Énergie hydroélectrique

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Ne doit pas être confondu avec Énergie hydraulique.

L'énergie hydroélectrique, ou hydroélectricité, est une énergie électrique renouvelable qui est issue de la conversion de l'énergie hydraulique en électricité. L'énergie cinétique du courant d'eau, naturel ou généré par la différence de niveau, est transformée en énergie mécanique par une turbine hydraulique, puis en énergie électrique par une génératrice électrique synchrone.

En 2017, l’énergie hydroélectrique représentait 16,6 % de la production mondiale d’électricité ; elle possède de nombreux atouts : c'est une énergie renouvelable, d'un faible coût d'exploitation et qui est responsable d'une faible émission de gaz à effet de serre ; la capacité de stockage de ses réservoirs permet de compenser les variations de la demande ainsi que celles des énergies intermittentes (éolien, solaire). Elle présente toutefois des impacts sociaux et environnementaux particulièrement dans le cas des barrages implantés dans les régions non montagneuses : déplacements de population, éventuellement inondations de terres agricoles, modifications des écosystèmes aquatique et terrestre, blocage des alluvionsetc..

Les principaux producteurs d'hydroélectricité en 2017 sont la Chine (28,5 %), le Canada (9,6 %), le Brésil (9,6 %) et les États-Unis (7,7 %), dont les barrages figurent parmi les plus puissants.

Principes[modifier | modifier le code]

Vue en coupe d'une turbine hydraulique couplée à un générateur électrique.
A : Générateur avec 1 : Stator et 2 : Rotors réglables
B : Turbine : avec 3 : Vannes 4 : Pales turbine, 5 : Flux d'eau et 6 : Axe de rotation

L'énergie électrique est produite par la transformation de l'énergie cinétique de l'eau en énergie électrique par l'intermédiaire d'une turbine hydraulique couplée à un générateur électrique. Pour les barrages par accumulation la quantité d'énergie disponible, sur une période donnée, dans la réserve d'eau d'un barrage dépend de son volume, des apports et pertes naturels sur la période et de la hauteur de chute. Pour les barrages au fil de l'eau la quantité d'énergie produite est directement liée au débit (m3/s, m3/h, m3/j, m3/an).

Il existe quatre grands types de turbines. Le choix du type de turbine le plus adapté est fait par le calcul de la vitesse spécifique notée « ns ».

  • La turbine Pelton, adaptée aux hautes chutes, avec une roue à augets, inventée par Lester Allan Pelton en 1879. Elle est conçue pour les hauteurs de chute de plus de 200 mètres ;
  • La turbine Francis, plutôt montée pour des chutes moyennes, voire hautes, avec une roue à aubes simple ou double. Conçue par James B. Francis en 1868 ;
  • La turbine Kaplan, inventée en 1912, parfaitement adaptée aux basses chutes et forts débits, avec une roue de type hélice, comme celle d'un bateau. Viktor Kaplan a mis au point une roue à hélice dont les pales peuvent s'orienter en fonction des débits utilisables ;
  • La turbine Wells, assez peu connue, utilise le mouvement de l'air provoqué par le mouvement des vagues à travers un tube vertical. Principe développé par Alan Wells.

Histoire[modifier | modifier le code]

Entrée monumentale de l'exposition de 1925.

Les êtres humains se servent de moulins à eau actionnés par des roues à aubes pour moudre le blé depuis plus de deux mille ans. Les industries horlogère et papetière des Alpes y ont beaucoup eu recours du fait de l'abondance des torrents descendant jusque dans les vallées. Au XIXe siècle, les roues à aubes sont utilisées pour produire de l'électricité puis, sont remplacées par les turbines.

En 1869, l'ingénieur Aristide Bergès l'utilise sur une chute de deux cents mètres à Lancey pour faire tourner ses défibreurs, râpant le bois afin d'en faire de la pâte à papier. Il parle de « houille blanche » en 1878 à Grenoble, puis à la foire de Lyon en 1887 et lors de l'Exposition universelle de Paris de 1889.

