Ein feste Burg ist unser Gott (BWV 80)

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Cantate BWV 80
Ein feste Burg ist unser Gott
Cantate de choral
Titre français Une forteresse sûre est notre Dieu
Liturgie Fête de la Réforme (31 octobre)
Date de composition 1724
Auteur(s) du texte

1, 2, 5, 8 : Martin Luther ; 3, 4 , 6, 7 : Salomon Franck

Texte original

Traduction française de M. Seiler
Traduction française note à note
Traduction française interlinéaire

Effectif instrumental

Soli : S A T B
chœur SATB
Hautbois I-III, hautbois d'amour I/II, hautbois da caccia, violons I/II, alto, taille et basse continue

Partition complète [PDF]

Partition Piano/Voix [PDF]

Informations et discographie (en)
Informations en français (fr)

Commentaires (en)

Ein feste Burg ist unser Gott (Une forteresse sûre est notre Dieu) (BWV 80) est une cantate sacrée de Johann Sebastian Bach composée à Leipzig en 1724.

Histoire et livret[modifier | modifier le code]

Basée sur le choral éponyme Ein feste Burg ist unser Gott de Martin Luther qui est utilisé dans les mouvements 1, 2, 5 et 8, la cantate était destinée à la fête de la Réforme (31 octobre) qui a toujours été célébrée avec faste en Saxe. Les autres mouvements reprennent un texte de Salomon Franck (1659–1725). Le texte de ce dernier se réfère à Luc 11:14-28, qui traite de l'expulsion d'un démon par Jésus et son exhortation à suivre les préceptes du Maître. Cela est en rapport avec le « Und wenn die Welt voll Teufel wär » (Et si le monde était plein de démons) de l'hymne luthérien. Quelques changements dans le texte (éventuellement de la main de Bach lui-même) suffirent pour assurer la relation entre le texte de Franck et la cantate ancienne appropriée pour la Fête de la Réforme.

L'origine de cette pièce est mal connue. Elle est issue de la cantate Alles, was von Gott geboren (BWV 80a) que Bach composa à Weimar en 1715 et dont la musique est perdue mais dont les poèmes de Salomon Franck nous sont cependant parvenus. Il en est issu une version simplifiée, celle-ci donc, qui fut composée à Leipzig probablement entre 1728 et 1731 à l'occasion de la fête de la Réforme, peut-être même en 1723, version qui fut retravaillée de nombreuses fois durant les années suivantes. Les trompettes dans les premier et cinquième mouvements de la version traditionnelle ont été ajoutées par Wilhelm Friedemann Bach après la mort de son père.

Structure et instrumentation[modifier | modifier le code]

La cantate est écrite pour trois trompettes, timbales, deux hautbois, deux violons, alto, violoncelle, violone (contrebasse), orgue continuo (on suppose que les trompettes et les timbales ont été ajoutées ultérieurement par Wilhelm Friedemann Bach), avec quatre solistes (soprano, alto, ténor, basse) et chœur à quatre voix.

Il y a huit mouvements :

  1. chœur : Ein feste Burg ist unser Gott (verset 1)
  2. aria (basse) et choral (soprano) : Alles, was von Gott geboren (verset 2)
  3. récitatif (basse) : Erwäge doch, Kind Gottes, die so große Liebe
  4. aria (soprano) : Komm in mein Herzenshaus
  5. choral : Und wenn die Welt voll Teufel wär (verset 3)
  6. récitatif (ténor) : So stehe dann bei Christi blutgefärbten Fahne
  7. aria (duo) (alto, ténor) : Wie selig sind doch die, die Gott im Munde tragen
  8. choral : Das Wort sie sollen lassen stahn (verset 4)

Musique[modifier | modifier le code]

Le fameux choral d'introduction est considéré comme l'un des point culminants de l'art de la composition chorale de J.S. Bach. Le premier verset est présenté sous la forme d'un motet choral dans lequel les voix chantent chaque phrase sous une forme fuguée. Après ce passage, la mélodie du choral semble un double cantus firmus transcrit en canon pour le hautbois.

Dans le deuxième mouvement, le thème martial est mis en valeur par les doubles-croches des cordes. Les poèmes de Salomon Franck de la version de Weimar sont insérés sous forme d'arias et de récitatifs entre les versets du choral alors qu'en parallèle au texte pour l'aria de l'alto, « Mit unser Macht ist nichts getan » (Notre force ne fait rien) la soprano chante le deuxième verset qui est présenté presque comme un Cantus Firmus. Ce verset sert de choral final dans la cantate BWV 80a. D'une façon générale, le symbolisme musical exprimé dans cette cantate est d'une importance exceptionnelle. Bach y expose sa confiance du triomphe des forces du Bien contre les forces du Mal au point d'en faire un hymne du message luthérien.

Le cinquième mouvement met en œuvre tout l'orchestre qui symbolise la bataille entre les forces célestes et les forces infernales, avec la mélodie du choral en cantus firmus à l'unisson dans le chœur symbolisant l'unité de la communauté.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]