Orang-outan de Tapanuli

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Pongo tapanuliensis

Pongo tapanuliensis
Description de cette image, également commentée ci-après
Individu mâle de Pongo tapanuliensis
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Mammalia
Ordre Primates
Sous-ordre Haplorrhini
Infra-ordre Simiiformes
Micro-ordre Catarrhini
Super-famille Hominoidea
Famille Hominidae
Sous-famille Ponginae
Genre Pongo

Statut de conservation UICN

( CR )
CR A4bcd :
En danger critique d'extinction

Nom binominal

Pongo tapanuliensis
Nurcahyo, Meijaard, Nowak, Fredriksson & Groves, 2017

Pongo tapanuliensis, l'orang-outan de Tapanuli ou orang-outan de Batang Toru, est une espèce de grand singe décrite en 2017 sur la base d'un crâne et de deux individus étudiés génétiquement. Il constitue la 3e espèce d'orang-outan connue, et la 7e espèce de la famille des hominidés.

Habitat et aire de répartition[modifier | modifier le code]

Cette espèce forestière est endémique de la région de Tapanuli dans la province du Sumatra du Nord en Indonésie[1]. La seule population actuellement connue vit isolée dans la forêt tropicale humide primaire de Batang Toru, dans le nord de l'île de Sumatra.

Découverte récente[modifier | modifier le code]

Le premier individu a été découvert en 1997 par des chercheurs de l’Australian National University. Mais ce n'est que l'observation du squelette d'un mâle tué en 2013 qui a donné les premiers indices de la spécificité de cette population. L'examen du crâne et des dents a révélé des traits uniques[Lesquels ?] les distinguant des autres orangs-outans de l'île (l'espèce Pongo abelii)[2].

En 2017 une comparaison de ce crâne avec 32 autres ainsi que la comparaison de 37 génomes d'orangs-outans (dont deux de P. tapanuliensis) a incité l'équipe de chercheurs à considérer que ces individus formaient bien une espèce différente.

De plus, contrairement aux deux autres espèces, l'orang-outan de Tapanuli possède des poils plus foncés et frisés, les femelles sont barbues et les mâles dominants moustachus[3].

Histoire évolutive[modifier | modifier le code]

Comme les ancêtres de ses deux espèces cousines, cette espèce est venue du continent asiatique à Sumatra il y a environ 3 millions d'années[4].
D'après l'analyse des génomes d'individus des trois espèces d'orang-outan, celui de Tapanuli en fait plus proche de l'orang-outan de Bornéo (Pongo pygmaeus) que des autres orangs-outans de l'île de Sumatra (Pongo abelii au nord du lac Toba) qui seraient issues d'une lignée séparée il y a environ 4 millions d'années de celle des autres orangs-outans.

La lignée de Pongo tapanuliensis et celle de l'orang-outan de Bornéo auraient ensuite divergé il y a environ 2,4 millions d'années.

Selon Michael Krützen deux populations se sont d'abord formées au nord (Pongo abelii) et au sud du lac Toba et s'installera un peu plus au nord de l'île. Une part de la seconde population migrera à partir du sud du lac Toba vers Bornéo (674 000 ans avant nos jours environ), qui donnera Pongo pygmaeus.
Des échanges de gènes ont toutefois eu lieu tout au long de l'histoire de ces spéciations, le déplacement étant possible entre les différentes îles de cette région au sein du Sundaland pendant les dernières glaciations[5].

Il y a 74000 ans, une énorme éruption volcanique a détruit une partie de l'île et a été à l'origine d'un goulot génétique au sein des trois populations qui ont alors aussi cessé d'échanger des gènes entre elles[4].

État des populations, pressions, menaces[modifier | modifier le code]

Cette espèce d'orang-outan découverte le plus récemment est aussi la plus en danger d'extinction[6]. Il ne resterait qu'environ 800 individus que l'Indonésie cherche à protéger via un programme de conservation dédié[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://information.tv5monde.com/en-continu/decouverte-d-une-nouvelle-espece-rare-d-orang-outan-en-indonesie-201237
  2. « Une nouvelle espèce d’orang-outan découverte en Indonésie », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  3. « A quoi ressemble « Tapanuli », cette nouvelle espèce d’orang-outan qui vient d’être découverte ? », Le Monde (consulté le 29 janvier 2018)
  4. a, b et c Nater A (2017) Morphometric, Behavioral, and Genomic Evidence for a New Orangutan Species ; Revue Current Biology ; publié le 02 novembre 2017 | DOI: https://dx.doi.org/10.1016/j.cub.2017.09.047 |résumé
  5. Nater et al. (2017)
  6. (en) April Reese, « Newly discovered orangutan species is also the most endangered », Nature, vol. 551, no 7679,‎ , p. 151.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Alexander Nater, Maja P. Mattle-Greminger, Anton Nurcahyo, Matthew G. Nowak, Marc de Manuel, Tariq Desai, Colin Groves, Marc Pybus, Tugce Bilgin Sonay, Christian Roos, Adriano R. Lameira, Serge A. Wich, James Askew, Marina Davila-Ross, Gabriella Fredriksson, Guillem de Valles, Ferran Casals, Javier Prado-Martinez, Benoit Goossens, Ernst J. Verschoor, Kristin S. Warren, Ian Singleton, David A. Marques, Joko Pamungkas, Dyah Perwitasari-Farajallah, Puji Rianti, Augustine Tuuga, Ivo G. Gut, Marta Gut, Pablo Orozco-terWengel, Carel P. van Schaik, Jaume Bertranpetit, Maria Anisimova, Aylwyn Scally, Tomas Marques-Bonet, Erik Meijaard et Michael Krützen, « Morphometric, Behavioral, and Genomic Evidence for a New Orangutan Species », Current Biology,‎ (DOI 10.1016/j.cub.2017.09.047)