Rogny-les-Sept-Écluses

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Ne pas confondre avec Rogny dans l'Aisne en Picardie
Rogny-les-Sept-Écluses
Rogny-les-Sept-Écluses et le canal de Briare.
Rogny-les-Sept-Écluses et le canal de Briare.
Blason de Rogny-les-Sept-Écluses
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Yonne
Arrondissement Auxerre
Canton Cœur de Puisaye
Intercommunalité Puisaye-Forterre
Maire
Mandat
Gérard Foucher
2014-2020
Code postal 89220
Code commune 89324
Démographie
Gentilé Rognycois, Rognycoise
Population
municipale
740 hab. (2014)
Densité 23 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 44′ 48″ nord, 2° 53′ 03″ est
Altitude Min. 135 m – Max. 186 m
Superficie 32,59 km2
Localisation

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Rogny-les-Sept-Écluses
Liens
Site web commune de Rogny

Rogny-les-Sept-Écluses est une commune française située dans le département de l'Yonne, en région Bourgogne-Franche-Comté.

Géographie[modifier | modifier le code]

Rogny-les-sept-écluses forme l'extrémité ouest du département de l'Yonne et fait partie de la Puisaye-Forterre. Son périmètre est d'environ 33 km et sa surface approximative est de 3258 hectares.

Ica-Ona ou Icauna est le nom pré-latin de la rivière Yonne et au IIe siècle, l'Yonne se nomme Icauna. C'est une rivière aux grandes possibilités marchandes mais aussi sujette à de brusques colères ! L'Yonne a été divinisée très tôt (la déesse Ica-Onna). Les habitants de l'Yonne sont donc appelés Icaunais et ceux de Rogny les Rognycois.

De nombreuses médailles romaines trouvées à Rogny témoignent de son ancienneté.

Les collines qui entourent Rogny sont peu élevées, l'altitude varie de 140 à 180 mètres. la formation du sol remonte à l'ère tertiaire. On y trouve des argiles rougeâtres ou blanchâtres, des terres blanches et crayeuses et de la pierre à chaux. Sur divers points des plateaux, de gros silex blonds, non roulés, aux dimensions énormes, sont accompagnés de cailloux de silex et de blocs de poudingues siliceux, mais les sables brunâtres n'en présentent pas sur les parties plates.

Au Moyen Âge, les terres du bas-bourg sont marécageuses et le village se regroupe sur une colline autour de l'église, le Haut-Bourg. Ainsi au XIe siècle, se fonde une paroisse sous le nom de Roignacum d'où Roigny et Rougny, anciennes formes du mot Rogny. Rattachée au doyenné de Ferrières, elle dépend de l'archidiaconat du Gâtinais, diocèse de Sens.

Rogny est à cinq kilomètres seulement du département du Loiret. C'est le seul village de l'Yonne traversé par le canal de Briare, qui occasionna le monument historique des Sept Écluses. La commune prendra le nom de son monument : le 15 septembre 1978, le conseil municipal reçoit la lettre du préfet de l'Yonne l'informant que, par le décret du 10 août 1978 publié au Journal officiel n° 197 du 24 août 1978, la commune de Rogny est autorisée à porter le nom de Rogny-les-Sept-Écluses.

Le Milleron, affluent du Loing, prend naissance sur la commune à l'étang de la Goulardière.

Lieux-dits et écarts[modifier | modifier le code]

Les lieux-dits suivis d'une astérisque sont situés à l'écart de la route indiquée.

B

  • Les Baudriats*, Rte d'Aillant
  • Les Bas-Hamards*, D314
  • Basseville, D90 vers Bléneau
  • La Bellevue*, D314
  • Le Bouloi*, Rte de Dammarie
  • La Boursicauderie*, D14 vers Ouzouer
  • La Brûlerie*, D314

C

D

F

G

H

L

M

N

P

R

S

T

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Feins-en-Gâtinais (Loiret) Dammarie-sur-Loing (Loiret) Aillant-sur-Milleron (Loiret) Rose des vents
Escrignelles (Loiret) N Champcevrais
O    Rogny-les-Sept-Écluses    E
S
Ouzouer-sur-Trézée (Loiret) Breteau (Loiret) Bléneau

Histoire[modifier | modifier le code]

Le roi Henri IV et son ministre Sully ont fondé en 1597 le projet de développer les voies navigables et d'unir la Méditerranée à l'océan Atlantique et à la Manche. Le rappel d'une priorité va les ramener à la raison: approvisionner Paris et donc unir la Loire, alors navigable, à la Seine en évitant les transbordements longs, coûteux et risqués entre les ports de la Charité, Cosnes, Gien, Orléans, et les rivières du bassin de la Seine, avec le problème de franchir des seuils élevés entre deux bassins.

En 1603 le roi et Sully décident de construire un canal de la Loire à la Seine. Les travaux vont être mis en adjudication et c'est un Tourangeau, Hugues Cosnier, qui va l'emporter. Ce génie mal connu, à la fois ingénieur et entrepreneur, étudie les ports, la Loire et écrit beaucoup. Ses manuscrits sont conservés à la BNF. En 1604, un devis est annexé aux lettres-patentes du roi avec le détail des conditions dans lesquelles le canal doit être construit.

