Georges-Émile Lapalme

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Georges-Émile Lapalme
Illustration.
Georges-Émile Lapalme en 1950
Fonctions
Député de Joliette—L'Assomption—Montcalm
Élection 11 juin 1945
Législature 20e législature du Canada
Groupe politique PLC
Prédécesseur Charles-Édouard Ferland
Successeur Maurice Breton
Vice-Premier ministre du Québec
Premier ministre Jean Lesage
Gouvernement gouvernement Jean Lesage
Successeur Paul Gérin-Lajoie
Chef du Parti libéral du Québec
Prédécesseur Adélard Godbout
(George Marler, intérim)
Successeur Jean Lesage
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Montréal
Date de décès (à 78 ans)
Lieu de décès Montréal
Diplômé de université de Montréal
Profession avocat

Georges-Émile Lapalme (né le à Montréal, mort le à Montréal) était un avocat et un homme politique québécois. Il a été député de Joliette—L'Assomption—Montcalm à la Chambre des communes du Canada de 1945 à 1950, chef du Parti libéral du Québec de 1950 à 1958, député de Montréal-Outremont à l'Assemblée législative du Québec de 1953 à 1966 et ministre dans le gouvernement Lesage de 1960 à 1964.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Georges-Émile Lapalme naît à Montréal. Il est le fils d'Euclide Lapalme, manufacturier, et de Valéda Bazinet[1]. Il étudie au séminaire de Joliette chez les viatoriens puis à l'université de Montréal. Il est admis au Barreau du Québec en 1929[1]. Il exerce la profession d'avocat à Joliette à partir de 1929[1]. Il épouse Maria Langlois le 22 juillet 1935 à Montréal[1].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Il est élu député de la circonscription de Joliette—L'Assomption—Montcalm à la Chambre des communes du Canada à l'élection générale fédérale du 11 juin 1945, sous l'étiquette du parti libéral. Il est réélu à l'élection générale du 27 juin 1949[2].

Chef du PLQ[modifier | modifier le code]

Il démissionne comme député fédéral le 23 juin 1950[1] après avoir été élu chef du parti libéral du Québec le 20 mai 1950[1]. Après la démission du chef précédent, Adélard Godbout, le député George Marler avait assumé l'intérim en 1949 et 1950[3]. Sous la gouverne de Georges-Émile Lapalme, le parti libéral est défait par l'Union nationale aux élections générales de 1952 et de 1956. Lapalme est lui-même défait dans la circonscription de Joliette lors de l'élection générale de 1952, mais il est élu député à l'Assemblée législative le 9 juillet 1953 lors d'une élection partielle dans la circonscription de Montréal-Outremont[4].Il y est réélu en 1956. Contesté à la suite des deux défaites électorales du parti sous sa direction, Lapalme démissionne de ses fonctions de chef du parti libéral. Le 31 mai 1958, Jean Lesage en devient le nouveau chef. Lesage n'étant pas député, Lapalme continuera à siéger comme chef de l'Opposition jusqu'en 1960[1]. En 1959, il rédige Pour une politique, document dans lequel il propose une véritable politique d'expansion culturelle, dont s'inspireront les organisateurs du PLQ pour étoffer leur plate-forme électorale en vue de l'élection générale québécoise de 1960[5].

Gouvernement Jean Lesage[modifier | modifier le code]

Il est réélu député de Montréal-Outremont lors de l'élection générale du 22 juin 1960, lors de laquelle le parti libéral accède au pouvoir. Au sein du gouvernement Jean Lesage, il occupe les fonctions de vice-Premier ministre, de procureur général et de ministre des Affaires culturelles[6]. Lapalme travaillera avec succès à la création de la délégation générale du Québec à Paris, inaugurée le 5 octobre 1961, grâce notamment à ses liens d'amitié avec le ministre d'État chargé des Affaires culturelles de la République française, André Malraux[7]. Il est réélu député lors de l'élection générale du 14 novembre 1962. Ses différences de vues avec le premier ministre Jean Lesage sur plusieurs sujets dont la culture l'amènent à démissionner de ses fonctions ministérielles le 3 septembre 1964[8]. Dans sa fracassante lettre de démission[9], il dénonce l’incurie du gouvernement face à la culture et le sous-financement de son ministère où il estime qu’ "il n’est pas nécessaire d’avoir un ministre dont les pouvoirs sont réduits à zéro". Il ne se représentera pas aux élections générales de 1966[1].

