Marie Noël

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Marie Noël
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Nom de naissance Marie Rouget
Alias
« La fauvette d'Auxerre »
Naissance
Auxerre, (France)
Décès (à 84 ans)
Auxerre, (France)
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture français
Genres

Œuvres principales

Notes intimes (1959)

Compléments

Servante de Dieu

Marie Noël, pseudonyme de Marie Rouget, née le à Auxerre et morte le dans cette même ville, est une poétesse française[1]. En 2017, elle est déclarée servante de Dieu par l'Église catholique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Marie Noël naît dans une famille très cultivée et peu religieuse, de Louis Rouget, professeur agrégé de philosophie au Collège d'Auxerre et de Marie-Emilie-Louise Barat. Elle reste célibataire et s’éloigne très peu de sa ville natale. Sa vie n'en fut pas si lisse pour autant : un amour de jeunesse déçu (et l’attente d’un grand amour qui ne viendra jamais), la mort de son jeune frère un lendemain de Noël (d’où son pseudonyme), les crises de sa foi… tout cela sous-tend une poésie aux airs de chanson traditionnelle. À sa mort, elle lègue son œuvre à la Société des Sciences Historiques et Naturelles de l'Yonne. Cette société savante (fondée en 1847) gère et étudie son œuvre à travers de nombreuses publications.

Femme passionnée et tourmentée, elle n'est souvent connue que pour ses œuvres de « chanson traditionnelle », au détriment de ses écrits plus sombres, dont la valeur littéraire et la portée émotive sont pourtant bien plus fortes. Citons à titre d'exemple le poème pour l'enfant mort, véritable « hurlement » (titre d'un autre de ses poèmes) d'une mère écartelée entre sa souffrance quasi animale et sa foi en Dieu, appelant à l'acceptation (Marie Noël était profondément catholique, voire mystique[2]). Le déchirement entre foi et désespoir, qui culmine dans un cri blasphématoire aussitôt repenti, est ici particulièrement poignant, selon la lecture que fait Jeanne-Marie Baude des Notes intimes[3]. Elle obtient en 1962 le grand prix de poésie de l'Académie française.

En 1962, le compositeur Roger Boutry, grand prix de Rome, choisit son Rosaire des joies pour sujet et texte d’un oratorio donné en première audition au Théâtre des Champs-Élysées, en février 1963, avec un très grand succès.

Son œuvre est récompensée par de nombreux prix, tant à l’Académie Française, qu’à la Société des gens de lettres, la Société des Poètes, la Maison de Poésie, notamment le prix José-Maria de Heredia, le prix Alice-Louis Barthou, le prix Isabelle Mallet. Puis en 1957, le prix de l’Unanimité, en 1958 le prix de la Paulée de Meursault, en 1962 le grand prix de la Société des Gens de Lettres, le prix Lecomte du Noüy et le grand prix de poésie de l'Académie française. Enfin en janvier 1966, elle reçoit à l’Hôtel de Ville le grand prix de la Poésie de la ville de Paris. Maître ès Jeux Floraux depuis 1954, elle fut membre de l’Académie Ronsard et de plusieurs Académies de province.

Commandeur des Arts et des Lettres, le général de Gaulle lui décerne en 1960 la Croix d’officier de la Légion d'honneur[4]. Elle fut une grande amie de l'ambassadeur Léon Noël (1888-1987) (sans lien de parenté)[5],[6].

Postérité[modifier | modifier le code]

Le , les évêques de France, réunis en assemblée à Lourdes[7], annoncent l'ouverture de sa cause en béatification. Elle est ainsi déclarée servante de Dieu[8].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Ouvrages sur la poétesse[modifier | modifier le code]

  • Chabanis Christian, Marie Noël à la recherche de l'amour perdu, éditions Cerf Volant, n° 123, 1er trimestre 1985.
  • Benoît Lobet, Mon Dieu, je ne Vous aime pas !, Foi et spiritualité chez Marie Noël, Stock, Paris 1994 et 1995, Nouvelle Cité, 2009.
  • Bernard Bonnejean, Clio et ses poètes, « Marie Rouget, Marie Noël en poésie », Éditions du cerf, 2007, p. 83-90.

Études et textes inédits de Marie Noël publiés dans le Bulletin de la Société des Sciences Historiques et Naturelles de l'Yonne.


