Groupe E

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Groupe E
logo de Groupe E
Logo de l'entreprise Groupe E

Création 2005
Forme juridique Société anonyme
Siège social Granges-Paccot
Drapeau de Suisse Suisse
Direction Jacques Mauron
Actionnaires Canton de Fribourg 80,291 %

Autres investisseurs institutionnels 8,000 %

Groupe E (propres actions) 5,478 %

Etat de Neuchâtel 2,500 %

Viteos 1,848 %

Communes neuchâteloises 0,836 %

Personnel Groupe E 0,587 %

Banque cantonale neuchâteloise 0,364 %

Société électrique du Val-de-Travers 0,096 %

Activité énergétique
Produits électricité, services énergétiques, ingénierie, chaleur à distance, nouvelles énergies renouvelables
Effectif 2 500 (2021)
Site web www.groupe-e.ch

Chiffre d'affaires 697 766 000 au 31 déc. 2020
Résultat net 46 589 000 CHF

Groupe E est un producteur et distributeur d’électricité suisse. Il propose aussi des produits et services dans les énergies renouvelables, le chauffage à distance, la distribution de gaz naturel, les installations électriques, l’efficacité énergétique, la mobilité électrique, l’ingénierie et l’électroménager. Groupe E emploie 2500 collaborateurs, dont 250 apprentis.

Activités[modifier | modifier le code]

Siège administratif de Groupe E

Groupe E emploi 2 500 collaborateurs, et dessert 400 000 habitants dans les cantons de Fribourg, de Neuchâtel et de Vaud (Broye et Pays-d'Enhaut). Il distribue 3 TWh d'électricité par an dont 1,3 TWh d’électrique produits par ses propres installations et des centrales en participation[1] (dont 3/4 d'hydraulique). Il distribue aussi 243 GWh de chaleur par an (53 centrales de chauffage à distance). Il travaille sur 2 300 chantiers par an et gère 12 200 km de lignes électriques. Groupe E a raccordé plus de 10 000 installations photovoltaïques au réseau électrique.

Production[modifier | modifier le code]

Groupe E exploite sept barrages et centrales hydroélectriques sises sur la Sarine et un de ses affluents, la Jogne: le barrage de Rossinière et la centrale de Montbovon, le barrage et la centrale de Lessoc, le barrage de Montsalvens et la centrale de Broc, le barrage de Rossens et la centrale de Hauterive, le barrage de la Maigrauge et la centrale de l’Oelberg ainsi que le barrage et la centrale de Schiffenen. De plus, l’entreprise est propriétaire de la centrale de Saint-Sulpice dans le canton de Neuchâtel[2].

Barrage de Montsalvens, en Gruyère

En outre, Groupe E possède une centrale thermique à Cornaux (Neuchâtel) ainsi qu’une cinquantaine d'installations solaires. Il exploite également une cinquantaine de réseaux de chauffage à distance[3]. La société détient des participations dans de grands ouvrages hydroélectriques et thermiques ainsi que dans différentes installations de production à partir de nouvelles énergies renouvelables (mini-hydraulique, vent, biomasse, photovoltaïque) dans toute la Suisse, en Autriche et en France.

Groupe E produit par ses propres moyens environ 40% de l’électricité et 100% de la chaleur qu’il distribue à ses clients.

Distribution[modifier | modifier le code]

La zone de desserte de Groupe E couvre le canton de Fribourg (hors Gruyère) et une partie des cantons de Neuchâtel et de Vaud. Cela représente 400'000 habitants.

Groupe E distribue environ 3 TWh d’électricité par année, dont le tiers est produit par ses propres centrales. En termes de volume, c’est l’industrie qui en consomme le plus. Viennent ensuite les ménages, des clients dit “captifs” car ils n’ont pas le choix de leur fournisseur, le marché étant ouvert uniquement aux clients consommant au moins 100'000 kWh par an.

Plus de 12 000 kilomètres de lignes à basse, moyenne et haute tension assurent la distribution de 3 térawattheures de courant électrique par année.

Services[modifier | modifier le code]

Groupe E fournit des prestations de services dans les domaines des installations électriques, de l’efficacité énergétique, des énergies renouvelables, de la mobilité électrique, de l’ingénierie et de l’électroménager.

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant l’âge industriel, les artisans de Fribourg tirent leur énergie des moulins du Gottéron. On exploite la Sarine à cette fin dès 1873, avec la construction du barrage et de l’usine hydraulique de la Maigrauge, dont les rouages animent un câble «télédynamique» alimentant les usines de Pérolles. Vingt ans après son inauguration, la Maigrauge est convertie à l’électricité par le canton qui l’a rachetée à son promoteur failli, l’ingénieur neuchâtelois Guillaume Ritter.

