Énergie en Colombie

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Énergie en Colombie
Image illustrative de l'article Énergie en Colombie
Mine de charbon d'El Cerrejón (photo : décembre 2008).
Bilan énergétique (2014)
Offre d'énergie primaire (TPES) 34 M tep
(1 423,8 PJ)
par agent énergétique pétrole : 40,3 %
gaz naturel : 25 %
électricité : 12,4 %
charbon : 11,3 %
Énergies renouvelables 12,6 %
Consommation totale (TFC) 25,2 M tep
(1 056,3 PJ)
par habitant 0,5 tep/hab.
(22,1 GJ/hab.)
par secteur ménages : 19,6 %
industrie : 25,4 %
transports : 40,1 %
services : 6,7 %
agriculture : 8,1 %
Électricité (2014)
Production 69,92 TWh
par filière hydro : 71,1 %
thermique : 25,8 %
biomasse/déchets : 3,1 %
éoliennes : 0,1 %
Combustibles (2014 - Mtep)
Production pétrole : 51,76
gaz naturel : 9,90 Mtep
charbon : 57,58
Commerce extérieur (2014 - Mtep)
Importations électricité : 0,004
pétrole : 4,74
gaz naturel : 0
charbon : 0
Exportations électricité : 0,07
pétrole : 37,83
gaz naturel : 1,40
charbon : 53,72
Sources
AIE[1]

Le secteur de l'énergie en Colombie est dominé par le charbon (45,3 % de la production d'énergie primaire du pays en 2014), dont la production est exportée à 93 %, le pétrole (40,7 % de la production et 40,3 % de la consommation d'énergie primaire), et le gaz naturel (7,8 % de la production et 25,0 % de la consommation d'énergie primaire) ; la Colombie était en 2015 le 8e producteur et le 4e exportateur mondial de charbon avec 6,9 % des exportations mondiales. Les combustibles fossiles (pétrole et charbon) représentaient 56 % des exportations colombiennes en 2012.

Mais l'électricité (17,2 % de la consommation finale d'énergie) est produite à 71 % par les centrales hydroélectriques.

Avec une consommation d'énergie primaire de 0,71 tep/habitant en 2014, la Colombie est très en dessous de la moyenne mondiale : 1,89 tep/hab et de celle de l'Amérique latine : 1,33 tep/hab. Ses émissions de CO2 liées à l'énergie étaient en 2014 de 1,52 tonnes de CO2 par habitant, largement inférieures à la moyenne mondiale : 4,47 t/hab et à celle de l'Amérique latine : 2,44 t/hab.

Vue d'ensemble[modifier | modifier le code]

Énergie en Colombie[2]
Population Consommation
énergie primaire
Production Exportation
nette
Consommation
électricité
Émissions
de CO2
Année Million Mtep Mtep Mtep TWh Mt CO2éq
1990 34,27 24,22 48,18 21,24 28,85 45,78
2000 40,40 25,81 72,33 46,43 33,51 54,17
2008 44,90 29,62 92,62 60,17 43,74 55,62
2009 45,42 30,70 98,21 65,92 47,69 59,03
2010 45,92 31,20 105,93 73,16 49,50 60,21
2011 46,41 31,25 120,36 87,58 52,04 65,39
2012 46,88 31,55 124,53 90,85 53,91 65,21
2013 47,34 33,65 124,03 88,08 60,94 70,87
2014 47,79 34,01 127,23 88,27 61,63 72,50
variation
1990-2014
+39,5 % +40,4 % +164,1 % +315,6 % +113,6 % +58,4 %

Historique[modifier | modifier le code]

Le premier tournant historique dans l'établissement du système électrique fut la loi 113 de 1928, qui déclara d'intérêt publique l'exploitation de l'énergie hydroélectrique. Le système fonctionnait de manière décentralisée, les compagnies d'État verticalement intégrées maintenant un monopole dans leurs régions respectives. Seule une compagnie publique, ISA (Interconexión Eléctrica S.A.) assurait les échanges d'électricité entre les différents systèmes régionaux.

