Hôpital de la Charité de Paris

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L'infirmerie de l'Hôpital de la Charité vers 1639, par Abraham Bosse.

L'hôpital de la Charité de Paris, également appelé hôpital des Frères-de-Saint-Jean-de-Dieu, est un ancien hôpital parisien fondé au début du XVIIe siècle. Il est fermé et détruit vers 1935 pour faire place à la nouvelle Faculté de médecine ; situés au no 45 rue des Saints-Pères, ces locaux abritent actuellement le Centre universitaire des Saints-Pères, l'un des sites de l'Université Paris-Descartes (Paris V).

Historique[modifier | modifier le code]

Plan des hôpitaux de Paris en 1820.

En 1602, Marie de Médicis, seconde épouse du roi Henri IV de France fit venir à Paris cinq frères de la congrégation de Saint-Jean-de-Dieu – alors communément appelés frères de la Charité – pour soigner les malades pauvres. Ce furent, suivant leur règle, des médecins et pharmaciens soignant eux-mêmes les malades. D'abord installés dans une maison située rue de la Petite Seine (emplacements actuels des nos 2-4 rue Bonaparte et no 9 quai Malaquais), ils furent obligés, quelques années plus tard, de céder la place, Marguerite de Valois, première femme d'Henri IV ayant décidé, en 1607, d'y implanter un couvent (futur couvent des Petits-Augustins, établi dans le périmètre de l'actuelle École nationale supérieure des beaux-arts)[1]. Elle leur offrit en échange l'ancien hôtel de Sansac, situé près de l'ancienne chapelle de Saint-Pierre (ou des Saints-Pères), premier noyaux du futur hôpital de la Charité.

Les frères reçurent de l'abbé de Saint-Germain-des-Prés l'utilisation de l'ancienne petite chapelle Saint-Père. Les nouveaux locataires réparèrent et obtinrent la cession définitive de la chapelle en même temps que celle du petit cimetière Saint-Germain qui en dépendait.

À partir de 1613, ils construisirent d'importants bâtiments destinés au service hospitalier. L'ancienne chapelle fut démolie et la nouvelle fut consacrée au mois de juillet 1621 par l'archevêque d'Embrun. En 1652, Angélique Faure, veuve de Claude de Bullion, Surintendant des Finances fait une fondation pour huit pauvres convalescents qui sortent de l'Hôpital de la Charité, pour y demeurer huit à dix jours pour rétablir leur santé, sorte de soins de suite et de réadaptation avant la lettre[2].

Plan au sol de l'Hôpital de la Charité, publié en 1788.

Cette chapelle fut réaménagée au milieu du XVIIe siècle et reçut en 1732 un portail de l'architecte Robert de Cotte. La façade du bâtiment qui donnait sur la rue Taranne était de M. Destouches[3].

Les frères de la Charité possédaient aussi l'hôpital des Convalescents, de la rue du Bac ; la Charité de Charenton, hôpital et asile d'aliénés[4].

Un plan précis de l'hôpital en 1788 est inséré dans les Mémoires sur les hôpitaux de Paris de M. Tenon[5].

L'académie de Médecine y eut son siège entre 1850 et le début du XXe siècle.

Cette chapelle, qui se dresse aujourd'hui à l'angle du boulevard Saint-Germain et de la rue des Saints-Pères a été transformée en 1942 en église puis cathédrale Saint-Vladimir-le-Grand de rite ukrainien.

Les bâtiments de l'hôpital de la Charité furent détruits vers 1935 pour faire place à la nouvelle faculté de médecine. Aujourd'hui, ces bâtiments accueillent les étudiants de l'UFR des Saints-Pères.

Médecins ayant exercé à l'Hôpital de la Charité[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre-Louis Laget, « Le développement de l’enseignement clinique à Paris et la création de l’école clinique interne de l’hôpital de la Charité » dans In Situ, revue des patrimoines, 2011, no 17 [lire en ligne]
  • Gravure et plan de l'hôpital et de l'église dans Adolph Bery, Topographie historique du vieux Paris, Paris, Imprimerie nationale, 1885, p. 218.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Antoine Dulaure : Histoire physique, civile et morale de Paris, depuis les premiers temps historiques, Guillaume, Paris, 1824, p. 16 [lire en ligne]
  2. Le MAIRE. Paris ancien et nouveau. (1698), t. 3, p . 13-14.
  3. Encyclopédie, tome 6, p. 364, col. droite.
  4. Paul Delaunay, Le monde Médical Parisien au dix-huitième siècle, Paris, Rousset, (lire en ligne), p. 90
  5. En ligne. La légende se trouve aux pages 27 et 28.
  6. Fernand Gillet, L'Hôpital de la Charité, Montévrain, Imprimerie typographique de l'école d'Alembert, , p. 97