Les Riaux

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Les Riaux
L'Estaque et les Riaux, vue depuis le haut du chemin de la Nerthe
L'Estaque et les Riaux, vue depuis le haut du chemin de la Nerthe
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Ville Marseille
Arrondissement municipal 16e
Démographie
Population 614 hab. (2012)
Étapes d’urbanisation 19eme Siecle
Transport
Bus Autobus de MarseilleLigne 35  35S Bus de nuit 535

Les Riaux est un quartier du 16e arrondissement de Marseille situé dans le VIIIe secteur (15e et 16e arrondissements) dans la partie nord de la ville. Il est parfois considéré comme un petit quartier de L'Estaque, comme l'Estaque Plage, l'Estaque Gare et les Hauts de l'Estaque.

Ainsi beaucoup l'appelle Estaque Riaux, alors que les Riaux est un quartier administratif de Marseille, tout comme les trois autres quartiers du 16e, St André, St Henri et l'Estaque.

Les habitats du quartier furent dans un premier temps constitués de cabanons et de villas, puis les propriétaires des usines ont fait construire des cités et des courées pour loger leurs ouvriers[1]. Les industries à l’origine de l’émergence du quartiers n'ont pas particulièrement organisé la construction de logements dans les interstices des cités ouvrières aujourd'hui le quartier est constitué de cités de maisons familiales et de petits immeubles tandis que les pavillons et maisons de villes y sont quasi absents.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le quartier des Riaux est délimité par la montée Antoine-Castejon, la voie ferrée, la Nerthe, par les usines, et par le chemin du Littoral (Route de l'Estaque Plage).

Le vallon de Riaux (étymologiquement, « lit du ruisseau ») est constitué de petites maisons. Il se termine par « la carrière » ; ancienne carrière des usines Lafarge.

Un inventaire a été réalisé sur le quartier Les Riaux[2]

Histoire[modifier | modifier le code]

Travaux sur une friche industrielle des Riaux, 2012

Le quartier des Riaux a été créé à la fin du XIXe siècle autour de quelques usines, comme lotissement d'habitation pour les ouvriers. Son nom vient du provençal riau ou riou qui signifie « ruisseau ». Un petit ruisseau circulant dans ce quartier de l'Estaque.

Il était encadré par plusieurs usines ; Ciments Penaroya, Khulmann, (ex Atochem) Lafarge, Saria, EGTH, Rio Tinto Rousselot.

En 1819, couvrait la partie nord du quartier de la Falaise et le bas de celui des Piches. À cette époque, il n'existait pratiquement pas de maison.

Le développement du quartier ne démarre qu'avec l'acquisition fin 19° de terrains par la Compagnie Rio Tinto qui bâtit une usine éponyme. C'est en 1913 qu'est construite l'usine de la Société coloniale des chaux et ciments Portland.

Quartier ouvrier, le secteur des Riaux fut influencé par des mouvements socialistes en témoigne la gréve de mai 1936 en solidarité avec les mouvements socialistes de la guerre d’Espagne. Gréve des ouvriers des carrières de la Nerthe suivie d'une gréve générale occupant les usines de Chagneaud, Rousselot, Coloniale, Pennaroya, Tulieries et Khulmann [3].

Très tôt les usines sont exploitées par des travailleurs immigrés qui s'installent dans le quartier formant des communautés italiennes corses et algériennes particulièrement chaoui et kabyle. Ainsi, selon les critères du recensement de 1982, sur 1 200 habitants, 620 sont des étrangers dont 520 des Algériens[4].

Les usines ont commencé à fermer dès le début du 21e, les friches industrielles, notamment celles de Métal-Europe font l'objet d'opération de dépollution des sols puisque l'arsenic était déversé directement dans la colline.

