Le Canet (Marseille)

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Le Canet
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Ville Marseille
Arrondissement municipal 14e
Démographie
Population 7 431 hab. (2012)
Géographie
Coordonnées 43° 19′ 34″ nord, 5° 22′ 30″ est
Transport
Métro Ligne 2 du métro de MarseilleBougainville
Ligne 2 du métro de MarseilleGèze
Bus Autobus de MarseilleLigne 28 Ligne 28B Ligne 38 Ligne 72 Ligne 89 Bus de nuit 530Bus de nuit 535
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Marseille
Voir sur la carte administrative de Marseille
City locator 14.svg
Le Canet

Le Canet est un quartier du 14e arrondissement de Marseille.

Il comprend une importante gare aux marchandises, la Gare de Marseille-Canet, inaugurée en , ainsi que le centre de rétention administrative du Canet qui a remplacé celui d'Arenc en .

Toponymie[modifier | modifier le code]

Cannetus au XIe siècle, Vallis de Canneto au XIIIe, le nom du Canet viendrait des « roseaux » (cannae) qui poussaient dans les anciens marécages du ruisseau Caravelle (ou Caravel) au bord duquel le quartier fut construit. Ce toponyme est particulièrement répandu dans les pays d’Oc. [réf. nécessaire]

Le Canet est d'abord orthographié Le Cannet. Ce n'est qu'en 1851 que le Canet commence à s'écrire avec un seul N[1].

Limites du quartier[modifier | modifier le code]

Le quartier administratif du Canet, au sens du décret n° 46-2285 du 18 octobre 1946, a pour limites nord et sud des axes majeurs de circulation reliant les autoroutes A7 et A55. Le ruisseau des Aygalades (La Caravelle) et le chemin de Gibbes en constituent les limites ouest et est [2]. Le quartier historique est plus étendu, il déborde notamment sur le quartier des Arnavaux.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le territoire du Canet jusqu’au début du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le Canet est pendant longtemps une terre à l'habitat dispersé, sur laquelle se sont installées de nombreuses « campagnes »[3] appartenant à de riches familles marseillaises qui s’y maintiennent jusque la fin du XIXe siècle : Décornis, Riboulet, GrosDugas, Sauvaire, Aubin. « La Floride », propriété Aubin, était réputée au début du XVIIe siècle pour son salon littéraire où se rencontraient écrivains, juristes et savants[1],[4].

Bien qu'on la date du XVIIe siècle, l'église du Canet ne présente pas un grand intérêt historique, à l'exception de l'épitaphe en latin de Laurent d'Arvieux, qui résume la vie de ce grand diplomate et voyageur. Lors de la Révolution elle vendue comme propriété nationale puis rachetée et réparée par divers notables du quartier. L’archevêque d’Aix y rétablit le culte en . En il en est fait donation à la Ville de Marseille[1].

Selon Alfred Saurel le noyau villageois est en cours de constitution dans les années 1860, avec des bâtiments éparpillés et des commencements de rues et de boulevards à proximité de l’église. Les voies de communications vers les autres quartiers font défaut. Des propriétaires lassés de voir leurs clôtures franchies par des habitants à la recherche de raccourcis demandent à la Ville la création d'une nouvelle voie. La Ville proposee en une liaison est-ouest vers le quartier des Crottes, mais demande l’abandon gratuit de terrains ainsi qu'une participation financière des propriétaires. Alfred Saurel en conclut que la voie n’est pas prête d’être commencée[1].

Le développement du quartier au XXe siècle[modifier | modifier le code]

Après la construction du nouveau port et son extension vers le nord, le territoire du Canet s'industrialise à la fin du XIXe siècle et au début du XXe : raffineries de soufre, brasseries, huileries, savonneries …

La gare aux marchandises de Marseille-Canet est réalisée par la Compagnie PLM entre et [5]. Elle occupe environ le quart de la surface du quartier et se déploie le long du ruisseau des Aygalades. Une partie du terrain était auparavant occupé par le camp Oddo, lieu d’hébergement de réfugiés arméniens de à dans d’anciens baraquements militaires de la guerre de 1914-1918.

La Compagnie PLM construit aussi, pour le compte de la Ville le boulevard Oddo prolongé (devenu boulevard du Capitaine Gèze), à la limite nord du quartier. Cet axe est-ouest facilite le développement d’activités industrielles dans des zones de l’arrière-port jusqu’alors mal desservies[5].

Dans le cadre du projet « Euromed 2 » l'établissement public d’aménagement Euroméditerranée (EPAEM) prévoit de transformer le site de la gare en parc urbain[6].

Habitat[modifier | modifier le code]

Le Groupe HBM Ambrosini dont l’entrée se situe sur le boulevard Capitaine Gèze, est construit en . C’est la première opération de logement social dans ce quartier industriel. Son architecture, conçue par l’architecte lyonnais François Clermont spécialiste du logement social, se rapproche de celle de la cité Tony-Garnier à Lyon[7].