Dès les années 1900, les progrès technologiques de l'hydroélectricité suisse sont à l'origine d'intenses spéculations boursières sur les sociétés hydroélectriques, qui profitent aux implantations industrielles dans les Alpes.

Dans les années 1920, une rapide expansion de l'électricité voit le jour en France, avec une multiplication par huit de la production d'électricité hydraulique grâce aux premiers barrages.

En 1925, Grenoble organise l'Exposition internationale de la houille blanche.

Centrales hydroélectriques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Énergie hydraulique.
Schéma en coupe d'un barrage hydroélectrique.
A : réservoir,
B : centrale électrique,
C : turbine,
D : générateur,
E : vanne,
F : conduite forcée,
G : lignes haute tension,
H : rivière
Salle des machines de la centrale hydroélectrique de Fessenheim. Les générateurs sont peints en bleu.

Il existe trois formes principales de production d'énergie hydroélectrique :

  • les centrales dites gravitaires, ainsi nommées car les apports d'eau dans leur réservoir ou leur prise d'eau sont essentiellement issus de cours d'eau par gravitation, telles que les centrales au fil de l'eau ou les centrales hydroélectriques de lac ;
  • les stations de transfert d'énergie par pompage (S-T-E-P), aussi connues sous l'appellation « centrales hydrauliques à réserve pompée » ou « centrale de pompage-turbinage », dans lesquelles des turbines réversibles pompent l'eau d'un bassin inférieur vers un bassin supérieur. Elles comprennent aussi fréquemment une partie gravitaire. Le transfert est un transfert temporel (pompage durant le creux de la demande à partir d'électricité produite par des équipements de base et production d'électricité par turbinage durant la pointe, en substitution ou en complément à celle, plus coûteuse, des équipements de pointe) ;
  • les usines marémotrices, qui utilisent l'énergie du mouvement des mers, qu'il s'agisse du flux alterné des marées (marémotrice au sens strict), des courants marins permanents (hydroliennes au sens strict) ou du mouvement des vagues.

Les centrales gravitaires[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Petite centrale hydroélectrique.

Les centrales gravitaires sont celles mettant à profit l'énergie potentielle liée à la dénivellation entre le réservoir et la centrale. On peut classer les centrales selon trois types de fonctionnement, déterminant un service différent pour le système électrique. Ce classement se fait en fonction de la constante de vidage, qui correspond au temps théorique qui serait nécessaire pour vider la réserve en turbinant à la puissance maximale.

Classement par type de fonctionnement[modifier | modifier le code]

On distingue ainsi :

  • les centrales au fil de l'eau, dont la constante de vidage est généralement inférieure à deux heures ;
  • les centrales « éclusées », dont la constante de vidage est comprise entre deux et deux cents heures ;
  • les « lacs » (ou « réservoirs »), dont la constante de vidage est supérieure à deux cents heures.

Les centrales au fil de l'eau, principalement installées dans des zones de plaines, présentent pour ces raisons des retenues de faible hauteur. Elles utilisent le débit du fleuve tel qu'il se présente, sans capacité significative de modulation par stockage. Elles fournissent une énergie en base[n 1] très peu coûteuse. Elles sont typiques des aménagements réalisés sur les fleuves importants tel que le Rhône et le Rhin.

Les centrales « éclusées » présentent des lacs plus importants, leur permettant une modulation dans la journée voire la semaine. Leur gestion permet de suivre la variation de la consommation sur ces horizons de temps (pics de consommation du matin et du soir, différence entre jours ouvrés et weekend, etc.). Elles sont typiques des aménagements réalisés en moyenne montagne.

Les « centrales-lacs » correspondent aux ouvrages présentant les réservoirs les plus importants. Ceux-ci permettent un stockage saisonnier de l'eau, et une modulation de la production pour passer les pics de charge de consommation électrique : l'été pour les pays où la pointe de consommation est déterminée par la climatisation, l'hiver pour ceux où elle est déterminée par le chauffage. Ces centrales sont typiques des aménagements réalisés en moyenne et haute montagne.

