Dulcie September

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Dulcie September
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 52 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Dulcie Evonne SeptemberVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Autres informations
Parti politique
Mémorial de Dulcie September à Guernica (détail).jpg

Détail de la plaque apposée en mémoire de Dulcie September à l'office du tourisme de Guernica (Espagne)

Dulcie Evonne September est une femme politique et une militante anti-apartheid sud-africaine, née le à Athlone dans la banlieue du Cap et morte assassinée le à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dulcie Evonne September nait et grandit à Athlone, township métis du Cap[1]. Après des études à l'école normale de Salt River, dans la banlieue industrielle de la capitale parlementaire, puis à celle de Wynberg, elle enseigne à Maitland dans une école de mission, puis à l'école primaire de Bridgetown.

Sur le plan politique, elle rejoint d'abord l’Union démocratique du peuple d’Afrique australe (Apdusa) créée en 1960, puis fonde en 1962, sur une ligne d'inspiration maoïste, le Yu Chi Chan Club, devenu l'année suivante le Front de libération nationale[1]. Arrêtée le pour activisme anti-apartheid, elle est condamnée après six mois de procès à cinq ans de détention[1]. Elle poursuit ses études supérieures à la prison de Kroonstad[2].

Elle est libérée en 1969, mais assignée à résidence pour 5 ans, ce qui l'empêche de reprendre son métier d'institutrice et de militer. En 1970, elle travaille comme réceptionniste chez un dentiste. Elle quitte son pays le [1] avec un visa de sortie permanent, statut qui lui interdit d'y revenir définitivement.

En Grande-Bretagne, elle suit une formation d'enseignante à Madeley College. Parallèlement, elle rencontre des membres de l'ANC et du Parti communiste sud-africain en exil à Londres ; devenue permanente de l'ANC en 1976, elle soutient à son tour les nouveaux exilés et organise la collecte de fonds[1]. Engagée dans la Ligue des femmes de l'ANC, elle s'attache, à la suite des émeutes de Soweto et en liaison avec le comité anti-apartheid de l'ONU et la Fédération démocratique internationale des femmes, à mobiliser l'opinion autour de la situation des femmes et de la jeunesse en Afrique du Sud[1]. En 1979, elle est élue présidente du comité londonien pour l'année internationale de l'enfance des Nations unies.

En 1981, elle séjourne brièvement à Lusaka (Zambie), au quartier général de l’ANC, où elle assure la direction du comité régional et organise la célébration du 25e anniversaire de la manifestation de femmes du 9 août 1956 à Pretoria[1]. Elle fait à cette époque de nombreux voyages à l'étranger. En France, après l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République, l'ANC cesse d'être considérée comme une organisation terroriste et peut ouvrir un bureau à Paris. Dulcie September en prend la direction au début de 1984, comme représentante auprès de la France, de la Suisse et du Luxembourg[1].

Dans ces fonctions, elle travaille à rassembler les mouvements de solidarité anti-apartheid autour des mots d'ordre de sanctions internationales du régime sud-africain. En 1986, elle organise une conférence internationale qu'Oliver Tambo, président de l'ANC, ouvre en appelant la France à agir en faveur de ces sanctions. Elle intervient publiquement, au cours des années 1986-1987, en faveur de la libération de Pierre-André Albertini (coopérant français incarcéré au Ciskei sous l'accusation d'être un « porteur de valises » de l'ANC). Elle enquête à la même époque sur les ventes d'armes françaises à l'Afrique du Sud, interdites en principe par l'embargo de l'ONU[1].

Assassinat[modifier | modifier le code]

Se sentant menacée, Dulcie September demande une protection policière qu'elle n'obtient pas, mais refuse une mutation proposée par la direction de l'ANC[1]. Craignant pour sa sécurité (elle a été agressée dans le métro à l'automne 1987), elle déménage pour Arcueil, rue de la Convention. Le , peu avant 10 heures, elle est assassinée sur le palier des bureaux de l'ANC au 4e étage du 28 rue des Petites-Écuries, dans le 10e arrondissement de Paris, de cinq balles tirées à bout portant d'un calibre 22 équipé d'un silencieux[1].

Le lendemain du meurtre, Alfred Nzo, alors secrétaire général de l'ANC, déclare : « S'il y a jamais eu une cible facile, c'était Dulcie September. » Après des obsèques au cimetière du Père-Lachaise et conformément à sa demande, ses cendres sont ramenées sur sa terre natale par sa sœur Stéphanie.

Aucun coupable n'ayant jamais été identifié, en 1992, un non-lieu est prononcé, et l'affaire classée[1]. Pourtant plusieurs suspects ont été mentionnés, dont Joseph Klue (sergent-major du SADF), Dirk K. Stoffberg (vendeur d'armes et agent sud-africain), Heine Hüman et Jean-Paul Guerrier (proche du mercenaire Bob Denard)[3]. Il a été affirmé que le meurtre avait été commandité par le régime sud-africain[1] et, plus précisément, le service action des services secrets, le Civil Cooperation Bureau. L'accusation a notamment été portée, en 1997, par Peter Hermes, directeur de l'Institut néerlandais pour l'Afrique australe, qui avait été mandaté pour approfondir l'enquête à la demande de la Commission de la vérité et de la réconciliation, et qui a également conclu à la « complicité passive » des services secrets français, le motif étant que « Dulcie September s’intéressait de trop près au commerce des armes entre Paris et Pretoria. »[4] L'association Survie a aussi accusé les services français d'avoir collaboré à l'assassinat. En 1998, le colonel Eugene de Kock, ancien chef des Escadrons de la mort sud-africains, reconnait avoir commandité le meurtre de Dulcie September[5].

Hommages[modifier | modifier le code]

Pour son album Révolutions sorti en 1988, Jean Michel Jarre compose un morceau nommé September, dédié à Dulcie. Le titre, qui inclut un chœur africain, est joué la même année lors du concert de l'artiste sur les docks de Londres.

Le 14 juillet 1996, Nelson Mandela honore de sa présence la pose d'une plaque lors d'une cérémonie commémorative devant son dernier domicile, à Arcueil.

Paradoxalement, très peu d'hommages lui sont rendus dans son propre pays[6].

Odonymes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacqueline Dérens, Dulcie September : Le Cap 1935-Paris 1988 : Une vie pour la liberté, Paris, Non lieu, , 111 p. (ISBN 978-2-35270-158-3).

Articles[modifier | modifier le code]

  • Maria Malagardis, « Meurtre de Dulcie September : le rôle trouble de la France. L'enquête sur la mort de la militante de l'ANC pourrait rebondir. », Libération,‎ (lire en ligne).
  • Lydia Samarbakhsh, « L’assassinat de Dulcie September, un crime signé, une affaire classée », L'Humanité,‎ (lire en ligne).
  • (en) Sahra Ryklief, « South Africa: An Inconvenient Person - Remembering Dulcie September », GroundUp, Le Cap,‎ (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Images
Portrait de Dulcie September, sur le site African Woman Warrior
Vidéos
François Gauducheau, Qui se souvient de Dulcie September ?, 1998

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