Grand port maritime de Marseille

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
 Ne doit pas être confondu avec Vieux-Port de Marseille.
Grand port maritime de Marseille
Marseille harbour mg 6383.jpg

Terminal conteneur du bassin Est (Marseille).

Présentation
Type
Statut
Tirant d'eau
10-12 m
Tonnage
78,52 Mt (2014)[1]
Trafic
2,46 M millions de passagers (dont 1,3 M de croisiéristes)[2],[3]
1 179 910 conteneurs (2014)[1]
Activités
Passagers, marchandises, hydrocarbures
Places
51e port mondial et 1er français (2013)[4] 107e port mondial pour les conteneurs (2015) [5]
Géographie
Coordonnées
Pays
Région
Département
Commune (France)
Localisation sur la carte de Marseille
voir sur la carte de Marseille
Legenda port.svg
Localisation sur la carte des Bouches-du-Rhône
voir sur la carte des Bouches-du-Rhône
Legenda port.svg
Localisation sur la carte de Provence-Alpes-Côte d'Azur
voir sur la carte de Provence-Alpes-Côte d'Azur
Legenda port.svg
Localisation sur la carte de France
voir sur la carte de France
Legenda port.svg

Le Grand port maritime de Marseille, (GPMM) précédemment connu comme « port autonome de Marseille » (PAM) est un établissement public de l'État français, qui exerce conjointement des missions de service public administratif et des missions de service public à caractère industriel et commercial, et dont la tutelle de l'État est exercée par la Direction générale des infrastructures, des transports et de la mer[6] du ministère de l'écologie, du développement durable et de l'Énergie

Il a le statut de grand port maritime et est donc géré comme un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC). Il est chargé d'exploiter, de gérer et de promouvoir les installations portuaires de Marseille à Fos-sur-Mer.

Lors du bilan de l'année 2014, en termes de trafic total de marchandises, avec 78 520 233 tonnes traitées, c'est le premier port français (et le second en EVP), le deuxième port de Méditerranée[7] et le cinquième port européen[8]. En 2013, il était le cinquante-et-unième port mondial[4]. Il dispose de la plus grande forme de radoub de Méditerranée, la forme 10[9]. La tendance de son activité, globalement à la baisse depuis la crise économique mondiale de 2008, consiste en une réduction du transport d'hydrocarbures et de passagers en ferries, et une augmentation du transport de conteneurs et de croisiéristes.

Histoire[modifier | modifier le code]

XIXe siècle : construction du nouveau port[modifier | modifier le code]

L'extension du Vieux-Port était envisagée depuis longtemps, mais au début du XIXe siècle les projets ne se concrétisent pas, à l'instar du projet de 1805 de construire un nouveau bassin vers le sud. Les seuls travaux sont des consolidations, la construction d'un bassin de carénage en 1829 (avec sa machine à vapeur en 1836). En 1833, l'ingénieur Poirel commence la construction de la digue d'Alger avec la nouvelle technique de grands blocs de béton, qui sont moins coûteux et bien plus résistants aux vagues que les anciens ouvrages de maçonnerie[10].

Dans les années 1840, le trafic maritime devient trop intense pour les capacités du Vieux-Port (encombrement, capacité d'accueil), et une extension paraît indispensable. Le trafic passe de 1 374 067 tonneaux en 1830 à 2 932 005 tonneaux en 1847[10]. Des projets modestes d'extension se succèdent.

Le bassin de la Joliette, au début du XXe siècle.

Deuxième port de France, l'enjeu devient trop important et la décision échappe à la ville ; par la loi du 5 août 1844 le gouvernement ordonne la construction du bassin de la Joliette, au nord du Vieux-Port, à travers un ambitieux chantier (18 millions de francs). La construction de la digue du Large reprend les techniques de blocs de béton. Les infrastructures de la Joliette commencent à être utilisées dès 1847. Le bassin sera achevé en 1853. Le port auxiliaire du Frioul est agrandi. L'extension du port continue avec la loi du 10 juin 1854 et du décret du 23 novembre 1856 qui ordonnent la construction des bassins du Lazaret et d'Arenc, puis la construction du bassin Napoléon (1859)[10]. Pour relier l’ancien et le nouveau port, la rue Impériale est tracée.

Le Port autonome (1966-2008)[modifier | modifier le code]

Le Port autonome de Marseille, au milieu du XXe siècle

L'extension du port, rendue nécessaire par ses activités croissantes, se réalise sur le golfe de Fos dans les années 1960.

