siècle, la Belle de Mai fit sa réputation l'été par ses vergers, ses guinguettes et ses bals populaires. Sa proximité avec le port de la Joliette construit au début du XIXe, incite les dockers à s'y installer. Puis, s'installent les usines de raffinement de sucre (les Sucres Saint-Charles vers 1830) et d'allumettes (les usines chimiques étaient cantonnées à l'extérieur des villes). Une gare de marchandise s'ajoute à l'ensemble.

En 1868, sur l'emplacement de l'ancienne raffinerie de sucre est inaugurée la Manufacture des tabacs, construite d’après les plans de Désiré Michel. Le quartier devient ainsi au cours du XIXe siècle un quartier presque exclusivement ouvrier. En 1900, il est peuplé majoritairement par des Italiens fuyant la misère et le chômage en Toscane et se regroupant par familles et souvent victimes de racisme.

Le quartier est au premier rang des luttes syndicales et socialistes. Clovis Hugues, maire de la Belle de Mai, devient en 1881 le premier député socialiste élu au Parlement français.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Pendant l'Occupation, la Belle de Mai est un haut lieu de la résistance communiste.

Dans les années 1960, la Manufacture de tabacs est l'une des plus importantes de France, mais cette période d’apogée est suivie d’un long déclin qui conduit la direction à fermer l’usine au début des années 1990 et à transférer la production à Vitrolles. Cette fermeture cause le déclin du quartier, à la population vieillissante et aux immeubles détériorés. De nombreux commerces ferment alors.

En 1992, une partie de la friche industrielle devient un lieu culturel abritant des structures artistiques de toutes disciplines : la Friche Belle de Mai. En 1994, la Ville de Marseille achète la partie de la manufacture datant du XIXe siècle, pour la transformer en un pôle patrimonial. S'y installent les Archives municipales, le Centre interrégional de conservation et restauration du patrimoine et le Fonds communal.

Le quartier aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Entrée de la Friche Belle de Mai

En 2005, la place Bernard Cadenat, au centre du quartier, est entièrement rénovée. Elle regroupe les principaux commerces et un marché quotidien. Chaque année se déroule la fête de la Belle de Mai, au cours de laquelle les commerçants exposent leurs produits dans la rue tels des forains, sur fond de musique et de spectacles.

Depuis 2004, dans le cadre du projet Euroméditerranée, les anciens bâtiments de la manufacture abritent, en plus de la Friche culturelle et des Archives, un Pôle média comprenant des bureaux d'entreprises et un studio de cinéma et de télévision. C'est notamment le lieu de tournage de la série télévisée Plus belle la vie diffusée par France 3 et le siège de la télévision locale LCM. La Friche Belle de Mai s'agrandit également, ouvrant en 2013 une « tour » dédiée à l'art contemporain.

Toutefois, la Belle de Mai reste un quartier très populaire dont l'identité s'est construite par l'apport des vagues successives de populations immigrées. Quartier surtout italien, puis également polonais, espagnol ou arménien, la Belle de Mai compte aujourd'hui de nombreux habitants originaires du Maghreb et des Comores.

Démographie[modifier | modifier le code]

Population de La Belle de Mai
1982 1990 1999 2006 2009 2012
13 243 11 881 12 190 13 913 13 629 14 256
Nombre retenu à partir de 1962 : Population sans doubles comptes
(Source : INSEE[1])

Culture[modifier | modifier le code]

Le quartier de la Belle de Mai a inspiré plusieurs artistes :

  • Pierre Mac Orlan a écrit une chanson intitulée La Belle de Mai (musique de V. Marceau), publiée dans le livre Chansons pour accordéon en 1953 et créée par la chanteuse Germaine Montero,
  • Renaud a donné le nom À la Belle de Mai à un de ses albums ainsi qu'à la chanson éponyme (1994),
  • Le chanteur Stanislas Renoult a également écrit une chanson intitulée La belle de Mai (album Équilibre instable, (2007).
  • Le quartier est en outre le lieu de l'action du livre Double Crime dans la rue Bleue de Jean Contrucci (Éditions Jean-Claude Lattès, 2005).

Personnalités liées au quartier[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]