Sociologie[modifier | modifier le code]

Le sociologue Salvatore Condro décrit le quartier :

« Ainsi le quartier de l’Estaque-Riaux était-il, jusqu'à une période récente un espace industriel, un quartier ouvrier où les conditions et les modes de vie ouvriers surdéterminaient les différenciations ethniques et culturelles. L'espace-temps ouvrier "mélangeait", "colorait", "respectait" les différences. L’Estarque-Riaux était en quelque sorte une petite communauté de voisinage dans laquelle "vivre et travailler au pays" était une réalité, du moins le sera jusqu'au milieu des années 70. Les petits commerces se multipliaient (le petit "truc" qu'on va acheter au centre-ville, c'est un peu du luxe). Le dimanche est consacré au tiercé, à la pétanque, aux joutes et au football. »[5]

Culture[modifier | modifier le code]

Le golfe de Marseille vu de l'Estaque, Cézanne, vers 1885

Des peintres célèbres ont été inspirés par ce quartier. C'est en effet aux Riaux qu'est apparu le cubisme. Le célèbre tableau de Georges Braque, Le Viaduc à L'Estaque (1908), exposé au centre Georges Pompidou à Paris, représente le quartier des Riaux[6].

Ce quartier a vu grandir le réalisateur Robert Guédiguian. Une grande part des œuvres du réalisateur comme Marius et jeannette (1997) ou Le derniers été (1981), y ont été tournés.

Les rappeurs Duval MC et Bil-K (Ghetto Phénomène) sont issus du quartier.

L'ancien cinéma Le Rio, a aujourd'hui disparu, un film lui est consacré par l'association Images et Paroles engagées.

Services et équipements[modifier | modifier le code]

Le petit terrain de football Jean Christofol

-Le Comité d'intérêt de quartier (CIQ) des Riaux propose des réunions mensuelles des habitants.

-La Maison municipale d'arrondissement (MMA), 5 place du centre, propose des sorties culturelles, expositions, cours de Yoga, lotos, aide alimentaire.

-L'Association sportive Khulman (ASK) et le « City-Stade » Jean Christofol, rénové en 2012.

-Le Jardin Sylvain Bettini avec jeux d'enfants et garde corps architectural.

Économie[modifier | modifier le code]

Revenu fiscal[modifier | modifier le code]

En 2007, le revenu fiscal médian par unité de consommation était de 12 869 euros (avec 507 unités). Le revenu fiscal médian par ménage était de 22 530 euros (avec 279 ménages fiscaux). Il n'y a pas de données sur la moyenne des revenus fiscaux[7].

Population active[modifier | modifier le code]

L’économie du secteur fut longtemps basé sur les usines qui sont en grande partie à l’origine de l'urbanisation du quartier, après la fermeture de ces usines le quartier connait un taux de chômage élevé ; en 2006 il atteint les 27,52 %[8]. Le nombre d'habitants n'est pas pas suffisant pour qu'il soit reconnu comme quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV)[réf. nécessaire].

Entreprises et commerces[modifier | modifier le code]

Pratiquement tous les commerces ont fermé[9]. Seul demeure le magasin Utile, chemin de la Nerthe, tenu par la famille Azzoug.


Ancien panneau de signalisation d'une usine, 2009

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Salvatore CONDRO, « L'insertion sociale des immigres : Crise économique et changements sociaux un quartier de Marseille : l'Estaque-Riaux », dans Des migrants et des villes : Mobilité et insertion, Institut de recherches et d'études sur le monde arabe et musulman, 1988. Lire en ligne

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Guignet Philippe, « Cours, courées et corons. Contribution à un cadrage lexicographique, typologique et chronologique de types d'habitat collectif emblématiques de la France du Nord », Revue du Nord, 1/2008 (n° 374),‎ , p. 29-47. (lire en ligne)
  2. « Quartier Les Riaux », sur http://dossiersinventaire.regionpaca.fr, (consulté le 14 mars 2017)
  3. Antoine OLIVES, « Le Front Populaire à Marseille d'après un sondage d'opinion (1935-1936) », Provence historique Fascicule 69,‎ , p. 310 (lire en ligne)
  4. Mireille Meyer, DES MIGRANTS ET DES VILLES, Aix en Provence, l’IREMAM, , 143p p., p40
  5. CONDRO, Salvatore. « L'insertion sociale des immigres : Crise économique et changements sociaux un quartier de Marseille : l'Estaque-Riaux », dans Des migrants et des villes : Mobilité et insertion, Institut de recherches et d'études sur le monde arabe et musulman, 1988. Lire en ligne
  6. Le Viaduc à l'Estaque
  7. http://www.insee.fr/fr/ppp/bases-de-donnees/donnees-detaillees/duicq/xls/RFL/RFL_I_93_00758.xls
  8. 16e arrondissement de Marseille
  9. l'inventaire