Louis-Alexandre Taschereau

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Taschereau (homonymie).
Page d'aide sur l'homonymie Pour les autres membres de la famille, voir Famille Taschereau.
Louis-Alexandre Taschereau
Image illustrative de l'article Louis-Alexandre Taschereau
Fonctions
14e premier ministre du Québec

(15 ans 11 mois et 2 jours)
Lieutenant-gouverneur Charles Fitzpatrick
Louis-Philippe Brodeur
Narcisse Pérodeau
Lomer Gouin
Henry George Carroll
Ésioff-Léon Patenaude
Prédécesseur Lomer Gouin
Successeur Adélard Godbout
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Québec
Date de décès (à 85 ans)
Lieu de décès Québec
Parti politique Parti libéral
Père Jean-Thomas Taschereau
Mère Marie-Louise-Joséphine Caron (fille de René-Édouard Caron)
Fratrie Joseph-Edouard, Antoine-Jean-Thomas-Caron, Marie-Louise-Joséphine, Charles-Edmond, Marie-Hélène, Marie-Claire-Caroline
Conjoint Abidine Dionne (1871-1952)
Enfants Paul Taschereau, Robert Taschereau
Entourage Famille Taschereau
Diplômé de Université Laval
Profession Avocat

Louis-Alexandre Taschereau
Premiers ministres du Québec
Louis-Alexandre Taschereau (à droite) avec William Lyon Mackenzie King (au centre), premier ministre du Canada et Howard Ferguson (à gauche), premier ministre de l'Ontario, au cours d'une conférence Dominion-Provincial, le .

Louis-Alexandre Taschereau, né le à Québec et mort le dans cette même ville, est un avocat et politicien québécois. Il a été élu onze fois dans la circonscription de Montmorency, à partir de 1900, et a été premier ministre du Québec de 1920 à 1936.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et début de carrière[modifier | modifier le code]

Né à Québec, fils de Jean-Thomas Taschereau, avocat et juge à la Cour suprême, et de Marie-Louise-Joséphine Caron, il fait ses études au séminaire de Québec et à l'Université Laval, où il obtient un diplôme en droit. Il est admis au Barreau du Québec le .

Après s'être lancé dans la vie politique, il sert comme chef lieutenant au sein du gouvernement libéral de Lomer Gouin. Il pratique sa profession au cabinet d'avocat de Charles Fitzpatrick et de Simon-Napoléon Parent. Il est également journaliste à l'Action libérale et président et vice-président de la Banque d'économie de Québec.

Son oncle Elzéar-Alexandre Taschereau avait été archevêque de Québec et avait lui aussi pris ses distances avec les ultramontains.

Député[modifier | modifier le code]

Élu député à l'Assemblée législative pour la première fois en 1900, il devient plus tard le ministre des Travaux publics sous Lomer Gouin de 1907 à 1919. En 1919, il devient Procureur général de la province de Québec.

Premier ministre[modifier | modifier le code]

Développement économique et interventionnisme[modifier | modifier le code]

Élu premier ministre en 1920, à une époque où l'économie nord-américaine commence à éprouver des difficultés qui mèneront finalement à la Grande Dépression, Taschereau encourage vigoureusement le développement, par l'entreprise privée, des ressources forestières et minérales importantes dans la région d'Ungava et de Nunavik que le Parlement du Canada avait ajoutée à la province de Québec.

Un des premiers à prôner l'exploitation de l'énorme potentiel hydraulique des cours d'eau du nouveau Québec, Taschereau comprend les limites du capital disponible dans un Canada peu peuplé, et travaille activement à attirer des investissements américains pour développer le potentiel industriel du Québec et tenter d'arrêter l'émigration massive vers les États-Unis.

Ses politiques mettent à l'épreuve la société agraire traditionnelle que la dominance et l'influence de l'Église catholique romaine avaient réussi à maintenir au Québec plus longtemps qu'ailleurs en Amérique du Nord. Les libéraux de Taschereau étaient principalement opposés aux nationalistes tels que Henri Bourassa, éditeur du quotidien Le Devoir, et le prêtre catholique Lionel Groulx, éditeur de L'action canadienne-française.

