Hôpital Saint-Vincent-de-Paul

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Saint-Vincent-de-Paul.
Hôpital Saint-Vincent-de-Paul
Image illustrative de l'article Hôpital Saint-Vincent-de-Paul
L'hôpital Saint-Vincent-de-Paul.
Présentation
Coordonnées 48° 50′ 16″ nord, 2° 20′ 01″ est
Pays Drapeau de la France France
Ville Paris
Adresse nos 70bis-76 avenue Denfert-Rochereau
Site web www.aphp.fr/index.php?module=portail&action=afficherPortail&vue=portail&NIHOPITAL=38Voir et modifier les données sur Wikidata
Services
Spécialité(s) désaffecté

Géolocalisation sur la carte : 14e arrondissement de Paris

(Voir situation sur carte : 14e arrondissement de Paris)
Géolocalisation sur la carte : Paris/14e arrondissement de Paris

L'hôpital Saint-Vincent-de-Paul est un ancien hôpital de l'AP-HP, situé au no 74 avenue Denfert-Rochereau dans le 14e arrondissement de Paris. Il est, depuis la fin de l'année 2011, en grande partie désaffecté et progressivement réutilisé en centre d'hébergement[1].

Anciennement dénommé « Hospice des Enfants-Assistés », il porte son nom actuel depuis 1942 dédié au prêtre Vincent de Paul, fondateur de congrégations qui œuvra tout au long de sa vie pour soulager la misère matérielle et morale. La structure bien que désaffectée est encore associée à l'hôpital Cochin au sein du groupe hospitalier Cochin – Saint-Vincent-de-Paul, qui fait partie du groupement hospitalier universitaire ouest.

Il a présenté de nombreux services liés à la prise en charge sanitaire des enfants, notamment d'orthodontie-occlusodontie et de chirurgie.

À sa création, l'hôpital fut dénommé et placé sous la protection de saint Vincent de Paul, le prêtre landais qui fut canonisé par Clément XII[2] et institué « patron de toutes les œuvres charitables »[3] par le pape Léon XIII.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'hospice fondé par saint Vincent-de-Paul[modifier | modifier le code]

Article connexe : Hôpital des Enfants-Trouvés.

L'hospice des Enfants-Trouvés est fondé par saint Vincent de Paul en 1638. D'abord installé près de la Porte Saint-Victor, il est transféré par la suite au château de Bicêtre, puis près de l'enclos Saint-Lazare, enfin rue du Faubourg-Saint-Antoine[4]. Un autre établissement est fondé vers 1672 sur le parvis Notre-Dame.

Après la Révolution française, l'hospice de l'île de la Cité est abandonné. Il est par la suite occupé par les bureaux de l'assistance publique avant d'être démoli dans les années 1870 pour étendre le parvis Notre-Dame. Celui du faubourg Saint-Antoine, qui devient l'hospice des orphelins, est conservé pour accueillir les enfants de 2 à 12 ans[5]. Il devient en 1880 l'hôpital Armand-Trousseau. Il est transféré sur son site actuel en 1901 et les anciens locaux sont rasés.

L'hôpital Saint-Vincent-de-Paul[modifier | modifier le code]

La chapelle de la Trinité de l'hôpital

La loi du 27 frimaire an V réorganise l'accueil des enfants abandonnés. En 1800, les anciens locaux de l'institution de l'Oratoire situé au no 74 rue d'Enfer (actuelle avenue Denfert-Rochereau)[4], accueillent un nouvel hôpital pour enfants assistés.

Article connexe : Abandon d'enfants.

Durant tout le XIXe siècle et jusqu'aux années 1960, la congrégation de sœurs de Saint Vincent de Paul ont été des auxiliaires de santé dans cet hôpital/hospice, d'abord massivement puis à partir de 1920 elles ont été peu à peu remplacées par des infirmières et aides soignantes laïques.

« L'affaire des fœtus »[modifier | modifier le code]

Le 2 août 2005, des journaux (Le Figaro, Libération et Le Parisien[6]) rapportèrent que de nombreux fœtus humains étaient conservés dans des conditions anormales dans le laboratoire d'histologie et de fœtopathologie de l'hôpital (c'est-à-dire, gardés depuis de nombreuses années pour des raisons inconnues et non scientifiques).

Le chiffre officiel fut celui de 351 fœtus conservés, très certainement, depuis la fin des années 1970.