Pylône de transport électrique 115 kV Paipa - Tunja

Durant la décennie 1980, le secteur électrique colombien, comme dans les autres pays latino-américains, traversa une crise causée par les tarifs subventionnés, l'influence politique dans les compagnies d'État et les retards et dépassements de devis des grands projets de production.

Au début de la décennie 1990, le gouvernement entrepris la modernisation du secteur électrique, l'ouvrant à la participation du privé. La restructuration fut menée à bien par les lois 142 (Loi des Services Publics) et 143 (Loi de l'Électricité) de 1994, qui définirent le cadre réglementaire du développement d'un marché concurrentiel. Le nouveau système, conçu par la CREG (Commission de Réglementation du Gaz et de l'Énergie), fut mis en place à partir de juillet 1995 : ouverture du marché de gros de l'énergie et de la Bourse de l'énergie[3].

La Colombie s'est fixé un agenda ambitieux de réforme du secteur énergétique : promouvoir les investissements étrangers, en particulier dans les hydrocarbures et le développement de la capacité de production énergétique ; simplifier les formalités pour les projets énergétiques de petite taille ; renouveler l'intérêt pour les technologies d'énergies renouvelables non traditionnelles avec un cadre réglementaire qui facilite un changement graduel du bilan énergétique[4].

En 2001 fut promulguée la Loi 697 promouvant l'usage efficient et rationnel de l'énergie et les énergies alternatives, complétée par le Décret 3683 publié en 2003. La loi et le décret traitent d'aspects importants comme la stimulation de l'éducation et de la recherche sur les sources d'énergies renouvelables. Cependant, cette loi laisse de côté des points fondamentaux pour obtenir un développement significatif des EnR, tels qu'un système de soutien réglementaire pour favoriser l'investissement, la définition de politiques de promotion des EnR, ou l'établissement d'objectifs quantifiés de pourcentage d'EnR[5].

Production d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

La Colombie produisait 127,2 Mtep d'énergies primaires en 2014, soit 280 % de ses besoins : 64 % de la production est exportée[1]. Cette production se répartit en :

  • charbon : 57,6 Mtep (45,3 %)
  • pétrole : 51,8 Mtep (40,7 %)
  • gaz naturel : 9,9 Mtep (7,8 %)

les combustibles fossiles totalisaient 93,7 % ;

  • hydroélectricité : 4,3 Mtep (3,4 %)
  • biomasse et déchets : 3,7 Mtep (2,9 %).

Le taux de progression le plus élevé depuis 1990 est celui du charbon : +314 %, suivi par le gaz naturel : +193 %, le pétrole : +125 % et l'hydroélectricité : +81 % ; par contre, la biomasse a baissé de 33 % ; la production totale a progressé de 164 %. L'éolien n'atteint que 0,004 %.

Pétrole[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pétrole en Colombie.
La Colombie est largement exportatrice de pétrole.

Réserves de pétrole[modifier | modifier le code]

Les réserves prouvées de pétrole[n 1] de la Colombie étaient estimées par BP à 0,3 milliards de tonnes fin 2015 (2,3 milliards de barils), soit 6,3 années de production au rythme de 2015[b 1].

La Colombie a, selon le Oil and Gas Journal, environ 2 milliards de barils de réserves prouvées de pétrole en 2012, contre 1,9 en 2011 ; cette augmentation résulte de l'exploration de plusieurs blocs attribués lors du dernier appel d'offres en 2010. La production pétrolière colombienne est surtout localisée sur les contreforts des Andes et dans la jungle amazonienne ; le département de Meta au centre du pays est aussi une zone de production importante de pétrole lourd ; son bassin de Llanos contient le champ de Rubiales, le plus productif du pays[U 1].