Louis-Alexandre Taschereau instaure également le monopole du gouvernement du Québec sur la vente des vins et spiritueux durant l'ère de la Prohibition aux États-Unis. Il a créé des écoles des beaux-arts à Québec et Montréal et subventionné les œuvres scientifiques et littéraires.

Le dossier juif au Québec[modifier | modifier le code]

Taschereau introduit une mesure en 1930 pour créer un conseil juif qui aurait permis une participation juive au plus haut conseil décisionnel en matière d'éducation au Québec, le Conseil de l'instruction publique du Québec. Trois écoles protestantes majoritairement fréquentées par des «Israélites» seraient devenues des écoles confessionnelles juives. En outre, une partie de la «taxe des neutres», jusqu'alors partagée également entre commissions scolaires catholiques et commissions scolaires protestantes, aurait été plutôt attribuée aux nouvelles écoles juives[1].

Les attaques verbales et journalistiques contre la population juive étaient fréquentes et souvent violentes dans une presse écrite qui voit dans la tentative de Taschereau de réformer le système confessionnel des écoles un exemple des juifs pour tenter de miner le christianisme. Résultat de cette opposition véhémente, la communauté juive est intimidée et n'insiste pas sur la question lorsque Taschereau est forcé de retirer le projet de loi et de proposer un compromis qu'il soumet d'abord à l'examen et à l'approbation de l'Église catholique romaine. Dans le projet de loi qui en résulte, les juifs sont renvoyés dans le système d'écoles protestantes, et le conseil juif n'a pas de pouvoir sauf celui de négocier une entente avec la commission scolaire protestante.

Dernier mandat[modifier | modifier le code]

Les élections de 1932 sont mouvementées. Le chef du Parti Conservateur du Québec, le futur maire de Montréal, Camilien Houde, était considéré comme une forme de renouveau pour la province de Québec avec son attitude populiste. Toutefois, il perdit ce scrutin malgré un suffrage au-dessus de 40%. Le système parlementaire étant ce qu'il est, les Libéraux ont réussi à aller chercher plus de 70 comtés.

C'est alors que Houde entreprit de contester judiciairement le résultat des élections dans tous les comtés que les Libéraux ont remportés, allant même jusqu'à financer les actions judiciaires entreprises. Mal lui en prit. Aussitôt la nouvelle session parlementaire ouverte, Taschereau fit voter une loi qui obligeait les contestataires à payer de leur poche directement la procédure judiciaire. Étant donné que c'était en pleine période de la Grande Dépression, les gens n'avaient pas nécessairement le montant demandé, ce qui tua dans l’œuf la tentative louable de Houde pour contester l'élection. On peut donc se demander si le scrutin de 1932 n'a pas été délibérément manipulé par Taschereau et les Libéraux..

Son gouvernement crée un certain mécontentement au sein du Parti libéral. L'aile réformiste du parti quitte les libéraux pour former un nouveau parti, l'Action libérale nationale. Paul Gouin, le fils de Lomer Gouin et petit-fils d'Honoré Mercier, se joint à ce nouveau parti. L'Action libérale nationale fusionne plus tard avec le Parti conservateur du Québec afin de former l'Union Nationale sous le leadership de Maurice Duplessis, qui devient célèbre en dénonçant publiquement la corruption du gouvernement libéral de Louis-Alexandre Taschereau devant le Comité des comptes publics de l'Assemblée législative.

Taschereau démissionne après que son frère Antoine a avoué devant le Comité des comptes qu'il avait déposé sur son compte en banque personnel, les intérêts des fonds appartenant à l'Assemblée législative. L'élection de 1936 portant au pouvoir l'Union Nationale met fin à un règne libéral qui avait duré 40 ans.

Il a été inhumé le dans le cimetière Notre-Dame-de-Belmont, à Sainte-Foy (maintenant dans Québec).

Honneurs[modifier | modifier le code]

Il reçoit la Légion d'honneur française, l'ordre de Léopold belge, et est fait commandeur de l'Ordre de la Couronne belge.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Références[modifier | modifier le code]

  1. Robert Rumilly, « L’affaire des écoles juives (1928-1931) », Revue d'histoire de l'Amérique française,‎ , p. 222-244 (lire en ligne)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Archives[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  1. Fonds Louis-Alexandre Taschereau (P350) - Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).