Diges

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Diges
Diges
Église et prieuré attenant.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Yonne
Arrondissement Auxerre
Canton Cœur de Puisaye
Intercommunalité Puisaye-Forterre
Maire
Mandat
Jean-Luc Vandaele
2014-2020
Code postal 89240
Code commune 89139
Démographie
Population
municipale
1 148 hab. (2015 en diminution de 0,26 % par rapport à 2010)
Densité 32 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 43′ 49″ nord, 3° 23′ 55″ est
Altitude Min. 151 m
Max. 326 m
Superficie 35,84 km2
Localisation

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Liens
Site web diges.free.fr

Diges est une commune française située en Puisaye, dans le département de l'Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté. Elle est peuplée de 1 100 habitants répartis sur 3 600 hectares.

Ses habitants sont appelés les Digeois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Petit village typique de Puisaye, Diges est situé à 3 km au sud de Pourrain et de la D 965 Auxerre - Toucy[1]. C'est une des communes les plus étendues de la région avec ses 78 hameaux et lieux-dits. Auxerre est à 20 km au nord-est, Toucy à 10 km à l'ouest. La sortie n° 20 - Auxerre-Sud - de l'autoroute A6 est à 25 km. L'aérodrome d'Auxerre-Branches est à 20 km.

La commune est riche en petits cours d'eau[1]. Le ru de Beaulche, affluent de l'Yonne, y prend source.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Parly Pourrain Escamps Rose des vents
Toucy N Escamps
O    Diges    E
S
Moulins-sur-Ouanne Leugny, Ouanne Coulangeron

Commerces, vie locale[modifier | modifier le code]

La commune rassemble plusieurs types de commerce dont un magasin d'alimentation générale, un café-tabac-restaurant, plusieurs artisans du bâtiment, une scierie, un négociant en bois[2]...

Plusieurs associations animent la commune : club de tennis, VTT Diges-Puisaye, football-club Diges-Pourrain, etc. L'association Saint-Maurice propose des randonnées hebdomadaires. Une petite bibliothèque est ouverte un jour par semaine.

La foire à la châtaigne de Diges, de bonne renommée, se déroule en octobre depuis 1981[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Haut Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Au haut Moyen Âge Diges est une villa, c'est-à-dire un domaine foncier avec une population avec une taille intermédiaire entre un hameau et un village.

La bataille de Fontenoy-en-Puisaye eut lieu le 25 juin 841 à 15 km de Diges, à Fontenoy. Elle opposa les petits-fils de Charlemagne, Lothaire Ier (avec son neveu Pépin II d'Aquitaine) à Charles le Chauve et Louis le Germanique.

Charles le Chauve prit la couronne de France le 6 juin 848. Très croyant, il avait une dévotion particulière pour saint Germain. Il fit élever son fils Lothaire le Boiteux (v.848-†866) au monastère Saint-Germain d'Auxerre ; Lothaire en devint l'abbé vers 880 et il témoigna sa sollicitude envers l’abbaye en lui faisant don de nombreuses terres. C’est ainsi que des domaines à Nolay (situé près de Noyers), Sauilly (à l'ouest de Diges), puis Volvent (sud-est de Diges), Arque-Neuf (est-sud-est de Diges), et Bernay (actuellement nommé Sous-Saint-Germain, au nord-est de Diges) devinrent la propriété de l’abbaye Saint-Germain.

Durant son épiscopat (971-995), Héribert évêque d’Auxerre et demi-frère du roi et du duc de Bourgogne, fit don vers 990 à l’abbaye Saint-Germain de onze églises de son diocèse, dont « Saint-Martin de Diges »[4]. C’est la première fois que le nom du village apparaît dans un texte. Ainsi, les trois terres de Sauilly, Arque-Neuf et Bernet furent réunies en une seule paroisse et formèrent la seigneurie de Diges. Les vestiges de cette église ont disparu.

De tradition orale, un premier château aurait été construit à la fin du Xe siècle par Héribert de Vermandois, cousin d'Hugues Capet.

