Grenade (fruit)

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Grenade ouverte, exposant les arilles rouge vif
Une grenade sur l'arbre

La grenade est le fruit du grenadier (Punica granatum) de la famille des Lythracées. Elle provient d’un domaine qui s’étend de l’Asie occidentale à l’Asie centrale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les conditions pour les témoignages archéologiques concernant la grenade sont mauvaises puisque le fruit est la plupart du temps consommé frais et que la peau riche en eau éclate lorsqu’on la chauffe. Comme des expériences le montrent, seules les vieilles grenades à la peau relativement desséchée ont une chance de se fossiliser et d’arriver ainsi jusqu’à nous[1]. On a retrouvé une grenade fossilisée dans des couches du début de l’âge du bronze dans le Tel es-Sa’idieh en Jordanie[2]. À la fin de l’âge du bronze, on fabriquait à Chypre et en Égypte des récipients en verre colorés en forme de grenade[3]. Le bateau Ulu Burun, retrouvé en Turquie près de Kas, contenait des amphores chypriotes avec plus de 1 000 graines de grenade[4]. D’après les récipients, on peut le dater de la période SM IIIA2. Dans la tombe d’un haut fonctionnaire égyptien de l’époque de Ramsès IV, on a retrouvé des grenades comme offrandes funéraires[5]. Dans le Tell Deir Alla jordanien dans la vallée du Jourdain, on a trouvé des grenades dans des couches de l’âge du fer. En Allemagne, la présence de grenades est archéologiquement prouvée dans la ville de Constance au Moyen Âge.

Aire de répartition[modifier | modifier le code]

Une grenade sur un petit arbre

L’aire de répartition de la grenade se situe en Asie occidentale et centrale ; les pays d’origine de l’arbre s’étendent de la Turquie via le Caucase (Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie) et du Tadjikistan, Turkménistan et Ouzbékistan à l’est jusqu’en Iran, Afghanistan et Pakistan. Dans le bassin méditerranéen et au Proche Orient, par exemple en Iran, Arménie, Égypte, Espagne, Maroc, Algérie, Tunisie, Syrie, Liban, Israël et Anatolie, on cultive la grenade depuis des siècles. En Inde, la grenade est aussi cultivée comme condiment. On la trouve aussi en Extrême-Orient. En Égypte antique, elle est vue comme un symbole d'ambition ou de prospérité et est fermentée pour en faire un vin capiteux.

Quelques variétés de la grenade peuvent être transplantées dans des régions à hiver doux d’Europe centrale. Par exemple, un arbuste fleurit chaque année dans le jardin situé devant le musée des Arts Décoratifs de Budapest. Avec la colonisation espagnole, la grenade s’est implantée dans les Caraïbes et en Amérique latine.

Description[modifier | modifier le code]

Le fruit, en forme de pomme, passant avec le temps du vert au rouge orange, doit être considéré comme un cas limite de baie puisque la pulpe n’est pas charnue, mais elle n’est pas filandreuse non plus. Son diamètre peut atteindre 10 centimètres et elle est divisée par de nombreuses parois. Ainsi se forment des loges dans lesquelles se trouvent de nombreuses graines triangulaires mesurant jusqu’à 15 millimètres qui sont entourées d’une enveloppe (arille) translucide très juteuse de couleur rouge foncé à rose clair qui éclate à la moindre pression. En tout il y a à peu près 400 graines dans chaque fruit[6].

Les fruits ne continuent pas à mûrir après la cueillette, ils font partie des fruits non-climactériques.

Variétés[modifier | modifier le code]

On a cultivé une multitude de variétés parfois pour la beauté des fleurs, parfois pour les fruits.

Le grenadier nain (Punica granatum var. 'nana'. Nom horticole Punica granatum 'Nana') est un petit buisson qui atteint une hauteur d’à peu près un mètre. Il est utilisé comme plante ornementale.

Certaines variétés ornementales ont des fruits violets à presque noirs qui sont extrêmement acides, ce qui les rend impropres à la consommation.

Valeur nutritionnelle[modifier | modifier le code]

La grenade est une bonne source de fibres alimentaires et de folate et une très bonne source de vitamine C[7].