L'enquête menée par la direction de l'AP-HP a permis de faire apparaître différents dysfonctionnements : tout d'abord, des conditions de conservation douteuses au regard des pratiques professionnelles, ensuite des carences dans la tenue des archives qui empêchèrent la traçabilité des opérations et enfin l'absence de maîtrise dans l'organisation du système de conservation[7].

La direction de l'AP-HP fit paraitre un communiqué à la suite de cette affaire et s'engagea à mener une plus grande vigilance vis-à-vis de l'organisation des services d'anatomo-pathologie généralement chargés de l'organisation de la conservation des corps dans les hôpitaux.

La chambre mortuaire de Saint-Vincent-de-Paul a été fermée et toute son activité transférée vers la chambre mortuaire de l’hôpital Cochin. Des blâmes ont été émis à l'égard de responsables médicaux.

L'affaire du 24 décembre 2008[modifier | modifier le code]

La veille de Noël, un garçon (prénommé Ilyès) est décédé dans un service de l'hôpital, victime, selon les premiers témoignages, d'une erreur de perfusion. Le garçonnet, hospitalisé pour une angine dans le service de pédiatrie, aurait reçu par erreur une perfusion mortelle de chlorure de magnésium. Il décédera d'un arrêt cardiaque. L'infirmière, professionnelle expérimentée, très choquée a reconnu son erreur. Elle a été mise en examen pour homicide involontaire. Les premières constatations de l'enquête sembleraient indiquer une erreur de livraison. Les parents ont porté plainte.

Un audit sur le circuit du médicament, réalisé dès novembre et décembre 2006, avait mis en évidence des non-conformités, qui ne se trouvaient pas toutes corrigées au moment du drame[8]. Le 21 avril 2009, le pharmacien-chef de l'hôpital Cochin a été mis en examen[9].

Le procès a lieu en septembre et octobre 2016 devant le tribunal correctionnel de Paris[10]. Le 4 octobre, le Parquet requiert une amende de 100 000 euros contre l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris et 6 mois de prison avec sursis contre l'infirmière et la cadre de santé, laissant la situation du pharmacien à l'appréciation du tribunal[11]. Le 22 novembre, le tribunal condamne les trois professionnels de santé à un an de prison avec sursis et l'AP-HP à 150 000 euros d'amende[12].

La fermeture progressive de l'hôpital[modifier | modifier le code]

Depuis 2004, des rumeurs plus tard confirmées par les syndicats puis la direction de l'AP-HP annoncent que l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul doit fermer et ses services déplacés vers d'autres établissements (notamment l'Hôpital Cochin ou l'Hôpital Necker-Enfants malades, très proche).

Tout d'abord, il fut prévu d'y installer le nouveau Palais de Justice de Paris[13] mais, après une longue attente, le gouvernement français décide de lancer ce projet dans le 17e arrondissement.

Le 23 juillet 2010 les urgences pédiatriques sont définitivement fermées. Le service des admissions est quant à lui déménagé vers l'hôpital Cochin[14].

Fin 2011, à la suite de l'ouverture de la nouvelle maternité de Port-Royal, c'est au tour de la maternité Pinard de fermer. La ville de Paris prévoit de réaménager l'ensemble de l'établissement pour y bâtir un écoquartier d'ici 2017[15].

L'établissement abrita jusqu'en juin 2012[16] une collecte fixe de l'établissement français du sang (EFS).

Avenir et reconversion de l'ancien hôpital[modifier | modifier le code]

Les Grands Voisins.

Les Grands voisins[modifier | modifier le code]

En vertu de l'accord donnée par l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), de 2011 à fin 2017,des bâtiments de l'ancien hôpital sont confiés à l'association « Aurore » pour y implanter des centres d’hébergement d’urgence dans ce premier bâtiment, les autres locaux hébergeant des services associatifs[17].

Une nouvelle dénomination regroupant de nombreuses associations, dite « Les Grands Voisins », se revendiquant comme un « espace-temps de cohabitation et d’interaction entre des publics diversifiés, propice à la promenade, au bien-être, à la rencontre et à l’apprentissage pour tous » est en cours de création sur le site de l'ancien hôpital.

Durant l'été 2015, des travaux de rénovation et de sécurisation de la plupart des bâtiments ont commencé, en vue d'une ouverture à tous les publics, mais aussi afin d'améliorer l’accueil des résidents qui vivent sur place et des professionnels qui utilisent ce site de façon quotidienne.