Le Ministère des Mines et de l'Énergie est responsable de l'élaboration des politiques et de la supervision ; les réserves d'hydrocarbures appartiennent à l'État, qui exerce son contrôle à travers les compagnies nationales Ecopetrol et Ecogas ; Ecopetrol produit 60 % du pétrole colombien. Le gouvernement colombien a pris des mesures visant à améliorer l'attractivité du pays pour les compagnies pétrolières étrangères : elles peuvent posséder jusqu'à 100 % dans les projets pétroliers et concurrencer Ecopetrol ; les taux des royalties ont été abaissés et rendus dégressifs, et les durées des licences d'exploration ont été allongées ; le gouvernement envisage de vendre des parts d'Ecopetrol à des investisseurs privés, réduisant sa part à 80 % ; ces réformes ont suscité un regain d'intérêt pour l'exploration pétrolière en Colombie ; selon la Banque centrale colombienne, le secteur pétrolier a reçu 2,86 Mds $ d'investissements étrangers directs en 2010. L'Agence Nationale des Hydrocarbures a lancé un appel d'offres en juin 2010, attribuant 76 licences ; un deuxième appel d'offres a été ouvert en février 2012, centré sur les ressources en gaz non conventionnel, dont 1/3 en gaz de schiste et en gaz de houille, ainsi que sur 13 blocs en offshore profond ; le gouvernement a décrété fin 2011 un abattement de 40 % sur les royalties pour le gaz non conventionnel[U 2].

Production de pétrole[modifier | modifier le code]

En 2015, la Colombie a produit 53,1 Mt (millions de tonnes) de pétrole, soit 1,01 Mb/j (millions de barils par jour), en hausse de 1,7 % (+92 % depuis 2005). Elle se classe au 19e rang mondial avec 1,2 % de la production mondiale[b 2].

La Colombie a produit 923 000 barils par jour de pétrole brut en 2011, en progression de 35 % par rapport aux 595 kbbl/j de 2008 ; le Ministère des Mines et de l'Énergie prévoit 1 Mb/j fin 2012 et 1,5 Mb/j en 2020. Le pays ne consomme que 298 kbbl/j en 2011 et exporte donc les 2/3 de sa production. Avant 2008, la production plafonnait, après une période de déclin initiée en 1999, année où elle avait atteint un pic de 830 kbbl/j ; ce déclin provenait de l'épuisement des gisements existants et du manque de succès de l'exploration, mais depuis 2008, les réformes et l'amélioration de la sécurité ont amené des investissements étrangers ; le nombre et la gravité des attaques de guérillas contre les pipelines et autres infrastructures ont décliné, bien que 84 attaques aient été dénombrées en 2011 contre 31 en 2010, mais sans effet sur les exportations ; au début des années 2000, c'est par centaines que se comptaient ces attaques[U 2].

La production de pétrole atteignait 51,76 Mt en 2014, dont 33,37 Mt (64,5 %) ; les exportations de produits pétroliers s'équilibrent avec les importations : 4,46 Mt contre 4,74 Mt[1].

La Colombie fut brièvement perçu comme un eldorado pétrolier. L'exploration commença tardivement (années 1960) du fait des difficiles conditions d'accès. Les découvertes furent massives dans les années 1980, en particulier le complexe Cupiagua/Cusiana dans le département de Casanare, ainsi que le champ pétrolifère de Caño Limón, dans le départemant d'Arauca près de la frontière avec le Venezuela, permettant au cours de la décennie suivante une envolée de la production, qui atteignit un pic à 830 kbbl/j en 1999. De plus, il s'agit de pétrole de haute qualité, contrairement à celui de la plupart des pays d'Amérique latine.

Cependant, la situation s'est vite dégradée. La production de Cupiagua/Cusiana n'a jamais atteint l'objectif fixé de 500 kbbl/j, elle a atteint son pic à 434 kbbl/j en 1999 et n'est plus que 130 kbbl/j en 2011. Les réserves ultimes de ces gisements avaient été fortement surévaluées.

De plus, les nouvelles découvertes dans le reste du pays se sont avérées incapables de remplacer la baisse de production des grands gisements. La production est tombée à 526 kbbl/j, et les réserves prouvées à 1,5 Gbbl, avant le redémarrage de 2008.

Article détaillé : Régions pétrolières en Colombie.