Créé par une loi de juin 1965 et un décret de novembre 1965, le port autonome de Marseille voit le jour officiellement le 1er avril 1966. Il est financièrement autonome.

Il est alors dirigé par un directeur général nommé en conseil des ministres, sur proposition du ministre de tutelle et après avis du conseil d'administration composé de 26 membres représentants les diverses institutions (Chambres de commerce, professionnels portuaires et maritimes, représentants élus du personnel de l'établissement public et des dockers).

Le Grand port maritime[modifier | modifier le code]

Il a été transformé en grand port maritime par le décret no 2008-1033 du .

La crise économique mondiale de 2008 affecte son activité globale, qui se réduit de 100 Mt en 2007 à 83 Mt en 2009, et stagne depuis. Le chiffre d'affaires global est réduit de 35 M€ entre 2009 et 2013[11].

Le trafic du port se diversifie de plus en plus, notamment en raison de la réduction de l'activité pétrolière (-22 M€ de brut importé sur la période 2009-2013)[11]. Le transport de marchandises en conteneurs est en plein essor et le vrac solide progresse. De même, au niveau du transport de passagers, si le transport de passagers en ferry est en déclin depuis 2012 (-20% en 2014)[12], le port de croisière, en revanche, se développe rapidement[13], devenant en 2015 le cinquième de Méditerranée : le nombre de croisiéristes a augmenté de 87,3 % entre 2010 et 2014, ce qui constitue la plus forte croissance parmi les leaders méditerranéens[3].

Géographie[modifier | modifier le code]

Les installations de la Joliette.

La circonscription du port autonome de Marseille s'étend sur 70 km de côtes, allant d'est en ouest du Vieux-Port à Port-Saint-Louis-du-Rhône :

  • les Bassins Est (Marseille) ;
  • les Bassins Ouest (Lavéra, Caronte, Port de Bouc, Fos-sur-Mer, Port Saint-Louis-du-Rhône).

Administration[modifier | modifier le code]

Le grand port maritime est géré par un directoire de quatre membres[14]. Le conseil de surveillance comprend entre autres un membre du conseil municipal de Marseille, un élu du conseil syndical du syndicat d'agglomération nouvelle Ouest Provence et un représentant de la Chambre de commerce et d'industrie Marseille-Provence[15].

Zone d'influence[modifier | modifier le code]

Une bande transporteuse du GPMM.

Son arrière-pays est constitué principalement par la Provence et la vallée du Rhône, mais s'étend plus au nord grâce à un réseau de voies de communication étoffé qui le met en compétition avec les ports de la Manche et de la mer du Nord. les liaisons terrestres sont assurées par les voies routières et autoroutières (autoroute A7), les voies ferrées de rive droite (exclusivement fret) et rive gauche du Rhône et par la ligne du TGV Méditerranée, par le Rhône et la Saône canalisés à grand gabarit, ainsi que deux oléoducs (Sud-Européen et Méditerranée-Rhône) et des gazoducs.

Toutefois, comparé aux autres ports méditerranéens, le port de Marseille a perdu le tiers de sa part de marché en termes de trafic global depuis 1990, et la moitié de sa part de marché en termes de trafic de conteneurs alors qu'il partait à égalité avec les ports rivaux de Barcelone et Gênes.

Un projet de construction d'un technopôle, ou technoport, vise à redynamiser le port en facilitant la communication entre la clientèle du port et les activités scientifiques et technologiques de la région, promouvant l'innovation et renforçant les liens entre le port et la ville. Il inclurait la possibilité de réparer les bateaux de plus de 270 m de long[16].

Conflits[modifier | modifier le code]

Différents conflits sociaux, répétitifs lors des différentes réformes portuaires, ont eu tendance à dissuader une partie de la clientèle qui recherchait une certaine fiabilité[17].

Le 26 juin 2007 Nicolas Sarkozy déclare mettre en œuvre une réforme des statuts des ports autonomes pour rendre compétitifs les ports français et limiter l'influence des mouvements sociaux[18].

Sécurité[modifier | modifier le code]

Par convention entre la municipalité de Marseille et la Chambre de commerce, c'est le Bataillon de marins pompiers de Marseille (BMPM) qui assure la sécurité des personnes et des biens du Grand port maritime de Marseille. En plus de son personnel qui intervient à terre, le BMPM arme 2 bateaux pompes. Le "Lacydon" est accosté au centre d'incendie et de secours de La Bigue et le "Louis Colet" à Fos sur Mer, d'où ils peuvent intervenir contre les feux de navires.

