Louise Harel

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Louise Harel
Image illustrative de l'article Louise Harel
Fonctions
Chef de l'Opposition officielle de Montréal
En fonction depuis le 2009
Chef de l'Opposition officielle de Maisonneuve
19812008
Présidente de l'Assemblée nationale du Québec
Ministre de l'Immigration et des communautés culturelles
Ministre de l'Emploi et de la Solidarité
Ministre des Affaires municipales
Biographie
Date de naissance 22 avril 1946 (68 ans)
Lieu de naissance Sainte-Thérèse-de-Blainville
Nationalité Canada (Québec)
Parti politique Parti québécois
Vision Montréal
Profession Avocate

Louise Harel (Sainte-Thérèse-de-Blainville, 22 avril 1946-) est une femme politique québécoise, ancienne députée à l'Assemblée nationale du Québec, présidente de cette assemblée, chef de l'opposition et chef de son parti par intérim, et plusieurs fois ministre sous différents gouvernements du Parti québécois. Élue pour la première fois à l'élection de 1981, elle a siégé comme députée jusqu'en 2008.

Le 3 juin 2009, Mme Harel annonce sa candidature à la mairie de Montréal, sous la bannière de Vision Montréal[1]. Elle siège maintenant comme chef de l'Opposition officielle de la Ville de Montréal.

Le fonds d'archives de Louise Harel est conservé au centre d'archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille d'un historien et d'une coiffeuse, Louise Harel a poursuivi des études de sociologie à l'Université de Montréal. Elle fait ses premières armes en politique, en étant élue vice-présidente de l'Union générale des étudiants du Québec (UGEQ) en 1968. À ce titre, elle s'implique dans un mouvement de grève étudiante qui paralyse une quinzaine d'institutions d'enseignement postsecondaires en octobre 1968, aux côtés de Gilles Duceppe et de Claude Charron[3].

Au cours des années 1970, elle s'implique dans les milieux communautaires, nationalistes et féministes. Elle est membre de nombreuses coopératives, de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, de la Fédération des femmes du Québec en plus d'être responsable du dossier de la condition féminine au Centre des services sociaux de Montréal[4].

Elle obtient une licence en droit à l'Université de Montréal en 1977 et est admise au Barreau du Québec l'année suivante[5].

Carrière politique québécoise[modifier | modifier le code]

Militante de longue date du Parti québécois, elle occupe le poste de présidente de la région Montréal-Centre de 1974 à 1979 et celui de vice-présidente du parti de 1979 à 1981. Elle se porte candidate lors de l'élection générale de 1981 et devient députée de Maisonneuve puis d'Hochelaga-Maisonneuve à l'Assemblée nationale du Québec, un poste qu'elle occupera pendant 27 ans.

Nommée ministre par René Lévesque en septembre 1984, elle fait partie d'un groupe de sept ministres qui démissionnent en novembre de la même année, en raison de leur désaccord avec le « beau risque » proposé par René Lévesque[6],[4].

Mme Harel est néanmoins réélue en 1985 et aux cinq élections suivantes à titre de députée d'Hochelaga-Maisonneuve. De retour au pouvoir après l'élection générale de 1994, Mme Harel se voit attribuer le ministère de l'Emploi dans les gouvernements de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard[7]. Pendant ses quatre années à ce poste, elle pilote le dossier de l'équité salariale, et négocie avec le gouvernement fédéral le rapatriement des programmes dans le domaine de la main d'œuvre[8] et la création d'Emploi-Québec et des centres locaux d'emploi[4].

Elle est mutée au poste de ministre des Affaires municipales et de la Métropole le 15 décembre 1998[7]. C'est à ce titre qu'elle a piloté en 2000 et 2001 le dossier des réorganisations municipales québécoises, qui avait pour objectif de réduire le nombre de municipalités au Québec[9], répondant à un vœu exprimé par les maires des villes de Montréal, Québec, Hull, Sherbrooke, Trois-Rivières et Chicoutimi[10].