Les principaux gisements sont :

Consommation de pétrole[modifier | modifier le code]

En 2015, La Colombie a consommé 15,5 Mt (millions de tonnes) de pétrole, soit 0,331 Mb/j (millions de barils par jour), en hausse de 5,6 % (+40 % depuis 2005). Elle représente 0,4 % de la consommation mondiale. Sa consommation représente 33 % de sa production[b 3].

Raffinage[modifier | modifier le code]

Les cinq raffineries colombiennes, toutes propriété d'Ecopetrol, ont produit 17 Mtep de produits pétroliers en 2014, dont 4,5 ont été exportés et 2,0 consommés par les transports internationaux (soutes) ; avec les 4,7 Mt importés, la consommation intérieure de produits pétroliers a été de 12,7 Mtep, dont 9,3 Mtep pour le secteur des transports (73 %), les autres secteurs consommateurs ayant été l'agriculture (10,3 %), l'industrie (6,5 %), le secteur résidentiel (4,8 %) et la chimie (3,2 %)[1].

Raffinerie de Barrancabermeja, la plus grande de Colombie.

Les deux principales raffineries de Colombie sont :

  • la Raffinerie de Barrancabermeja, construite en 1922 dans le département de Santander, au bord du río Magdalena, appartenant à l'entreprise publique Ecopetrol ; avec une capacité de 205 000 barils par jour, elle fournit 75 % du carburant et 70 % des produits pétrochimiques produits en Colombie ; une extension de cette raffinerie est prévue : elle atteindra la capacité de 300 000 barils par jour en 2016.
  • la Raffinerie de Carthagène des Indes, inaugurée en 1957 par la compagnie Intercol à Carthagène des Indes, sur la côte caribéenne, puis rachetée par Ecopetrol en 1974 ; sa capacité de raffinage de 75 000 barils par jour a été portée à 220 000 barils par jour en avril 2012[U 4].

Gaz[modifier | modifier le code]

Situation de gaz naturel en Colombie
Article détaillé : Gaz naturel en Colombie.

Réserves de gaz naturel[modifier | modifier le code]

Les réserves prouvées de gaz naturel de la Colombie étaient estimées par BP à 136 milliards de m3 fin 2015 (4,8 trillions US de pieds cubes), soit 12,2 années de production au rythme de 2015. Ces réserves représentaient 0,1 % du total mondial[b 4].

Selon le Oil and Gas Journal (OGJ), la Colombie avait 4,7 Tcf (térapieds cubes - 133 milliards de m3 de réserves prouvées de gaz naturel en 2012, contre 4 Tcf en 2011. La majeure partie de ces réserves sont situées dans le bassin de Llanos, bien que la production soit en majorité dans le bassin de Guajira[U 4].

La compagnie charbonnière américaine Drummond Company a établi que les mines de charbon colombiennes pourraient contenir jusqu'à 2,2 Tcf (62 milliards de m3) de gaz de houille ; elle a signé des contrats avec Ecopetrol pour extraire le gaz de houille des mines de La Loma et El Descanso ; ces nouvelles ressources pourraient augmenter fortement les réserves de gaz naturel du pays[U 5].

Le , dans le cadre de l'exploration systématique au large des côtes colombiennes de la mer des Caraïbes, le gouvernement colombien annonce la découverte d'un important gisement de gaz au large de la côte du département de Córdoba. Ce nouveau gisement permet à la Colombie d'étendre son autosuffisance gazière de plusieurs années, le total des réserves prouvées colombiennes se montant à 4,4 Tcf (térapieds cubes - 125 milliards de m3), garantissant son approvisionnement jusqu'en 2027[6].

Production de gaz naturel[modifier | modifier le code]

En 2015, la Colombie a produit 11,0 milliards de m3 de gaz naturel, soit 9,9 Mtep (millions de tonnes équivalent pétrole), en baisse de 6,5 % (+64 % depuis 2005), soit 0,3 % de la production mondiale[b 5].