Grenade fraîche, pulpe et pépins
(d'après anses[8], valeur nutritive pour 100 g)

eau : 81 g fibres : 1 g valeur énergétique : 74,2 kcal valeur énergétique : 315 kJ
protéines : 0,95 g lipides : 0,3 g glucides : 16,2 g sucres simples : 16,2 g
Sels minéraux et oligo-éléments
potassium : 259 mg phosphore : 8 mg calcium : 3 mg magnésium : 3 mg
sodium : 3 mg fer : 300 µg zinc : 120 µg cuivre : 70 µg
Vitamines
vitamine C : 11,4  mg vitamine B1 : 30 µg vitamine B2 : 30 µg vitamine B3 (ou PP) : 300 µg
vitamine B5 : 590 µg vitamine B6 : 200 µg vitamine B9 (folate) : 6 µg vitamine B12 : 0 µg
bêta-carotène : 20 µg rétinol : 0 µg vitamine E : 0,55 mg vitamine D : 0 µg

Composition phénolique[modifier | modifier le code]

La partie comestible des fruits frais est formée de l'arille, l'enveloppe charnue rouge entourant la graine. Les jus de grenade commerciaux sont obtenus en pressant le fruit dans son entier, avec sa peau[9]. Le tableau ci-dessous donne les composés phénoliques du jus de grenade, exception faites des procyanidines B1 et B2 dont les concentrations sont mesurées dans le jus d'arilles seules.

  • Les arilles de grenades contiennent des flavanols (ou catéchines) comme les cerises ou les prunes mais en moins grande quantité[10]. Sont aussi présents les dimères de flavanols (des procyanidols) en petites quantités.
  • La coloration rouge des grenades vient de la présence d'anthocyanosides, des pigments naturels appelés aussi anthocyanes. Le rouge vif typique des grenades résulte d'une combinaison de 3-glucosides et 3,5-diglucosides de delphinidol, cyanidol et pélargonidol.
  • La peau du fruit est très riche en ellagitanins (glucose lié à plusieurs acides HHDP) et gallotanins (glucose lié à plusieurs acides galliques). L'analyse HPLC détecte[9] des isomères de punicalagine[11], absents de l'arille. La punicalagine est un ellagitanin complexe, caractéristique de la peau de grenade, formé d'un glucose lié à l'acide ellagique et l'acide gallagique.

Plusieurs flavones (comme des glycosides d'apigénol et lutéolol) ont été trouvés dans les feuilles.

Composition phénolique du pur jus de grenade
d'après Phenol-Explorer
[12]
ACIDES-PHENOLS en mg/100 g MF
ACIDES HYDROXYBENZOIQUES

acide ellagique : 2,06
glucoside d'acide ellagique : 3,97
acide gallique : 0,45
galloyl glucose : 4,81
punicalagine : 43,60

ACIDES HYDROXYCINNAMIQUES

acide 5-caféylquinique : 0,12
acide caféique : 0,07
acide o-coumarique 0,01
 

FLAVONOIDES, en mg/100 g MF
FLAVANOLS
(+)-catéchol : 0,37
(-)-épicatéchol
(-)-épigallocatéchol
(+)-gallocatéchine
ANTHOCYANIDOLS
(instables)
delphinidol
cyanidol,
pélargonidol
DIHYDROCHALCONES
(sous forme hétéroside)
phloridzine : 0,10

 
PROANTHOCYANIDOLS oligomères
(mg/100 g d'arille)
(astringence)
Procyanidol B1 : 0,13
Procyanidol B3 : 0,16

 
ANTHOCYANOSIDES
(pigment rouge)
delphinidol 3-glucoside : 1,36
delphinidol 3,5-diglucoside : 1,56
cyanidol 3-glucoside : 3,43
cyanidol 3,5-diglucoside : 3,39
pélargonidol 3-glucoside : 0,33
pélargonidol 3,5-diglucoside : 0,06
FLAVONOL
 
quercétol : 0,25
 
 
 

 

La mesure du contenu phénolique total (Gil et als[9] 2000), calculé par la méthode Folin-Ciocalteu, donne des valeurs de même ordre de grandeur pour le jus d'arille de grenades, le jus commercial de grenades ou un vin rouge californien (plus de 2 000 mg/L) mais le double de celle d'une infusion de thé vert (de qualité non précisée).