Le Goupe expérimental du Canet qui s’insère dans l’emprise du groupe Ambrosini date de . Il est construit en 160 jours hors des cadres ordinaires de production. L’urgence de réaliser des logements dans l’après-guerre est à l’origine de cette opération expérimentale dont l’architecte est le marseillais Louis Olmeta. Le groupe est labellisé « Patrimoine du XXe siècle » [8].

Située aux franges de l’opération Euroméditerranée 2, entre le boulevard de la Maison Blanche et le boulevard Danielle Casanova, La Maison Blanche est une des cinq copropriétés dégradées répertoriées en 2015 par le « Rapport Nicol » consacré à la question de la requalification du parc immobilier privé à Marseille[9]. C’est l’un des sites concernées par le plan gouvernemental de lutte contre l'habitat indigne[10]. En 2019 un incendie a accentué la situation de précarité des habitants[11]. Pendant le premier confinement dû à la pandémie de Covid-19 le Collectif des habitants de Maison-Blanche organise le ravitaillement de familles qui vivant de « petits boulots » ne disposent plus de revenus[12].

Lieux d'intérêt[modifier | modifier le code]

  • Le boulevard du Commandant Finat-Duclos. Cette petite voie, généralement très tranquille, a pourtant connu de nombreux règlements de compte à commencer par la tuerie du Bar du Téléphone en 1978, mais aussi l'exécution de trois lieutenants de Francis le Belge en 1972, celle du braqueur Jacques Castagna, dit Pierrot la Boulange, en 1981, et enfin l'enlèvement, suivi de sa disparition, de Redouane Djouder, dit Djoujou, dans le bar du Petit Canet en 2010.
  • Le cimetière du Canet duquel l'on aperçoit la mer est dominé par le mausolée Vanverberghe dans lequel repose Francis le Belge, l'un des plus célèbres parrains marseillais.
  • La station Alexandre, à l'origine une gare de triage construite au début du XXe siècle par Victor Régis, l'un des grands noms de l'industrie des huiles marseillaises. Cette superbe[non neutre] architecture métallique, après sa réhabilitation par l'architecte Éric Castaldi entre 2004 et 2007, est devenue un espace culturel qui accueille également une centaine de bureaux, deux restaurants et une galerie marchande.

Club de football[modifier | modifier le code]

Canet Sports est un club de football marseillais fondé en 1920 dont le siège se situait sur le boulevard Charles Moretti dans le 14e arrondissement. Le club est fermé depuis , faute de moyens pour poursuivre son activité.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Alfred Saurel, La banlieue de Marseille, Marseille, Jeanne Laffitte, (ISBN 2-86276-268-7), p. 52-57.
  2. « Le plan du quartier administratif du Canet sur OpenStreetMap ».
  3. Propriétés rurales du terroir Marseillais, bastides.
  4. Voir Les Arnavaux#La Floride, lieu de rencontre d’érudits au début du XVIIe siècle.
  5. a et b A. Joubret, « La nouvelle gare du Canet et les consolidations des murs de la Pinède à Marseille », Technica, no 15,‎ , p. 3-19 (lire en ligne, consulté le 6 novembre 2020).
  6. « Parc des Aygalades », sur euromediterranee.fr (consulté le 6 novembre 2020).
  7. Thierry Durousseau (dir.), Architectures à Marseille, Marseille, Maison de l’architecture et de la ville PACA, , 247 p. (ISBN 978-2-9534948-2-2).
  8. « Fiche 1.1418 - Le Canet », sur culture.gouv.fr/Regions/Drac-Provence-Alpes-Cote-d-Azur/ (consulté le 8 novembre 2020).
  9. Benoît Gilles, « Logement indigne à Marseille : un rapport au vitriol », sur marsactu.fr, (consulté le 8 novembre 2020).
  10. William Allaire, « Marseille : cinq copropriétés inscrites dans le plan « Initiative Copropriétés » », sur tpbm-presse.com, (consulté le 8 novembre 2020).
  11. Myriam Guillaume, « Marseille : les alertes étaient légion à Maison Blanche », sur lamarseillaise.fr, (consulté le 8 novembre 2020).
  12. « Confinement : sans revenus, à Marseille les habitants des quartiers Nord se serrent les coudes », sur france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur, (consulté le 8 novembre 2020).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Bouyala d'Arnaud, Évocation du vieux Marseille, les éditions de minuit, Paris, 1961.
  • Adrien Blés, Dictionnaire historique des rues de Marseille, Ed. Jeanne Laffitte, Marseille, 2001, (ISBN 2-86276-372-1).
  • François Thomazeau, Marseille insolite, Les Beaux Jours, 2007, (ISBN 978-2-35179-002-1).