La réforme des structures municipales et, en particulier, la volonté de regrouper en une seule ville les 27 municipalités morcelant le territoire de l'île de Montréal a été mal accueillie dans les banlieues. Après une contestation judiciaire, qui a reconnu la constitutionnalité de la réforme, les nouvelles structures municipales ont vu le jour le 1er janvier 2002[10].

Moins d'un mois plus tard, elle est remplacée par André Boisclair aux Affaires municipales dans le gouvernement du nouveau premier ministre, Bernard Landry[11]. Mme Harel devient la première femme à occuper le fauteuil de présidente de l'Assemblée nationale du Québec, le 12 mars 2002[7]. Le 27 mai, elle accède à la présidence de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie, un organisme qui regroupe les élus des pays francophones[12].

La défaite du Parti québécois lors de l'élection générale de 2003 a remis en cause une partie de la réforme des structures municipales pilotée par Mme Harel. Le 20 juin 2004, une série de 89 référendums, institués par le gouvernement de Jean Charest a redonné vie à 31 villes qui avaient été regroupées deux ans plus tôt[13].

Louise Harel est devenue chef de l'Opposition officielle à l'Assemblée nationale et chef par intérim du Parti québécois le 6 juin 2005 après la démission-surprise de Bernard Landry. André Boisclair lui succède lors de son élection comme chef du Parti québécois le 15 novembre 2005.

Puis, le 14 août 2006, le chef du parti, André Boisclair, est élu député dans la circonscription Pointe-aux-Trembles et succède donc à Louise Harel comme chef de l'opposition officielle à l'Assemblée nationale du Québec.

Elle était défavorable à Boisclair et lui préférait Gilles Duceppe[14].

Candidature à la mairie de Montréal[modifier | modifier le code]

Sollicitée depuis son départ de la vie politique québécoise, Louise Harel a longtemps hésité avant de se porter candidate à la mairie de Montréal, une décision qu'elle a annoncé le 3 juin 2009[5]. Dans une entrevue qu'elle accordait au quotidien Le Devoir, une semaine avant d'annoncer sa décision, elle soutenait que la ville de Montréal était devenue « dysfonctionnelle ». Selon Mme Harel, l'opération de fusion de 2002 qu'elle a pilotée en tant que ministre des Affaires municipales dans le gouvernement de Bernard Landry, n'est pas en cause dans les problèmes de la métropole québécoise. Le problème se situerait plutôt du côté du déséquilibre entre la ville-centre et les arrondissements qui a été créé par les modifications apportées à la Charte de la Ville de Montréal, demandées par Gérald Tremblay et introduites en 2003 par le gouvernement Charest[15].

L'annonce de Mme Harel a suscité des réactions diamétralement opposées dans la presse francophone et dans celle de la minorité anglophone de la métropole québécoise. The Gazette publie un éditorial affirmant que la candidature de Mme Harel était une bonne nouvelle pour le maire sortant, Gérald Tremblay et comparant l'ancienne ministre à Maurice « Mom » Boucher, le chef des motards criminalisés emprisonné à perpétuité pour meurtre[16]. Le ton est nettement différent dans la presse francophone qui, tout en soulignant les handicaps de la candidate — un anglais boiteux, sa longue association avec le mouvement souverainiste (en rapport avec l'électorat minoritaire anglophone qui est majoritairement fédéraliste) et son rôle dans les fusions municipales de 2002 — affirment qu'elle représente une adversaire redoutable pour l'administration du maire sortant[17],[18].

Arrivée deuxième à l'élection de novembre 2009, Louise Harel a siégé à titre de chef de l'Opposition officielle. Au élection municipal de 2013, elle s'était présenté candidate au poste de conseillère au District électoral de Sainte-Marie dans l'arrondissement Ville-Marie. Elle a terminé deuxième derrière Valérie Plante de Projet Montréal.