Suivant les mesures de Gil et als (2000), l'activité antioxydante est trois fois supérieure pour un jus commercial (18-20 TEAC[13]) de grenade que pour un vin rouge cabernet sauvignon californien ou l'infusion de thé vert (6-8 TEAC). Le jus commercial élaboré par pressage de fruits entiers a aussi une capacité anti-oxydante supérieure à celle du jus obtenu à partir des arilles seules. Gil et als (2000) expliquent cette grande activité anti-oxydante par la présence de tanins hydrolysables (dont la punicalagine) extraits de la peau de grenade lors du processus de pressage des fruits.

Toutefois ces résultats ont été tempérés par l'analyse de Borges et als[14] (2010) qui ont trouvé une très grande variabilité d'activité anti-oxydante des jus commerciaux. L'analyse de six jus commerciaux purs donne des indices TEAC variant du simple au double (de 40,5 à 17,9 mmol/L) et un indice ORAC passant de 86 à 35 mmol/L[15]. Ils observent aussi que les contributions principales à l'activité anti-oxydante des jus viennent des ellagitanins sous forme de punicalagine, 2-O-galloylpunicalagine, punicaline A et B et granatine A et B.

D'après la Base USDA d'indice ORAC de produits alimentaires, la grenade se situe entre la prune et la fraise.

Activité antioxydante ORAC de diverses plantes, d'après USDA[16]
Partie consommée Plante (nom scientifique) ORAC moyen
( μmol TE/100 g)
Noix, amande de noyer commun Juglans regia 13 541
Artichaut, fond cru Cynara scolymus 6 552
Prune fraîche Prunus domestica 6 100
Vin rouge de cabernet sauvignon Vitis vinifera 4 523
Grenade, fraîche Punica granatum 4 479
Fraise fraîche Fragaria × ananassa 4 302
Pomme granny smith, fraîche, avec la peau Malus pumila 3 898
Chou rouge, bouilli Brassica oleracea var. capitata f. rubra 3 145
Thé vert, feuilles infusées Camellia sinensis 1 253

Importance pour la médecine[modifier | modifier le code]

Plus de 250 études scientifiques[17] montrent que la grenade pourrait avoir un effet positif en cas de maladies cardiovasculaires[18], cancers et arthrite[19]. Cependant la plupart de ces études se sont limitées à des expériences sur des cultures cellulaires ou des animaux. C’est pourquoi il n’est pas sûr jusqu’à présent que leurs résultats soient applicables à l’homme, ceci doit être démontré dans des études correspondantes. Jusqu’à présent, on a publié 7 études cliniques (études en double aveugle partiellement randomisées) portant sur l’efficacité du jus de grenade ; une étude de phase 3 avec des patients atteints d’un cancer de la prostate n’est pas encore terminée[20],[21],[22],[23],[24],[25],[26],[27].

Même si on la compare au vin rouge et aux myrtilles, la grenade dispose d’un grand nombre de polyphénols[28] particulièrement efficaces auxquels on peut vraisemblablement attribuer ses effets bénéfiques pour la santé. Dans les produits à base de grenades, on note des différences de qualité et de la teneur en polyphénols efficaces vraiment considérables[29].

Dans une étude in vitro, on a pu constater un effet protecteur du jus de grenade contre les cellules du cancer du sein. Ils inhibent la formation d’œstrogènes endogènes et entraînent une diminution de la croissance de 80 % en cas de cellules du cancer du sein positives vis-à-vis du récepteur d’œstrogène sans nuire au développement des cellules saines[30]. Dans ce cas, le jus fermenté est deux fois plus efficace que le jus frais. Les polyphénols du jus fermenté agissent aussi sur les cellules de la leucémie : ou bien les cellules redeviennent saines (redifférentiation) ou elles sont poussées vers la mort programmée (apoptose). En outre, les polyphénols empêchent la formation de nouveaux vaisseaux sanguins (néoangiogenèse), ce qui rend la propagation de la tumeur plus difficile[31].