Les deux derniers types de lacs permettent par rétention de l'eau un certain stockage d'énergie (énergie potentielle de chute), permettant de lisser, au moins partiellement, la production d'électricité.

Classement par type de remplissage[modifier | modifier le code]

Il est également possible de classer les centrales en fonction des caractéristiques de remplissage de leur réservoir qui conditionne l'usage électrique qui peut en être fait.

Par exemple, le remplissage de certains réservoirs peut statistiquement être obtenu de façon hebdomadaire, saisonnière, annuelle, voire pluriannuelle, dans le cas de très grandes étendues d'eau comme le réservoir de Caniapiscau, créé dans le cadre du projet de la Baie-James, au Québec[1]. Il est évident que la vitesse de remplissage a un impact direct sur la flexibilité d'utilisation.

Classement par hauteur de chute[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Hauteur de chute.

Enfin, on peut classer les ouvrages en fonction de leur hauteur de chute, c'est-à-dire de la différence d'altitude entre le miroir théorique du réservoir plein et la turbine. Cette hauteur de chute détermine les types de turbines utilisées.

On distingue ainsi :

  • les hautes chutes (supérieures à 200 m)
  • les moyennes chutes (entre 50 et 200 m)
  • les basses chutes (inférieures à 50 m)

Entre ces trois types de classement, il n'existe pas d'équivalence stricte mais une forte corrélation :

  • Les centrales au fil de l'eau ont en général un remplissage fréquent avec des apports réguliers, et de faible hauteur de chute ;
  • les éclusées ont un remplissage quotidien ou hebdomadaire influencé par la saison (saison de crues) et des hauteurs de chute moyenne, plus rarement haute ;
  • les lacs ont des remplissages en général saisonniers (fonte des neiges ou saison des pluies) et des hauteurs de chutes importantes.

Les stations de transfert d'énergie par pompage[modifier | modifier le code]

Mesurant 285 mètres de haut, la Grande Dixence est le plus haut barrage poids du monde (Valais, Suisse)
Article détaillé : Pompage-turbinage.

Les stations de transfert d'énergie par pompage (STEP), en plus de produire de l'énergie à partir de l'écoulement naturel, comportent un mode pompage permettant de stocker l'énergie produite par d'autres types de centrales lorsque la consommation est inférieure à la production, par exemple la nuit, pour la redistribuer, en mode turbinage, lors des pics de consommation.

Ces centrales possèdent deux bassins, un bassin supérieur et un bassin inférieur entre lesquels est placée une machine hydroélectrique réversible : la partie hydraulique peut fonctionner aussi bien en pompe, qu'en turbine et la partie électrique aussi bien en moteur qu'en alternateur (machine synchrone). En mode accumulation la machine utilise la puissance disponible sur le réseau pour remonter l'eau du bassin inférieur vers le bassin supérieur et en mode production la machine convertit l'énergie potentielle gravitationnelle de l'eau en électricité.

Le rendement (rapport entre électricité consommée et électricité produite) est de l'ordre de 82 %.

Ce type de centrale présente un intérêt économique lorsque les coûts marginaux de production varient significativement sur une période de temps donnée (le jour, la semaine, la saison, l'année, etc.). Elles permettent en effet de stocker de l'énergie gravitaire, dans les périodes où ces coûts sont bas, pour en disposer dans les périodes où ils sont élevés.

C'est par exemple le cas s'il existe des variations récurrentes importantes de la demande (entre été et hiver, jour ou nuit, etc.), des productions « fatales » en quantité importante, qui seraient sinon perdues (énergie éolienne) ou des productions d'énergie en base faiblement modulables (nucléaire, hydraulique de fil de l'eau).