Activité[modifier | modifier le code]

Trafic 2014[1] :

  • 78 520 233 tonnes (-2 %), dont :
    • 47 335 597 tonnes de vracs liquides (-4 %), dont 43 631 418 tonnes d'hydrocarbures (-5%) ;
    • 13 447 982 tonnes de vracs solides (+2 %) ;
    • 17 736 654 tonnes de marchandises diverses (+3 %), dont 1 179 910 EVP de conteneurs (+7 %) ;
  • 2,46 millions de passagers, dont 1,3 millions de croisiéristes (+12 %)[2].
Trafic portuaire
Tonnage général (tonnes) Conteneurs (EVP) Passagers (dont croisiéristes)
2010 86 M 953 435 2,06 M (700 000)
2011[19] 88,07 M 944 047 2,3 M (810 500)
2012[20] 85,79 M 1 061 193 2,4 M (890 100)
2013[21] 80,04 M 1 097 740 2,62 M (1,17 M)
2014[1] 78,52 M 1 179 910 2,46 M (1,3 M)

Hydrocarbures[modifier | modifier le code]

Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Cet article ou cette section est à actualiser. (indiquez la date de pose grâce au paramètre date).

Des passages de cet article sont obsolètes ou annoncent des événements désormais passés. Améliorez-le ou discutez des points à vérifier. Vous pouvez également préciser les sections à actualiser en utilisant {{section à actualiser}}.

En 2008, selon l'UFIP[22], les hydrocarbures (gaz naturel liquéfié non compris) comptent pour 60,7 % du trafic du port de Marseille-Fos (Les quatre raffineries de l'étang de Berre et du golfe de Fos traitent 32 % du raffinage français et elles reversaient 44 millions d'euros de taxe professionnelle aux collectivités locales). Le PAM reçoit aussi du pétrole qui est envoyé aux raffineries de Feyzin (Rhône) dans la banlieue de Lyon, Reichstett en Alsace, Cressier en Suisse et enfin Karlsruhe en Allemagne. Le PAM se classe comme 3e port pétrolier au monde et prévoit d'ici 2015 ; outre un dépôt supplémentaire de stockage de 800 000 m3 de produits pétroliers raffinés (sur 18 hectares dans le terminal pétrolier de Fos-Cavaou), de s'agrandir pour répondre à des besoins (benzène, GPL, agrodiesel...) qu'il justifie par l'implantation de Biocar (usine d'agrocarburants) et LBC (stockages supplémentaires de produits chimiques et agrocarburants), ceci pour traiter 1,3 million de tonnes par an supplémentaires, soit environ 300 nouvelles escales par an[23].

Conteneurs[modifier | modifier le code]

Réparation navale[modifier | modifier le code]

En 2015 le port dispose entre autres de 3 très grandes cales sèches pour les réparations de navires (à distinguer des cales destinées à la construction) :
la forme 8 (320 m de long, 50 m de large) pour les gros pétroliers ; la forme 9 pour les navires de croisière ; la forme 10, la plus grande forme européenne avec 465 m de long, 85 m de large et 12,5 m de tirant d’eau, remise en état en 2015[16].

La forme 10 est l'une des deux seules en Europe, avec celle de Rotterdam, à pouvoir accueillir les 175 grands paquebots navigant en Méditerranée d'avril à novembre. Son exploitation a été confiée en 2011 pour 25 ans au groupement solidaire San Giorgio/Mariotti/STX Europe. L'entreprise génoise San Giorgio, spécialisée depuis 1920 dans la réparation navale des cargos, s'est étendue aux navires de croisière et aux vaisseaux spécialisés. Le marché de cette activité étant très irrégulier, elle occupe seulement 75 travailleurs à temps plein mais peut atteindre des effectifs de 350 personnes lors d'un gros chantier. Elle n'a jamais encouru de retard dans les délais de livraison, élément particulièrement déterminant pour les transports de passagers. Autrefois fournisseur direct des réparations, son activité a depuis glissé vers la fourniture de services : San Giorgio rassemble et organise le travail de multiples prestataires sous-traitants, suivant un concept apparenté à celui des « stations-service » automobiles qui fournissent tout le nécessaire aussi bien pour le passager que pour le véhicule.