L'entreprise est hardie pour l'époque car les bassins de la Loire et de la Seine sont séparés, entre Rogny et Briare, par une série de plateaux dont le point culminant situé au Rondeau à 173 mètres d'altitude, constitue la ligne de partage des eaux alimentant les deux bassins. Il faut donc faire franchir cette dénivellation assez importante à une voie artificielle qui, par définition, ne peut présenter que des plans strictement horizontaux. C'est là qu'intervient le travail d'ingénieur d'Hugues Cosnier.

Il invente l'écluse multiple et propose de construire à Rogny , un escalier de six écluses en maçonnerie plutôt qu'en charpente(trop fragile à ses yeux) avec des murs de soutènement de 1,95 m d'épaisseur qui s'épaulent mutuellement et augmentent la solidité.

Ce principe d'écluses accolées est fondé sur l'économie de l'entreprise qui n'exige que huit mécanismes de portes au lieu de quatorze avec un volume de maçonnerie nettement moins élevé et une tranchée plus courte à creuser (24 m de hauteur sur 250 m de longueur), sas de 28 m de long, 4,80 m de large et 0,80 m d'enfoncement.

En 1605, les chantiers démarrent avec 18 000 hommes, 12 000 ouvriers et 6 000 hommes de troupes affectés à la protection du site, des matériaux et pour faire face aux propriétaires expulsés, afin de faire respecter la volonté du Roi.

Tout est construit à main d'homme: tranchées creusées à la pelle et à la pioche, rochers brisés à la poudre de mine, pierres taillées au ciseau, terre enlevée au panier ou au tombereau tiré par des chevaux de trait. La pierre choisie est un calcaire très dur.

En 1609, un premier bateau expérimente le grand escalier d'eau en le descendant jusqu'au Loing, le canal étant inachevé.

Mais suite aux difficultés financières et à l'assassinat du roi, les travaux s'arrêtèrent en 1610.

Ce n'est qu'en 1628 que le marquis d'Effiat, surintendant des finances sous Louis XIII, s'intéresse au canal et décide de redémarrer les travaux avec Hugues Cosnier.

La mort de l'ingénieur Cosnier en 1629, la guerre de Trente Ans, les objectifs de Louis XIII, firent abandonner le canal à la Compagnie des Seigneurs du Canal fondée en 1638, en toute propriété, avec toutes autorisations de détourner eaux et rivières pour l'irrigation, et toute liberté d'exploitation et de péage.

En 1642, le grand escalier d'eau de Rogny fonctionnera alors sans grande interruption pendant deux siècles, n'exigeant que quelques améliorations et permettant la prospérité de la Compagnie et du développement du commerce en général. Les écluses comptaient un trafic de 4 000 bateaux et 200 000 tonnes de marchandises en moyenne par an.

En 1666, le « canal de Loyre en Seyne », prend le nom de canal de Briare.

Cependant, un inconvénient majeur existait. En raison du système d'échelles d'écluses, le croisement des bateaux se révélait impossible. Lorsqu'un chaland franchissait la colline de Rogny, la navigation en sens inverse se trouvait bloquée. L'attente durait une demi- journée pour laisser passer un train de chalands allant dans la même direction et la consommation d'eau doublait, une éclusée ne servant qu'à un seul bateau. Le volume d'eau nécessaire était de 1 600 m3 par bateau. Il fallait amener l'eau jusqu'au bief de partage soit 750 litres par seconde en été et toutes les sources étangs et réservoirs alentour suffisaient à peine..

En 1880 les sept écluses furent remplacées par les six actuelles au gabarit Freycinet. Séparées d'environ 500 mètres les unes des autres, elles contournent la colline et, dès 1887, les anciennes trop petites et trop consommatrices en eau, furent abandonnées.

Événements[modifier | modifier le code]

Festival pyrotechnique[modifier | modifier le code]

Chaque dernier samedi du mois de juillet, un feu d'artifice se déroule à Rogny-les-Sept-Écluses. Ce spectacle qui est, en 2016, à sa 50e édition, tire avantage des écluses et joue avec les reflets du canal. Près de 20 000 personnes étaient présentes en 2011.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La mairie de Rogny-les-Sept-Écluses.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1965 à mars 1983 André Henriat pas d'affiliation[réf. nécessaire]  
mars 1983 à mars 1995 Michel Aleemandou pas d'affiliation[réf. nécessaire]  
mars 1995 à mars 2004 Charles Oudart pas d'affiliation[réf. nécessaire]  
mars 2004 à mars 2014 Claude Samyn[1] pas d'affiliation[réf. nécessaire]  
mars 2014 à aujourd'hui Gérard Foucher    

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[2]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[3],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 740 habitants, en augmentation de 2,78 % par rapport à 2009 (Yonne : -0,46 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
819 860 937 966 1 144 1 310 1 383 1 518 1 464
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 451 1 460 1 435 1 475 1 429 1 606 1 475 1 428 1 287
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 218 1 212 1 213 1 071 1 012 962 953 1 001 955
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2014
807 787 735 740 725 725 708 753 740
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2006[5].)
Histogramme de l'évolution démographique
Vue depuis le pont sur le canal de Briare (rue Léon-Jaupitre)

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • L'église.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Gaston Gauthier : instituteur et érudit né à Rogny en 1860
  • Pierre Dange : peintre populaire ayant construit un palais des arts, aujourd'hui détruit.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Monographie de la commune de Rogny - Gaston Gauthier - Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne - 1896
  • Rogny-les-Sept-Écluses, Annie-France Gaujard, éditions La Compagnie littéraire, 2013

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]