Les polyphénols du jus de grenade fermenté semblent être particulièrement efficaces aussi contre le cancer de la prostate, comme le démontre une série d’études pré-cliniques[32],[33]. Au cours d’une étude, des patients atteints d’un cancer de la prostate ont pu maintenir stable leur taux de PSA, le marqueur central du cancer de la prostate, quatre fois plus longtemps qu’avant le traitement en prenant chaque jour du jus de grenade (570 mg polyphénols). Au cours d’une phase d’observation d’une durée de 6 ans, le temps de doublement du PSA est passé de 15,4 à 60 mois. Après ce succès, l’étude a été étendue[34],[35].

Dans une étude sur une culture cellulaire datant de 2008 on a pu montrer en outre que le jus de grenade peut avoir un effet positif même à un stade avancé du cancer de la prostate[36] – cependant l’application de ces résultats à l’évolution de la maladie chez l’homme n’est pas possible sans d’autres recherches. Des effets positifs semblables pour des cancers de la prostate hormono-réfractaires sont apparus dans des études sur les animaux[37],[38].

Dans une étude en double aveugle contrôlée placebo avec 45 patients atteints d’une maladie coronarienne, l’administration de 240 ml de jus de grenade a amélioré significativement l’irrigation du muscle cardiaque[39]. On a noté des effets positifs aussi dans une étude portant sur des patients souffrant d’un rétrécissement de la carotide : après un an de consommation de grenade, les dépôts sur la carotide ont diminué de 35 % alors qu’ils augmentaient nettement dans le groupe de contrôle[40].

Utilisation[modifier | modifier le code]

Les fruits sont cueillis de septembre à décembre. La peau et le jus de la grenade servent depuis des siècles à teindre les tapis d’Orient. En cuisant les fruits, on obtient une encre noire comme jais. La peau de la grenade était utilisée en Inde pour teindre la laine dans des tons jaunes et noirs. Avec un extrait de la racine du grenadier, on peut produire des tons bleu foncé à l’aide d’une teinture de fer.

La racine, l’écorce et la peau bouillie étaient utilisées jusqu’au Moyen Âge comme vermifuge même contre les vers solitaires.

Le sirop de grenade, qui autrefois était fabriqué exclusivement à partir de grenades de l’île de la Grenade dans les Caraïbes, donne son goût fruité et sa couleur rouge au Tequila Sunrise et à plusieurs autres cocktails.

Les grenades et le jus obtenu en pressant les fruits entiers sont utilisés comme aliments dans le monde entier en particulier dans le bassin méditerranéen, au Proche-Orient, aux États-Unis, en Europe Méridionale et depuis quelques années en Europe Centrale et Septentrionale aussi.

À partir du jus, on peut obtenir par fermentation du vin de grenade exporté surtout par l’Arménie et Israël. Il ressemble aux vins de dessert sucrés ou aux vins du sud comme le Porto et le Sherry. Mais le jus est aussi fermenté dans des buts thérapeutiques. Car c’est surtout grâce à la fermentation par des micro-organismes vivants que la bioactivité et la biodisponibilité des polyphénols contenus dans la grenade sont accrues par une pré-digestion fermentatrice[41]. La pulpe ou le jus de grenade sont utilisés dans la bonne cuisine pour agrémenter les plats de gibier ou de volaille ou dans les salades de fruits.

La grenade dans les civilisations[modifier | modifier le code]

La grenade est le symbole de la déesse syrienne Atargatis.

Mythologie grecque[modifier | modifier le code]

Dans la Grèce antique, la grenade était attribuée aux divinités des Enfers, Hadès et Perséphone. Hadès, le dieu des Enfers enleva Perséphone à sa mère Déméter et l’emmena aux Enfers. Zeus, le père des dieux, décida que la jeune fille pourrait retourner auprès de sa mère si elle n’avait rien mangé aux Enfers. Peu avant son départ, Hadès lui enfonça six arilles de grenade dans la bouche. Puisqu’elle avait bien mangé quelque chose aux Enfers, elle dut régner un tiers de l’année aux Enfers avec Hadès et put passer les deux autres tiers auprès de sa mère Demeter ;

Le Troyen Pâris mit fin à la dispute entre les déesses grecques Héra, Athéna et Aphrodite pour savoir qui était la plus belle en donnant une pomme (une grenade) à Aphrodite.

