Pierre Karl Péladeau

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Pierre Karl Péladeau
Image illustrative de l'article Pierre Karl Péladeau
Fonctions
Député de Saint-Jérôme
Prédécesseur Jacques Duchesneau
Successeur Poste vacant
8e Chef du Parti québécois
Prédécesseur Pauline Marois
Stéphane Bédard (intérim)
Successeur Sylvain Gaudreault (intérim)
Chef de l'opposition officielle du Québec
Prédécesseur Stéphane Bédard
Successeur Sylvain Gaudreault
Biographie
Nom de naissance Pierre Karl Péladeau
Date de naissance (54 ans)
Lieu de naissance Montréal (Canada)
Parti politique Parti québécois
Père Pierre Péladeau
Conjoint Julie Snyder (2001-2016)
Diplômé de UQAM
Université de Montréal
Profession Ancien homme politique, homme d'affaires

Pierre Karl Péladeau (parfois désigné par ses initiales PKP), né Pierre-Karl, le à Montréal, est un homme d'affaires et homme politique canadien.

Fils du fondateur de Québecor, Pierre Péladeau, il prend la direction de l'entreprise en 1999, deux ans après la mort de son père. Pierre Karl Péladeau se classe parmi les Canadiens les plus riches, avec des avoirs d'environ 470 millions de dollars.

Après avoir exercé sans salaire pendant un an les fonctions de président du conseil d'administration d'Hydro-Québec, au printemps 2014, il fait le saut en politique. Le 7 avril, il est élu député du Parti québécois dans la circonscription de Saint-Jérôme. Le , il devient le huitième chef du Parti Québécois, succédant ainsi à Stéphane Bédard à titre de chef de l'opposition officielle à l'Assemblée nationale du Québec. Le , peu de temps après son divorce avec l'animatrice Julie Snyder. il démissionne officiellement de son poste de chef du Parti québécois .

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Pierre-Carl Péladeau est le troisième enfant de Pierre Péladeau, homme d'affaires et fondateur de Québecor, et de Raymonde Chopin. Il a trois frères et trois sœurs, Érik (1955) et Isabelle (1958-2013[1]), Anne-Marie (1965), Esther (1977), Simon-Pierre (1978) et Jean (1991)[2]. Sa mère se suicide alors qu'il a 14 ans. Il n'abordera l'événement publiquement qu'en 2015, alors qu'il est candidat à la course à la chefferie du Parti québécois, dans le cadre de la semaine de prévention du suicide[3].

PKP étudie à Montréal et à Paris, notamment à l'université Paris VIII. Il obtient un diplôme en sciences humaines du Collège Jean-De-Brébeuf, en philosophie de l'Université du Québec à Montréal et en droit de l'Université de Montréal. Il change son prénom pour « Pierre Karl » (avec un K) par affinité idéologique à l'époque en l'honneur de Karl Marx[4].

Carrière[modifier | modifier le code]

Dès 1985, il se joint à l'équipe de direction de Québecor, au sein de laquelle il s'occupe notamment du développement des Imprimeries Quebecor inc. Il participe activement au développement de la papetière Donohue, filiale de Québecor de 1987 à 2000. Il est connu du milieu syndical pour avoir engendré au moins 14 lock-out[5].

En 1991, il est nommé président de Groupe Quebecor inc., qui regroupe alors les secteurs de l'édition, de la distribution et de la vente au détail. En 1994, Pierre Karl Péladeau déménage à Paris afin de favoriser la croissance de l'entreprise en Europe. En 1998, son père venant de décéder, il pilote l'acquisition de Sun Media, hissant Québecor au rang de deuxième groupe de presse en importance au Canada. En 1999, le conseil d'administration de Québecor le nomme président et chef de la direction de l'entreprise.

En 2000, avec l'aide de la Caisse de dépôt et placement du Québec, il se lance dans l'acquisition du groupe Vidéotron, le premier câblodistributeur au Québec et le troisième au Canada, ainsi que le premier radiodiffuseur de langue française au pays (TVA). Cette acquisition donne naissance à la filiale Québecor Média, qui réunit les activités de télécommunications et de divertissement de l'entreprise ; elle permet également le déploiement d'une stratégie de convergence, dont la première édition de Star Académie en 2003 sera la première manifestation concrète à grande échelle.

En 2007, il pilote l'acquisition du groupe Osprey Media, l'un des plus importants éditeurs au pays, faisant ainsi de Québecor le plus grand éditeur de journaux au Canada.

Pierre Karl Péladeau siège aux conseils d'administration de nombreuses filiales de Québecor.

Le , il quitte la direction de Québecor. Robert Dépatie, jusqu'alors chef de Vidéotron, est nommé, le , président et chef de la direction de Québecor et de Québecor Média[6]. Le , la première ministre du Québec, Pauline Marois, le nomme président du conseil d'administration d'Hydro-Québec[7].

Politique[modifier | modifier le code]

Son père était connu pour ses convictions nationalistes ; l'idéologie politique de Pierre Karl Péladeau a fait l'objet de nombreuses spéculations au cours des ans[8]. Dans une série d'entrevues réalisées par le magazine L'Actualité en 2010, l'ancien premier ministre Bernard Landry croit qu'il est souverainiste. L'ancien premier ministre canadien et ex-président du conseil d'administration de Québecor, Brian Mulroney, le considère plutôt comme un conservateur avec un petit « c » et un « Québécois très fier, qui voit un rôle pour le Québec au Canada et en Amérique du Nord », alors que Françoise Bertrand pense qu'il est un nationaliste de fond, sans teinte politique[9].

Au début de 2014, plusieurs rumeurs circulent à l'effet qu'il pourrait se lancer en politique sous la bannière du Parti québécois[10]. Ces rumeurs sont démenties par le principal intéressé. Toutefois, peu après le déclenchement des élections, il annonce qu'il sera le candidat péquiste de la circonscription de Saint-Jérôme en vue de l'élection générale du 7 avril 2014[11], abandonnant simultanément ses fonctions au sein de divers conseils d'administration. Juste avant de s'engager activement en politique, il remet sa démission à titre de présidents du C.A. de TVA et de Québecor Média et de vice-président du C.A. de Québecor ainsi, et finalement, à titre de président du conseil d'administration de la société d'État Hydro-Québec[12].

L'annonce de la candidature de M. Péladeau, qui est partisan de l'indépendance du Québec[13], a eu l'effet d'un « tremblement de terre » au début de la campagne électorale. Le Globe and Mail de Toronto compare cette nouvelle à la décision de Lucien Bouchard de quitter le gouvernement Mulroney en 1990 ou à l'arrivée des trois colombes au Parti libéral du Canada en 1965[14].

Le , il est élu député du Parti québécois dans la circonscription de Saint-Jérôme. Il a officiellement fait son entrée à l'Assemblée nationale le , encore sous l'effet de huit fractures subies lors d'un accident de vélo le précédent[15]. Depuis la démission de Pauline Marois le soir de l'élection à la tête du parti, le nouveau député est pressenti comme un candidat à la course à la chefferie[16]. Le , lors d'une conférence à l'Université de Montréal, il confirme qu'il sera de la course à la chefferie du Parti québécois. Le 15 mai 2015, il devient chef du Parti québécois avec 57,6% des voix.

Le , il quitte la politique pour des motifs familiaux[17].

Vie privée[modifier | modifier le code]

En 1994, il se marie une première fois avec la fille d'un banquier français, Isabelle Hervet. La cérémonie est célébrée par Nicolas Sarkozy[18], alors maire de Neuilly-sur-Seine. Le couple se sépare en 2000. Un enfant est issu de cette union :

De 2001 à 2015, il est en couple avec l'animatrice et la femme d'affaires Julie Snyder. Le , le couple annonce leur première séparation[20]. Ils se réconcilient finalement en mai 2014[21]. Ils annoncent leurs fiançailles à l'automne 2014[22]. Leur mariage est célébré le à la chapelle du Musée de l'Amérique francophone. La cérémonie est officiée par Régis Labeaume, maire de Québec, devant 400 invités dont plusieurs dignitaires[23]. Le , le couple annonce leur seconde séparation[24]. Ensemble, ils ont deux enfants :

Proche du showbiz international, Céline Dion et René Angélil sont les parrains de sa fille Romy.

Sa famille et lui sont végétariens[27].