Écoquartier[modifier | modifier le code]

Une fois le site libéré, un écoquartier doit être bâti sur son périmètre avec pour buts de :

  • créer un quartier à dominante logement, ouvert sur la Ville et favorisant la mixité sociale,
  • mener une démarche environnementale ambitieuse et exemplaire et faire de Saint-Vincent-de-Paul un écoquartier novateur, symbole des nouvelles manières d'habiter à Paris,
  • penser les espaces publics et les espaces libres comme des espaces fortement plantés ou végétalisés en lien avec les grands espaces verts mitoyens, que ce soit sur les toits, le sol ou les façades,
  • valoriser le patrimoine et l’histoire du site[18].

Sur ce site de 3,4 hectares, vendu 92,9 millions d'euros par l'AP-HP à la Ville, Paris prévoit d'ici 2023 de construire 60 000 m2, dont 43 000 m2 de logements (50% de logements sociaux, 20% de logements intermédiaires, 30% de logements libres), 6 000 m2 pour un équipement culturel privé, 5 000 m2 d'équipements (école, crèche de 66 berceaux, gymnase), 6 000 m2 d'activités et de commerces, 4 000 m2 d'espace vert central. Sur l'avenue Denfert-Rochereau, l'oratoire du XVIIe siècle) sera restauré et destiné en partie à des appartements, alors que la chapelle voisine garera sa fonction. Des études doivent permettre de concevoir une agriculture urbaine de végétaliser les toits. Le quartier a pour but une autosuffisance énergétique. Il doit faire une large place à l'innovation sociale avec notamment 60 logements réservés à l'habitat participatif[19].

Accès[modifier | modifier le code]

Ce site, situé au milieu de l'avenue Denfert-Rochereau, est desservi par les stations de métro Raspail et Denfert-Rochereau, et par la gare RER de Denfert-Rochereau.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site de l'association "Aurore"
  2. Saint Vincent de Paul : sa vie, son temps, ses œuvres, son influence, volume 4 - Michel Ulysse Maynard (p. 404 et suivantes).
  3. André Dodin, L'esprit vincentien : le secret de saint Vincent de Paul, Desclée De Brouwer, , p. 29.
  4. a et b Félix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, édition de 1844, p. 197-200 [lire en ligne]
  5. Félix et Louis Lazare, op. cit., p. 509
  6. Site Le parisien, page sur "l'affaire des fœtus"
  7. Site du Figaro, article dénommé : "Saint-Vincent-de-Paul, un an après le scandale des fœtus"
  8. R. Diallo, I. Lopez, V. Perut, G. Vidal-Trecan et A. Dauphin, « Audit du circuit du médicament au sein des unités d'hospitalisation d'un groupe hospitalier », Le Pharmacien hospitalier, Elsevier Masson, vol. 44, no 1,‎ , p. 4–15 (ISSN 0768-9179, DOI 10.1016/j.phhp.2008.12.005).
  9. http://info.france2.fr/france/50002817-fr.php
  10. http://www.lepoint.fr/justice/mort-d-un-enfant-a-l-hopital-une-erreur-de-perfusion-a-l-origine-du-drame-26-09-2016-2071534_2386.php
  11. http://www.leparisien.fr/laparisienne/sante/enfant-mort-a-l-hopital-peines-de-prison-avec-sursis-requises-04-10-2016-6176991.php
  12. Anne-Laure Frémont. Mort du petit Ilyès après une erreur de perfusion : tous les prévenus condamnés. Le Figaro, 22 novembre 2016.
  13. « Saint-Vincent-de-Paul également sur la touche », leparisien.fr, (consulté le 7 août 20147)
  14. http://www.viva.presse.fr/Paris-les-urgences-pediatriques-de_14027.html
  15. http://www.leparisien.fr/paris-75/saint-vincent-de-paul-c-est-fini-26-07-2010-1012368.php
  16. http://www.dondusang.net/detail.do;jsessionid=D758E506D7E8D006A3DD14C42E5D7F8C?noArticle=4863&idRubrique=839&idSite=37
  17. Site de libération, article sur "les vies multiples de l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul
  18. « Le projet Saint-Vincent-de-Paul », paris.fr, (consulté le 7 août 2017)
  19. « Un écoquartier à la place de l'hôpital », lejdd.fr, (consulté le 7 août 2017)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :