Hôpital de la Charité de Paris

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Hôpital de la Charité.
L'infirmerie de l'Hôpital de la Charité vers 1639, par Abraham Bosse.

L'hôpital de la Charité de Paris, également appelé hôpital des Frères-de-Saint-Jean-de-Dieu, est un ancien hôpital parisien fondé au début du XVIIe siècle. Il est fermé et détruit vers 1935 pour faire place à la nouvelle Faculté de médecine ; situés au no 45 rue des Saints-Pères, ces locaux abritent actuellement le Centre universitaire des Saints-Pères, l'un des sites de l'Université Paris-Descartes (Paris V).

Historique[modifier | modifier le code]

Plan des hôpitaux de Paris en 1820.

En 1602, Marie de Médicis, seconde épouse du roi Henri IV de France fit venir à Paris cinq frères de la congrégation de Saint-Jean-de-Dieu – alors communément appelés frères de la Charité – pour soigner les malades pauvres. Ce furent, suivant leur règle, des médecins et pharmaciens soignant eux-mêmes les malades. D'abord installés dans une maison située rue de la Petite Seine (emplacements actuels des nos 2-4 rue Bonaparte et no 9 quai Malaquais), ils furent obligés, quelques années plus tard, de céder la place, Marguerite de Valois, première femme d'Henri IV ayant décidé, en 1607, d'y implanter un couvent (futur couvent des Petits-Augustins, établi dans le périmètre de l'actuelle École nationale supérieure des beaux-arts)[1].

Elle leur offrit en échange l'ancien hôtel de Sansac, situé près de l'ancienne chapelle de Saint-Pierre (ou des Saints-Pères), premier noyaux du futur hôpital de la Charité. À partir de 1613, les frères construisirent d'importants bâtiments destinés au service hospitalier.

Ils reçurent également de l'abbé de Saint-Germain-des-Prés l'utilisation de l'ancienne petite chapelle Saint-Père. Les nouveaux locataires réparèrent et obtinrent la cession définitive de la chapelle en même temps que celle du petit cimetière Saint-Germain qui en dépendait. L'ancienne chapelle fut démolie et la nouvelle fut consacrée au mois de juillet 1621 par l'archevêque d'Embrun. Elle fut réaménagée au milieu du XVIIe siècle et reçut en 1732 un portail de l'architecte Robert de Cotte. La façade du bâtiment qui donnait sur la rue Taranne était de M. Destouches[2].

A partir de 1652, les religieux de la Charité disposèrent — grâce à une donation anonyme — d'une maison initialement équipée de huit lits destinées à accueillir des convalescents pauvres après leur sortie de l'hôpital. L'établissement, dénommé « hôpital des convalescents de la Charité » occupait l'angle sud-ouest des rues du Bac et de Varenne et était agrémenté de grands jardins. Il avait pour origine une fondation crée en 1650 par Angélique Faure (1593-1664), veuve de l'ancien surintendant des finances Claude de Bullion de Bonnelles, dont le nom ne fut révélé qu'après sa mort. L'hôpital des convalescents n'admit pas de malades et seulement des convalescents « hors la nécessité des remèdes et non infectez de maladies contagieuses ». Il n'y eut ni médecin, ni chirurgien, ni apothicaire. Deux religieux et un serviteur, nourris et entretenus selon les termes du contrat établi le 30 mars 1652, veillèrent sur les convalescents durant leur séjour. Limité à quinze jours, ce séjour, institué pour leur permettre de reprendre leurs forces et rétablir leur santé, constituait une sorte de soins de suite et de réadaptation avant la lettre[3],[4],[5]. Une partie des jardins fut cédée, au XVIIIe siècle à la Société des Missions étrangères voisine[6].

Les frères de la Charité possédaient aussi la Charité de Charenton, hôpital et asile d'aliénés[7].

Plan au sol de l'Hôpital de la Charité, publié en 1788.

Un plan précis de l'hôpital en 1788 est inséré dans les Mémoires sur les hôpitaux de Paris de M. Tenon[8].

L'académie de Médecine y eut son siège entre 1850 et le début du XXe siècle.

La rue Taranne ayant disparu dans les années 1870 lors du percement du boulevard Saint-Germain, l'ancienne chapelle de l'hôpital se dresse aujourd'hui à l'angle de ce boulevard et de la rue des Saints-Pères. Elle a été transformée en 1942 en église puis cathédrale Saint-Vladimir-le-Grand de rite ukrainien.

Les bâtiments de l'hôpital de la Charité furent détruits vers 1935 pour faire place à la nouvelle faculté de médecine. Aujourd'hui, ces bâtiments accueillent les étudiants de l'UFR des Saints-Pères.

Médecins ayant exercé à l'Hôpital de la Charité[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre-Louis Laget, « Le développement de l’enseignement clinique à Paris et la création de l’école clinique interne de l’hôpital de la Charité » dans In Situ, revue des patrimoines, 2011, no 17 [lire en ligne]
  • Gravure et plan de l'hôpital et de l'église dans Adolph Bery, Topographie historique du vieux Paris, Paris, Imprimerie nationale, 1885, p. 218.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Antoine Dulaure : Histoire physique, civile et morale de Paris, depuis les premiers temps historiques, Guillaume, Paris, 1824, p. 16 [lire en ligne]
  2. Encyclopédie, tome 6, p. 364, col. droite.
  3. Armand Husson : Étude sur les hôpitaux: considérés sous le rapport de leur construction, de la distribution de leurs ameublement ..., Collection XIX, 2016 (voir en ligne)
  4. Pierre-Thomas-Nicolas Hurtaut et Magny : Dictionnaie historique de la Ville de Paris et de ses environs, Moutard, Paris, 1779, p. 227 (voir en ligne)
  5. Le MAIRE. Paris ancien et nouveau. (1698), t. 3, p . 13-14.
  6. Anie Marcel-Paon : La Société des Missions étrangères, Editions du Marais, Paris (voir en ligne)
  7. Paul Delaunay, Le monde Médical Parisien au dix-huitième siècle, Paris, Rousset, (lire en ligne), p. 90
  8. En ligne. La légende se trouve aux pages 27 et 28.
  9. Fernand Gillet, L'Hôpital de la Charité, Montévrain, Imprimerie typographique de l'école d'Alembert, , p. 97