Les centrales maritimes[modifier | modifier le code]

À partir des marées[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Énergie marémotrice.

Une usine marémotrice est une centrale hydroélectrique qui utilise l'énergie des marées pour produire de l'électricité. L'usine marémotrice de la Rance mise en service en 1966, pour pallier la faible production d'électricité en Bretagne, en est un exemple.

À partir des vagues[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Énergie des vagues.

Le Japon s’est intéressé le premier aux ressources de la houle à partir de 1945, suivi par la Norvège et le Royaume-Uni[réf. souhaitée].

Au début du mois d’août 1995, l’Ocean Swell Powered Renewable Energy (en) (OSPREY), la première centrale électrique utilisant l’énergie des vagues, est installée au nord de l’Écosse. Le principe est le suivant : les vagues pénètrent dans une sorte de caisson immergé, ouvert à la base, poussent de l’air dans les turbines qui actionnent les alternateurs générant l'électricité. Cette dernière est ensuite transmis par câble sous-marin à la côte, distante d’environ 300 mètres. La centrale avait une puissance de 2 MW, malheureusement, cet ouvrage, endommagé par les vagues, a été anéanti par la queue de l'ouragan Felix en 2007. Ses créateurs ne se découragent pas, et une nouvelle machine, moins chère et plus performante, est actuellement mise au point[Quand ?]. Elle doit permettre de fournir de l'électricité aux petites îles qui en manquent et, d'alimenter une usine de dessalement de l'eau de mer.

À partir des courants marins[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Hydrolienne.

Un projet de la société britannique Marine Current Turbines (en) a prévu de mettre en œuvre des hydroliennes qui utilisent les courants marins de manière similaire à une hélice de bateau pour produire de l'électricité.

Utilisation dans le monde[modifier | modifier le code]

Le barrage des Trois-Gorges, dans la province du Hubei en Chine, est le plus grand barrage ainsi que le plus grand générateur d'électricité au monde[2].

Synthèse mondiale[modifier | modifier le code]

L'eau qui est la source de l’énergie hydroélectrique est stockable : la production d’électricité peut donc être stockée pendant les heures creuses pour être utilisée en pointe, c’est-à-dire quand la demande est la plus forte sur le réseau public de distribution électrique ; elle peut aussi être stockée pendant les week-ends pour être turbinée en semaine, ou encore stockée au printemps pendant la fonte des neiges pour être turbinée en hiver. La production d'hydroélectricité est limitée par le débit et les réserves d'eau disponibles ; ces réserves dépendent du climat, des pompages réalisés en amont des retenues (par exemple pour l'irrigation) et de la taille des retenues d’eau (barrages).

La puissance hydroélectrique installée dans le monde atteignait 1 267 GW en 2017, dont 153 GW de pompage-turbinage, et la production hydroélectrique était estimée à 4 185 TWh, soit 16,6 % de la production mondiale d'électricité. Les ajouts de nouvelles capacités ont atteint 21,9 GW en 2017 (dont 3,2 GW de pompage-turbinage), contre 31,5 GW en 2016. La Chine a continué à dominer le marché avec 9,1 GW de nouvelles installations, portant sa puissance installée à 341 GW[h 1].

Selon The World Factbook, l'hydraulique représentait 18,7 % de la puissance électrique mondiale en 2012[3] et 10,7 % en Europe en 2011[4].

La proportion d'énergie hydroélectrique produite est moindre que celle de la puissance installée : 16,0 % de la production électrique mondiale en 2015 (contre 20,9 % en 1973)[5], mais elle joue un rôle particulièrement important pour assurer l’équilibre instantané entre la production et la consommation d’électricité ; en effet, l'énergie hydroélectrique est, grâce à sa souplesse (mobilisable en quelques minutes), une variable d'ajustement indispensable car l'énergie électrique se stocke très difficilement en quantité importante.

