Venthon

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Venthon
Venthon
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Savoie
Arrondissement Albertville
Canton Albertville-Nord
Intercommunalité Communauté d'agglomération Arlysère
Maire
Mandat
François Cantamessa
2014-2020
Code postal 73200
Code commune 73308
Démographie
Gentilé Venthonais
Population
municipale
635 hab. (2015 en augmentation de 8,18 % par rapport à 2010)
Densité 254 hab./km2
Population
aire urbaine
43 225 hab.
Géographie
Coordonnées 45° 41′ 19″ nord, 6° 24′ 51″ est
Altitude Min. 352 m
Max. 1 382 m
Superficie 2,5 km2
Localisation

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Venthon est une commune française située dans le département de la Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

En francoprovençal, le nom de la commune s'écrit Vinton, selon la graphie de Conflans[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Certains prétendent que Venthon vient de Vatusicum, désignant le fromage de pays Ceutrons.

  • Époque romaine : Ventaonus.
  • Jusqu'en 1760 : Vanton.
  • Son orthographe définitive, Venthon, depuis 1760.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1977 en cours François Cantamessa DVD Président de la Co.RAl
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

Les habitants de la commune sont appelés les Venthonais(es)[2],[3].


L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[4]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[5].

En 2015, la commune comptait 635 habitants[Note 1], en augmentation de 8,18 % par rapport à 2010 (Savoie : +3,19 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1822 1838 1848 1858 1861 1866
218248291296308296277265231
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
255247266258267277272250246
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
269249309260322382463488501
1982 1990 1999 2004 2009 2014 2015 - -
559587584622605635635--
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2006[7].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Industrie[modifier | modifier le code]

La commune de Venthon présentait le privilège, pour les pionniers de la houille blanche, de se situer, dans sa partie basse, au confluent du Doron de Beaufort avec l'Arly vers 350 mètres d'altitude. Or, le cours inférieur du doron correspond à une typique gorge de raccordement entre vallées glaciaires, avec une forte pente. C'est ce site qui a tenté le papetier Aubry en 1888, mais dès 1899 les locaux avaient été loués à Paul Girod venu de Suisse. Il les avait aménagés pour la mise au point du vanadium. Il expérimenta également divers alliages (ferro-tungstène, ferro-molyblène, ferro-uranium, ferro-tantale, et ferro-bore) avant de passer à la fabrication industrielle du ferrochrome et du ferromanganèse[8],[9]. Il devait abandonner ce site dès 1909, pour lancer à Ugine sa fameuse aciérie. Il avait cependant entrepris, pour satisfaire ses besoins d'électricité, l'équipement du Doron de Beaufort. La centrale dite de Venthon fonctionne toujours sous une chute de 104 mètres depuis la retenue à 454 mètres sur la commune de Queige. Depuis 1904, les perspectives étaient devenues encore plus prometteuses pour l'installation d'une industrie lourde grâce à la desserte ferroviaire par la ligne d'Albertville à Annecy[10].

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, le développement du site de Venthon est resté l'affaire de la société d'Ugine (la Société d’électrochimie, d'électrométallurgie et des aciéries électriques d'Ugine-SECEMAEU) qui continuait par ailleurs l'équipement en centrales du Doron de Beaufort. Si le nom de la commune restera associé, à celui de l'aluminium, c'est pourtant avec le carborundum que s'est effectué un nouveau démarrage en 1920 et cette production devait s'y maintenir, dans la dépendance de l'usine d'Arbine (La Bâthie), jusqu'en 1942-43 : à cette date on y transférera le matériel encore utilisable. Ce n'est, en effet, qu'à partir de 1930 que le grand aciériste s'est posé en concurrent d'AFC (la future Pechiney)[11] pour la production du métal blanc. Il devait y ajouter, à partir de 1939 son usine de Lannemezan. La production de l'usine d'aluminium de Venthon est passée de 820 tonnes cette première année 1930 à 5 200 tonnes en 1940. 210 personnes y étaient employées. Grâce à de nouveaux investissements en 1956 puis en 1965, la capacité a été portée à 28 000 tonnes. Les cuves ont fonctionné jusqu'en 1994, la fonderie jusqu'en 2003. À côté des halls d'électrolyse avaient été montés des ateliers de première transformation en fil-machine, en plaques et en billettes expédiés aux quatre coins de la France[12]. Cette valorisation permettait de rester concurrentiel alors que depuis la nationalisation de l'électricité par EDF en 1946 avait disparu la rente énergétique.

L'usine a tenté de développer une deuxième activité après la Deuxième Guerre mondiale en jouant une modeste partie dans la chaîne de production du zirconium. Du fait de la proximité d'Ugine qui s'était lancée depuis 1960 dans la métallurgie de ce métal, il avait été jugé commode d'installer à Venthon diverses activités annexes (labo de recherches, ateliers de forge et de laminage, contrôle de qualité, centralisation des commandes) qui mobilisaient 110 des 360 employés en 1971. Le marché des nombreuses centrales nucléaires programmées ouvraient alors de vastes perspectives. Mais la formation, l'année suivante, du groupe PUK (Pechiney-Ugine-Kuhlmann) a été l'occasion d'une réorganisation dont notre usine a fait les frais[13]. Le laboratoire de recherches a été épargné par cette restructuration jusqu'en 2002. À cette date, il a été transféré à Ugine avec ses 35 employés. Il y côtoie les installations métallurgiques que les aciéries d'Ugine ont cédé en 1979 à la Compagnie Européenne du Zirconium Ugine Sandvik (CEZUS)[14]. Les bâtiments industriels ont été rasés depuis.

Un barrage de Venthon a été construit en 1896[8].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Lexique Français - Francoprovençal du nom des communes de Savoie - Lé Kmoune in Savoué, Bruxelles, Parlement européen, , 43 p. (ISBN 978-2-7466-3902-7, lire en ligne), p. 19
    Préface de Louis Terreaux, membre de l'Académie de Savoie, publié au Parlement européen à l'initiative de la députée Malika Benarab-Attou.
  2. Histoire des communes savoyardes 1982, p. 93.
  3. « Venthon », Accueil > Ressources > Communes, le site de mutualisation des Archives départementales de la Savoie et de la Haute-Savoie - sabaudia.org (consulté en février 2018), Ressources - Les communes.
  4. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  5. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  8. a et b Louis Chabert, Jean-Marie Albertini (sous la dir.), Jacques Champ et Pierre Préau, Un siècle d'économie en Savoie, 1900-2000, La Fontaine de Siloé, , 141 p. (ISBN 978-2-8420-6157-9, lire en ligne), p. 86-87.
  9. « Fonds Paul Girod », Archives départementales de la Savoie ([PDF] lire en ligne).
  10. Chabert Louis, les grandes Alpes industrielles de Savoie, , 559 p., p. 129.
  11. Chabert Louis, Les grandes Alpes industrielles de Savoie, , 559 p., p. 129-130
  12. Chabert Louis, Les grandes Alpes industrielles de Savoie, , 559 p., p. 153
  13. Chabert Louis, Les grandes Alpes industrielles de Savoie, , 559 p., p. 157-158
  14. Guillaud Sophie, « Cezus inaugure de nouveaux bâtiments à Ugine », L"'usine nouvelle,‎