Décoration et distinctions[modifier | modifier le code]

Fortune[modifier | modifier le code]

  • 86e rang des Canadiens les plus riches en 2014 (conjointement avec son frère Erik Péladeau), selon le palmarès établi par Canadian Business[28],[29]
  • 97e rang en 2013 selon le palmarès établi par Canadian Business

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Isabelle Péladeau perd la vie » (consulté le 26 août 2015)
  2. Bernard Bujold, « L'empire QUEBECOR et son fondateur Pierre Péladeau (1925-1997) - Chapitre 7 - L'amour d'une femme - Les aventures sexuelles - La beauté » (consulté le 20 mai 2015)
  3. « Pierre Karl Péladeau parle publiquement du suicide de sa mère pour la première fois », sur http://www.journaldemontreal.com,‎ (consulté le 5 février 2015)
  4. « VICE Meets Pierre Karl Péladeau », sur VICE
  5. Rhéal Seguin, « Media mogul Péladeau to run for Parti Québécois in election », The Globe and Mail,‎ (lire en ligne)
  6. « Changements à la direction de l'entreprise », Communiqué de presse de Québecor, 14 mars 2013.
  7. « Pierre Karl Péladeau présidera le conseil d'Hydro Québec », sur Le Devoir
  8. Martin Patriquin, « The King of Quebec », Macleans,‎ (lire en ligne).
  9. Jonathan Trudel, « Le coup de poker Vidéotron », L'Actualité,‎ (lire en ligne).
  10. « PKP au PQ? », sur Le Huffington Post,‎
  11. Agence QMI, « Pierre Karl Péladeau se présente pour le PQ », TVA Nouvelles,‎ (lire en ligne).
  12. « PKP sera le candidat du PQ dans Saint-Jérôme », sur Le Devoir
  13. « PKP ramène le vrai débat », sur lejournaldemontreal.com (consulté le 15 mars 2014).
  14. (en) Konrad Yakabuski, « How Péladeau’s PQ bombshell will lead to aftershocks in Ottawa », The Globe and Mail, Toronto,‎ (lire en ligne).
  15. « Pierre Karl Péladeau au travail en fauteuil roulant », sur La Presse
  16. (fr) « Pierre Karl Péladeau, l’homme qui voulait être chef de parti et conserver son empire médiatique », Antoine Boyet, Ijsberg Magazine, 10 octobre 2014
  17. « La courte vie politique de PKP en 10 points », sur Radio-Canada.ca
  18. « D’amour et de base électorale », sur Le Devoir
  19. « UdeM:Forum/Monsieur K est aussi très branché - Pierre Karl Péladeau rencontre les étudiants du baccalauréat bidisciplinaire en communication et politique. »
  20. « Pierre Karl Péladeau et Julie Snyder se séparent », sur La Presse
  21. http://fr.canoe.ca/divertissement/celebrites/nouvelles/2014/05/27/21698216-qmi.html
  22. « Julie Snyder et Pierre Karl Péladeau : un mariage et une controverse », sur Radio-Canada.ca
  23. « 400 invités au Petit Séminaire pour le mariage Snyder-Péladeau », sur La Presse
  24. (fr) « Julie Snyder et Pierre Karl Péladeau mettent fin à leur union | TRISTAN PÉLOQUIN et DENIS LESSARD | Actualités », sur La Presse (consulté le 26 janvier 2016)
  25. « À la une - Maman comblée d'un bébé de 3 mois et demi »
  26. « Julie Snyder a accouché », Metro, Montreal,‎ (lire en ligne)
  27. Gloria Henriquez, « 5 things you didn’t know about Pierre Karl Péladeau », sur Global News,‎
  28. « Course à la chefferie : Combien vaut Pierre Karl Péladeau? »
  29. (en) « Rich 100 Canadian Business Lists and Ranking »,‎

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Julien Brault, Péladeau, Montréal, Québec Amérique, , 287 p. (ISBN 978-2-7644-0600-7)
  • Pierre Dubuc, PKP dans tous ses états, Montréal, Éditions du Renouveau québécois, , 159 p. (ISBN 978-2-98122598-6)
  • Manon Guilbert et Michel Larose, Lockout au Journal de Montréal, Montréal, M Éditeur, , 184 p. (ISBN 978-2-924327-22-7)
  • Frédéric Tremblay, Pierre Karl Péladeau, Montréal, Les Intouchables, , 239 p. (ISBN 978-2-89549-733-2)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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