Les très gros navires sont réparés aux U.S.A. (Baie de Chesapeake) ou en Asie. Le projet de technoport étudié par le Conseil de Développement Marseille-Provence inclurait la possibilité de réparer les bateaux de plus de 270 m de long[16].

Transport de passagers[modifier | modifier le code]

Activité ferry[modifier | modifier le code]

Le port de Marseille est le point de départ de plusieurs lignes dont Marseille-Alger, Marseille Bejaia, Marseille-Tunis, Marseille-Bastia ou Ajaccio et Marseille-Sardaigne. Anciennement appelé SNCM, la Corsica Linea affecte plusieurs bateaux dont le Danielle Casanova

Port de croisière[modifier | modifier le code]

Impact économique[modifier | modifier le code]

Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Cet article ou cette section est à actualiser. (indiquez la date de pose grâce au paramètre date).

Des passages de cet article sont obsolètes ou annoncent des événements désormais passés. Améliorez-le ou discutez des points à vérifier. Vous pouvez également préciser les sections à actualiser en utilisant {{section à actualiser}}.

Selon une enquête publiée en octobre 2008 (mais faite d'octobre 2006 à mi-2008, donc avant la crise financière de 2008), ce port génère 12 milliards d'euros de chiffre d'affaires pour les entreprises, pour un résultat net de 800 millions d'euros. Le port conditionnerait ainsi 8 % des emplois salariés du département, soit 41 300 emplois qui se répartissent en 22 700 dans la logistique, 16 000 dans l'industrie, et 1 900 dans les administrations et le tertiaire (services))[24].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Direction du Développement du GPMM, Trafics 2104 du Port de Marseille Fos (Chiffres définitifs).
  2. a et b (en) « Marseille Fos Presentation at the Turkish Chamber of Shipping », 26 janvier 2015.
  3. a et b Franck André, Marseille-Fos cinquième port de croisière Méditerranée, L'Antenne, 23 Mars 2015.
  4. a et b (en) American Association of Port Authorities, World Port Rankings 2013.
  5. http://www.lemarin.fr/secteurs-activites/shipping/24587-conteneur-les-ports-mondiaux-en-hausse-que-de-11
  6. http://questions.assemblee-nationale.fr/q13/13-4891QE.htm
  7. « Marseille n'est plus le premier port de Méditerranée »,‎
  8. Derrière Rotterdam, Anvers, Hambourg et Amsterdam (cf. Sébastien Falletti, Le port de Marseille rétrograde encore en Europe, Le Figaro, 31 janvier 2011.
  9. Allié aux Génois, STX France s'intéresse à la Forme 10 de Marseille, Mer et marine, le 27 janvier 2012.
  10. a, b et c Bonillo et al. 1991, p. 43-48
  11. a et b Aurélie Thépaut, « Le port de Marseille-Fos à la reconquête de ses clients », Méridien MAG, 16 décembre 2014.
  12. « Bilan 2014 - bonne progression des trafics relais de croissance », marseille-port.fr (site officiel du GPMM), 5 mars 2015.
  13. « L'affirmation de Marseille comme port de croisière en Méditerranée », Urbanités, 13 novembre 2014.
  14. Décret 2008-1033 du 9 octobre 2008, art. 5.
  15. Décret 2008-1033 du 9 octobre 2008, art. 3 et 4.
  16. a, b et c Avis - Vers la création d'un technoport sur le territoire Marseille-Povence, Conseil de Développement Marseille-Provence Métropole, juin 2013.
  17. : dossier presse plan de relance des ports
  18. « Nicolas Sarkozy souhaite réformer le statut des ports autonomes », Mer et marine
  19. [PDF] « World Port Ranking 2011 », sur http://aapa.files.cms-plus.com/ (American Association of Port Authorities).
  20. Rapport annuel 2012 et communiqué de presse du 1er février 2013 « 2012 : conteneur en hausse et concertation en marche ».
  21. Guide d’Information Portuaire du port de Marseille Fos, août 2014, page 17.
  22. Union française des industries pétrolières (Ufip) Jean-Louis Schilansky, d'après dépêche AFP du 28 février 2008)
  23. Selon l'Usine nouvelle, 04/02/2008
  24. L'usine nouvelle, 13 novembre 2008, no 31 23, pages 46, article intitulé Le port, premier employeur de Marseille

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Lucien Bonillo (dir.), René Borruey, Jean-Denis Espinas et Antoine Picon, Marseille Ville et Port, (ISBN 2-86364-060-7)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]