En pays de Neuchâtel c’est le principal cours d’eau, l’Areuse, qui fournit la force aux scieries, papeteries, huileries, et finalement aux usines. Le plus ancien moulin est attesté en 1337 déjà. La première centrale électrique est inaugurée cinq siècles et demi plus tard, avec la construction du barrage de Saint-Sulpice. Puis le tracé de l’Areuse est progressivement canalisé, afin d’abriter huit installations modestes mais d’importance considérable. L’écomusée des «Roues de l’Areuse» (1994) témoigne de leur histoire

La coopération des entreprises électriques fribourgeoise et neuchâteloise remonte loin dans le temps, avant même la création des sociétés respectives. L’Etat de Fribourg, propriétaire de l’usine de Thusy-Hauterive, construite en 1902 afin de répondre à la demande croissante d’électricité, signe en 1906 un accord avec l’Etat de Neuchâtel en vue de l’alimentation des chemins de fer du Jura neuchâtelois. Peu après, 15 communes neuchâteloises, dont Corcelles-Cormondrèche et Le Locle, profitent de l’électricité provenant du canton voisin.

Cette coopération améliore la sécurité d’approvisionnement, notamment dans le canton de Neuchâtel. Malgré une autonomie croissante d’ENSA (Electricité Neuchâteloise SA) assurée par des participations dans des sociétés de production, l’énergie mise à disposition par les EEF (Entreprises Electriques Fribourgeoises) continue à représenter une partie importante de l’approvisionnement électrique neuchâtelois jusqu’à la fusion des deux sociétés.

Début de l’industrialisation du Plateau de Pérolles[modifier | modifier le code]

Le principal souci des dirigeants politiques au début des années 1920 est de trouver de nouvelles sources d’énergie afin de développer l’industrialisation et procurer ainsi au canton de Fribourg, l’essor lui permettant de se faire une place parmi les cantons industrialisés. Deux axes sont privilégiés pour favoriser cette évolution et accueillir les nouvelles industries: le chemin de fer et l’énergie.

De nombreux terrains sont mis à l’étude. Le Plateau de Pérolles d’une superficie de 40'000 m2 équipé d’une voie industrielle ainsi que de la force motrice, se prête particulièrement bien à ce développement.

Les usines hydrauliques existantes à cette époque sont au maximum de leur capacité production et le seul moyen de fournir l’énergie nécessaire au déploiement des activités futures consiste en la construction de nouvelles centrales. C’est dans ce contexte que l’usine thermique de la Maigrauge voit le jour en 1931.

Un nouveau lac[modifier | modifier le code]

Construction du barrage de Rossens (24 mais 1947)

1948. Inauguration, fonflons et bénédiction, le 14 octobre, sur le couronnement du barrage de Rossens. «Nous avons ainsi assuré l’avenir des EEF, consolidé notre situation d’Etat cantonal et rempli notre devoir de solidarité confédérale», déclare le conseiller d’Etat Aloys Baeriswyl, président des EEF. Il rappelle que seul ce barrage, couplé avec l’agrandissement de l’usine d’Hauterive, pourra compenser la variabilité de la Sarine et assurer une production économiquement rationnelle, ce que les ingénieurs savent depuis 1918. Il rappelle aussi que la décision politique, prise en pleine guerre (1943), n’allait pas de soi. Il a fallu noyer 10 km2 de terres et de forêts alors que le plan Wahlen exigeait l’extension des surfaces cultivables, et consentir un investissement de 65 millions alors que les perspectives financières étaient tout sauf assurées. Pari gagné. Avec une retenue utile de 180 millions de m3, la pièce maitresse du dispositif EEF est désormais opérationnelle.

Construction du barrage du Châtelot[modifier | modifier le code]

La pente importante du Doubs – qui affecte assez bien la forme d’un M avec des jambes allongées – est considérée comme propice à la production hydro-électrique dès le début du XXe siècle. Une première convention franco-suisse est signée en 1930, et en 1946, la Gazette de Lausanne annonce la construction d’un barrage sur le cours du Doubs, à la frontière franco-suisse : «Les Neuchâtelois auront bientôt leur barrage. Ce ne sera ni Barberine, ni la Dixence, mais il soutiendra la comparaison avec Rossens.» Le 10 octobre 1953 marque la naissance officielle du lac de Moron, créé par le barrage du Châtelot. Cette admirable réalisation du génie civil – 74 mètres de hauteur – valorise la dénivellation entre le pied du Saut-du-Doubs et Les Graviers. Du barrage, c’est à travers une galerie sous pression de trois kilomètres que l’eau est conduite jusqu’à l’usine du Châtelot, d’où cinq lignes de départ distribuent le courant vers la Suisse et la France.