Mention dans la Bible[modifier | modifier le code]

Dans la Bible, la grenade passe pour un des 7 fruits importants qui étaient une bénédiction pour la Terre Promise d’Israël[42]. Selon la description dans Exode 28 au verset 33, les grenades étaient une partie de l’Ephod (= vêtement de cérémonie) du grand prêtre dont Dieu aurait ordonné la confection au peuple d’Israël. Les chapiteaux des 2 colonnes en minerais Jachin et Boas devant le temple de Salomon étaient décorés de deux rangées de grenades (1 Kön 7, 18). Le premier roi d’Israël, Saul, habita un certain temps sous un grenadier (Sam 14, 2). Dans le Cantique des Cantiques de Salomon, le mot grenade est utilisé plusieurs fois pour décrire la beauté féminine (4,3, 4,13, 6,7). Pour finir, on trouve aussi le grenadier chez les prophètes Joël 1,12 et Hag 2,19

Mention dans le Coran[modifier | modifier le code]

Le fruit est mentionné dans le Coran aussi dans les sourates suivantes :

Les Bestiaux (sourate 6), 99 « Et c'est Lui qui, du ciel, a fait descendre l'eau. Puis par elle, Nous fîmes germer toute plante, de quoi Nous fîmes sortir une verdure, d'où Nous produisîmes des grains, superposés les uns sur les autres; et du palmier, de ses ombelles, pendent des régimes de dattes. Et aussi les jardins de raisins, l'olive et la grenade, si semblables ou dissemblables. Regardez leurs fruits au moment de leur production et de leur maturation. En vérité, voilà bien là des signes pour ceux qui ont la foi. »

Les Bestiaux (sourate 6), 141 : « C’est Lui qui fait pousser des jardins avec des vignes en espaliers ou non, et les palmiers dattiers et les champs de céréales, aux récoltes diverses et l’olive et la grenade, si semblables et dissemblables. Mangez de leurs fruits, quand ils en portent, mais payez-Lui les droits au jour de la récolte et ne gaspillez point. En vérité, Il n’aime pas ceux qui font des excès. »

Le Miséricordieux (sourate 55), 68 : « Dans les deux, il y aura des fruits, des palmiers et des grenadiers ».

La grenade dans la symbolique[modifier | modifier le code]

La grenade est depuis des temps immémoriaux symbole de vie et de fertilité, mais aussi de puissance (orbe impériale), de sang, de mort et de sexualité. Dans la civilisation mésopotamienne antique, la grenade est un fruit associé aux relations sexuelles et en particulier à la procréation[43]. Dans la symbolique chrétienne, la grenade représente l’église comme ecclésia, c'est-à-dire comme communauté des croyants. Elle symbolise le fait que la Création procède dans la main de Dieu, la providence. Elle est en outre aussi le symbole de la prêtrise parce qu’elle porte des fruits riches dans sa peau dure (métaphore de l'élévation spirituelle dans l'ascèse). En raison de cette symbolique, la grenade est représentée sur de nombreux tableaux du Moyen Âge. C’est ainsi que sur le tableau, la Madone Stuppacher de Matthias Grünewald 1517/1519, l’enfant Jésus joue avec une grenade que sa mère lui tend. Le fruit donne la clé de la phrase associée à ce tableau selon laquelle Marie est la mère de l’Église. Dans l’église catholique la grenade est rapidement devenue le symbole de Jésus. D’autre part, la grenade est chez beaucoup de peuples symbole d’amour, de fertilité et d’immortalité.

L’emblème de l’ordre des Frères Miséricordieux est une grenade avec croix. D’une part l’ordre fut fondé dans la ville espagnole de Grenade qui a la grenade dans ses armoiries comme la province du même nom et beaucoup de ses localités ; elle figure aussi sur les armoiries de l’Espagne où elle représente l’ancien Royaume de Grenade après la reconquête par les rois catholiques.

En Chine, elle est le symbole de fertilité et d’un grand nombre d’enfants à cause de ses nombreux pépins.

Divers[modifier | modifier le code]

Jean Nicot employa le nom de migrainier et migraine pour désigner ce fruit, probablement par contraction de mille graines[44].

La grenade a donné leur nom à la grenade (projectile) et au grenat, pierre semi-précieuse d’un rouge écarlate, peut-être aussi à la ville de Grenade dont les environs sont aujourd’hui encore une zone importante de culture de ce fruit.