Autres activités[modifier | modifier le code]

Durant une période de semi-retraite, Lapalme entreprend la rédaction d'une imposante autobiographie en trois tomes, publiés en 1969[6], 1970 et 1973[1]. Il est nommé à diverses fonctions : commissaire général à Terre des hommes, président de la Société de développement de l'industrie cinématographique canadienne en 1968, juge à la cour de la citoyenneté canadienne, membre du conseil d'administration de la régie de la Place des Arts et président de la commission des biens culturels de 1972 à 1978. En 1976, il refusera d'être décoré officier de l'Ordre du Canada[10].

Entouré des siens, Lapalme s'éteint le 5 février 1985 à l'âge de 78 ans. Il était l'époux de Maria Langlois (1907-2001) et père de sept enfants. Le , une rue du quartier de Neufchâtel à Québec, est nommée en son honneur[11]. Le prix Georges-Émile-Lapalme du gouvernement du Québec est nommé en son honneur et est remis depuis 1997[12]. Claude Corbo a écrit, au début des années 1990, une pièce de théâtre librement inspirée des mémoires de Georges-Émile Lapalme, pièce remaniée et publiée en 2008[13].

Bibliographie et ressources[modifier | modifier le code]

  • Jean-Charles Panneton, Georges-Émile Lapalme : précurseur de la révolution tranquille, vol. 53, VLB éditeur, coll. « Études québécoises », , 190 p. (ISBN 978-2-89005-749-4)
  • Georges-Émile Lapalme, Pour une politique : Le programme de la Révolution tranquille, VLB éditeur, collection « Études québécoises », 1988, 348 pages, (ISBN 978-2-89005-301-4)
  • Georges-Émile Lapalme, Le bruit des choses réveillées, mémoires, tome I, Leméac, 1969, 356 pages
  • Georges-Émile Lapalme, Le vent de l'oubli, mémoires, tome II, Leméac, 1970, 295 pages
  • Georges-Émile Lapalme, Le paradis du pouvoir, mémoires, tome III, Leméac, 1973, 263 pages
  • Un fonds d’archives de Georges-Émile Lapalme est conservé au centre d’archives de Québec de Bibliothèque et Archives nationales du Québec[14].
  • Un fonds d'archives de Georges-Émile Lapalme est conservé à l'Université du Québec à Montréal[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i « Biographie de Georges-Émile Lapalme », Assemblée nationale du Québec,
  2. « Georges-Émile Lapalme — Fiche de parlementaire », Parlement du Canada
  3. Jean-Charles Panneton, p. 38
  4. Jean-Charles Panneton, p. 60
  5. Jean-Charles Panneton, p. 71
  6. a et b Daniel Latouche, « Biographie de Georges-Émile Lapalme », L'Encyclopédie canadienne
  7. Jean-Charles Panneton, p. 129-140
  8. Jean-Charles Panneton, p. 155
  9. Reproduite dans le tome III de ses Mémoires, publiées aux Éditions Leméac, 1973, ainsi que dans l'essai Le théâtre et l'État au Québec d'Adrien Gruslin, VLB Éditeur, 1981 et dans la revue Liberté, no 303, Printemps 2014 [1]
  10. Jean-Charles Panneton, p. 159-160
  11. « Fiche toponymique : rue Georges-Émile-Lapalme », Ville de Québec
  12. « Prix Georges-Émile-Lapalme », Gouvernement du Québec
  13. Claude Corbo, Passion et désenchantement du ministre Lapalme, Septentrion, 2008, 132 p., (ISBN 978-2-89448-563-7) (fiche du catalogue IRIS, BAnQ)
  14. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, « Bibliothèque et Archives nationales du Québec - Fonds Georges-Émile Lapalme(P826) » (consulté le 10 février 2014)
  15. Fonds d'archives Georges-Émile Lapalme (109P), Service des archives et de gestion des documents, Université du Québec à Montréal (page consultée le 8 juin 2014)

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