Puissance installée et production d'hydroélectricité en 2017
Région Puissance totale
fin 2017 (GW)
dont pompage-turbinage
GW
Ajouts 2017[h 2]
GW
Production
2017 (TWh)
Afrique 35,3 3,4 1,9 131
Asie méridionale et centrale 144,7 7,5 3,3 456
Asie orientale et Pacifique 468,3 66,5 9,8 1 501
Europe 248,6 51,8 2,3 599
Amérique du Nord et centrale 203,1 23,0 0,5 783
Amérique du Sud 167,0 1,0 4,1 716
Monde 1 267 153 21,9 4 185
Principaux pays producteurs
Drapeau de la République populaire de Chine Chine 341,2 28,5 9,12 1 194,5
Drapeau du Canada Canada 81,0 0,2 0,14 403,3
Drapeau du Brésil Brésil 100,3 0,03 3,38 401,1
Drapeau des États-Unis États-Unis 102,9 22,8 0,28 322,4
Drapeau de la Russie Russie 48,4 1,4 0,36 178,9
Drapeau de la Norvège Norvège 31,8 1,4 0,02 143,0
Drapeau de l'Inde Inde 49,4 4,8 1,91 135,5
Drapeau du Japon Japon 49,9 27,6 - 92,5
Drapeau du Venezuela Venezuela 15,4 - - 72,1
Drapeau de la Suède Suède 16,5 0,1 - 63,9
Drapeau de la République socialiste du Viêt Nam Viêt Nam 16,7 - 0,37 59,9
Drapeau du Paraguay Paraguay 8,8 - - 59,3
Drapeau de la Turquie Turquie 27,3 - 0,59 59,2
Drapeau de la Colombie Colombie 11,7 - 0,12 54,9
Drapeau de la France France 25,5 7,0 0,11 53,2
Source des données : International Hydropower Association[h 3].

La puissance installée des centrales de pompage-turbinage atteint 153 041 MW, dont 28 490 MW en Chine (18,6 %), 27 637 MW au Japon (18,1 %) et 22 809 MW aux États-Unis (14,9 %) ; ces trois pays rassemblent 51,6 % du total mondial[h 3].

La Chine, le Canada, le Brésil et les États-Unis sont les plus gros producteurs d'hydroélectricité. Mais la place de cette énergie renouvelable dans la production nationale d'électricité est très variable et cinq pays se démarquent avec en 2015 des parts de 95,9 % en Norvège, 63,7 % au Venezuela, 61,9 % au Brésil, 56,8 % au Canada et 46,6 % en Suède[5].

Détails par pays[modifier | modifier le code]

Drapeau de la République populaire de Chine Chine

Article détaillé : Hydroélectricité en Chine.

Drapeau du Brésil Brésil

Article détaillé : Hydroélectricité au Brésil.

Drapeau du Canada Canada

Article détaillé : Hydroélectricité au Canada.

Drapeau : Québec Québec

Drapeau des États-Unis États-Unis

Article détaillé : Hydroélectricité aux États-Unis.

Drapeau de la Russie Russie

Article détaillé : Hydroélectricité en Russie.

Drapeau de l'Inde Inde

Article détaillé : Hydroélectricité en Inde.

Drapeau du Japon Japon

Article détaillé : Hydroélectricité au Japon.

Drapeau de la Norvège Norvège

Article détaillé : Hydroélectricité en Norvège.

Drapeau de la Suède Suède

Article détaillé : Hydroélectricité en Suède.

Drapeau de la République socialiste du Viêt Nam Viêt Nam

Article détaillé : Hydroélectricité au Viêt Nam.

Drapeau de la France France

Article détaillé : Hydroélectricité en France.

Drapeau de l'Espagne Espagne

Article détaillé : Hydroélectricité en Espagne.

Drapeau de l'Italie Italie

Article détaillé : Hydroélectricité en Italie.

Drapeau de l'Islande Islande

Article détaillé : Hydroélectricité en Islande.

Drapeau de la Suisse Suisse

Article détaillé : Hydroélectricité en Suisse.