Le poème de Paul Valéry « Les Grenades » parut dans le recueil de « Charmes » en 1922.

L’écrivain allemand Stefan Andres a publié en 1950 un recueil de poèmes intitulé « La Grenade ».

La poète Algérienne Samira Negrouche publie "A l'ombre de Grenade" en 2003, où elle fait référence à la ville mais aussi au fruit

Salvador Dalí utilisa plusieurs fois les grenades dans son œuvre notamment dans Rêve causé par le vol d'une abeille autour d'une grenade, une seconde avant l'éveil.

Le philosophe Jacques Derrida renvoie dans un de ses textes[45] à la symbolique religieuse de la grenade.

Le peintre Krikor Agopian a consacré plusieurs de ses œuvres aux fruits des dieux.

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Galerie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Caroline R. Cartwright, Grapes or raisins? An early Bronze Age larder under the microscope. Antiquity 296, 2003, 347
  2. Caroline R. Cartwright, Grapes or raisins? An early Bronze Age larder under the microscope. Antiquity 296, 2003, 345-348
  3. http://www.britishmuseum.org/explore/highlights/highlight_objects/gr/g/glass_pomegranate_vessel.aspx
  4. C. Bachhuber, Aegean interest on the Uluburun ship. American Journal of Archaeology 110/3, 2006, 345-363; Cheryl Haldane, Direct evidence for organic cargoes in the Late Bronze Age. World Archaeology 24/3, 1993, 335
  5. R. Neef, Planten. Opgravingen te Deir Alla in de Jordaanvallei. Leiden, Rijksmuseum van Oudheden 1989, 30-37
  6. Laetitia Moréni, « Au bord de l'Araxe, les grenades de la paix », Nouvelles d'Arménie magazine, no 199,‎ septembre 2013, "la grenade atteint une taille importante et contient près de 400 graines triangulaires" (ISSN 1245-4125)
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  8. anses
  9. a, b et c Gil MI, Tomás-Barberán FA, Hess-Pierce B, Holcroft DM, Kader AA., « Antioxidant activity of pomegranate juice and its relationship with phenolic composition and processing. », J Agric Food Chem., vol. 48, no 10,‎ 2000, p. 4581-9
  10. Phenol-Explorer pomegranate
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  12. Phenol-Expl pomegranate juice
  13. Trolox equivalent antioxidant capacity
  14. Gina Borges, William Mullen and Alan Crozier, « Comparison of the polyphenolic composition and antioxidant activity of European commercial fruit juices », Food & Function, vol. 1,‎ 2010
  15. Les deux meilleurs jus sont BIONA Organic Pomegranate et POM Wonderful
  16. valeurs moyennes d'ORAC total tirées de la table (en) « Oxygen Radical Absorbance Capacity (ORAC) of Selected Foods, Release 2 (2010) », Nutrient Data Laboratory, United States Department of Agriculture,‎ 2010
    L'échelle ORAC mesure un type particulier d'activité antioxydante comportant quelques inconvénients, voir Young.
  17. Auswahl an Studien durch Pressetext
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  42. Die sieben Hauptfrüchte des Landes Israel (Weizen, Gerste, Weintrauben, Feigen, Granatäpfel, Oliven und Datteln), siehe Israel Heute Magazin 28.06.2008, http://www.israelheute.com/default.aspx?tabid=125&view=item&idx=1043
  43. Sexe et amour de Sumer à Babylone. Véronique Grandpierre. Gallimard, 2012
  44. dans traduction du traité de Platine,livre 2, chap. des pommes grannées et d'après le Dictionnaire étymologique de la langue françoise, Vol. 2, Gilles Ménage,Auguste François Jault,Pierre Borel,Pierre de Caseneuve,H. P. Simon de Val-Hébert,Pierre Besnier,Claude Chastelain (abbé)
  45. Jacques Derrida: Glaube und Wissen - Die beiden Quellen der „Religion“ an den Grenzen der bloßen Vernunft. In: Jacques Derrida/Gianni Vattimo (Hg.), Die Religion. Suhrkamp, Frankfurt/M. 2001, S. 9-106, hier: S. 77 und 105.