La Colombie a produit 398 milliards de pieds cubes (11,27 milliards de m3) de gaz naturel sec en 2010 et en a consommé 321 (9,1 milliards de m3) ; 57 % de la production brute de gaz naturel (1 124 milliards de pieds cubes) a été réinjecté dans les gisements pour accroître le taux de récupération du pétrole. La production dépasse la consommation depuis 2007, permettant l'exportation. Chevron est le principal producteur de gaz en Colombie, avec une production brute de 642 Mcf (18,2 Mm3) par jour, fournissant 65 % des besoins du pays ; la compagnie exploite, en partenariat avec Ecopetrol, le champ offshore Caribbean Chuchupa, dans le bassin de Guajira, principal gisement de gaz naturel non-associé du pays ; elle exploite également les champs offshore voisins de Ballena et Riohacha ; les deux plus grands champs gaziers du pays, ceux de Cupiaga et Cusiana dans le bassin de Llanos au centre du pays, ont été rachetés en 2010 à BP par Ecopetrol et Talisman Energy ; la quasi-totalité de leur production est ré-injectée. Le gouvernement a publié par décret en 2011 un plan de développement de la production de gaz naturel, y compris depuis des champs non-conventionnels ; la demande croissante, en particulier du secteur électrique soucieux de se préserver des pénuries hydroélectriques liées aux variations climatiques, a fait du développement du gaz une priorité[U 4].

Consommation de gaz naturel[modifier | modifier le code]

En 2015, la Colombie a consommé 10,5 milliards de m3 de gaz naturel, soit 9,5 Mtep (millions de tonnes équivalent pétrole), en baisse de 3,2 % (+57 % depuis 2005), soit 0,3 % de la consommation mondiale. Sa consommation absorbe 95 % de sa production[b 6].

Réseau de gazoducs[modifier | modifier le code]

La Colombie dispose de 2 000 km de gazoducs, dont la plupart sont exploités par Ecogas (Empresa Colombiana de Gas) ; les trois principaux tronçons sont[U 6] :

  • Ballena-Barrancabermeja, qui lie le champ de Ballena (Chevron) sur la côte nord-est à Barrancabermeja dans le centre du pays ;
  • Barrancabermeja-Nevia-Bogota, qui connecte la capitale au réseau gazier ;
  • Mariquita-Cali, à travers les contreforts occidentaux des Andes.

Au début de 2008, le Gazoduc trans-caribéen (ou gazoduc Antonio Ricaurte) a été mis en service, reliant le champ de Ballena au Venezuela ; PdVSA a dépensé 467 M$ pour le financer ; en novembre 2011, les présidents des deux pays ont signé un traité pour le prolonger vers le Panama et l'Équateur ; les volumes contractuels initiaux d'exportation vers le Venezuela étaient de 80 à 150 Mcf (2,3 à 4,2 Mm3/jour), les exportations réelles ont souvent excédé ces niveaux du fait de la demande croissante de gaz naturel pour la production électrique et la ré-injection ; en décembre 2011, le contrat avec PdVSA a été porté à 150 Mcf[U 6].

Charbon[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Charbon en Colombie.
Mine de charbon d'El Cerrejón (photo : décembre 2008).
Puerto Bolívar, le principal port d'exportation de charbon de Colombie et d'Amérique du Sud (mars 2013).

Réserves de charbon[modifier | modifier le code]

Les réserves prouvées récupérables de charbon de la Colombie étaient estimées par BP à 6,746 milliards de tonnes fin 2015 (anthracite et de charbon bitumineux), soit 79 ans de production au rythme de 2015. Ces réserves classaient la Colombie au 13e rang mondial avec 0,8 % du total mondial[b 7].

Selon l'Organisation Latino-Américaine de l'Énergie, la Colombie disposait de 5,1 5,1 milliards de tonnes de réserves récupérables de charbon (en général bitumineux) en 2010, les plus importantes d'Amérique du Sud. Les gisements sont concentrés dans la péninsule de Guajira au bord de la mer des Caraïbes et dans les contreforts andins ; la production et les infrastructures d'exportation sont situées surtout sur la côte caribéenne. Le charbon colombien produit peu de résidus de combustion, avec une teneur en soufre inférieure à 1 %. Le pays exporte presque toute sa production[U 5].