Après avoir représenté près de 90 % de la production d'électricité en Suisse jusqu'au début des années 1970 avant le développement du nucléaire[6], l'énergie hydraulique produit 56 % de l'électricité du pays en 2013[7]. La part de production de cette source pour le pays va cependant reprendre de l'importance avec la sortie programmée du nucléaire.

Coût de l'hydroélectricité[modifier | modifier le code]

Malgré des coûts de mise en œuvre généralement élevés, les coûts de maintenance sont raisonnables, les installations sont prévues pour durer longtemps, il n'y a pas de coût de combustible et l'énergie de l'eau est renouvelable si elle est bien gérée. Le coût du kWh varie dans des proportions considérables selon les caractéristiques de l'aménagement réalisé ; celui des barrages géants sur les grands fleuves peut être extrêmement bas, attirant les industries électro-intensives telles que l'aluminium ; mais des centrales à coûts élevés peuvent être très rentables du fait de leur souplesse de fonctionnement et de leur capacité de régularisation de la production globale.

Environnement[modifier | modifier le code]

L'hydroélectricité est considérée comme une énergie renouvelable, à la différence du pétrole ou du gaz naturel. Certaines recherches[8] émettent des doutes sur le bilan en gaz à effet de serre des systèmes hydroélectriques. L'activité bactériologique dans l'eau des barrages, surtout en régions tropicales, relâcherait d'importantes quantités de méthane (gaz ayant un effet de serre 20 fois plus puissant que le CO2). Dans les projets de barrages, la production d'hydroélectricité est fréquemment complémentaire, d'autres finalités telles que la maîtrise des crues et de leurs conséquences, l'amélioration de la navigabilité d'un cours d'eau, l'alimentation en eau de canaux, la constitution de stocks d'eau pour l'irrigation, le tourisme...

Depuis la création du barrage des Trois Gorges sur le fleuve Yangzi en Chine en 2014, ce pays est leader en matière de production d'hydroélectricité, en Asie, mais aussi en Afrique[9] et en Amérique du Sud[10]. Les enjeux économiques de telles constructions ainsi que la lutte contre le réchauffement climatique se trouvent primer sur les autres enjeux écologiques.

Impacts environnementaux[modifier | modifier le code]

Les impacts environnementaux varient avec le type et la taille de la structure mise en place : ils sont faibles s'il s'agit d’exploiter les chutes d’eau naturelles, les courants marins, les vagues, mais ils deviennent très importants s'il s’agit de créer des barrages et des retenues d'eau artificielles. Dans ce dernier cas, on critique généralement la disparition de terres agricoles et de villages (entraînant des déplacements de population) ainsi que la perturbation du déplacement de la faune (pas seulement aquatique) et, globalement, de tout l'écosystème environnant.

Un exemple notable d'impact environnemental majeur est la destruction de la Cascade des Sept Chutes, à la frontière entre le Brésil et le Paraguay, en 1982 par le barrage d'Itaipu. Aujourd'hui deuxième, il s'agissait du plus grand barrage au monde lors de son entrée en opérations. Deux semaines ont suffi pour que les retenues d'eau artificielles du barrage submergent la région des chutes. Le gouvernement brésilien a ensuite fait dynamiter les monts qui restaient hors de l'eau, détruisant ainsi l'une des principales merveille naturelles du monde.

Autre exemple d'envergure : le déplacement de populations pour construire le plus grand barrage de Chine aux Trois Gorges constitue un cas de migrations forcées de grande ampleur[11].

Le projet de barrage de Belo Monte est très vivement critiqué par des Amérindiens dont le Chef Raoni et par des écologistes car le barrage provoquera la déforestation de 500 km2 de forêt amazonienne[12]. Malgré les critiques, le barrage est opérationnel[13].