Construction du barrage de Schiffenen[modifier | modifier le code]

Le barrage de Schiffenen, construit sur la Sarine (16.07.1964)

Près de 90 millions de francs ont été investis pour le troisième ouvrage retenant les eaux de la Sarine, le barrage-centrale de Schiffenen. La création du lac n’a pas fait de vagues, et quand le complexe est officiellement inauguré, le 18 septembre 1964, les députés au Grand Conseil peuvent entonner le Veni creator spiritus. Il est vrai que, dès l’apparition de l’électricité à la fin du XIXe siècle, des théologiens séduits par cette nouveauté en avaient fait une métaphore de l’Esprit-Saint.

Premières actions en faveur des économies d’énergie[modifier | modifier le code]

Au début des années 70, la situation politique tendue au Moyen-Orient et notamment le choc pétrolier incitent les Suisses à repenser leur manière de consommer les ressources naturelles. Les EEF commencent très tôt à développer une politique d’utilisation rationnelle des énergies. En 1981, une première action en faveur des économies d’énergie est lancée. Elle met l’accent sur l’abaissement de la consommation d’huile, d’essence et d’électricité dans les immeubles. Les EEF se positionnent comme pionniers dans les domaines des pompes à chaleur et de la thermographie, nouvelles technologies permettant de réaliser d’importantes économies d’énergie. A Neuchâtel, les dirigeants d’ENSA mènent également des réflexions à ce sujet. Dès 1975, ils suivent de près la consommation dans l’aire de desserte de la société. En 1988, des journées d’information sont organisées afin d’aider l’industrie, l’artisanat et les services dans leurs efforts de rationalisation.

Vers la fusion[modifier | modifier le code]

Destinées dès leur naissance, de par la complémentarité de leurs marchés, à entretenir des liens privilégiés, EEF et ENSA entament un siècle plus tard le processus de rapprochement qui conduit à la fondation de Groupe E en 2005.

Dates clés[modifier | modifier le code]

  • 1873 Construction du barrage et des usines de la Maigrauge (FR). Construction du barrage de Saint-Sulpice et des centrales de la Doux
  • 1907 Création d’ENSA (Electricité Neuchâteloise SA)
  • 1915 Création des EEF (Entreprises Electriques Fribourgeoises)
  • 1948 Mise en eau du barrage de Rossens (FR) et création du lac de la Gruyère
  • 1953 Construction du barrage du Châtelot (NE)
  • 1954 Inauguration du barrage de Schiffenen (FR)
  • 1967 Mise en service de la centrale thermique de Cornaux
  • 1990 Ouverture d'Electrobroc et inauguration de l'Ecomusée « Les Roues de l’Areuse »
  • 2001 Transformation des EEF en société anonyme
  • 2005 Fusion des EEF et d’ENSA pour devenir la société Groupe E SA
  • 2020 Groupe E et ses sociétés Groupe E Celsius, Groupe E Connect, Groupe E Entretec et Groupe E plus se positionnent sous une marque unique: Groupe E
  • 2021 Projet de production d'hydrogène vert, à Schiffenen (FR)

Expositions[modifier | modifier le code]

Electrobroc[modifier | modifier le code]

Electrobroc est un centre d'information sur l’électricité et les énergies sis à Broc (Fribourg). Situé au cœur d’une centrale hydroélectrique, il présente un panorama des énergies, de multiples informations sur la production, la distribution et la consommation d’électricité ainsi que des démonstrations électriques à très haute tension. L’exposition est ouverte gratuitement à tout public[4] et a pour mission de rendre compréhensible le domaine énergétique, tant au niveau des enjeux globaux que des actions individuelles concrètes.

Participations[modifier | modifier le code]

Groupe E se caractérise par sa structure de société verticalement intégrée. Historiquement présente tout au long de la chaîne du produit électricité, de sa production à sa distribution, en passant par sa commercialisation, l’entreprise, de façon directe ou indirecte, propose actuellement une gamme complète de produits et de services en matière d’énergie (électricité, chaleur, froid et gaz).

Groupe E est actionnaire d'une soixantaine de sociétés (détail des participations)

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]