Production de charbon[modifier | modifier le code]

En 2015, la production de charbon de la Colombie atteignait 55,6 Mtep, au 8e rang mondial avec 1,5 % du total mondial ; elle a reculé de 3,4 % en 2015 mais progressé de 43 % entre 2005 et 2015[b 8].

La Colombie a produit 74 Mt de charbon en 2010 et n'en a consommé que 5 Mt ; selon le Ministère des Mines, la production s'est élevée à 86 Mt en 2011. Elle a doublé depuis 2000, et le gouvernement espère la doubler à nouveau d'ici 2019. Le principal producteur de charbon colombien est le consortium Carbones del Cerrejon, composé de BHP Billiton, Anglo American et Xstrata, chacune détenant 33,33 % des parts. Le consortium exploite le projet Cerrejon Zona Norte (CZN), la plus grande mine de charbon d'Amérique latine et la plus grande mine à ciel ouvert du monde. CZN exploite aussi le chemin de fer et le terminal d'exportation ; il représentait 38 % de la production de charbon du pays en 2011 (28 Mt). La compagnie américaine Drummond exploite le second gisement du pays : La Loma, également un projet intégré mine-chemin de fer-port, qui a produit 24 Mt en 2011 (33 %) ; en juin 2011, Drummond a conclu un partenariat à 80-20 % avec le japonais Itochu Corp, Drummond International, qui a repris ses activités en Colombie ; l'investissement initial de 1,5 Mds $ apporté par Itochu Corp permettra l'extension du projet par la construction d'un nouveau terminal d'exportation, portant la capacité d'export à 35-40 Mt/an, surtout vers l'Asie[U 5].

En 1976 commença le développement de la mine de charbon de Cerrejón, dans la Péninsule de Guajira. C'est la plus importante opération minière de Colombie et parmi les plus grandes mines de charbon à ciel ouvert du monde.

D'autres mines de charbon en Colombie sont situées à Sogamoso, Tunja, Paipa, Zipaquirá, Tabio, Neusa, Chinacota et Chitaga.

Consommation de charbon[modifier | modifier le code]

La consommation de charbon en Colombie s'est établie en 2015 à 7,0 Mtep, en progression de 18,3 %, soit 0,2 % du total mondial ; elle a progressé de 438 % depuis 2005. Elle absorbe seulement 13 % de sa production[b 9].

Exportations de charbon[modifier | modifier le code]

La Colombie était en 2015 le 4e exportateur mondial de charbon : 82 Mt, soit 6,9 % des exportations mondiales[k 1].

La Colombie a produit 57,6 Mtep de charbon en 2014, dont 53,7 Mtep (93,3 %) ont été exportés[1].

Secteur électrique[modifier | modifier le code]

Production d'électricité[modifier | modifier le code]

La production d'électricité de la Colombie atteignait 69,9 TWh en 2014[7], répartie en :

  • combustibles fossiles : 25,8 % (charbon : 10,2 %, gaz naturel : 15,3 %, pétrole : 0,2 %) ;
  • énergies renouvelables : 74,2 % (hydroélectricité : 71,1 %, biomasse : 3,1 %, éolien : 0,1 %).

Cette production a progressé de 92 % de 1990 à 2014, dont +110 % pour les combustibles fossiles (gaz : +138 %, charbon : +92 %, pétrole : -57 %) et +87 % pour les énergies renouvelables (hydroélectricité : +81 %, biomasse : +682 %).

Hydroélectricité[modifier | modifier le code]

Réservoir Riogrande II, entre Entrerríos et San Pedro de los Milagros.
Article connexe : Liste de barrages en Colombie.

La Colombie disposait en 2015 de 11 392 MW de centrales hydroélectriques, soit 7,5 % de la puissance installée hydroélectrique en Amérique du Sud et 0,9 % du total mondial. Sa production atteignait 49 TWh, soit 7,2 % du total sud-américain[8].