Catastrophes[modifier | modifier le code]

Outre les conséquences dues aux retenues d'eau comme l'affaissement des deltas[14], les séismes[15], des catastrophes peuvent être dues à la construction des ouvrages eux-mêmes. Ainsi, l'effondrement en 2018 d'un barrage sur la rivière Pian, affluent du Mékong, construit comme de nombreux barrages au Laos sans réelle étude d'impact, laisse 6600 personnes sans abri et fait plus d'une centaine de victimes[16]. La catastrophe a eu des répercussions sur les eaux du Mékong, qui a englouti 17 villages au Cambodge[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par énergie en base on entend une production très faiblement modulée en puissance.

Références[modifier | modifier le code]

  1. pp. 6-7
  2. pp. 12 et 42-43
  3. a et b pp. 98-99
Autres références
  1. Société d'énergie de la Baie James, Le complexe hydroélectrique de la Grande Rivière : réalisation de la première phase, Montréal, Société d'énergie de la Baie James / Éditions de la Chenelière, , 496 p. (ISBN 2-89310-010-4), p. 321.
  2. (en) The Top 100 - Part I The World's Largest Power Plants, sur le site industcards.com
  3. (en) The World Factbook : World - Electricity - installed generating capacity - The World Factbook, CIA (voir archive)
  4. (en) The World Factbook : European Union - Electricity - installed generating capacity - The World Factbook, CIA (voir archive)
  5. a et b (en) [PDF] Agence internationale de l’énergie (AIE - en anglais : International Energy Agency - IEA), Key World Energy Statistics 2017, 19 septembre 2017, pp. 21 et 30
  6. Office fédéral de l'énergie OFEN, « Force hydraulique », sur le site officiel de l'administration fédérale suisse, (consulté le 29 octobre 2014)
  7. Fédération romande pour l'énergie, « Situation délicate de la force hydraulique en Suisse », sur frenergie.ch, (consulté le 29 octobre 2014)
  8. Voir : Les barrages plus polluants que les centrales à charbon ou l'article original en anglais : Methane quashes green credentials of hydropower. Voir aussi Les effets environnementaux de l’hydroélectricité, archive Wikiwix)
  9. Amine Ater, « La Chine poursuit son épopée hydroélectrique en Côte d’Ivoire », La Tribune,‎ (lire en ligne)
  10. Frédéric Saliba, « Le meurtre d’une écologiste au Honduras suscite l’indignation internationale », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  11. Florence Padovani, « Migrations forcées et grands travaux hydrauliques en Chine : le cas du barrage des Trois Gorges », Géocarrefour, vol. 79, no 2,‎ , p. 27–34 (ISSN 1627-4873 et 1960-601X, DOI 10.4000/geocarrefour.504, lire en ligne)
  12. « Belo Monte, un barrage pharaonique en Amazonie », sur lexpress.fr,
  13. « Sale talks for Brazil's Belo Monte dam chill over price: sources », sur reuters.com,
  14. « Les Chinois, premiers constructeurs de barrages », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne)
  15. « Un barrage mis en cause dans le séisme du Sichuan », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne)
  16. Laurence Defranoux, « Barrage au Laos : «Une telle défaillance était dans l’ordre des choses» », Libération,‎ (lire en ligne)
  17. « Le Cambodge également inondé après l'effondrement du barrage au Laos », Le Huffington Post,‎ (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Listes

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Crausse et François Vieillefosse, De l’eau à la lumière, un siècle d’énergie hydroélectrique en France, Toulouse, Nouvelles Éditions Loubatières, 2011 (ISBN 978-2-86266-649-5)
  • Pierre Lavy, Mini-centrales hydroélectriques, Éditions Eyrolles, 2011 (ISBN 978-2-2121-2840-6), 110 pages
  • Mathieu Ruillet, Contribution de la petite hydroélectricité à la sécurisation énergétique, GERES, 7 octobre 2008 [lire en ligne] [PDF]
    État des lieux de la filière, potentiel et conditions de développement en Région PACA]

Liens externes[modifier | modifier le code]