Terre rattachée à l’abbaye de Saint-Germain l'Auxerrois, il lui a été accordé des privilèges spéciaux : les fors (juridictions), constitués par Lettres de peuplement, par lesquels la terre recevait un statut différent du régime féodal classique et devait hommage directement à la monarchie.

Au début du XIIe siècle, Gervais, abbé de Saint-Germain, prit des mesures pour protéger les biens de l'abbaye contre le pillage. Il fit alors entourer de murailles le village de Diges et bâtit une forteresse à l’intérieur. Un peu plus tard, par un acte signé en 1161, Guillaume IV, comte d’Auxerre, « quitta (céda) aux moines le droit de gîte qu’il avait dans le bourg et la forteresse de Diges ». Le monastère se développa et son influence dépassa même les limites régionales.

Guillaume III comte d'Auxerre (1147-1161), en guerre contre Narjot de Toucy, Gibaud de Saint-Vérain et Guillaume de Dampierre, doit mettre une garnison dans la forteresse de Diges et y prendre des vivres à crédit[5]. En 1161 Guillaume IV († 1168) et son père, comtes d'Auxerre associés, déclarent qu'Ardouin abbé de abbaye Saint-Germain a tous les droits de justice sur Diges (et sur Ecan), et qu'eux-mêmes n'ont pu y prendre des vivres à crédit sans le consentement de l'abbé.
Plus tard la même année, après le décès de Guillaume III, Guillaume IV renonce à son droit de gîte dans le bourg et la forteresse de Diges[6].

En 1174, Humbaud, abbé de Saint-Germain, mit la terre de Diges sous la protection de Pierre de Courtenay, petit-fils de Louis le Gros.

En 1218, Robert Ier de Courtenay-Champignelles, agissant pour le compte de son frère Pierre II de Courtenay, déclare effectivement que ni lui ni son frère n'ont de droit sur la personne d'un certain Hervé Cellerier de Diges. Le village est toujours annexé au doyenné de l’abbaye de Saint-Germain[7].

La forteresse fut prise par les Anglais (Bertrand Boetard et Thomas Cybale) et pillée pendant la guerre de Cent Ans.

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Sous François Ier, le château de Diges est restauré en 1576 par l’abbé François de Beaucaire.

Les terres sont louées et le locataire est requis d'entretenir les officiers et soldats de la garnison ainsi que le bailli dont on voit la demeure derrière le porche face à l'église. Ce dernier administre les biens et rend la justice. On voit toujours la tour de justice, à laquelle il manque le toit.

En 1592, la place forte de Diges tombe aux mains du seigneur de Tannerre.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Le 30 juin 1792 a lieu la vente des biens ecclésiastiques dépendant de l’abbaye de Saint-Germain à Diges, dont le château fort. L’acquéreur le transforme en ferme, puis le château reste inoccupé pendant plusieurs décennies.

Le château de Diges a été inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1931, mais il a subi les outrages du temps. Ce statut, protégeant ses abords, a toutefois préservé le cachet du village.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, une mine détruit une tour qui n'a jamais été reconstruite depuis. Le monument aux morts a été construit sur son emplacement.

Depuis son rachat en 1963, plusieurs restaurations ont été menées et il reste le témoin majestueux de l’histoire de Diges.

Des souterrains ont relié pendant des siècles Diges à l'abbaye d'Arque-Neuf (aujourd'hui détruite). Lors de chutes de neige on voit encore un puits d'accès bouché au pied du grand arbre sur la place de la mairie. Les accès ont été bouchés après la dernière guerre car les enfants jouaient dedans, ce qui présentait un risque certain.

Diges a été de 1886 à 1952 associée au chemin de fer, puisque sur son territoire on compta deux gares : Diges-Pourrain et Sauilly. Ces stations étaient situées sur la ligne Auxerre - Gien.