Les centrales hydroélectriques représentaient 70 % de la puissance installée électrique de la Colombie (16 488 MW). Selon les services de l'état, le potentiel restant à équiper en centrales au fil de l'eau atteindrait 56 GW. Les ressources du pays sont concentrées dans le bassin du Río Magdalena, où sont situés 60 % de la puissance installée et la majorité des projets. En 2015, sept nouvelles centrales totalisant 599 MW ont été mises en service, en particulier la centrale El Quimbo (400 MW, production prévue : 2,2 TWh/an), le premier projet hydroélectrique privé mené à bien en Colombie par Emgesa, filiale du groupe italien Enel[8].

En 2015, la Colombie a produit 10,1 Mtep (millions de tonnes équivalent pétrole) d'hydroélectricité, en hausse de 13 % depuis 2005. Elle se classe au 15e rang mondial avec 1,1 % de la production mondiale, loin derrière le Brésil (3e avec 9,1 %) et le Canada (2e avec 9,7 %)[b 10].

Le Barrage Alberto Lleras, sur le río Guavio, situé dans le département de Cundinamarca, fut achevé en 1992 et est actuellement le 10e plus haut barrage du monde, avec une hauteur de 245 mètres ; sa capacité hydroélectrique est de 1 600 MW[9].

Le Barrage d'Ituango, dont la construction a débuté en 2011 sur le río Cauca, devrait avoir une capacité nominale de 2 456 MW, ce qui en fera le plus grand ouvrage hydroélectrique de Colombie ; sa mise en service est prévue en 2018.

Le barrage de Riogrande dans le département d'Antioquia, au nord-ouest de Medellin, a une puissance de 75 MW[9].

Transport[modifier | modifier le code]

Carte du réseau d'oléoducs de la Colombie en 2010.

Le réseau d'oléoducs comprend en particulier :

En novembre 2011 Ecopetrol a annoncé la construction de l'oléoduc Bicentenario en partenariat avec un consortium international ; ce projet de 4,2 milliards $ aura un débit maximal de 450 kbbl/j et devait être terminé fin 2012[U 3].

Le réseau de gazoducs comprend en particulier :

Le réseau de transport d'électricité est géré par ISA (Interconexión Eléctrica S.A. E.S.P), qui exploite 40 805 km de lignes à haute tension en Colombie et toute l'Amérique Latine[10].

La Colombie participe au projet de Système andin d'interconnexion électrique (SINEA) avec l'Équateur, le Pérou, la Bolivie et le Chili ; une ligne d'interconnexion avec l'Équateur, d'une capacité de 300 MW, devrait être achevée en 2018, ainsi qu'une ligne vers le Panama[8].

Usage[modifier | modifier le code]

Consommation domestique[modifier | modifier le code]

Avec une consommation d'énergie primaire de 0,71 tep/habitant en 2014[k 2], la Colombie est très en dessous de la moyenne mondiale : 1,89 tep/hab et de celle de l'Amérique latine : 1,33 tep/hab[k 3].

La consommation d'énergie primaire de la Colombie se répartit comme suit en 2014[1] :

  • pétrole : 13,7 Mtep (40,3 %)
  • gaz naturel : 8,5 Mtep (25,0 %)
  • hydroélectricité : 4,3 Mtep (12,6 %)
  • charbon : 3,9 Mtep (11,3 %)
  • biomasse : 3,7 Mtep (10,9 %).

La répartition de la consommation d'énergie finale de la Colombie (après raffinage ou transformation en électricité et transport) était la suivante en 2015 :

  • produits pétroliers : 12,7 Mtep (49,7 %)
  • électricité : 4,4 Mtep (17,2 %)
  • gaz naturel : 3,9 Mtep (15,2 %)
  • biomasse : 2,9 Mtep (11,4 %)
  • charbon : 1,7 Mtep (6,6 %)

et sa répartition par secteur de consommation :

  • industrie : 6,4 Mtep (25,0 %)
  • transport : 10,1 Mtep (39,5 %)
  • résidentiel : 5,0 Mtep (19,3 %)
  • tertiaire : 1,7 Mtep (6,6 %)
  • agriculture : 2,0 Mtep (8,0 %)
  • usages non énergétiques (chimie) : 0,4 Mtep (1,6 %).