  • Estaunié (Edouard), Une lyrique de la Province : Marie Noël, 1957-58, p. 1-20.
  • Noël (Léon), Remise de la croix d’officier de la Légion d’’honneur à Marie Noël, 1959-60, p. 366-369.
  • Durr (René), La disparition de Marie Noël, 1967-68, p. 251-253.
  • Durr (René), La Société des Sciences de l’Yonne et Marie Noël, 1978, p. 5-9.
  • Rocher (Jean-Pierre), Marie Noël. Nos activités en 1981, 1981, p. 249-255.
  • Collectif, Le centenaire de Marie Noël, 1982, p. 113-114.
  • Noël (Marie), Journal août-septembre 1914, 1982, p. 5-21.
  • Collectif, Marie Noël 1983. Le centenaire de Marie Noël dans l’Yonne, 1983, p. 199-215.
  • Charleux-Leroux (Elisabeth), Compte rendu de la communication d’André Henry : La tentation du manichéisme chez Marie Noël, 1986, p. 158-159.
  • Autissier (Elise), Préparation de l’édition des Notes intimes (inédits), 1986, p. 145-148.
  • Henry (André), Le colloque Marie Noël (8 et 9 novembre 1985), 1986, p. 151-157.
  • Coutant (Suzanne), Marie Noël. Quelques croquis (Marie Noël et la musique), 1987, p. 273-274.
  • Noël (Marie), Une lettre inédite à Henri Pourrat, 1988, p. 203-205.
  • Autissier (Elise), Henri Pourrat et Cécile Sauvage, 1988, p. 205-206.
  • Noël (Marie), Une lettre inédite à sa cousine Suzanne Coutant à propos des Chants de la Merci (1930), 1989, p. 301-303.
  • Noël (Marie), Une note inédite, 1989, p. 304-305.
  • Autissier (Elise), Marie Noël et le Cru d’Auxerre, 1990, p. 206-213.
  • Noël (Marie), Henri Charlier et le Jugement de don Juan, 1991, p. 193-195.
  • Paccalin (Margherita), Marie Noël et l’aumônier des écrivains : l’abbé Mugnier, 1991, p. 181-192.
  • Poplin (François), Marie Noël et la chèvre dans la tradition grecque, 1992, p. 229-258.
  • Nesmy (Dom Claude Jean), Auxerre et Marie Noël, 1992, p. 261-269.
  • Noël (Marie), Le Jugement de Don Juan : Miracle, 1993, p. 185-211.
  • Autissier (Elise), Bibliographie du poète Marie Noël, 1994, p. 220-232.
  • Mac’Avoy, Marie Noël, 1994, p. 216-217.
  • Autissier (Elise), Activités Marie Noël 1995 (inédits), 1995, p. 241-244.
  • Autissier (Elise), Marie Noël. Quelques lettres inédites, 1996, p. 387-402.
  • Autissier (Elise), Le 30e anniversaire de la mort de Marie Noël, 1997, p. 255-268.
  • Autissier (Elise), Œuvre de Marie Noël. Nouvelles et lettres, 1998, p. 507-524.
  • Petit (Henri), Notes intimes de Marie Noël, 1999, p. 321-326.
  • Noël (Marie), Trois inédits, 1999, p. 317-320.
  • Autissier (Elise), Petite biographie de Marie Noël, 1999, p. 327-332.
  • Autissier (Elise), Poésie au XXe siècle, 2000, p. 305-328.
  • Noël (Marie), Quelques textes. Supplique à saint Germain, Pour Roger Lafagette et Raphaël Périé, 2001, p. 431-449.
  • Autissier (Elise), En vers ou en prose. Charme de Marie Noël. Fragments inédits ou édités, 2002, p. 397-411.
  • Noël (Marie), Hommage à Albert 1er de Belgique, 2003, p. 255-259.
  • Noël (Marie), Inédit, 2004, p. 365.
  • Moreau (Bernard), «Vingt fois sur le métier…», 2005, p. 311-313.
  • Autissier (Elise), Hommage à Suzanne Flon qui nous a quitté le 15 juin 2006, 2005, p. 315-318.
  • Claude (Chrystelle), « Petite cartographie d’Auxerre à travers l’œuvre complète de Marie Nöel », 143-154, Femmes de Bourgogne, études réunies par François Le Guennec, Nice, Editions Vaillant, mars 2010.
  • Larangé (Daniel S.), Du discours mystique dans l’œuvre poétique de Marie Noël, 2010, p. 39-48.
  • Claude (Chrystelle), « Petite apologie de l’Almanach pour une jeune fille triste  », I-XXVIII, préface de l’Almanach pour une jeune fille triste, Paris, Desclee de Brouwer, juin 2011.
  • Claude (Chrystelle), « Notre-Dame, inspiratrice de Marie Noël », 351-359, in La Vierge Marie dans la littérature française : Entre foi et littérature, études réunies par Jean-Louis Benoît, Paris, Cerf, avril 2014.

Citations[modifier | modifier le code]

  • La comtesse de Noailles aurait reconnu : « Le poète, ce n'est pas moi, c'est Marie Noël. »
  • Henri Bremond : « Parmi nos poètes [...] je n'en vois pas un que je préfère à Marie Noël. »
  • Au lendemain de la Libération, le général de Gaulle lui déclara : « Mademoiselle, je salue en vous la poésie. »
  • Plus surprenant encore, le communiste et surréaliste Louis Aragon lui ouvre toutes grandes les colonnes des Lettres françaises et, sans se soucier de ce qu'en diront les bien-pensants, elle y publie d'admirables et édifiants contes de Noël.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Site officiel et association des amis de l'auteur[modifier | modifier le code]

Dossiers et florilèges sur le Net[modifier | modifier le code]

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

Archives audiovisuelles[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bertrand Beyern, Guide des tombes d'hommes célèbres, Le Cherche midi, , 385 p. (ISBN 9782749121697, lire en ligne), p. 273.
  2. Daniel S. Larangé, « Du discours mystique dans l’œuvre poétique de Marie Noël », dans Les Cahiers Marie Noël (2010), p. 39-48.
  3. Jeanne-Marie Baude, « Notes intimes » de Marie Noël, Paris, Le Cerf, 2012.
  4. Base Léonore.
  5. Jean-Claude Charlet: Marie d'Auxerre, Éd. de l'Armançon, 2005
  6. Yves beauvois: Léon Noël de Laval à de Gaulle via Pétain (1888-1987), Septentrion, 2001
  7. « Conférence des Evêques de France - Communiqué de presse », (consulté le 6 avril 2017)
  8. La poétesse Marie Noël bientôt béatifiée ?