Interconnexion électrique

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On désigne par interconnexion électrique les équipements, technologies et réseaux permettant l'interconnexion entre l'offre et la demande de courant électrique. En France, elle est du ressort de RTE (sigle de Réseau de transport d'électricité), de son nom complet RTE EDF Transport.

Fonctions[modifier | modifier le code]

Ces technologies ont permis de gérer l'irrégularité de l'offre (débit des rivières) et de la demande (éclairages des rues) apparue, la consommation s'est élargie aux particuliers. Parmi elles figurent les lignes à haute-tension et les logiciels permettant de répartir l'offre entre plusieurs lignes ou de limiter les déperditions d'énergie par effet Joule, en augmentant la tension.

Elles incluent aussi le poste électrique, appelé sous-station dans les chemins de fer, qui permet d'élever la tension pour sa transmission, puis de la redescendre en vue de sa consommation, aux extrémités des lignes de transmission.

Histoire du système électrique français[modifier | modifier le code]

L’interconnexion électrique est devenue très importante après le développement de la houille blanche, qui permet de stocker de l'énergie, puis des centrales nucléaires à très forte puissance. Elle permet de favoriser aussi la concurrence entre réseaux, d’améliorer le fonctionnement du marché en diversifiant les sources de production d'électricité, et de rendre solidaires les pays voisins dans le but de diminuer le risque de panne à grande échelle[1].

Au cours des seules années 1920, la production hydroélectrique française est multipliée par huit, grâce à la montée d'une « France hydraulique » dans le sud du pays, mal reliée à la partie plus peuplée et plus industrialisée du nord de la France. La « France hydraulique » avait dès 1913 trois réseaux locaux (EELM, EESO, et STEDA).

Débute alors une bulle spéculative sur l'électricité, faisant la fortune des fabricants Thomson-Houston et CGE, société qui inclura plus tard les actuels Alcatel et Alstom. Le besoin d'interconnexion domine les débats industriels dès 1919, quand s'achève la construction du « Sélune » et démarre celle du barrage d'Éguzon, le premier en béton, fournisseur de l’usine thermoélectrique de Gennevilliers[2].

L'effort d'interconnexion est accéléré après le krach de 1929 par la crise de l'aluminium, qui oblige les producteurs à destiner leur consommation à Paris et aux autres grandes villes et se traduit en août 1930 par les investissements de l'UNIE de Louis Marlio.

EDF, créé en 1946 par la nationalisation des 1 450 entreprises françaises d’électricité et de gaz, a vu la croissance de sa consommation d’électricité doubler tous les 10 ans. En 2011, il a réalisé une production de 628,2 TWh[3] dans le monde et un chiffre d'affaires de 65,3 milliards d'euros, dont 57 % en France et 43 % à l’étranger.

Après guerre, la création d'un réseau unifié sous la direction d'EDF et de sa filiale RTE, permet d'effectuer de lourds investissements, dont le vieillissement est constaté à partir des années 2000, sur fond de déréglementation du marché européen de l'électricité.

Les compagnies européennes s'étaient concertées dès les années 1950 pour uniformiser les tensions des réseaux de transports à 400 kV, aboutissant en 1967 à la première interconnexion des réseaux français, allemands et suisses à Laufenbourg (Suisse). La gestion des 46 lignes d'interconnexion qui relient la France et les autres pays a depuis été rendue plus exigeante par le développement du chauffage électrique et le fait que la consommation de pointe a augmenté d'un tiers en dix ans en France, tout en progressant aussi dans les autres pays[4].

En 2010, la France est le premier exportateur européen d'électricité avec 66,6 TWh, soit 11 % d'une production annuelle de 550 TWh, contre 25,5 TWh exportés par la Suisse et 17,4 TWh pour l'Italie[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L’interconnexion des réseaux européens de transport d’électricité, site gouvernemental 9 juillet 2007
  2. [PDF] Pour mémoire, Revue du ministère de l’Écologie, du Développement durable des Transports et du Logement
  3. Connaissance de l'énergie
  4. [PDF] Rapport annuel RTE 2010, sur rte-france.com
  5. [PDF] Rapport annuel RTE 2010, p. 18, sur rte-france.com

Articles connexes[modifier | modifier le code]