La consommation finale d'électricité était en 2014 de 51,3 TWh, répartie en :

  • industrie : 16,4 TWh (31,9 %)
  • transport : 0,08 TWh (0,2 %)
  • ménages : 21,8 TWh (42,5 %)
  • tertiaire : 12,5 TWh (24,4 %)
  • agriculture : 0,5 TWh (1,0 %).

Avec une consommation d'électricité de 1 290 kWh/habitant en 2014[k 2], la Colombie est très en dessous de la moyenne mondiale : 3 030 kWh/hab et de celle de l'Amérique latine : 2 125 kWh/hab[k 3].

Exportations[modifier | modifier le code]

Exportations de la Colombie selon le MIT Harvard Economic Observatory (2012).

Le graphique ci-contre permet de constater que les combustibles fossiles représentent la majeure partie (56 %) des exportations colombiennes.

Les exportations de pétrole sont destinées surtout aux États-Unis qui ont reçu 422 kbbl/j de brut et produits pétroliers de Colombie en 2011 ; ensuite viennent la Chine et le Japon[U 3].

La Colombie a exporté 69 Mt en 2010, surtout vers l'Europe (48 %), l'Amérique du Sud (14 %) et les États-Unis (17 %). Le charbon est le second produit d'exportation colombien après le pétrole et représentait 15 % des revenus d'exportation en 2010, et 75 % des importations U.S. de charbon (13 Mt) ; en 2011, les importations U.S. ont décliné, mais la part de la Colombie est restée la même : 8,6 Mt (73 %) ; la part de l'Asie dans les exportations de charbon colombiennes est passée de moins de 1 % en 2009 à 12,7 % en 2010 dont plus de la moitié pour la Chine. En mai 2012, le président colombien a rencontré son homologue chinois à Pékin pour examiner les projets d'investissements chinois dans le charbon colombien et la construction d'un chemin de fer vers la côte du Pacifique pour faciliter les exportations vers l'Asie[U 7].

Impact environnemental[modifier | modifier le code]

Les émissions de CO2 liées à l'énergie de la Colombie étaient en 2014 de 1,52 tonnes de CO2 par habitant[k 2], largement inférieures à la moyenne mondiale : 4,47 t/hab et à celle de l'Amérique latine : 2,44 t/hab[k 3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. y compris condensats et liquides de gaz naturel.

Références[modifier | modifier le code]

  1. p. 15
  2. a, b et c p. 51
  3. a, b et c p. 49
  1. p. 6
  2. p. 8-10
  3. p. 9-11
  4. p. 20
  5. p. 22-24
  6. p. 23-25
  7. p. 30
  8. p. 32
  9. p. 33
  10. p. 36
  1. p. 1
  2. a et b p. 2
  3. a, b, c et d p. 3
  4. a, b et c p. 4
  5. a, b et c p. 6
  6. a et b p. 5
  7. p. 7
  • Autres
  1. a, b, c, d, e et f (en)Colombia : Balances for 2014, site Agence internationale de l’énergie, 16 octobre 2016.
  2. (en)Colombia : Indicators for 2014, Agence internationale de l’énergie, 16 octobre 2016.
  3. ISA - Historia, site d'ISA consulté le 12 novembre 2013.
  4. ESMAP 2007
  5. (en)Ruiz & Rodríguez-Padilla 2005, site ScienceDirect consulté le 12 novembre 2013.
  6. (es) Gobierno anuncia el hallazgo de gas más grande en los últimos 28 años, El País, 3 mai 2017
  7. (en)Colombia : Electricity and Heat for 2014, Agence internationale de l'énergie, 16 octobre 2016.
  8. a, b et c (en) [PDF] 2016 Hydropower Status Report (Rapport 2016 sur l'état de l'hydroélectricité) (voir pages 43 et 79), Association internationale de l'hydroélectricité (IHA), juillet 2016.
  9. a et b (en)Hydroelectric Plants in Colombia, sur le site Industcards consulté le 30 octobre 2013.
  10. (es)ISA Y SUS NEGOCIOS, site d'ISA consulté le 12 novembre 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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