Responsabilités politiques[modifier | modifier le code]

– Ministre des Communautés culturelles et de l'Immigration (25 septembre 1984 - 27 novembre 1984)[19]
– Ministre d'État à la Concertation et ministre de l'Emploi (26 septembre 1994 - 29 janvier 1996)
– Ministre responsable de l'Immigration et des Communautés culturelles (3 novembre 1995 - 29 janvier 1996)
– Ministre d'État de l'Emploi et de la Solidarité et ministre de la Sécurité du revenu (29 janvier 1996 - 25 juin 1997)
– Ministre de l'Emploi et de la Solidarité (autrefois Sécurité du revenu) (25 juin 1997 - 15 décembre 1998)
– Ministre des Affaires municipales et de la Métropole et ministre responsable des Aînés (15 décembre 1998 - 8 mars 2001)
– Ministre des Affaires municipales et de la Métropole (8 mars 2001 - 30 janvier 2002)
Présidente de l'Assemblée nationale (12 mars 2002 - 4 juin 2003)
Chef de l'Opposition officielle (6 juin 2005 - 14 août 2006)
  • Ville de Montréal
– Chef de l'Opposition officielle (1er novembre 2009 - 2013)

Faits divers[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Radio-Canada, « Louise Harel, candidate à la mairie »,‎ 3 juin 2009 (consulté le 3 juin 2009)
  2. Fonds Louise Harel (P724) - Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).
  3. Émilie Côté, « Principales grèves étudiantes », La Presse,‎ 17 mars 2005, A4 (lire en ligne [PDF])
  4. a, b et c Radio-Canada, « Louise Harel : passionnée de politique »,‎ 3 juin 2009 (consulté le 4 juin 2009)
  5. a et b Éric Clément, « Louise Harel candidate à la mairie de Montréal », La Presse,‎ 3 juin 2009 (lire en ligne).
  6. Assemblée nationale du Québec, « Chronologie parlementaire depuis 1791 : 1984 - 1985 » (consulté le 3 juin 2009)
  7. a, b et c Assemblée nationale du Québec, « Louise Harel »,‎ avril 2009 (consulté le 4 juin 2009)
  8. Gouvernement du Québec, « La députée Louise Harel ne sollicitera pas un 8e mandat »,‎ 30 octobre 2008 (consulté le 4 juin 2009)
  9. Stéphane Bordeleau, « Des élections sur fond de réforme municipale », sur Dossier spécial : les municipales, Radio-Canada,‎ 2001 (consulté le 4 juin 2009)
  10. a et b Stéphane Bordeleau, « L'origine des fusions municipales », sur Dossier spécial : les municipales, Radio-Canada,‎ 2001 (consulté le 4 juin 2009)
  11. Radio-Canada, « Remaniement ministériel en profondeur à Québec »,‎ 30 janvier 2002 (consulté le 4 juin 2009)
  12. Radio-Canada, « Louise Harel prendra la tête de l'APF »,‎ 27 mai 2002 (consulté le 4 juin 2009)
  13. Radio-Canada, « Fusions, défusions : à l'heure des référendums »,‎ Juin 2004 (consulté le 4 juin 2009)
  14. Radio-Canada, « Démission d'André Boisclair : la pression était forte »,‎ 8 mai 2007
  15. Jeanne Corriveau, « Montréal - Louise Harel est tentée par la mairie », Le Devoir,‎ 27 mai 2009 (lire en ligne).
  16. (en) « Louise Harel as mayor? We earnestly hope not », The Gazette,‎ 4 juin 2009 (lire en ligne) :

    « Ironically, Harel's candidacy is great news for Tremblay. Among public figures, perhaps only Mom Boucher could make Tremblay look so good in comparison. »

  17. Michèle Ouimet, « Le syndrome du sauveur », La Presse,‎ 4 juin 2009 (lire en ligne).
  18. Bernard Descôteaux, « Ville de Montréal - De vraies élections », Le Devoir,‎ 4 juin 2009 (lire en ligne)
  19. Titulaires de ministères - Assemblée nationale du Québec

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]