Hautbois d'amour

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Hautbois d'amour
image illustrative de l’article Hautbois d'amour
Un hautbois d'amour.

Classification Instrument à anche double
Famille Bois (musique)
Instruments voisins Hautbois, cor anglais, basson, contrebasson
Tessiture Sonne une tierce mineure
plus bas que la note écrite
Instrumentistes célèbres Hautboïste

Le hautbois d'amour ("l'oboe d'amore"[1]) est un instrument de musique à vent de la famille des bois, à anche double et de perce conique.

Utilisé en musique de chambre, musique concertante, orchestre symphonique, plus rarement en orchestre d'harmonie, le hautbois d'amour a une sonorité douce et envoûtante, à la manière des sopranistes, d'où son qualificatif « d'amour » pour sa tendresse un peu mélancolique qui se marie bien avec la musique à caractère pastoral.

Historique[modifier | modifier le code]

Comme le hautbois baroque, dont il suit parallèlement l'évolution jusqu'au hautbois moderne, son origine vient de la transformation des consorts de chalemies et de hautbois du Poitou par les familles Hotteterre et Philidor au milieu du XVIIe siècle. Les hautbois plus graves sont apparus vers 1720[1].

Son épanouissement se fait surtout en Allemagne durant la première moitié du XVIIIe siècle. Sa première utilisation référencée sous le nom « hautbois d'amour » est la cantate en ré mineur Wie wunderbar ist Gottes Güt de Christoph Graupner (1717). Les compositeurs baroques lui consacrent de véritables chefs-d'œuvre, particulièrement Johann Sebastian Bach et Georg Philipp Telemann dans leurs concertos (originaux ou sous forme d'arrangements) mais aussi dans leurs cantates, messes et oratorios. En effet, Bach les a utilisés (pour Messe en si mineur, Magnificat, Oratorio de Noël) pour ainsi varier les timbres[1].

Temporairement éclipsé pendant les périodes classique et romantique, le hautbois d'amour renaît grâce à des compositeurs comme Claude Debussy, Richard Strauss et Maurice Ravel. Le renouveau de la musique baroque lui a également donné un nouvel essor à partir des années 1970.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Dans son Traité de l'orchestration, Charles Koechlin définit le hautbois d'amour comme « un hautbois à la tierce mineure. Il est donc en la[2] » :

« Très bel instrument, des plus expressifs, avec une belle ampleur de son dans le medium, un grave plus doux que celui du hautbois, un aigu assez lointain, quelque peu angoissé[2]. »

L'instrument est considéré comme le mezzo-soprano de la famille des hautbois. Comme son grand frère le cor anglais, son pavillon est piriforme, c'est-à-dire en forme de poire, et son anche est reliée au corps du haut par un tube conique et courbe appelé bocal. Il dispose de « la même étendue, en notes écrites, que le cor anglais[3] ».

Le hautbois d'amour n'est pas mentionné dans le Traité d'instrumentation et d'orchestration de Berlioz (1843). En effet, « on ne sait trop pourquoi, l'instrument tomba en désuétude ; pourtant, ni le cor anglais ni le hautbois ne pouvaient le remplacer », ce qui conduit Charles Koechlin à insister sur le fait qu'« il devrait avoir sa place dans tous les orchestres symphoniques ![2] »

Dans un article publié dans la Revue et gazette musicale de Paris, Berlioz regrette l'absence des instruments transpositeurs en la dans les familles des flûtes et des hautbois : « En réunissant ainsi dans l'orchestre les familles complètes de tous les instruments à vent, on obtiendrait, je n'en doute pas, des résultats dont les jeux de flûtes et les jeux d'anches de l'orgue ne peuvent donner qu'une faible idée. On y viendra[4] ».

Œuvres utilisant le hautbois d'amour[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Sven Kruckenberg (trad. Claude Dovaz), L'Orchestre symphonique et ses instruments, Paris, Siri Reuterstrand_GRÜND, , 236 p. (ISBN 2-7000-1990-3), Page 137
  2. a, b et c Charles Koechlin 1954, p. 28 du vol. I
  3. Charles Koechlin 1954, p. 29 du vol. I
  4. Hector Berlioz 1841, p. 68
  5. « Concerto pour violoncelle et orchestre en forme de « pas de trois », Bernd Alois Zimmermann », sur brahms.ircam.fr (consulté le 4 février 2018)
  6. « Huit Canons, Brice Pauset », sur brahms.ircam.fr (consulté le 4 février 2018)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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