L’histoire de Diges fut aussi marquée par Marie Noël. Cette poétesse auxerroise y passa ses vacances d’été de 1928 à 1956. Elle aimait Diges, profondément, fidèlement, et sa dernière visite, en 1967, date de quelques mois avant sa mort. Elle resta toujours très attachée à ce village, à qui elle offrit l’horloge qui se trouve toujours à la mairie[8]. La place nommée en son honneur en 1967, a été renommée en janvier 2007 « place Saint-Germain-d'Auxerre », bien que les cartes routières d'Internet mentionnent toujours son ancien nom.

Pour la petite histoire, le 24 septembre 1954 deux habitants ont affirmé avoir vu un OVNI et son pilote aux environs de Diges (près des Cognats). L'armée et la gendarmerie ont bouclé l'endroit et ont procédé à des recherches poussées (référence les journaux le Quotidien de la Haute-Loire et l'Yonne républicaine). Des spécialistes de l'aéronautique optent pour des essais secrets des premiers hélicoptères.

En 1960, la vie du village a été bouleversée par la tournage des Mauvais Coups de François Leterrier. Beaucoup d'habitants ont joué dans ce film aux côtés de Simone Signoret. Ils en gardent un souvenir ému.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2014 2020 Jean-Luc Vandaele    
2008 2014 Élisabeth Travaillée[9]    

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[10]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[11].

En 2015, la commune comptait 1 148 habitants[Note 1], en diminution de 0,26 % par rapport à 2010 (Yonne : -0,47 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 3221 3061 3801 4211 5581 4951 5881 7001 723
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 6611 5991 6011 6511 7041 7781 7201 6401 524
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 5291 4471 3681 2491 2981 2611 1541 059959
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
8858236998259561 0661 1301 1511 148
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2006[13].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église fortifiée vue de l'est.

L'ancienne ocrerie de Sauilly est un des derniers vestiges de l'activité ocrière de l'Auxerrois. Créée dans le deuxième quart du XIXe siècle, elle est restée en activité jusqu'en 1961.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Environnement[modifier | modifier le code]

La commune inclut une ZNIEFF :

ZNIEFF des forêts et tourbières des Choubis et des Vernes[14]. Cette ZNIEFF de 170 ha s'étend sur les communes de Diges (~11 ha), Parly (~23 ha) et Pourrain, cette dernière en ayant la plus grande surface (les Choubis et les Vernes se trouvent sur son territoire). L'habitat déterminant est ici la forêt ; on y trouve aussi lagunes, landes, fruticées, pelouses, prairies, tourbières, marais, et, curieusement, des eaux stagnantes saumâtres et salées (d'après la fiche INPN de référence).

Un verger conservatoire de châtaigniers et pommiers a été créé en 2012[15].


Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yves Sassier, Recherches sur le pouvoir comtal en Auxerrois du Xe au début du XIIIe siècle, 1980
  • Abbé Jean Lebeuf, Mémoire concernant l’histoire ecclésiastique et civile d’Auxerre, vol. 1, Auxerre, Perriquet, , 886 p. (lire en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Abbé Jean Lebeuf, Mémoire concernant l’histoire ecclésiastique et civile d’Auxerre, vol. 2, Auxerre, Perriquet, , 923 p. (lire en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Diges sur geoportail.om
  2. Les professionnels de Diges, sur diges.free.fr.
  3. Foire aux châtaignes de Diges. Sur petitfute.com.
  4. Lebeuf 1743, p. 227, volume 1.
  5. Lebeuf 1743, p. 86, volume 2.
  6. Lebeuf 1743, p. 89, volume 2.
  7. Abbé Jean Lebeuf, Mémoire concernant l’histoire civile et religieuse d’Auxerre. Volume 2, 1743, p. 145.
  8. Histoire de Diges sur diges.free.fr.
  9. Conseil général de l’Yonne, Ma Commune, consulté le 17 décembre 2013.
  10. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  11. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  14. ZNIEFF 260008534 - Forêts et tourbières des Choubis et des Vernes sur le site de l’INPN et sa carte sur le site de la DIREN..
  15. Vergers Conservatoires, sur cc-coeurdepuisaye.fr.